Baba Squaaly se confie sans haine

Billet d’humeur confinée… Air du temps qui passe entre quatre murs… Chroniques libre et enfermée… Confinature sans sucre ajouté… C’est un peu tout ça à la fois… Pour Squaaly, c’est comme si le confinement se faisait dans un rêve éveillé, irréel et plein de détails.

par Baba Squaaly

Épisodes

Martine tweet bonne fête !

Aujourd’hui à l’heure des réseaux sociaux faire de la politique sans compte twitter c’est comme travailler du chapeau sans chapeau. Ça ne sert à rien. Et cela est vrai à tous les échelons du mille-feuille politique. Comme je n’aime pas les angles morts, les trucs qu’on n’a pas vu venir, je suis abonné à de nombreux comptes de figures de la vie politique nationale ou marseillaise. Des comptes à droite, des comptes à gauche, des comptes très très à droite et des comptes très très à gauche, des comptes de toutes les couleurs du vert au kaki. En politique, je m’informe !
Le compte de Martine Vassal, candidate malheureuse aux dernières élections marseillaises, à la tête par ailleurs du département des Bouches du Rhône et de la Métropole Aix-Marseille Provence, est exemplaire en la matière. Elle ou son sbire à la comm dégaine du twit’ plusieurs fois par jour, ne loupant jamais une occasion, une inauguration, un déplacement, un remerciement, un hommage pour pondre un tweet. Elle est formidable Martine. Pas plus tard que le 27 mars dernier. Elle souhaitait à toute la communauté juive de son territoire, une très belle fête de #Pessah. Le 4 avril, elle récidivait pour nous souhaiter à nous tous de joyeuses fêtes de #Pâques et pas plus tard que mardi, elle s’adressait à tous les #Provençaux de confession musulmane, leur souhaitant un bon début de #Ramadan.N’allez pas penser que me chagrine qu’elle souhaite à tous de bonnes fêtes religieuse dans la France laïque du troisième millénaire. Loin de là, je pense que le vivre ensemble passe par la reconnaissance de nos différences et de l’originalité de chacun. Je l’ai déjà mentionné ici, je suis adepte en société du “ensemble et séparément”. Donc pas de souci. Ce qui me titille c’est qu’aux citoyens, de confession juive, elle évoque « l’espoir de profiter de quelques moments en famille, qu’à ceux de confession chrétienne, elle souligne que cette fête est l’occasion de partager des moments en famille et de faire perdurer nos #traditions, et qu’aux musulmans, elle mentionne après avoir espéré que ce mois de jeune puisse se passer dans les meilleures conditions possibles, que ces traditionnelles réunions familiales seront restreintes cette année. Trois poids deux mesures, pour les deux premiers on évoque la famille, sans y mettre de limite, quant aux derniers, on parle de restrictions. Son amour de la famille et des fêtes qui la réunisse ne semble malheureusement pas universel.  

15 avril 2021

3:31

Les maires penchent

L’info est tombée lundi après-midi et rebondira je n’en doute pas ce midi encore, voire même ce soir et en toute fin de journée dans les journaux télévisés de la nuit : les maires penchent pour le maintien des prochaines élections Régionales et Départementales : Le sujet est d’importance : les maires penchent pour le maintien. Sacrée info en soi : les maires penchent. Oui et de quelques bords qu’ils soient, les maires penchent pour le maintien. Ils penchent alors que nous frisons les 100.000 morts. 100 000 morts au goutte à goutte. Un petit peu chaque jour, insidieusement et oh my god, en un peu plus d’un an, c’est 100.000 au compteur ! 100.000 morts au compteur cette semaine exactement
Vous m’direz que les maires penchent, a de grandes chances de ne pas faire le poids face au 100.000 morts. Comme si la force de gravitation ne faisait son job sur les corps perpendiculaires ou parallèles au sol, pas sur ceux à l’oblique, avec un angle qui est tout sauf droit ou plat. 100.000 en un peu plus d’un an, c’est 250 par jour, sur l’ensemble du territoire. C’est un peu moins de 14 par région et moins de 2 et demi par département par jour évidement. Ce n’est donc pas grand-chose à l’échelle de ces prochaines élections qui devaient se tenir les 13 & 20 juin et que certains à la tête de l’état aimeraient bien reporter.C’est étonnant dans ce pays, la France pour ne pas le nommer, comment se prennent les décisions. Pour ce qui est de la Covid, maladie qui nous impacte tous, malades et valides, c’est en conseil de guerre, avec un collège de médecins puis sans, que tout se décide, sans consultations des deux chambres, dans l’intimité des deux hémisphères cérébraux de notre Président, alors que bon, si on élit des Députés, c’est pour qu’ils nous représentent, pas pour qu’ils servent de potiches. Et quand les décisions sont du ressort du Président, quand le choix dans la date comme dirait un célèbre contre-péteur, et à lui seul, il consulte les maires avant de faire entériner ou pas sa décision par le Parlement. La France est le pays du compromis. Ici on soigne la chèvre et le chou, la carotte et le bâton, le chien et le chat. Ici on peut être pour le report des élections et les maintenir en juin. A l’heure où je prononce ces mots en toute solennité, c’est en tout cas la solution qui dessine, à savoir un report d’une semaine qui donnerait satisfaction à tout le monde. Alleluyah ! Tout ça pour ça me direz-vous ? Tout ça pour ça vous répondrai-je !  

