Vitamine So

Dans Alpha Beta Nova, Sophie Marchand joue un disque en rapport avec l’actualité… et vitaminé !

par Sophie Marchand

Épisodes

Vitamine So : "Where Are They Now ?" des Kinks

C’est un génial morceau que les Kinks ont composé qui s’appelle Where Are They Now? . Les Kinks, c’est ce groupe anglais bâti autour de deux frères tempête, Ray et Dave Pavies qui ont été toujours de fins observateurs de la société anglaise et qui en 1973 composent donc ce morceau, qui se demande où sont les Rockers et les Mods, les Teddys Boys et les contestataires. En bref, le groupe constate, au début des années 70, qu’il ne reste plus rien du Swinging London, cette culture d’abord underground qui a dynamité la mode, la musique, la société anglaise pendant les années 60. 

Incarné par des musiciennes, des artistes, des mannequins, des rebelles, le Swinging London qui a d’abord rêvé d’une modernité à rebours de l’establishment, a fini par devenir la tendance, et donc le système. Ce qui a inéluctablement causé sa perte. 

Et alors même si ce morceau ne dit pas où sont les militants socialistes, il permet de comprendre un peu pourquoi nous en sommes à chercher quelque 1000 adhérents au PS en 2022, parce que le parti a sans doute perdu de vue les luttes qui ont fait son existence.










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24 janvier 2022

4:52

Vitamine So : "Eating" de Scuti

Cette claque est musicale, elle vient du Sud de Londres, c’est une nouveauté qu’on doit à Scuti. Je ne le savais pas mais Scuti c’est visiblement le nom d’une très grande étoile très brillante. Mais c’est aussi le nom d’une rappeuse anglaise qui a 20 ans et qui est fan de grime, de drill anglaise et de trap. Elle a une manière très particulière et décontractée de rapper. Elle a écrit sa première chanson quand elle avait 10 ans et je pense qu’elle est loin d’avoir écrit sa dernière. 

En tout cas, son morceau sorti la semaine dernière m’a beaucoup plu. Au point de le réécouter beaucoup de fois. Il s’appelle Eating et j’espère qu’il donnera à votre vendredi une autre teneur.

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21 janvier 2022

4:14

Vitamine So : "Loverini" de Myd et l’Impératrice

Le fait est que créer une œuvre à beaucoup ça peut s’avérer complexe. L’histoire de la musique est d’ailleurs jalonnée d'exemples de groupes qui ont explosé à force de ne pas réussir à accorder leurs violons. Il y a toujours des meneurs qui veulent imposer leur vision, et tout un tas de gens pour donner des avis divergents, et la personne qui est là pour ajouter son grain de sel. 

Mais, pour donner un peu d’espoir ce matin,  je vous livre un titre qui est né de manière participative et qui est bien en plus. Il a été composé ici,  dans les studios de radio nova. 

Ce morceau, et cette idée, on les doit à Myd. Le producteur et musicien de Club Cheval, signé sur Ed Banger, qui l’an dernier s’est dit : tiens et si je composais une piste bonus pour mon premier album, en demandant à mes fans et aux auditeurs de Radio Nova d’intervenir à toutes les étapes de création. Les auditeurs devaient choisir l’humeur, le tempo, la mélodie, les petits bruits d’oiseaux, la chanteuse qui y collaborerait, le titre, etc.

C’est un processus foufou et bordélique qui a duré 15 jours, chaque jour un nouvel élément venait donner sa forme au morceau, et le final a rendu tout le monde très fier. Preuve que, parfois, on va plus vite et plus loin à plusieurs. Voici le titre Loverini, de Myd et l’Impératrice, auquel vous avez peut-être vous, de l’autre côté de l’écran, vous avez participé. 

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20 janvier 2022

5:12

Vitamine So : "Comme un Boomerang" de Feist, Gonzales et Dani

Enfin, une reprise de Gainsbourg, parce que bien sûr, c’est évident, Manuel Valls c’est le boomerang de la 5ème République. Le type qui part, qu’on éloigne, qui s’éloigne de la politique, mais qui revient toujours parce qu’il est certain d’être fait pour gouverner. Mais alors comment faire entendre à un esprit si obtus que pour gouverner, il faut être élu, et pour être élu, il faut être populaire ? Ou qu’au moins il ne faut pas être conspué collectivement ?

Bref, hommage à cet effet boomerang, voici donc ce morceau de Gainsbourg dont le destin progresse un peu à l'inverse de celui de Manuel Valls. C’est Comme un Boomerang qu’il a composé en 1975. La chanteuse Dani voulait la présenter à l’Eurovision cette même année, mais cela n’a pas été accepté, considérée comme trop provocatrice, lascive et agressive par l’ORTF.

Alors pendant des années, le morceau dort, il est ignoré jusqu’à ce que Etienne Daho, dans les années 90, encourage Dani à reprendre cette chanson que Gainsbourg avait écrit pour elle après tout. Et c’est devenu une grande chanson française.

Mais ce matin, je voulais vous jouer une version reprise par Feist, Gonzales et Dani pour la compilation "Monsieur Gainsbourg Revisited" qui sortait en 2006. Les deux musiciens canadiens font des merveilles, Dani retrouve une jeunesse et cette version est assez inoubliable.

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19 janvier 2022

4:59

Vitamine So : "Alone Again" de Biz Markie

Ce sample a tout changé pour la musique, on est en 1991, le rappeur new-yorkais Biz Markie a depuis quelque temps beaucoup appris au côté de son producteur, arrangeur, et ingénieur du son Marley Marl. Parce que ce dernier, qui est un bidouilleur, a compris comment décortiquer des morceaux, en déstructurant la section rythmique et en la recréant ailleurs et autrement. Marley Marl a formalisé la technique du sample qui va servir à tout le hip-hop qui dans des disques de funk, de soul, de pop, de musiques classiques va trouver des sources et des boucles d'inspiration.

