Vitamine So

Dans Alpha Beta Nova, Sophie Marchand joue un disque en rapport avec l’actualité… et vitaminé !

par Sophie Marchand

Épisodes

Vitamine So : "Jaywalker" de Andy Shauf

Ce vendredi, je vous propose de la nouveauté. Alors que l’automne revient, voici un morceau qui va presque vous donner envie de vous nicher au coin du feu. C’est le tout nouveau titre d’Andy Shauf - chanteur compositeur canadien, un des musiciens les plus timides et brillants de cette génération. Il sait prêter attention aux menus détails du quotidien, les décrit avec poésie et les chante avec élégance. 


Hier, Andy a sorti un titre et aujourd’hui c’est déjà tout l’album qui est disponible. Vous allez voir, c’est un petit feu de joie à lui seul ce type : voici donc son morceau “Jaywalker” qui lui ressemble parfaitement. En espérant que ça vous donne des envies de weekend orangé, voici Andy Shauf sur Nova.
 

24 septembre 2021

4:16

Vitamine So : “I’m A Wonderful Thing, Baby” de Kid Creole & The Coconuts

Nicolas Sarkozy qui cherche l’attention et adore les micros, ça te donne envie de quoi Sophie ? 


D’entendre un morceau délicieusement narcissique, tout simplement nommé “I’m A Wonderful Thing, Baby” - je suis une chose magnifique. D'abord parce que je suis assez certaine que Nicolas Sarkozy est un homme qui se baigne chaque matin dans son égotrip et que, rassuré par les élans amoureux de Carla Bruni, il se dit sincèrement : “oui je suis quelqu’un d'extraordinaire”. 


Ensuite parce que ce morceau, signé de Kid Creole & The Coconuts, est génial. Kid Creole, de son vrai faux nom August Darnell, a commencé la musique dans le groupe de son frère par amour de la disco, des métissages, des excentricités et de la drogue. Un jour, il a monté ce groupe : Kid Creole & The Coconuts, un groupe mixte et de toutes origines, influencé par les musiques caribéennes, le jazz, la disco. Bref, un groupe ultra moderne qui a commencé par être super hype à New York et qui s’est fait connaître du grand public grâce à ce morceau, un tube sophistiqué, malin, pop, évidemment prétentieux, mais tellement 80s.
 

23 septembre 2021

5:49

Vitamine So : "Drive Slow" de Kanye West

Rouler sur une autoroute à 110 plutôt qu’à 130, ça te fait peur Sophie ? 


Non, pas du tout. Ça me donne envie de vous jouer un morceau bien nommé : le génial “Drive Slow” des débuts de Kanye West. “Conduis doucement”, parce que déjà, 110, c’est pas si lent que ça. Et puis passer de 110 et 130 ça ne change pas grand-chose : 6 minutes à peine tous les 100 kilomètres.


Drive Slow, c’est un morceau que Kanye West a sorti en 2005 sur son deuxième album Late Registration. Disque fou, qu’il coproduit avec Jay-Z, Just Blaze, Kareem ‘Biggs’ Burk ou Jon Brion. Un an avant, Kanye a sorti son premier album. Le grand public s’est alors familiarisé avec sa mystique, sa passion pour les samples de soul qu’il accélère, sur lequel il chante sa mélancolie. C’est ce qu’on appelle la chipmunk soul, sa manière bancale mais touchante de rapper. 


Sur Late Registration, Kanye va aller chercher ailleurs, dans d’autres thématiques et dans d’autres répertoires de samples, des choses plus jazz, plus orchestrales, notamment sur ce titre : “Drive Slow”, avec ce sample merveilleux d’Hank Crawford. Ce morceau est une belle réussite et une ode au ralentissement.


 

22 septembre 2021

4:52

Vitamine So : "Blues Chasseur" de Harouna Samake

Les chasseurs, ils te donnent envie d’écouter quoi Sophie ? 


J’ai hésité entre Michel Delpech et Java, qui ont respectivement sorti des morceaux classiques sur le sujet de la chasse et puis je me suis dit : puisse ces polémiques et ces louvoiements politiques nous permettre d’entendre un très beau morceau, que vous ne connaissez peut-être pas. Alors j’ai choisi de vous passer un titre de Harouna Samake, un grand musicien malien, maître du kamale n’goni - une kora de la région de Wassoulou au Mali. 


Lui qui a accompagné pendant longtemps Salif Keita, a sorti un titre qui s’appelle “Blues Chasseur”. Et donc j’ai saisi l’opportunité. 


Harouna Samake est un grand fan de jazz et de blues. Dans sa musique, on entend des ponts entre les traditions mandingues et noires américaines. Ce morceau, il le chante avec sa femme, Assetou Diakite. C’est un titre qui, comme son nom l’indique, chasse le blues, même quand on parle de sujets si compliqués.
 

21 septembre 2021

5:26

Vitamine So : "Waterloo Sunset" des Kinks

Ce duel au sommet des écologistes, Sophie, ça t’inspire quoi ?


Ça me donne envie de vous jouer les Kinks. D’abord parce que les Kinks, c’est génial, mais en plus parce que l’histoire de ce groupe est structurée par la rivalité historique entre Ray et Dave Davies - les deux frères ennemis parmi les plus célèbres du rock, bien avant Oasis. Parce que malgré tout, on peut s’imaginer qu’entre Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, il y a un peu d’animosité


Donc Ray et Dave Davies se sont toujours déchirés, alors même qu’ils sont les deux derniers d’une fratrie de dix et qu’ils ont eu la chance de réaliser leur rêve de gosse : devenir l’un des plus grands groupes de pop et de rock anglais. Ils ont souvent raconté que tout jeunes déjà ils ne pouvaient pas s’empêcher de se battre. Pendant toute l’histoire de leur groupe mythiques ils se sont battus : en studio, sur scène, par interview ou autobiographies interposées, chacun se revendiquant d’être le vrai génie derrière tous leurs morceaux.


