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Civilisations ?

Civilisations ?

La chronique de Jean Rouzaud

Par Jean Rouzaud

Après une vingtaine de siècles de tentatives de civilisation, il faut reconnaître que c’est un peu raté… Nous aurions échoué. L’être humain est trop agité, orgueilleux, avide, irresponsable et destructeur pour être le seul artisan de l’organisation du monde… ou de son environnement immédiat.

Malgré les cadeaux innombrables de la nature, il n’arrive qu’a gâcher ces trésors et à gaspiller les fruits de cette terre. Il y a, dans des coins reculés de la planète des peuples doux, organisés, isolés, qui approchent de l’harmonie et de l’auto-suffisance... mais il faut de grands espaces vivables, et même les plus primitifs se livrent des guerres locales cruelles.

Pour le reste et dans toute l’histoire ce ne fut que conflits, massacres, pillages, génocides, destructions et gaspillages intenses des biens et des êtres, souvent sans aucun gain pour personne… Même les grands empires : chinois, romains, mongols, précolombiens, britanniques, français, espagnols, portugais, etc. furent tous basés sur la colonisation, la conversion, l’exploitation, l’esclavage...

Terrible constat, à l’heure de la technologie toute-puissante ! Mais elle aussi est déjà sujette à caution pour ses aspects ruineux, envahissants et dangereux, à toutes sortes de niveaux (santé, écologie, dépendance...) L’humain est en cause : il y a comme un défaut ? On en est à espérer dans les machines et robots pour nous gouverner, et faire moins de dégâts que nous !

Vivre mieux... avec déchets et bactéries ?

Les extraordinaires inventions humaines arrivent à peine à compenser les destructions. On tente de vivre mieux, et on se retrouve envahis de déchets et de bactéries qui vont nous étrangler, jusque dans l’espace. Le cercle de la concurrence paraît vicieux et sans fin. L’humain n’a pas encore trouvé le solution, ni l’équilibre, ni la sagesse, ni l’algorithme ! (C’est pourquoi la philosophie hindoue recommande depuis des siècles le NON-AGIR, comme seule barrière aux crimes humains ! Mais cette pensée est complexe, et nécessite une discipline subtile et un long apprentissage de contrôle…)

Les enquêtes mondiales dénoncent la pénurie ou la disparition pure et simple : de rivières, d’animaux, de forêts, de poissons, de minerais, de plantes, de place, d’eau... et bientôt d’air !!! Seule l’espèce humaine se développe comme un parasite, qui envahit, racle, extrait, bétonne, tue et épuise tout ce qu’il attrape... Ne créant de profit que pour une infime minorité, le reste étant pauvre et en manque !

© Getty Images / Eric Lafforgue/Art in All of Us
© Getty Images / Eric Lafforgue/Art in All of Us

La survie... malgré les lobbies ?

Saturée de mauvaises nouvelles et de prévisions désastreuses, l’humanité semble avoir du mal à reconnaître les faits. De nombreuses solutions de survie, à mettre en place d’urgence, seraient « bloquées » par les lobbies : ces monstres multinationaux qui n’auraient de vision qu’à court terme, figées dans le profit.

Dans cette course inconsciente, fouettée par l’égoïsme de civilisations en déclin, on devrait au moins assister à la régulation de la reproduction humaine, qui est LE facteur aggravant. Mais l’indispensable contrôle des naissances est devenu un tabou, interdit de toute prévision, qui serait un aveu...

On constate donc l’absurdité et l‘absence de logique d’une espèce animale agressive, en voie de perdition, laquelle, ô suprême folie, produit plus de biens inutiles qu’elle ne peut consommer... Et dont elle doit traquer sans cesse de nouveaux marchés, pour se désengorger.

C’est peut-être la raison de tant de consommation et de déchets, dus à des êtres perdus, en transe, affolés de vivre dans un tourbillon fatal… Sauf si les entonnoirs à dollars, les multinationales et leurs multi milliardaires, se résolvent enfin à reverser le trop plein, pour rééquilibrer le monde et calmer les disparités invivables.

© Getty Images / DEA / ARCHIVIO J. LANGE
© Getty Images / DEA / ARCHIVIO J. LANGE

Visuel en Une © Getty Images / Eric Lafforgue/Art in All of Us