Reste une petite zone d’ombre, la question légale. Si on sait que la musique est une affaire d'interprétation et de réinterprétation permanentes, a-t-on pour autant le droit de se servir comme ça allégrement sans rien demander à personne ? Non. Et ça Biz Markie va en payer le prix fort au début des années 90. À cette période, il s’apprête à sortir un nouvel album, et il a flashé sur un morceau de pop 70 s, le titre Alone Again de Gilbert O'Sullivan. Alors il a envie d’en tirer quelques secondes, et de poser dessus, pour raconter une autre histoire plus moderne de la solitude.

Biz Markie n’est pas tout à fait un pirate, il demande à l’artiste s’il lui accorde ce droit, à l’époque beaucoup de choses se réglaient à l’amiable, ou avec des chèques de dernière minute. Mais Gilbert O’Sullivan refuse. Pas par principe, simplement parce qu’il trouve que ce morceau n’est pas assez sérieux à son goût. Ok. Biz Markie le fait quand même. Il sort son morceau et son album, et espère que tout ira bien. Mais Gilbert O’Sullivan est tenace, il intente un procès, que Biz Markie va perdre. Résultat, son album est retiré des ventes, et désormais la musique sera régie par une jurisprudence : celle du clearing de sample. C’est simple pour se servir d’un morceau, il faut l’autorisation du label.

Une leçon qui pourrait éclairer nos politiciens en France, et en attendant la jurisprudence, voici ce fameux morceau. Les plus vifs reconnaîtront un générique d’une de nos émissions.

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18 janvier 2022

5:40

Vitamine So : "Fifth dimension" des Byrds

C’est un morceau qui était hyper-avant gardiste et qui à l’époque a un peu été mal compris. En plus, c’est un morceau qui s’appelle Fifth Dimension et c’est un titre génial des Byrds. Les Byrds c’est un grand groupe de rock, de pop, de psyché californien, qui a été très influent, notamment sur la jeunesse hippie qui entendait les messages des Byrds comme des sortes de révélations sur le monde.

Et en 1966, alors qu’ils ont habitué le public à chanter du rock et de la folk, et notamment des reprises de Bob Dylan, ils sortent un disque encore plus perché qui tire vers le jazz spirituel, qui s’inspire de mystiques et de traditions indiennes, et qui s’intéresse au futur et à la physique quantique. Notamment dans la chanson qu’on va écouter qui, d’après son compositeur, est un melting pot où se croisent la théorie de la relativité d’Einstein, le soufisme, la métaphysique et la question des multi-dimensions. Une pensée holistique comme on dit, et assez précise, mais que tout le monde ne va pas saisir. Le public va croire que les Byrds ont tout bonnement beaucoup pris de LSD et parlent de trips cosmico-hallucinogènes. Et on ne voit pas vraiment plus loin que ça.

Alors que cette chanson est top, et surprenante dans le fond et dans la forme. Et c’est avec le temps, et les explications, qu’on a compris de quoi elle parlait vraiment. Et peut-être qu’avec Mélenchon, c’est pareil, dans quelques années, on se dira : mais il avait raison de faire son meeting en 7 dimensions, c’était ça le futur à côté duquel nous étions passés.



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17 janvier 2022

4:14

Vitamine So : "Lawn" de Aldous Harding

Je ne sais pas si vous êtes familiers de la musique néo-zélandaise, mais sachez qu’il y a plein de scènes musicales, mais notamment une grande scène de pop et de rock psyché qui existe depuis des décennies. Et qui a plein d'héritiers : des Connan Mockasin, des Unknown Mortal Orchestra et Aldous Harding.

Aldous Harding, c’est un pseudonyme ; le vrai nom de cette chanteuse, compositrice, musicienne, c’est Hannah. Elle a grandi dans un océan de folk, sa mère étant elle-même chanteuse, elle a joué dans des rues, s’est faite remarquer, signée sur le label culte Flying Nun et elle a décollé et développé son son qui est très spécifique. C’est de la folk décousue, qui s’autorise des coups de sang, des moments de grande pop suspendus. Elle a un sacré sens des mélodies, et puis son personnage, sa personne, est captivante. Elle dit qu’elle a longtemps résisté au fait de devenir musicienne - parce que c’était pour elle associé au fait d’être pauvre, toujours sur les routes - et puis, comme une fatalité, elle est devenue musicienne. Et on ne peut que se réjouir.

Et donc elle revient avec un nouvel album en mars prochain - et un premier extrait déjà qui s’appelle Lawn. C’est élégant et doux, et hypnotisant. Bref : trêves de mots, voici le morceau d’Aldous Harding.

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14 janvier 2022

5:27

Vitamine So : "Ritual Union" de Little Dragon

C’est presque émouvant un tel alignement des astres. Valérie Pécresse qui pourtant n’a de cesse de dire qu’elle veut supprimer des postes de fonctionnaires, tout d’un coup sanctuarise l’école. C’est marrant comme quand une grève concerne 75% des enseignants du premier degré, soit tout autant d’électeurs, on se souvient que le droit de grève est quand même une sacrée bonne idée de la constitution française.
Bref, on est à ça d’une Union Sacrée, même si contrairement à celle de 1914 qui a réuni toutes les forces politiques françaises face à la Première Guerre mondiale, on sent que tout le monde ne manifeste pas pour les mêmes raisons aujourd’hui. Certains sont là pour l’avenir de nos enfants, d’autres sont là pour leur propre futur électoral. Il n’empêche, voici un morceau qui s’appelle Ritual Union par le génial groupe Little Dragon.
Une formation suédoise qu’on adore sur Radio Nova, parce qu’ils savent tout faire : nous émouvoir, nous faire danser, nous faire chanter. Et il y a 10 ans, ils sortaient un troisième album, qui s’appelle comme le titre qu’on va entendre, un disque qui parle de connexion spirituelle, d’association amoureuse, de lien surnaturel, d’amitié et d’amour.
En plus, il donne plein de forces, et on le dédicace à celles et ceux qui sont en grève aujourd’hui, c’est Little Dragon sur Nova.