Au-delà du côté légendaire de cette querelle de frères, qui fait penser à Rémus et Romulus ou Abel et Caïn, cette ambiance fratricide a réellement écorché la carrière du groupe. À force de déclencher des bagarres pendant des concerts, les deux frères ont perdu le droit d’entrer sur le territoire américain, même pour y faire des tournées. Résultat : malgré le succès des débuts et malgré le talent, le groupe n’aura jamais le succès des Beatles aux États-Unis. 


Conclusion, si on dresse un parallèle fort hâtif : espérons que dans ce deuxième tour de la primaire, Jadot et Rousseau ne se tirent pas trop dessus. 


Et en attendant, matin oblige, écoutons le titre “Waterloo Sunset”, une des merveilles qui rappelle que les Kinks étaient quand même de sacrés génies.
 

20 septembre 2021

5:13

Vitamine So : "Sanba Yo Pran Pa Lé” de Lakou Mizik & Joseph Ray (DJ Koze remix)

Comme chaque vendredi, je vous propose de terminer la semaine avec un morceau qui lance officiellement le week-end. Ce matin, c’est un titre remixé.


À l’origine, c’est un morceau d’un groupe haïtien, Lakou Mizik, avec un producteur allemand, Joseph Ray. Ensemble, ils ont sorti un disque qui essaie de raconter un peu de l’histoire d’Haïti, de ses cérémonies vaudou à ses chants de révolte, de sa spiritualité à son grand sens du mystère. 


Leur album commun s'appelle Leave The Bones, et il se trouve qu’un certain DJ Koze, qu’on adore, vient d’en remixer un bout. DJ Koze, qui est allemand lui aussi, s'est amusé avec ce morceau. Il l’a trituré, étendu, et en a gardé la substantifique moelle. 


Je crois que ça peut préparer à un weekend perché, connecté aux astres, aux ancêtres spirituels et cathartiques : voici donc “Sanba Yo Pran Pa Lé” de Lakou Mizik & Joseph Ray, remixé par DJ Koze. 
 

17 septembre 2021

4:46

Vitamine So : "Perfect Day" de Lou Reed

Ces imperfections, Sophie, ça te donne envie d’un morceau ?


Oui, d’un morceau parfait. Qui reconnaît que personne ne l’est mais qu’il existe parfois des épiphanies où les planètes s’alignent et où tout se passe bien : ce morceau c’est “Perfect Day” de Lou Reed.


Il compose ce titre en 1972, alors qu’il ne va pas très bien. Il a quitté le Velvet, quitté la Factory, s’est installé à Long Island chez ses parents et a sorti un album solo qui n’a pas fonctionné comme il le voulait. Dans cette période floue, il croise la route d’un certain David Bowie, immense star à qui tout réussit à l’époque et à qui le label RCA a donné un gros budget pour son 4ème album. Des amis communs se disent : “Bowie & Reed doivent se rencontrer”. Alors ils organisent un dîner et les oiseaux de nuit se croisent, se toisent, et s’apprécient au point de vouloir travailler ensemble. Enfin, c’est surtout Bowie qui veut aider Lou Reed à créer et conclure son nouvel album solo qui s’appellera Transformer.


Le courant passe. Lou Reed est souvent ivre en studio, il se laisse porter par Bowie et son collaborateur Mick Ronson et c’est avec la nonchalance d’un amoureux blessé, d’un poète abîmé et d’un génie qui s’ignore qu’il crée cet album crucial et ce titre mythique, “Perfect Day”.


C’est une balade qui parle d’amour peut-être, d'addiction sans doute, et qui rappelle que, certes, les candidats écolos ne sont pas parfaits, mais que peut-être ce grand soir, ce perfect day, leur tombera dessus le jour de l’élection présidentielle.
 

16 septembre 2021

5:43

Vitamine So : "Pa Qué" d'Ana Tijoux et PJ Sin Suela

Alors Sophie, augmenter les effectifs de la police Sophie ça t’inspire quoi ?


Ça m’a donné envie d’explorer l’histoire du terme “ACAB”, All Cops Are Bastards, qui est une des réponses citoyennes à l’augmentation des effectifs de police, une expression qu’on croise en manif, sur internet, dans des réseaux militants par celles et ceux qui reprochent à la structure du système policier sa violence intrinsèque.


ACAB, c’est un acronyme qui date de 1920, né chez des délinquants anglais. Après ça, il aurait été repris par des bikers américains. Mais si on cherche la première trace écrite du terme, c’est bien plus tard, dans un journal anglais publié en 1977 qui après la visite d’une prison de Newcastle raconte avoir vu le terme inscrit sur les murs et sur les doigts des prisonniers. Rapidement, les punks anglais se reconnaissent à travers ce mot d’ordre et en 1982 sort un premier morceau de punk et de oi! signé The Good, the Bad & The 4 Skins et qui s’appelle justement A.C.A.B.


Après ça, ce mot se retrouve un peu partout en Angleterre. Il devient un signe de ralliement pour les punks et les hooligans et comme il n’est pas super bien toléré par la police elle-même, un code secret s’est instauré : au lieu d’écrire ACAB on peut dire 1312, c’est-à-dire remplacer les lettres par leur place dans l’alphabet.


Depuis ces années-là, le terme s’est développé en France. Grâce au foot notamment, par la culture communicative des hooligans et aussi par des films. C’est un mot qui a servi dans les ZAD, après la mort de Rémi Fraisse, après l’agression de Théo à Aulnay Sous Bois ou la mort d’Adama Traoré à la suite de son arrestation.


