The Doors, c’est de la musique protéiforme bourrée de poésie empruntant au rock, au blues, à la pop, au funk ou encore au jazz. Ce sont des concerts provocateurs et transgressifs de détraqués mythiques. C’est l’incarnation des protest songs dans les Etats-Unis des années 1960. The Doors, c’est aussi Jim Morrison, un espèce de poète maudit, torturé et dionysiaque. En 1971, The Doors enregistrent leur dernier album qui reste aujourd’hui un des plus emblématique du groupe de rock américain.
En hiver 1971, c’est le bordel pour les Doors. Ils vont en studio sans grande envie et se disputent virulemment avec leurs producteurs qu’ils trouvent tous incompétents. C’est alors que Bruce Botnick, l’ingénieur son, suggère une idée : il faut enlever tout filtre et artifice au jeu musical des Doors, les faire jouer rapidement et frénétiquement pour obtenir un son brut. Botnick décide alors de déplacer les Doors de leur studio d’enregistrement vers leur studio de répétition qui s’apparente à un vieux bureau aménagé de bric et de broc. Botnick décide de démonter la porte des toilettes pour faire chanter Jim Morrison dedans, face au carrelage. C’est alors que Jerry Jeff, le bassiste d’Elvis Presley, est recruté pour l’occasion, ce qui réjouit Morrison.
L.A Woman est le sixième album des Doors, enregistré en six jours dans ce studio de fortune, peuplé de cavalcades blues qui semblent nous emmener dans un genre de transe. C’est un album absolument mémorable, rugueux, mais aussi étrange notamment avec le titre « L’America » qui utilise des chromatismes descendants à la guitare. On y retrouve aussi des morceaux plus doux comme dans « Love Her Madly » que Morrison compose pour son amoureuse Pamela Courson.
L.A Woman est aussi peuplé de rage qui termine sur l’histoire d’un tueur en série, figure qui obsède Jim Morrison à cette époque. Il chante “There’s a killer on the road”(“Il y un tueur en route”) en doublant sa voix chantée de chuchotements. C’est sa dernière prise en cabine de l’album, mais aussi de toute sa vie. Il meurt en juillet à Paris, où il était venu se réfugier avec Pamela Courson. Il était alors poursuivi par la justice américaine et s’était disputé avec les autres membres du groupe. Officiellement, il meurt d’une crise cardiaque dans son bain. Néanmoins, des rumeurs affirment qu’il serait décédé d’une overdose dans les toilettes d’un club avant que son corps ne soit placé dans sa baignoire. Sa tombe, au Père Lachaise, est devenue fondamentalement culte, et la statue de son buste tagué avait été volée en 1988 et retrouvée par hasard lors d’une perquisition dans un appartement parisien en 2025.