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13 janvier 2022

5:06

Vitamine So : "J’ai pas de face" de Akhenaton

Ça me donne envie de sortir les grands mots. Dans les analyses politiques, on parle de stratégie, de déstabilisation, mais je pense qu’on peut y aller plus franchement. Ce que fait Guillaume Peltier, c’est une bonne vieille trahison opportuniste. Ça se voit, ça se flaire, et ça me donne envie de jouer un morceau merveilleux qui parle d’un type qui n’a pas d’honneur.
"J’ai pas de face", c’est ce que répète le personnage inventé par Akhenaton, pilier de IAM, en 1995 quand il se met dans la peau d’un producteur de musique, qui ne croit en rien, si ce n’est en l’argent. Le type est une crapule, il veut monter des boys band bien naze, et qui applique une recette toute faite pour faire des pépètes. Bref, un homme sans intégrité, sans loyauté comme Akhenaton et quiconque bosse dans la musique, la culture, la politique, en a déjà croisé. Un type qui existait il y a 25 ans et qui sera toujours là dans 2 décennies.
Le refrain dit précisément ça : "J’ai pas de face, j’casse la baraque". Et si vous vous dites que quand même, Akhenaton y va fort, je vous rassure il existe un volume 2 à cette chanson qui s’appelle J’ai vraiment pas de Face et qu’on n’hésitera pas à ressortir dès la prochaine trahison politique qui devrait mettre un peu de sel et de laideur sur cette élection présidentielle.

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12 janvier 2022

5:51

Vitamine So : “I Don’t Know What I Can Save You From“ de Kings Of Convenience (remix Royksopp)

Les hésitations politiques de Christiane Taubira, tu les comprends Sophie ?

Je les trouve très compréhensibles. D’abord parce que, visiblement, ce n’était pas dans ses plans initiaux de se présenter, à nouveau, à l’élection présidentielle. Peut-être sait-elle trop à quoi ressemble ce niveau là de courses politiques. Et puis aussi parce que je ne peux qu'imaginer la pression que cela représente de se sentir investie d’une telle mission. Même si elle n’a pas encore de programme, et d’ailleurs peu importe si elle en avait un, Christiane Taubira est attendue sur la gauche française comme le Messie. Comme si on attendait d’elle qu’elle sauve le pays. Sans savoir par quel bout commencer. Et c’est un poil intense. 

Alors ce matin je vous joue un de mes groupes préférés, qui a su écrire ce sentiment, quand on sent que l’autre dépend à ce point de nous, mais qu’on ne sait pas trop quoi faire. C’est Kings Of Convenience, et le morceau s’appelle “I Don’t Know What I Can Save You From“ - je ne sais pas de quoi je peux te sauver. 

Un titre qui raconte deux amoureux - qui se retrouvent des années plus tard. L’un est un peu désespéré, et l’autre ne sait pas ce qu’il peut faire pour l’aider. Et en même temps il est ému par ses failles. 

Ce titre, Kings Of Convenience l’a chanté en 2001 - à l’époque de leur premier album - Quiet Is the New Loud. C’est d’une tendresse infinie, et alors je voulais vous jouer la version remixée par les compatriotes norvégiens du groupe, Royksopp - qui est encore plus belle. En attendant de savoir ce qui pourrait sauver la France, et de quel péril, la voici sur Nova. 



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11 janvier 2022

6:05

Vitamine So : “Changes“ de Charles Bradley

Sophie, ce manque d’inspiration en politique ça te donne envie de rappeler que les reprises ça peut être mieux ?

Mille fois mieux que ces variations sur des mêmes thèmes, qui en plus d’être particulièrement nuisibles et rances, risquent de nous convaincre qu’il n’y a plus d’idées en politique. 

Ce matin, je voulais vous jouer une réinterprétation fidèle, mais pleine d’imagination et surtout très touchante. Elle est interprétée par Charles Bradley, un musicien dont vous avez souvent entendu la voix et les messages très spirituels sur Radio Nova. 

Un homme qui a toujours été un artiste mais qui a été reconnu comme tel sur le tard. Il est devenu fou de soul et de musique en assistant à un concert de James Brown en 1962, et puis il s’est mis à chanter, mais n’a pas rencontré le succès. Pendant des années, des décennies. Il bosse en cuisine, à travers les Etats-Unis. 

Et finalement à 51 ans, ayant la certitude qu’il veut faire entendre sa voix, il se relance dans la musique, égraine les clubs de Brooklyn, impressionne avec sa voix grave et son esthétique vintage et trouve un label - Daptone - qui lui fait confiance. Après ça il sort des disques, et enfin connaît le succès dans le monde entier. 

Et en 2016, Charles Bradley accompagné des musiciens du Budos Band, sort un disque qui s’appelle Changes. Comme un morceau du groupe Black Sabbath dont il fait une reprise. 

Black Sabbath, le groupe d’Ozzy Osbourne notamment, ça n’est pas du tout son monde, ça n’est pas de la soul, c’est plutôt du hard core. Mais Charles Bradley s’en fiche - il sait que cette chanson “Changes“ est merveilleuse et lui ira bien. Alors il la reprend, à sa sauce, avec ses intentions, sa foi, sa voix. Et c’est extrêmement beau. Preuve qu’on peut s’inspirer des autres pour se renouveler. 