On retrouve ce terme partout dans le monde, surtout quand il s’agit de dénoncer les brutalités policières. Il y a un très chouette morceau qui a été composé par la rappeuse chilienne Ana Tijoux l’an dernier. C'était une année de manifestations populaires réprimées dans la violence absolue. Il s’appelle “Pa Que” et parle des cercles vicieux, des systèmes carcéraux notamment.
 

15 septembre 2021

6:18

Vitamine So : "L'opportuniste" de Jacques Dutronc

Aujourd’hui est un jour à marquer d’une pierre blanche : nous sommes à 7 mois des élections présidentielles et ça y est, je peux jouer un morceau que je n’hésiterai pas à ressortir de temps en temps : le fameux “L’opportuniste” par Jacques Dutronc. C’était en 1968 et le chanteur se moquait de la politique qui va avec les sujets dans le vent, les polémiques et qui n’est pas très crédible en termes de conviction.


Typiquement, entendre Marine Le Pen parler de féminisme, comme ça, sans préciser qu’elle a changé, qu’elle a compris de choses, qu’elle regrette avoir tenu certains propos... ça ressemble à du bon vieux feminism washing. H&M, Mac Do et Amazon font la même et on n’y croit pas non plus.


Marine Le Pen, qui voulait il y a 10 ans dérembourser l’IVG et mettre au pas le planning familial, qui stigmatise les femmes selon leur tenue vestimentaire, qui est opposée à l’adoption par les couples de femmes, qui a un jour dit tranquillou “la parité est contraire à la méritocratie républicaine”, qui à la commission européenne a voté contre toutes les résolutions qui visaient à améliorer les droits des femmes.


Alors en ce 14 septembre, elle gagne la médaille de l’opportunisme et remporte le droit d’écouter ce titre de Jacques Dutronc.
 

14 septembre 2021

4:40

Vitamine So : "I Was Born This Way" de Carl Bean

Comme chaque vendredi, je vous propose un morceau destiné à vous armer pour le weekend à venir et pour la semaine qui vient de s’écouler. Le morceau que je vais jouer est génialement joyeux et émancipateur mais je vous en parle aussi parce que son artiste, Carl Bean, vient de mourir. Musicien de gospel né à Baltimore et signé très jeune sur le label Motown, Carl Bean était un homme hyper généreux. Un archevêque, grand défenseur des droits LGBTQI+ qui a chanté, milité et haussé la voix contre le SIDA et pour une église ouverte à toutes et à tous. 


Cela fait de lui un homme sincèrement bien. J'espère qu'il guidera votre week-end et vous donnera envie de faire de belles choses et de danser, puisque ce tube a accompagné nombres de teuf, de gay prides, et de matinées réussies.


 

10 septembre 2021

6:15

Vitamine So : “The Comeback” d’Alex Cameron

Cette histoire de remontada, Sophie, ça se traduit comment en musique ?


Par un bon vieux comeback. J’ai hésité à vous jouer des artistes qui sans crier gare ont fait un retour sur scène après des années de silence, je me suis dit que ça ne marchait pas exactement avec le remontada d’Arnaud Montebourg, qu’on pouvait deviner depuis un petit bout de temps. 


Alors j’ai choisi de vous jouer un morceau qui s’appelle comeback, l’équivalent anglophone de cette remontée spectaculaire. C’est un titre écrit par un musicien que j’adore parce qu’il est très bizarre. Il s’appelle Alex Cameron, c’est un musicien australien qui s’est fait connaître avec son groupe Seekae et qui est resté assez confidentiel.


Il y a quelques années, Alex Cameron décide de s’envoler pour Los Angeles parce que la vie artistique y est sans doute plus simple. Et c’est effectivement depuis les Etats-Unis qu’il se fait remarquer, avec sa drôle de voix cassée, son rock un peu bancal et sa pop pas si simple que ça. Il décide alors de faire un truc pas banal : ressortir un de ses albums qui en 2013 n’avait eu qu’un petit écho. Il espère qu’en 2016 ce comeback fera parler de lui et c’est le cas. Alex Cameron, en plus de chanter et de composer de chouettes mélodies, adore se déguiser, camper des personnages de vieux crooner ringard, de rock star lascive, d’artiste bordélique. 


Sur ce disque il y a un morceau qui s’appelle “The Comeback” dans lequel il s’imagine comme une star déchue, en vieux briscard à qui on a tout piqué mais qui malgré tout y croit quand même. Et, franchement, c’est un super morceau.
 

09 septembre 2021

6:00

Vitamine So : "Sol de España" de Michel Magne

La mort de Belmondo, ça a aussi été l’occasion de se souvenir de toutes les bonnes bandes originales qui l’ont accompagné toute sa vie ? 


Eh oui, il y a eu beaucoup d’articles qui ont remis en avant les compositions de Ennio Morricone, François de Roubaix, Michel Legrand, Philippe Sarde, Georges Delerue qui ont rythmé les cascades, les tirades, les regards caméra, les sourires, les coup de maître de Bébel le magnifique. D’ailleurs, je vous conseille le coffret Écoutez Le Cinéma, qui a été pensé par l’excellent Stéphane Lerouge et qui retrace en 14 morceaux choisis avec précision une histoire musicale de Belmondo au cinéma. C’est franchement culte. 


J’aurais adoré pouvoir vous jouer un morceau de Belmondo lui-même, malheureusement c’est impossible puisque lui-même ne chantait pas, ou n’aimait pas sa voix. En revanche, en souvenir de Un Singe en Hiver, un de ses plus grands films - un de mes préférés en tout cas -  je voulais exceptionnellement vous jouer un bout des dialogues olympiques écrits par Michel Audiard. 


Parce que la voix de Belmondo y est follement chantante, et que c’est un film comme on en a rarement fait sur l’ivresse, l’amitié, la France, les rencontres, l’amour, les états que l’on atteint quand on est parfois perdu. 


