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« Le monde d'après » s'invente sur Nova

« Le monde d'après » s'invente sur Nova

Le temps d'une boucle WhatsApp infinie, Nova donne la parole à tous les cerveaux confinés pour imaginer la société de demain. Musiciens, écrivaines, cinéastes, dessinatrices, philosophes… 

Par Richard Gaitet & Marie Misset

Et si c'était l’heure de tout réinventer ? De profiter de ce confinement pour repenser, tous ensemble, la société, l'amour, le sexe, le travail, l'éducation, la culture, la nourriture, la politique ou notre rapport à la planète ? 

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Comme l’a écrit Gébé dans sa BD L’An 01, « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste ! ». 

Le temps d'une boucle WhatsApp infinie, Nova donne la parole à tous les cerveaux confinés pour imaginer la société de demain. Musiciens, écrivaines, cinéastes, dessinatrices, philosophes…  chaque jour, l'un d'entre eux nous fait parvenir une note vocale, très sérieuse ou complètement délirante, de sa vision du monde de demain.

Ces mémos sont habillés par nos réalisateurs et diffusés à l’antenne, entre deux morceaux, toute la journée, la nuit et le week-end. Toutes ces propositions font ensuite l’objet d’un podcast publié sur Nova.fr et toutes les plateformes, pour partage et réécoute.

En attendant Arthur H ou Barbara Carlotti, les écrivains Xabi Molia et Thomas Vinau inaugurent ce nouveau programme prospectif, diffusé du lundi au vendredi à 8h20 puis de manière aléatoire sur Nova.

Épisode 1 - Xabi Molia : « Demain, sans nous ? »

Reclus en Bretagne, cet écrivain-cinéaste se demande si nous n’allons pas prendre goût à l’isolement.

Écrivain (Les Premiers) et réalisateur (Les Conquérants, Comme des rois), Xabi Molia, 42 ans, vient de terminer un roman intitulé Des jours sauvages, sur « une centaine de Français naufragés sur une île après avoir fui une épidémie de grippe qui ravage l'Europe », à paraître en septembre au Seuil (si tout va bien).

À noter qu’en 2011, il était déjà l’auteur d’Avant de disparaître, roman qui racontait l’histoire d’un « médecin chargé de traquer les premiers signes d'une maladie qui transforme certains de ses concitoyens en êtres bestiaux et assoiffés de violence. L'épidémie gagne du terrain. Assiégés par les infectés et retranchés derrière des fortifications de fortune, les survivants affrontent au quotidien les conséquences du désastre : chaos, pénuries, soupçons. »

Épisode 2 - Thomas Vinau : « Demain, on empale les gourous »

Depuis son Lubéron habituel, le poète déclame un extrait vivifiant de son livre « Fin de saison ».

« Militant du minuscule, le poète et romancier Thomas Vinau rassemblait dans 76 clochards célestes ou presque (2016), poursuivi depuis avec Des étoiles et des chiens (2018), une galerie de  portraits d’artistes qui lui ont troué le cœur. Des « blessés fidèles à leurs blessures » et des « inconsolés qui consolent » et des « vents-debouts dans la défaite », tels Gil Scott-Heron ou Amy Winehouse.

Depuis sa ville de Pertuis (Vaucluse), il nous offre aujourd’hui lecture d’un passage de son livre à paraître, Fin de saison, annoncé pour mai chez Gallimard, pour lequel ce disciple de Richard Brautigan remercie Science et Vie Junior, Kafka, Bukowski et Pink Floyd, et que son attachée de presse situe quelque part entre le roman post-apocalyptique de Robert Merle, Malevil, et le beau drame rural et familial mis en scène par Jeff Nichols, Take Shelter. Hâte.

Épisode 3 - Wandrille : « Demain, on va tous changer de métier »

L’auteur, éditeur et professeur de BD chante la polyvalence en s’inspirant du « Scrameustache ».

Cofondateur des éditions Warum, lauréat du prix du patrimoine au festival d’Angoulême 2016 pour sa réédition splendide de Père et fils de l’Allemand e. o. Plauen, ce scénariste, dessinateur et professeur de BD volontiers primesautier était sur le point de publier, le 22 avril, Le discours de mariage en mode sans échec (Albin Michel), recueil de techniques secrètes et de sujets à éviter sur cet exercice délicat, dont la sortie est repoussée.

Confiné à Paris sous une avalanche de fromage fondu, il rend hommage à la saga dessinée du Scrameustache, créée par le Belge Gos en 1972, mettant en scène un matou extraterrestre télépathe, en très bons termes avec le peuple des Galaxiens, dont la souplesse à l’égard du travail fait la joie de Pôle emploi depuis déjà dix siècles.

Épisode 4 - Audrey Vernon : « Demain, on abolira la propriété privée »

La comédienne et autrice tire des leçons d’Oscar Wilde pour cesser de se « gâcher la vie à accumuler des choses ».

C’était l’un des spectacles les plus prometteurs de ce début d’année : Billion Dollar Baby, écrit et interprété par Audrey Vernon, vu à la Nouvelle Seine (Paris), dans lequel l’autrice anticapitaliste de Comment épouser un milliardaire ? rédige une lettre à son futur enfant dans l’espoir de lui expliquer, en une heure, l’Histoire de l’humanité et, surtout, les ravages de la civilisation industrielle.

Du côté d’Étampes, elle nous lit aujourd’hui un extrait de son texte favori d’Oscar Wilde, L’âme humaine sous le socialisme (1891), bref essai dans lequel l’auteur anglais de La Ballade de la geôle de Reading prônait l’abolition de la propriété privée, la rébellion et la désobéissance.

Épisode 5 - Gaspard Delanoë : « Demain, on va d’abord faire une immense partouze »

Il venait à peine d’inaugurer à Bordeaux son exposition intitulée Quelle merde !, ramassis de vieilles croûtes chinées aux puces et savamment profanées, détournées ou insultées, rassemblées à la galerie 5UN7. Mais Gaspard Delanoë, artiste squatteur et performeur parisien né « soit-disant » en mai 68, a dû en toute hâte retrouver la solennité propre à sa qualité de président-fondateur de son parti politique révolutionnaire (le PFT, pour « Parti Faire un Tour », dont l’objectif est de « changer le monde en s’appuyant sur le songe, car l’homme descend du songe »), au fronton duquel il se présenta aux élections municipales (2008), régionales (2010), présidentielles (2012), européennes (2014) et européennes (2017).

D’une sagesse jupitérienne, Delanoë annonce à ses compatriotes la première mesure nécessaire quand viendra le temps du déconfinement : « Ils vont baiser, les gens. En public. Copuler sans scrupule. Ce sera la plus belle partouze depuis 1765. » Vive la République, vive la France.

Écouter tous les épisodes.

Le monde d'après, coordonné par Richard Gaitet et Marie Misset, et réalisé par Benoît Thuault.

Visuel © Radio Nova