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10 janvier 2022

6:31

Vitamine So : “Heaven“ de Thierra Whack

Surtout que là c’est le retour d’une artiste dont on est toujours curieux d’entendre les productions - c’est Thierra Whack qui vient de Philadelphie. En 2018 quand on l’a découverte avec son premier album Whack World - tout le monde était très enthousiaste, et très frustré aussi parce qu’en général aucun de ses morceaux ne dépassaient la minute 45. 

C’est que Thierra Whack est un peu une punk, même si on a tendance à davantage la comparer à des icônes comme Missy Elliott, en tout cas elle est hyper forte - et elle aime s’imposer des contraintes créatives dans lesquelles elle s’épanouit. Parce que c’est surtout ce qui se dégage de sa musique : sa grande liberté. Il y a quelques semaines on vous avait joué en Nouvo Nova, un de ces nouveaux morceaux, et il se trouve que pendant les vacances j’ai pris le temps d’écouter pas mal de trucs sortis à la fin de 2021 - et je suis retombée sur ce titre “Heaven”. Qui parle d’un paradis qui semble un peu perdu en ce moment, ou en tout cas momentanément endormi. Et c’est un super morceau.



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07 janvier 2022

4:14

Vitamine So : “Va t’faire Cuire un oeuf Man” de Henri Salvador et Boris Vian

Alors Sophie à ceux qui emmerdent les autres, tu préfères des manières plus fleuries ? 

Non seulement le geste politique d’insulter les citoyens est laid, mais le mot en lui-même - d’emmerder - l’est tout autant. Héritage pompidolien, chiraquien ou pas. Alors que la langue française est d’une richesse infinie quand il s’agit de brocarder son prochain.

Pour insulter, on peut, à l’envie, combiner des expressions de toutes les époques, verlaniser des mots qui n’ont rien demandé, associer des termes qui n’ont rien à voir. Bref on peut briller - et pour donner l’exemple voici un prince de la jongle verbale - Boris Vian. Réputé pour utiliser le langage et ses images avec une créativité inégalée. 

Homme de littérature, de mondanités, de fêtes, de musique aussi. Boris Vian à qui l’on doit un génial morceau qui s’appelle “Va t’faire cuire un œuf man” - un titre écrit par lui-même, composé par Michel Legrand et interprété par Henri Salvador.

Trio de folie qui prend à l’époque des pseudos : Boris devient Vernon Sinclair, Salvador sera Henry Cording et Michel se surnommera Mig Bike - avec l’idée de se moquer du swing et du rock. Ça vous donne une idée de l’ambiance en studio. Bref ensemble, ils écrivent 4 morceaux dont celui-ci qu’on va entendre - “Va t’faire Cuire un oeuf Man” - la preuve vivante qu’il y a mille manières de dire aux autres tout le mal qu’on leur souhaite. 

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06 janvier 2022

4:26

Vitamine So : “Don’t Know What You’re Doing“ de First Class

C’est rigolo quand même - il y a quelques mois Emmanuel Macron appelait ses députés à être fiers de l’amateurisme, espérant prouver que sa politique était portée par des citoyens. Finalement, le résultat c’est qu’il est à la tête d’une classe dissipée, qui ne se déplace pas souvent à l’Assemblée, même pour les votes importants. Alors que l’opposition, de gauche, de droite, elle, mobilise dans les rangs.

Et lui se permet de dire qu’il veut emmerder les non vaccinés jusqu’au bout. Bref tout ça nous donne parfois l’impression que personne ne sait exactement où il va et ce qu’il est en train de faire pendant cette drôle de période.

Donc pour incarner ça, un morceau qui s’appelle “Don’t Know What You’re Doing“ - chanté par First Class, un quartet de soul vocale de Baltimore qui en 1977 a chanté ce titre qui est presque un court métrage tant il est imagé. On parle d’une femme qui erre dans sa ville comme dans sa vie, qui est perdue. Une vraie paumée qui se fait du mal à elle et aux autres. 

Comme un mauvais politicien finalement. Allez oublions un instant le pass vaccinal en écoutant sur Nova cette balade de soul impeccable.

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05 janvier 2022

4:46

Vitamine So : “Chronomentrophobia“ d'André 3000

Jean-Luc Mélenchon nous parle de réalité augmentée et toi Sophie, je crois que tu as peur du futur ? 

Je dois avouer qu’il y a beaucoup de choses du futur qui peuvent me faire peur - à commencer par les élections présidentielles de 2022, des débats qu’elles suscitent, mais j’ai aussi peur des hologrammes de politiciens, de la politique désincarnée, du temps qui file à toute vitesse, mais pas assez vite pour se renouveler apparemment. Bref : la modernité quand elle prend la forme d’une réalité qu’on augmente et d’une humanité qu’on prolonge pour le meilleur et pour le pire, je trouve ça bof excitant. 

Et donc, j’ai eu envie de vous jouer un morceau qui parle d’une drôle de phobie - c’est un peu la peur du futur, c’est surtout celle des horloges, du tic tac des aiguilles qui rappelle que la mort est proche. Ça s’appelle la chronomentrophobia et c’est surtout le nom d’un morceau génial d’André 3000, moitié d’Outkast, sorti en 2006 sur la bande originale du film Idlewild Gangsters Club. 

C’est un morceau de bravoure d’Andre 3000, qui chante, qui rappe, qui soliloque pour essayer de se dépêtrer de ses angoisses vitales face au succès et au cours des choses. Ca me fait dire deux choses : c’est que la pensée, la voix et la plume d'André 3000 manquent beaucoup à notre présent, et que parfois j’aimerais lui demander ce qu’il pense de la modernité.