Ensuite, on y voit Bébel faire du flamenco avec une grande élégance sur un morceau de Michel Magne. Bien que j’aurais aimé vous diffuser ce film en entier et tant d’autres dialogues de Belmondo, on écoute ce matin ce morceau. À vous d’imaginer Belmondo danser dessus.


 

08 septembre 2021

4:50

Vitamine So : « Got To Be Some Changes Made » de The Staple Singers

Les envies de changements radicaux, Sophie, ça t’inspire quoi ?


Ça me donne envie d’écouter du gospel au réveil, plus précisément les Staple Singers, le groupe dans lequel la fameuse Mavis Staples, que vous entendez sur Nova, a fait ses débuts. À vrai dire ce groupe là c’est une affaire de famille puisque c’est le père de Mavis, Pops Staples, qui l’a monté en 1948 et qui y a fait entrer petit à petit tous ses enfants. Pops, à l’origine, était ouvrier dans des plantations et des aciéries. Jeune homme, il s’est passionné pour le chant, la guitare et le gospel spiritual.


Il a transmis ça à ses 4 enfants qui ont tous fait partie des Staple Singers. Ils ont eu une sacrée vie musicale : signés sur beaucoup de labels de la Stax à Atlantic, adorés par Bob Dylan, collaborateurs de Curtis Mayfield. 


Et si je vous en parle ce matin c’est parce qu’ils ont sorti un morceau qui s’appelle “Got To Be Some Changes Made” et qui je trouve colle bien à l’impératif de changement. De fait, en termes de croissance, d’écologie, de consommation, ce serait vraiment bien bien mieux si on améliorait deux trois choses.


 

07 septembre 2021

4:33

Vitamine So : "Tom's Diner" de Suzanne Vega (DNA remix)

Sophie, au lieu du Menard’s Diner, tu nous proposes un menu que l’on préfère sur Nova ? 


Ce sera un Tom’s Diner, du nom d’un morceau génial de la non moins géniale Suzanne Vega, musicienne américaine qui a toujours brillé par la beauté simple de ses morceaux et ses textes qui vont droit au cœur. En 1981, Suzanne Vega compose le morceau “Tom’s Diner”. Elle va tarder à le sortir, peut-être parce qu’elle sait que cette chanson ne correspond pas exactement aux canons du genre des années 80. L’époque est au kitsch et à extravagance, alors que ce titre-là est une balade sans artifice et toute douce. 


Elle finit par oser sortir ce morceau en 1987. Son titre, “Tom’s Diner”, est le nom d’un restaurant new-yorkais (ce qui en soi nous plaît déjà plus qu’un repas chez Robert Ménard). 


Mais, en plus de ça, il y a une sacrée anecdote à raconter autour de ce morceau : à l’époque, plusieurs laboratoires à travers le monde s’affrontent pour essayer de créer le meilleur format de compression audio. Une équipe allemande bosse alors sur ce qui va devenir le MP3. Pour tester leur format, ils cherchent un unique morceau qu’ils devront écouter en boucle pendant des semaines. 


Et ils choisissent ce morceau-là. D’abord parce qu’il est très beau, mais surtout parce que la voix de Suzanne Vega - qui est un a cappella - est tellement nette et chaleureuse qu’ils savent qu’ils entendront tout de suite si leur format de compression dégrade la qualité sonore. On a d’ailleurs par la suite appelé Suzanne Vega la “Mother of the MP3” 


"Tom’s Diner", sur Nova, on l’a toujours aimée, mais plus particulièrement dans sa version remixée par DNA, duo de producteurs anglais qui ont sorti cette version tripante.
 

06 septembre 2021

6:26

Vitamine So : « You Can Do It » de Caribou

Chaque vendredi, désormais, je vous présenterai un Vitamine So valable pour toute la semaine, une sorte de remède à l’actualité rarement rassurante et une préparation au week-end. 


Je sais que cette semaine on a commencé avec un petit cumul des mandats, entre la fin officielle des vacances, le retour des polémiques quotidiennes, les dérapages politiques qui sont révoltants et la situation en Afghanistan qui est inhumaine. Alors, face à tout ça, ce que j’ai à vous proposer n’est qu’un divertissement, modeste, mais voilà : c’est un nouveau titre de Caribou - alias Dan Snaith. C'est un producteur canadien, mathématicien des machines, super collectionneur et capable aussi de faire des tubes. Et justement : je trouve que son nouveau titre en est un. 


Il s’appelle “You Can Do It” et il est du genre à motiver des foules. 


D’ailleurs c’est son message : tu peux y arriver. En plus vous allez voir, la mélodie va dans ce sens là. Le tout est d’une efficacité folle. 


Pour un vendredi plus digeste que le reste de la semaine, et pour une matinée qui vous donne envie de déplacer des montagnes : voici Caribou, You Can Do It.


 

03 septembre 2021

5:11

Vitamine So : "Didn't Cha Know" d'Eryka Badu

Arnaud Montebourg qui y va ou qui n’y va pas, ça te donne envie de quoi Sophie ? 


D’écouter un morceau qui donne ses lettres de noblesse à l’hésitation, un titre de la reine Erykah Badu, le fameux “Didn’t Cha Know”, qu’on pourrait traduire “Tu ne savais donc pas”. C’est un morceau qu’elle sort en l’an 2000, coproduit avec J Dilla - aux mains d’or - et qui est un hymne de la néo-soul de cette période-là.  


L’anecdote en studio est marrante. À l’époque, Erykah Badu est amie avec Common qui est lui-même ami avec J Dilla. Ils ont l’un comme l’autre envie de faire un morceau ensemble et se retrouvent en studio à Detroit, chez Dilla. Là, le producteur dit à Erykah Badu : “Tiens ! Ma collection de disques. Cherche, fouille, et sors-moi un disque qui t’intrigue.” Elle saisit un album qui l’intrigue parce qu’elle ne le connaît pas, un disque du groupe Tarika Blue. Dilla le prend, y trouve une boucle en deux secondes et hop l’affaire est jouée, même si le sample ne sera jamais officiellement clearé. 


Pour ce qui est des paroles, dès le début, le message est clair. La chanteuse ne sait pas où aller, quel chemin emprunter. Ce n’est pas grave d’hésiter si ça donne naissance à une si belle chanson. 


Puissent tous les candidats hésitants à se présenter aux primaires s’en inspirer pour créer de si belles œuvres !
 

02 septembre 2021

5:57

Vitamine So : « Prix Choc » d’Étienne de Crécy

Sophie, ce débat éternel sur la légalisation du cannabis, ça te donne envie de jouer quoi ? 


Sûrement pas une nouveauté, pas besoin puisqu’effectivement ce débat ne progresse pas. Il agite la société française depuis des décennies, voire des siècles. J’ai découvert hier que la première interdiction du cannabis dans l’histoire de France date du 8 octobre 1800 dans une Égypte que l’on colonise à l’époque. Preuve que la question de la dépénalisation, en plus d’être éternelle, dépasse largement la simple affaire de santé publique.


Je ne vous joue donc pas une nouveauté mais un titre qui date de 1996 et qui est signé Étienne de Crécy. C’est de la French Touch, mais pas que : à l'époque Étienne de Crécy est allé piocher dans des samples de funk, de soul, mais ce qui a fait le succès de ce morceau et qui en a fait un hymne pour les stoneurs, c’est une fameuse phrase qui se répète et où l’on entend : “sinsemilla, marijuana”.


Or cette phrase, d’où vient-elle ? D’un tube reggae qui ferait l’apologie du cannabis ? Non. D’un discours politique qui fustigerait les consommateurs ? Non plus. Elle est en fait issue d’un documentaire qui réunit Bob Marley, Peter Tosh et d’autres. C’est un documentaire assez mystérieux puisque quasiment introuvable aujourd’hui, en tout cas moi je n’ai pas réussi à remettre la main dessus. C’est donc cette science du sample, et ce message clair et efficace qui a fait le succès du morceau. 


On peut réécouter "Prix Choc", d’Étienne de Crécy, en attendant que les politiques se décident à être moins hypocrites.
 

01 septembre 2021

5:30

Vitamine So : "Enfant" de El Michels Affair

Les candidats de droite ont l’air bien sinistres, Sophie quel disque as-tu trouvé pour leur remonter le moral ? 


Voici un morceau qui marche aussi sur les candidats de gauche, ou sur toute personne qui a l’impression que la grisaille a pris possession de son esprit : c’est une berceuse pour adulte qui a le bon goût de s’appeler “Enfant”. 


Elle est signée par El Michels Affair - un groupe qu’on adore sur Nova, mené par Leon Michels - un musicien de Brooklyn fan de funk, de hip-hop, de groove, de voyage. C’est un des grands instrumentistes de la soul retro new yorkaise de ces dernières années et l’an dernier, en plein confinement, son groupe et lui ont sorti le disque Adult Themes, littéralement des thèmes pour adultes. C’est un disque pensé comme la bande-son d’un film qui n’existe pas. 


Chacun est libre de se raconter sa propre histoire, de se faire son propre film. Et ce morceau, “Enfant”, qui ouvre le disque, est chantonné avec une telle douceur qu’il oblige à l’apaisement. Même si je le dis d’une manière un peu légère, on est très nombreux à redouter la période politique qui arrive, à avoir sincèrement peur de ces élections, des débats et du climat qui risquent d’en découler. Alors voilà une bulle de respiration, “El Michels Affair”. 


Visuel © Adult Themes
 

31 août 2021

5:08

Vitamine So : "Chase the Devil" de Lee Scratch Perry

Ce matin Sophie, le Vitamine So est un hommage à un artiste qui nous a quittés hier ?


Oui parce que l’actualité de la musique en cette rentrée, c’est beaucoup de disparitions d’artistes majeurs - et hier c’est Lee Scratch Perry qui nous a quittés. Un sorcier des machines, un producteur possédé qui a révolutionné le reggae, façonné le dub, et tracé son chemin dans la musique grâce à ses visions et à ses excentricités.


Lee Scratch est un producteur né en Jamaïque en 1936, dans une paroisse, qui va se faire un trou dans la musique à l’époque en devenant le bras droit de Sir Coxsone, dans les mythiques Studio One. Là, il est chargé de dénicher des talents du reggae. Il va se charger des enregistrements, et puis il va se mettre à produire pour lui-même - avec son groupe les Upsetters.


Après ça Lee Scratch va toujours jongler entre ses deux casquettes d’artiste et de producteur pour les Wailers, avec Bob Marley, puis Max Romeo, Peter Tosh, U Roy, les Viceroys, les Congos, King Tubby etc etc. La liste est longue de ceux qui sont passés ensuite dans son studio mythique, le Black Ark, où il va affiner son son. Sur un magnéto 4 pistes, il sample des bruits d’animaux, il boucle, il filtre, il mixe et c’est en parlant aux esprits qu’il va développer cette créativité, cette audace qui vont changer la musique.


On va lui rendre hommage toute la journée sur Nova, en vous racontant des histoires qui lient la radio à Lee Perry - comme la fois où il est passé bénir nos consoles en studio à Paris avec de l’ail et du citron pour purifier notre atmosphère et appeler les bonnes ondes. Forcément, il sera question de feu - puisque souvent les studios de Lee Scratch ont été détruits, volontairement ou accidentellement par les flammes. On vous diffusera aussi certains de ses mixes où vous entendrez l’étendue de son talent, de ses métamorphoses, de sa technique autant que de son bon goût.