Voire des élections françaises. Pour qui voterait André ? Je vous laisse y réfléchir et en attendant voici le titre "Chronomentrophobia" dédié à celles et ceux qui sont chaque jour en retard au taf.



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04 janvier 2022

3:49

Vitamine So : "Work" de Charlotte Day Wilson

Alors Sophie, quelle chanson peut nous porter et nous donner un peu de force en ce début d’année ?

Un morceau réaliste, un peu las mais tendre, comme les vœux de celles et ceux qui nous souhaitent une année, ayant bien conscience que pour que celle-ci soit une bonne année il allait falloir un peu d’optimisme. Ce matin donc un morceau que je trouve beau, de la musicienne Charlotte Day Wilson qui vient de la scène très vivante et inspirée de Toronto au Canada. Elle a chanté longtemps du rnb et puis elle a trouvé sa voix dans des mélodies plus sobres, grande amoureuse de Nico, de Feist ou de Arthur Russell. 

Et en 2016 elle a connu le succès grâce à ce titre qui s’appelle "Work" - ce qui en anglais veut dire le travail, mais aussi l'œuvre, celle qu’on s’efforce de mettre en place, de construire pas à pas. Ce qu’elle dit dans ce très beau morceau, c’est que parfois les choses prennent du temps à se métamorphoser, et qu’en attendant il faut avoir confiance. Il faut croire, en ce que l’on veut, au solide qui nous entoure, au tangible sur lequel on peut se reposer, aux appuis invisibles qui nous portent pourtant. 

Et c’est ce que je vous souhaite pour cette année, des sourires, de la confiance et de la certitude que quelque part, à un moment, les choses vont se renouveler.



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03 janvier 2022

5:00

Vitamine So : “Smiling Faces Sometimes” de The Undisputed Truth

Cette ambiance “tous derrière Valérie”, ça t’inspire quoi ? 

Ça m’inspire les sourires de circonstance, parce que c’est ça, la politique. Contrairement à la gauche française qui peine à faire alliance, même pour faire semblant, les Républicains y arrivent pas mal à cette unité de surface, mais à laquelle on croit comme on tombe dans le panneau pendant de bonnes pièces de théâtre. 

Ce matin, le morceau s’appelle “Smiling Faces Sometimes” de The Undisputed Truth, qui était le groupe, le laboratoire du génial musicien Norman Whitfield. Grand nom de la Motown, pionnier de la soul de Detroit, précurseur d’un son psyché, afro-futuriste, cosmique. Il était l’homme derrière les tubes de The Temptations, puis d’Edwin Starr, mais ils n’étaient pas qu’un homme de l’ombre. À la fin des années 60, Norman réunit des chanteurs et des choristes pour créer une sorte de super groupe où il va tester encore plus librement qu’avec les autres. 

Comme chef d’orchestre, il essaie de trucs, pousse les musiciens dans certaines directions, en tente d’autres et finalement, le groupe sort des disques. Qui marchent, parce que Norman Whitfield a un talent fou et un vrai sens de ce que le public attend. 

Ça s’entend dans le morceau “Smiling Faces Sometimes”, chanté à la base par les Temptations mais repris avec brio par The Undisputed Truth, un groupe qui parle des hypocrisies de l’administration Nixon, grince des dents plus largement sur les mécaniques de la politique. 

Avec un conseil à retenir : ne vous fiez pas aux sourires, regardez les yeux parce que le regard ne ment pas.

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16 décembre 2021

5:01

Vitamine So : “Valerie” par Amy Winehouse

Ce programme de Valérie Pécresse, il penche très, très à droite selon toi Sophie ? 

Oh oui, tout de même. Et puis son équipe et elle le masquent à peine, je veux dire, quand on reprend “le courage de dire, la volonté de faire” comme slogan de campagne, alors que le Front National l’utilisait en 1986, c’est que tout ça est calculé et manifeste. Alors je me suis dit : je vais jouer un morceau qui parle de la droitisation de la société. Et puis j’ai pensé : “oh et puis non, je crois bien que ça risque d’ennuyer tout le monde, peu importe le bord politique.”

Voici donc un titre qui n'a presque rien à voir - si ce n’est qu’il parle d’une Valerie dont on aime beaucoup le programme sur Nova. À l’origine, c’est la Valerie des Zutons, un groupe anglais des années 2000. 

Il semble que l’histoire de Valerie soit vraie. C’est celle d’une jeune femme qui s’est faite arrêter en état d’ivresse, qui était une copine du groupe, et en repensant à elle un jour, la bande a inspiré une chanson. Comme quoi, parfois, les bons morceaux ne tiennent à rien. Et le succès, ça vient aussi avec des bonnes reprises. Puisque l’histoire fabuleuse de ce titre, c’est qu'il a été vraiment apprécié de tous en 2007 après qu’il a été repris par Amy Winehouse, accompagnée de Mark Ronson à la prod’. En plus je vous ai choisi une version live, en direct de la BBC, et tout est fou. 

Alors clairement, on vote pour cette Valerie Winehouse ce matin !



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15 décembre 2021

5:16

Vitamine So : “The Irony Of It All” de The Streets

Je me dis toujours que, quand même, pour être absolument offusqué.e par la consommation de cannabis, il faut soit être sacrément hypocrite soit tout à fait coupé.e du monde et de la culture. Impossible de dire combien de morceaux parlent de ça, évoquent un premier souvenir enfumé, une tranche de rire sous marie-jeanne, un appel à la légalisation. Et dans tous les styles musicaux : du jazz des années 20, du rap des années 90, du reggae, du blues, du rock, de la variété française, de la pop, de la musique expérimentale, contemporaine, de tous les temps. 