Mais pour commencer, voici son Chase The Devil plus que classique. Composé en 1976 avec Max Romeo, enregistré dans ce studio le Black Ark, avec les Upsetters. Plus tard, il va être samplé par Prodigy.
 

30 août 2021

5:57

Vitamine So : "When You Gonna Learn" de Jamiroquai

Face à l’actualité climatique particulièrement inquiétante, ta chronique Sophie elle commence par une question ?


Oui et c'est le titre d’une chanson qui a près de 30 ans, c’est "When You Gonna Learn" de Jamiroquai. Ce qui veut dire : mais quand va-t-on apprendre ? 


En 1993 ce que Jay Kay et sa bande veulent nous dire avec l’album Emergency on Planet Earth - c’est très clair. La situation climatique est urgente, et déjà catastrophique. Il essaie de sensibiliser à des questions essentielles de préservation des ressources, de respect des peuples autochtones, de décroissance. Mais à l’époque, si le public adore danser sur ces morceaux, les gens vont se contenter de trouver l’écologie de Jamiroquai divertissante. Personne ne le prend au pied de la lettre. Il est rigolo avec ses grands chapeaux et ses phrases chocs. 


Et 30 ans plus tard, alors qu’on n'a rien fait, qu’il est l’heure de constater que c’est déjà foutu pour nous, on a envie de répondre à Jamiroquai : tu le savais qu’on n’allait jamais rien apprendre. Parce que visiblement l’humanité n’est pas assez évoluée pour ça. 


Je sais que la réponse n’est pas très joyeuse, mais bon. Voici Jamiroquai sur Nova.


Visuel © Emergency on Planet Earth
 

01 juillet 2021

5:01

Vitamine So : "Poutou" de Dombrance

Le retour de Philippe Poutou à la présidentielle, ça te donne envie de jouer le morceau le plus évident de la terre ? 


Un morceau qui s’appelle "Poutou" et qui a été écrit pour lui, avec sa photo en tant que jaquette. Et qui est génial, puisque c’est notre Dombrance national qui l’a composé. Vous l’avez sûrement remarqué, Dombrance, ce musicien qu’on a connu rockeur sur Nova est depuis quelques années devenu un professionnel du morceau politique. Enfin, du morceau qui porte le nom de personnalités politiques : Obama, Raffarin, Alexandria Ocasio Cortez, Dati, etc. 


Le fond pour le coup est rarement engagé. Mais dans ce cas précis, on ne peut pas s’empêcher de voir dans l’esthétique de ce morceau dédié au candidat du NPA une envie de rappeler à quel point Philippe Poutou est proche de nous, de ce que traversent les Français en général. 


Poutou qui n’est pas un professionnel de la politique, qui vient d’être licencié parce que son usine Ford de Blanquefort a été fermée, et qui est donc un candidat nécessaire à cette élection, si l’on pense encore que la politique est une chose commune et collective. 


Voici donc "Poutou", de Dombrance sur Nova.


Visuel © Poutou
 

30 juin 2021

5:40

Vitamine So : "Lying Has to Stop" de Soft Hair

Ce petit côté "c’est pas ma faute à moi’"du LREM qui a du mal à se remettre en question après leurs échecs aux élections régionales, ça te donne envie d’écouter quoi ? 


Pas "Lolita" d’Alizée, même si ça aurait été surprenant sur Nova, mais plutôt "Lying Has to Stop" : le mensonge doit s’arrêter, un titre génial, lascif, gluant de Soft Hair - ce duo monté par Sam Dust & Connan Mockasin à l’occasion d’un unique album sorti en 2016, mais dont l’histoire est au long cours. 


Les deux compères, qui représentent deux manières d’être excentriques et d’envisager la pop et le rock, se sont souvent croisés sur scène, en festival, ont longtemps eu envie de collaborer, mais étaient chacun occupé à leurs propres affaires. Et puis petit à petit, ils ont trouvé des moments en studio et se sont mis à bâtir cet album, comme un château de sable futuriste, avec de drôles de formes, des nappes et de sacrées mélodies. Dont ce "Lying Has To Stop" - un morceau que je trouve génial, parce qu’il met dans un drôle d’état quand on l’écoute. 


En plus son message a le mérite d’être clair : le mensonge, c'est mal. Le titre parle d’un couple qui s’éloigne à cause d’une jeune femme qui ne peut pas s’empêcher de mentir. Et c’est vrai qu’à force d’être déçu par celles et ceux qui n’honorent pas leur parole, on se détourne d’eux. Dans la vie comme dans les urnes. 


Voici Soft Hair sur Nova.


Visuel © Soft Hair
 

29 juin 2021

5:23

Vitamine So : "Song from the Kingdom" de B77

Ce matin Sophie tu as envie de la jouer fairplay ?


Oui parce que ce soir il y a match, de l’Euro, entre la France et la Suisse et je me suis dit que c’était l’occasion de vous parler d’un de mes groupes suisses préférés : les B77. 


Si vous écoutez Radio Nova depuis quelques années, vous avez entendu qu’on avait les oreilles tournées vers la Suisse, vers Genève, Zurich, Bâle, Lausanne - où y a toute une scène rap ultra dynamique - notamment incarnée par Slimka, Makala, Varnish la Piscine. Côté pop aussi c’est la grande joie - Muddy Monk est un de nos chouchous, et autour de tout ce beau monde gravitent aussi les B77.


Un duo qui vit à Berne, Luca & Leopold, l’un est postier au civil, l’autre travaille dans les réseaux sociaux - et le soir, et pendant leur temps libre, ils créent des morceaux perchés, labyrinthes, psychédéliques, inspiré de pop contemplative, de rock’n’roll énigmatique, de peinture classique, d’art contemporain, etc. Que vous entendez parfois sur Nova, comme des petites cartes postales trippées. 