Je ne dis pas ça en pensant que tout le monde devrait fumer, je dis ça parce que quand on est candidat, ça vaut le coup de ne pas ignorer la réalité des citoyens de son pays et de ne pas sortir la carte offusquée de “cannabis = drogue = drogue dure = mort assurée”. 

Donc, en attendant un peu de subtilité et de débat de qualité, je propose à Valérie Pécresse un morceau. Un titre composé par Mike Skinner, aka The Streets, sorti en 2002 sur le génial album Original Pirate Material. Le morceau s’appelle “The Irony Of It All” et il compare la consommation d’alcool à celle de cannabis. Le MC se met dans la peau de Terry qui picole à outrance et de Tim qui fume trop. Avec une question : quelle est la différence ? Dans les conséquences réelles de ces substances sur l’être humain et sur la société ou dans la manière distincte de les juger ? Et si tout ça n’était qu’un débat de société que l’on n’ose pas avoir ? Et si tout ça était un peu ironique ?

En tout cas, voilà pour familiariser Valérie Pécresse avec ce genre de discussions.

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14 décembre 2021

5:21

Vitamine So : “Partis de Rien” de la Scred Connexion

Sophie, quelle serait la bande son idéale pour rythmer ce documentaire sur Valérie Pécresse ?

Écoute, ce que je retiens notamment du biopic fantasmé par Mahaut, c’est l’idée de la prédétermination sociale de Valérie Pécresse, qui incarne, peut-être plus que tout autre candidat, ce que la reproduction sociale veut dire. Le fait est que quand on naît à Neuilly, dans une famille universitaire, industrielle, politisée - quand on naît dans de bonnes conditions - on avance plus simplement. C’est ce qu’on appelle la ploutocratie et si c’était une discipline olympique la France se classerait bien. 

Je me dis que si la vie de Valérie Pécresse était filmée comme un documentaire, il faudrait un moment d’émotion où l’on parle de ça, où on lui demande comment elle va faire pour convaincre non pas ses pairs ou les élites dont elle fait partie, mais le peuple. Comment va-t-elle prendre conscience de cette France qu’elle ne croise pas tous les jours ? Et là : boum ! Plan serré sur son visage pendant qu’elle pense et en bande-son, je vois bien le morceau “Partis de Rien”, un titre composé en 2000 par la Scred Connexion, avec Fabe, Haroun, Koma, Mokless sur un sample de qualité. 

Un titre qui, il y a 21 ans, évoquait déjà avec les mots justes l'ascenseur social bloqué, l’absence de perspectives que la France offre à certains de ses enfants. Un morceau auquel je trouve qu’il est difficile de rester insensible.

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13 décembre 2021

4:37

Vitamine So : “B-Side” de Khruangbin et Leon Bridges

Vous allez me dire : “mais c’est déjà sorti il y a un an ce truc !”. Eh non, vous vous trompez. Oui, le trio le plus psyché du Texas - Khruangbin - et le crooner sur qui le temps n’a pas de prise - Leon Bridges - ont déjà collaboré il y a un an, pour le génial EP et morceau Texas Sun, ode à leur terre natale, à son soleil écrasant et à ses racines. 

La bonne nouvelle, c'est qu’ils ont été très inspirés pendant cette session d’enregistrement et qu’ils n’ont pas encore tout sorti. Le quatuor vient donc d’annoncer un nouvel EP tourné vers un autre astre cette fois : la Lune. Ça s’appelle Texas Moon, ça tire vers des énergies plus mystiques, plus jazz, plus mystérieuses et ça leur va super bien.

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10 décembre 2021

6:08

Vitamine So : “Solo” de Frank Ocean

Ce matin Sophie, c'est la solitude d’Anne Hidalgo qui t’a inspirée ? 

Oui, parce qu’en termes de soutien, c’est assez triste. C’est maigre. Dans ses propres rangs, on sent que ça brûle la langue de la soutenir, en terme d’intention de vote, c'est pareil, et si on cherche sur les réseaux sociaux, on trouvera davantage de #saccagepariscetaitmieuxavant que d’autre chose.

Et donc pour l’aider à gérer cet isolement, voici un morceau qui sublime la solitude. C’est signé de Frank Ocean, qui réussit la prouesse d’écrire des morceaux extrêmement intimes et personnels tout en parlant à tout le monde et en bossant avec des producteurs géniaux. Il a composé en 2016 le morceau “Solo” et tout est dans le titre. Surtout qu’en anglais ça sonne comme “so low”, (comprendre “tellement déprimé”). Et Frank Ocean va au bout de ses émotions, qu’il explore avec des échos, une voix de falsetto, des textes très honnêtes, des refrains qui respirent la tristesse et qui sont en même temps libérateurs.

Peut-être que ça peut inspirer Anne Hidalgo, au moment de composer un discours de défaite. Ou une chanson de défaite, ce serait encore plus cool avec de l’autotune !

Sur cette chanson, en plus, c’est James Blake qui fait du clavier et Jazmine Sullivan qui chante, donc c’est trop bien.

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09 décembre 2021

5:42

Vitamine So : “Know What You Want” de Gloria Jay

Anne Hidalgo promet des choses et toi Sophie, qu’est-ce que tu nous joues ? 

Un morceau qui justement parle de ça : de promesses. On a l’habitude en politique de grandes paroles en l’air qui sont rarement respectées une fois l’élection advenue. Et même si c’est justement ce que lui reproche ses opposants, il faut admettre qu'Anne Hidalgo a pour une fois tenu ses paroles. Elle l’a fait reculer, la voiture dans Paris, elle a piétonnisé les voies sur berge, aujourd’hui on roule à 30 kmh. Bref : et même si c’est peut-être ce qui l’empêchera d’atteindre l’Elysée, elle a parlé droit. 

Et tout ça me donne envie de jouer un morceau de soul de Chicago, signée par une certaine Gloria Jay. C’est un morceau qui a une histoire à tiroirs et pleine de mystères. À 16 ans alors qu’elle est chanteuse de Gospel dans une Église baptiste, elle se fait repérer par un producteur. 

Or cet homme travaille aussi avec d’autres musiciennes, dont une certaine Theresa Eagins avec qui il a prévu d’enregistrer le morceau “Know What You Want”. Tout est organisé, sauf qu’au dernier moment, Theresa lui annonce qu’elle a décidé de ne plus chanter qu’à l’Eglise, finie pour elle la musique séculaire. Et ne sachant vers qui se tourner, le producteur décide d’appeler à la rescousse Gloria Jay qui va donc improviser et enregistrer ce titre-là. Alors qu’elle est toute jeune, encore en train de chercher sa voix, elle doit chanter un morceau qui transpire l’indépendance et la confiance en soi. Elle le fait, mais ne peut effacer complètement sa timidité, sa naïveté, et c’est ça qui fait la beauté de ce titre. 

Pourtant, quand il sort en 1977, quasiment personne ne l’entend. Tout le monde passe à côté de sa puissance discrète, et il a fallu attendre une réédition, faite par le label de Floating Points que le monde entier est tombé dessus. Vous allez voir, c’est hyper beau et touchant parce que Gloria Jay se répète avec une voix jeune et fragile : je vais y arriver, je vais le faire, je vais atteindre mon but. 

Et on finit par y croire.

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08 décembre 2021

4:54

Vitamine So : ​​“Somebody That I Used To Know” d’Elliott Smith

Alors, cette chronique des jours qui ont changé la vie d’Anne Hidalgo, ça t’inspire quoi ? 

Ça me donne envie de revenir sur l’inimitié entre elle et Bertrand Delanoë, je dois avouer que je ne me doutais pas que ça allait jusque-là. Et donc ça me donne envie de jouer un des morceaux les plus cruels que je connaisse. Quoique les paroles ne sont pas si terribles, et même si la mélodie est douce, et oui, c'est vrai que la voix du chanteur est tendre. Mais voilà, parfois la douleur se cache. 

Elliott Smith, l'auteur de ce morceau, a grandi dans une maison très austère, très grise, qui s’est installé à Portland tout jeune, parce que fasciné par la scène rock alternative qui s’y développait. Et puis il s’est mis à composer pour accompagner sa vie, qui n’a jamais été très simple. Elliott Smith avait une âme pleine de spleen, il aimait l’amour, la drogue, l’alcool, la philosophie, la musique. 

En 2000, il compose le morceau “Somebody That I Used To Know”, (“Quelqu’un que j’ai connu”, en anglais). Un morceau écrit après une rupture - peut-être amoureuse, peut-être amicale - où il décrit avec une justesse folle le fossé qui se creuse entre deux personnes qui se sont aimées. 

Le temps passe, fait son affaire, et finalement avec le recul le musicien réalise que s’il a souffert, s’il a cru mourir de douleur, désormais le nom de l’autre n’est plus qu’un lointain souvenir, celui d’une connaissance qu’on a perdu de vue. 

C’est cruel, comme la politique, comme les soap opera, comme la vie.

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07 décembre 2021

3:48

Vitamine So : “Nobody” de Mitski

Alors Sophie, quelle serait la bande originale du biopic sur Anne Hidalgo ?

Ce que racontait Mahaut dans sa chronique, c’est que l’histoire politique d’Anne Hidalgo c’est aussi une bataille pour accéder aux places de premier plan, et l’on sait que dans la vie politique française, quand on est une femme, quand on est de gauche, ça n’est pas donné d’avance. Alors j’ai choisi un morceau que j’adore pour sa force, sa combativité et son honnêteté aussi. Il s’appelle “Nobody” et c’est la chanteuse compositrice Mitski qui l’a créé. 

Elle est japonaise et américaine, elle fait du rock et elle se sert de ses guitares, de ses textes et de sa voix pour raconter des tas d’histoires très sincères. Ses moments de doute, de vulnérabilité, sa solitude et elle l’a fait depuis ses débuts en 2012 avec une telle indépendance qu’elle s’est fait une place à part dans le rock américain. 

Elle aussi a dû batailler, elle non plus ne mâche pas ses mots quand il s’agit de dire que c’est dur, et franchement, en plus, ce morceau est génial. Vous l’aviez entendu en playlist sur nos ondes en 2018, ça vient de son disque Be The Cowboy. Rien que dans le titre on entend la détermination de cette artiste, qui parle d’espoir, qui dit les moments de la vie au sommet, et ceux aussi au creux de la vague. Je me dis que la fin du biopic d’Hidalgo, épisode 1 en tout cas, pourrait se terminer par ces notes.

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06 décembre 2021

4:34

Vitamine So : “Zokanch” de Hey Djan

Aujourd’hui, une nouveauté qui est aussi une avant-première pour se préparer au week-end, puisqu’en ce moment même a lieu à Rennes un festival : la 43e édition des Rencontres Trans Musicales. Radio Nova a prévu d’y faire un tour pour tendre l’oreille sur ce qui joue, ce qui s’y découvre surtout, puisque le principe de ce festival légendaire, c'est qu’on n’y va pour entendre des groupes venus du monde entier ou du coin de sa propre rue, mais dont on ignorait complètement l’existence jusque-là. 

Parmi les concerts qui y sont très attendus, il y a le groupe Hey Djan, un projet mené par le multi-musicien Adrien Soleiman, avec d’autres instrumentistes brillants et un duo de chanteurs arméniens. Hey Djan vient de sortir un EP, 3 chansons tirées du répertoire classique arménien auquel le groupe insuffle de nouvelles couleurs. 