C’est diablement beau, c’est inspiré, ça part de Suisse pour nous ouvrir sur tout un monde parallèle - et c’est aussi à ça que servent les grands évènements sportifs - à nous familiariser avec d’autres univers. Donc voici les B77 avec le morceau "Song for the Kingdom".


Visuel © Fleur de B77
 

28 juin 2021

4:39

Vitamine So : « Summer Is Coming » de Labi Siffre

Aujourd’hui dans Vitamine So, on se rappelle que l''été arrive, avec un morceau signé Labi Siffre, "Summer is Coming".


Alors qu’on vient de passer une semaine, une année, une période éprouvante - je me dis qu’on a oublié un petit truc. C’est que l’été est quand même en train d’arriver. Alors certes, c’est plus comme quand on était enfant, y a plus vraiment de goûters en cours, de kermesse, et ce mois de juin est même pas particulièrement chaud - mais quand même, cherchons de la joie dans ce sentiment de légèreté que personne n’a oublié.


Et donc je vous ai choisi un titre que j’adore de Labi Siffre - qui s’appelle ‘Summer is coming’ - l’été s’en vient. Labi Siffre c’est un poète, musicien anglais qui n’a fait de la musique que pendant 15 ans de sa vie - mais qui a eu le temps de marquer énormément de gens. Parce que ses titres sont des sources inépuisables de sample - du Wu Tang, à Eminem en passant par Fatboy Slim ou Fabe - il y a tant de gens qui ont trouvé dans ses mélodies, dans son groove l’inspiration.


Mais le morceau que je veux vous jouer - je crois qu’il a pas été samplé du tout. Parce qu’il n’est pas si connu. Alors que c’est un chouette titre qui respire l’été, la chaleur qui grimpe, l’insouciance qui nous prend aux tripes. 
 

25 juin 2021

5:00

Vitamine So : Loungin (Who Do U Luv) de LL Cool J

Alors cet argument du PS qui veut séparer l’homme Mélenchon de son parti, ça t’inspire quoi ? 


Je me dis que ça sent l’emboucannerie à J -4 du deuxième tour des élections régionales, je trouve l’argument séparer l’homme politique de son parti un poil retors. Et ça me fait penser à une chanson d’un certain LL Cool J où il essaie de convaincre, par tous les arguments possibles, une jeune femme de quitter son homme : le génial Loungin, aka Who Do U Luv - un titre qui est mythique par sa force argumentative, par le flow de LL Cool J et aussi pour son sample. 


En termes de parole, c’est osé : le MC du Queens y va de son “ton mec s’endort quand il te fait l’amour”, il n’a pas conscience du trésor que tu es et puis en plus même s’il te couvre de cadeau l’amour ne s’achète pas, etc. Et il va dans le refrain jusqu’à répéter la question "mais de qui es-tu vraiment amoureuse ? Est-ce que t’es sûre ?"


Et résultat, ça marche. La jeune femme n’est pas sûre. 


Ce titre est génial parce qu’il sent bon le hip hop des années 80, que le sample nous renvoie vers le classique "Who Do You Love" de Bernard Write, qui tentait déjà une opération séduction en 1985 avec ce titre qui jouait la carte de l’honnêteté. 


Et qui sait, cette technique digne d’un renard rusé pourrait inspirer nos politiciens, alors on l’écoute.


Visuel © All World
 

24 juin 2021

5:35

Vitamine So : "I Believe In Miracles" de Jackson Sisters

Alors Olivier Faure qui n'est pas loin de se lancer dans la conquête de l’espace, Sophie ça sonne comment pour toi ?


Comme un titre qu’on adore sur Nova qui s’appelle "I Believe In Miracles" - je crois aux Miracles, un morceau signé des Jackson Sisters qui n’ont rien à voir avec la famille de Michael. Elles sont 5 aussi, comme les Jackson 5, mais elles ont grandi en Californie, ont déménagé à Detroit pour la musique, et ont une carrière un peu moins simple. 


Dans les années 70 elles enregistrent quelques titres, de la disco, de la soul qui font leur petit effet, et ce “I Believe in Miracles” qui est une reprise, ne va pas connaître le succès immédiat. Ça va prendre quelques décennies précisément, et par un heureux hasard, dans les années 90 le titre devient un petit tube de l’autre côté de l’Atlantique, en Angleterre. On sait que les anglais sont les pros pour déterrer des singles de soul et en faire des hits.


Depuis il a été réédité par Mr Bongo, et puisque le PS se permet d’espérer un miracle dans les urnes, on a envie de leur jouer ce morceau. 


Visuel © I Believe In Miracles
 

23 juin 2021

5:14

Vitamine So : "The Sound Of Violence" de Cassius

Sophie, ce matin ces pensées philosophiques de Darmanin sur le silence t’ont inspiré non pas un morceau, mais deux ?


Quand Darmanin nous conseille d’écouter le silence, forcément je pense à "The Sound Of Silence" de Simon and Garfunkel - un classique qui a été composé dans la solitude de la jeunesse, puisqu’on le doit à Paul Simon, qui une nuit d’insomnie s’est assis sur le carrelage sa salle de bain, guitare à la main, toute lumière éteinte. C’est là, avec un léger ruissellement de robinet en fond apaisant, qu’il trouve l’inspiration pour écrire ce morceau qui parle de la communication entre les hommes et des jours où l’on parle pour ne rien dire, et où l’on entend des mots sans les écouter. Un titre qui capture le son du silence. 


Mais finalement, j’ai choisi un autre titre. Parce que Darmanin qui se révèle philosophe d’un coup, du jour au lendemain, ça ne me convainc pas. Lui qui n’a pas écouté les inquiétudes du peuple face à la loi sécurité globale, lui qui n’écoute pas les hommes et les femmes scandalisées par ses arguments pour se justifier des agressions sexuelles qu’il a commises, lui qui n’écoute pas les victimes de violences policières qui veulent déstructurer le racisme systémique, lui qui n’écoute pas la magistrature quand elle lui rappelle à son devoir de neutralité en tant que premier ministre, lui qui n’écoute pas la France quand elle lui demande de prendre un tout petit peu soin de sa jeunesse, de ses fêtards, de ses manifestants. 