C’est vraiment trop beau et important comme démarche. Alors ils jouent cet apres-midi aux Transmusicales, ce sera leur premier concert et j’ai très hâte d’entendre. En attendant, partageons collectivement cette découverte et leur beau morceau “Zokanch”.

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03 décembre 2021

6:05

Vitamine So : “Apple Scruffs” de George Harrison

Aujourd'hui on parle des Bobby Soxers, des Lambs, des Rapti, des Potogos et des Apple Scruffs : tous ces groupes de fans au cours de l'histoire de la musique.



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02 décembre 2021

5:47

Vitamine So : “Oualalaradime” de Zebda

Des promesses, encore des promesses, c’est la période électorale qui le veut ! Sophie, ça te donne quelles envies musicales ? 

Ça m’incite à ressortir des disques de notre jeunesse, plus précisément un album de Zebda, Essence Ordinaire, qui date de 1998. Troisième disque des toulousains, qui parlent à l’époque de sujets capitaux de la société française : d’immigration, de racisme, de corruption, de luttes qui se transmettent de mère en fils.

Parmi les morceaux phares de ce disque, au-delà du titre “Tomber la chemise” grâce auquel on s’est toutes et tous désapés sur les pistes de danse, c’est “Oualalaradime”, qui raconte l’art du petit mensonge bien ordonné, de la débrouillardise de gosses, d’une enfance têtue, mais déjà engagée. Avec cette phrase emblématique : “Je le jure sur la tête de moi
Ouala, oualalaradime”. 

Un mot inventé par Magyd Cherfi et sa bande, dérivé de l’arabe wallah al adime ce qui veut dire “je le jure sur la tête de dieu”, un terme que le groupe francise avec l’idée d’entrer ce mot dans le dictionnaire. 

Surtout qu’en 2012, pendant un concert, le chanteur du groupe Hakim Amokrane a présenté ce morceau comme ça : “Mesdames et Messieurs, la chanson qui vient, elle est dédicacée à tous les menteurs, surtout en cette période de campagne électorale ! Mesdames et Messieurs, cette chanson est spécialement dédicacée à tous les menteurs et en plus ils jurent ! Oualalaradime!”

Je pense que si les discours politiques se terminaient par un petit “oualalaradime ouala” façon Zebda, ça ferait du bien à tout le monde.



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01 décembre 2021

5:20

Vitamine So : “El Día De Mi Suerte” de Willie Colon et Héctor Lavoe

Un autre jour qui pourrait changer la vie de Mélenchon, c’est sans nul doute s’il est élu et je crois que ça t’a donné une idée Sophie. 

Ça m’a donné envie de vous jouer “El Día De Mi Suerte” (“Mon Jour de Chance”, en espagnol) un classique de la Fania Records, chanté par deux monstres de la musique latine - Willie Colon et Hector Lavoe - deux compères portoricains installés à New York et qui ont changé toute l’histoire de la salsa. Willie Colon est tromboniste à l’origine, Hector Lavoe est chanteur. Leur rencontre va être un coup de foudre artistique. Entre 1967 et 1975 ils vont sortir une douzaine d’albums, forger le son emblématique de la Fania et de la salsa portoricano-new-yorkaise. 

Et en 1973, ils composent ensemble l’album Lo Mato (Si No Compra Este LP) ( “je le tue si vous n’achetez pas ce disque”, toujours en espagnol) avec une pochette dingue. Et sur cet album, il y a le morceau “El Día De Mi Suerte” qui parle d’un homme au destin tragique qui attend son jour de chance. Orphelin, pauvre, abandonné par la société, il est emprisonné parce qu’il a volé, parce qu’il avait faim. Mais il est certain : sa vie va bientôt changer, il n’a qu’à patienter. 

C’est terrible comme texte, mais typiquement, c'est l’art de Willie Colon et Hector Lavoe qui pensaient que la salsa devait faire danser et réfléchir en même temps. Et comme leurs paroles sont plus chargées politiquement que beaucoup de discours qu’on entend en cette période, voici ce morceau. 

Qui sait ? Mélenchon pourrait bien célébrer son élection sur ce titre, avec une petite danse de la joie.

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30 novembre 2021

6:46

Vitamine So : “About Today” des The National

Sophie, sur quoi ce biopic consacré à Jean-Luc Mélenchon pourrait-il terminer ?

Je me suis dit qu’il fallait un morceau triste et beau, qui donne envie de regretter le passé, mais de croire à l’avenir. Ce morceau, plein de promesses contradictoires, je l’ai trouvé chez The National, merveilleux groupe de Brooklyn dont l’histoire qui comme beaucoup de coup de cœurs amicaux ou politique commence sur les bancs de l’université. 

C’est un groupe qui a un sacré public à travers le monde, notamment en France à partir de leur premier album qui sort il y a 20 ans. Il y a toute une scène de fadas de rock indie qui s’est reconnue dans la fraternité et l’énergie étrangement sereine et combative que cultivent les 5 membres du groupe. Ils ont écrit en 2004 la chanson “About Today”, qui parle de désaffection amoureuse, du sentiment d’étrangeté qui naît un jour, quand on regarde l’autre et qu’on ne sait plus si on l’aime. 

Évidemment, vu l’enthousiasme des citoyens français à l’égard de la politique (et des candidats), j’y vois un signe, mais je crois aussi que par la mélodie, il y a une pointe d’espoir dans ce morceau. 

Tout n’est pas perdu, Jean-Luc, la bataille commence aujourd’hui, avec The National, dont le nom par ailleurs a été choisi complètement par hasard et pas du tout pour des raisons patriotiques. C’est peut-être une piste supplémentaire pour notre candidat du jour.



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29 novembre 2021

4:02

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