Alors plutôt que "The Sound Of Silence", écoutons le "The Sound Of Violence" de Cassius - un classique des années 2002, remixé ici par Cosmo Vitelli - qui rappelle que le premier silence vient du gouvernement et des absences de réponses à nos préoccupations. Et que ça, c'est une violence.


Visuel © Au Rêve
 

22 juin 2021

7:41

Vitamine So : "Losing My Taste for the Nightlife" de Peter Broderick

Alors Sophie, cette fête à laquelle personne ne se pointe, ça te rappelle quelque chose ? 


En tout cas ça me donne envie de jouer un morceau que j’aime beaucoup, mais qui en plus a le mérite de voir les choses autrement. Cette chanson, elle a été composée par Arthur Russell - et elle s’appelle "Losing My Taste for The Nightlife" - "Je perds mon goût pour la vie nocturne", pourrait-on (mal) traduire. 


Arthur Russell, c’était un compositeur de génie, un homme qui est l’artiste préféré de vos artistes préférés, de Sufjan Stevens, à Chez Damier, en passant par Devendra Banhart, Jose Gonzales, Robyn, les Arcade Fire : tous sont fans de lui. 


Lui qui est mort jeune, du Sida, en 1992. Mais qui en quelques années de vie, a réussi à composer des centaines de morceaux qui sont devenus cultes, après sa mort. Il a grandi dans l’Iowa, il y a appris le violoncelle, mais très jeune il a voulu découvrir autre chose - et s’est installé à San Francisco. C’est là qu’il a rencontré Allen Ginsberg, et la beat generation, là qu’il a commencé à travailler sa propre discipline musicale, très libre, très instinctive et extrêmement riche. Et puis il fricote avec les Talking Heads, Bob Dylan, Larry Levan - toute une avant-garde musicale, mais qui va de musiciens de pop, de folk, ou des DJ et producteurs de house et de disco. 


Une des forces de Arthur Russell, c’est qu’il n’a lui même jamais choisi sa chapelle musicale, capable de composer des symphonies au violoncelle autant que des hymnes de la teuf. 


Parce qu’il était aussi un grand fêtard - adepte du Loft, du Paradise Garage qu’il fréquentait. Sauf qu’un de ses plus beaux morceaux - posthumes - s’appelle "Losing My Taste for the Night Life" - et il raconte que même lui s’est lassé. Il parle de l’errance aussi de celui qui comble quelque chose par la fête, qui ne sait même plus pourquoi il fait la fête. 


Mine de rien, quand on poursuit l’analogie entre ces élections boudées qui seraient comme une fête ratée, on peut se demander pourquoi personne n’est venu. Pourquoi tant de gens n’ont pas fait le déplacement. Est-ce que c’est le line up qui ne convainquait pas ? La formule ? La communication en amont qui a échoué ? Est-ce que c’est parce que les gens ont envie d’autre chose ?


Ça vaut le coup de se le demander et d’écouter ce morceau qui dans sa version originale est très poétique mais peut-être trop douce. Voici une reprise, toute aussi belle, signée par Peter Broderick. 


Visuel © Peter Broderick & Friends Play Arthur Russell
 

21 juin 2021

5:46

Vitamine So : "Mask Off" de Future

Sophie quand tu as dû choisir un morceau pour illustrer notre chronique sur la fin du port du masque en extérieur, tu n’as pas beaucoup hésité. 


Non j’ai un peu choisi l’évidence, et en même temps quand il y a un morceau qui s’appelle "Mask Off" - littéralement "Bas les Masques", c’est du pain béni. 
Ce morceau de 2017, avec cette flûte entêtante il est signé Future, un des immenses nom d’Atlanta, produit par le génie Metro Boomin avec un sample tiré de la bande-originale du film Selma, de 1972.
Dans son refrain, il parle en plus des paradis artificiels - un peu chimiques - ce qui va assez bien avec le summer of love que l’on s’apprête à vivre. 


Et même s’il ne s’agirait pas d’oublier les autres gestes barrières, voici donc "Mask Off" de Future sur Nova. 


Visuel © Mask Off
 

17 juin 2021

4:35

Vitamine So : "Compulsion" de Martin L.Gore

Face à tant de lapsus Sophie, quel est le diagnostic ?


Je ne suis pas psychiatre, alors je peux 100 fois me tromper mais on peut suspecter une compulsion - cette force intérieure qui nous pousse à dire des choses, et à en faire d’autres, sans pouvoir se maîtriser. C’est angoissant, souvent, par distinction avec l’impulsion - et c’est aussi le nom d’un morceau que j’adore de Martin L.Gore, qui est le leader de Depeche Mode. 


Ce titre-là pour tout vous dire c’est une reprise d’un musicien post-punk qui s’appelle Joe Crow, qui en 1982 a composé cet ovni de la musique électronique qui évoque les mots qu’on a parfois du mal à trouver et comment on peut se sortir d’un certain état répétitif. Et quand en 1989 Martin L.Gore décide de le reprendre, pour son premier album en solo, il en fait un ovni tout aussi charmant. Presque plus énigmatique encore. 


Et puisqu’on parle de mots qui sont inconscients, c’est touchant de constater que Martin L.Gore se trouve dans des paroles qui n’ont pas été écrite par lui. 


Peut-être que Thierry Mariani devrait faire pareil : laisser d’autres personnes plus habiles parler pour lui ! 


En tout cas nous on écoute ce drôle de titre.


Visuel © Counterfeit e.p
 

16 juin 2021

6:52

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