14 avril 2021

3:08

Quand Baba Squaaly a la guitare qui le démange…

« J’ai la guitare qui me démange, alors je gratte un petit peu », vocalisait il y a des décennies déjà Yves Duteil. À en croire les chiffres rendus public récemment, il n’est pas le seul. En effet, il s’est vendu dans le monde durant l’année VinVin. 20% de guitare en plus que l’année précédente. Belle croissance ! En France ce n’est pas moins de 500.000 Fender, Gibson et autres guitares électriques, classiques ou folk qui ont trouvé acquéreurs, acquéreuses. Et pour nombre d’entre eux, d’entre elles, à en croire les vendeurs de boutiques d’instruments de musique, c’était leur première fois, leur toute toute première fois. Une sorte de geste initiatique, un passage au monde d’après, au monde dans lequel nous serions tous musiciens, peintres ou poètes à nos heures, un monde de danseurs, de sculpteurs ou de cinéaste, un monde où l’art se pratiquerait au quotidien par plaisir, par besoin, parce que c’est une nourriture essentielle, parce qu’il en va de notre bien-être, parce qu’on aurait enfin le temps pour ça !
Excusez-moi, je dormais encore un peu, je rêvais encore beaucoup. Je rêvais à voix haute, excusez-moi. Mais dans mon demi sommeil, j’en ai entendu quelques-uns, quelques-unes qui rêvaient avec moi de ce monde où le travail ne serait plus l’alpha et l’oméga de notre existence. C’est ceux-là, ceusses-là pour être réellement inclusif qui ont acheté une guitare, un pipo, un tuba ou une boite de peintures et un chevalet. Ce sont ceusses-là qui ont profité de ce grand dérèglement à l’échelle des 5 continents pour aligner leurs planètes et se dire qu’il était enfin temps de faire ce qu’ils avaient envie de faire. Pour certains, tel Thomas Zribi qui ponctue ses billets à l’antenne d’airs de pipo, cela restera un hobby. Pour d’autres, il n’est déjà plus question de reprendre à l’identique au jour prochain de la remise en route. Combien en feront leur activité principale, ça, c'est une autre histoire ? La Covid a dopé les ventes de guitares, mais n’a-t-elle fait que ça, la Covid ? Laissons au futur le soin de nous répondre et retrouvons-nous pour d’autres questions qui n’ont pas besoin d’horizons si lointains pour trouver réponse.  

13 avril 2021

3:00

La semaine espagnole

Non, je ne vous entraine pas en terres espagnoles pour effectuer un test comparatif des politiques sanitaires trans-pyrénéennes par temps de covid, ni pour vous parler du nouveau prodige de scène musicale madrilène, el señor C. Tangana, Armel et Sarah-Lou l’on déjà fait avec talent un matin passé. Non, si au réveil, je vous tire du côté de Valencia, c’est parce que là, au Sud de Barcelone, se passe une chose extraordinaire, une chose extraordinaire au sens premier du mot extraordinaire, ou plutôt une chose extra pas ordinaire du tout, une chose qu’on a du mal à imaginer depuis notre hexagone. Une chose qui pourrait changer la vie mieux qu’un nouveau smartphone ! Il se dit qu’en Espagne à l’heure où je vous parle entre crise sanitaire mondiale, report d’une semaine de Roland Garros et tensions diplomatiques avec Ankara, des Espagnols envisageraient le passage au 32h. Oui vous entendez bien 32 heures, pas 32 heures par jour, mais 32 heures par semaine. Un truc de dingue…
Après l’heure espagnole, la semaine espagnole : 4 jours de boulot et un week-end de Pâques chaque semaine. Moi j’adore ! À ce qu’on dit l’Espagne est l’un des pays d’Europe ou l’on bosse le plus, et où l’on produit peu au regard du temps qu’on y taffe… Donc, avec un minimum de concentration ou juste d’attention, la productivité ne devrait pas s »en ressentir. Mieux les Espagnols plus heureux, arrêteraient de tomber malade, redécouvriraient le plaisir de se faire des bons petits plats plutôt que de s’enfiler un sandwich entre deux dossiers et passeraient surtout moins de temps en voiture, me souffle-t-on. Tout le monde y gagnerait !Le plus étonnant, c’est que ce nouveau débat porté je ne vous le cache pas par des économistes de la gauche espagnole avec désormais le soutien du gouvernement, a occulté quelques marronniers politiques comme l’émigration, l’unité du pays, j’en passe et des plus scabreux ! Tout n’est pas encore réglé, mais l’expérimentation devrait bientôt démarrer avec sous la loupe des économistes deux types d’entreprises. Une première série qui mettrait en œuvre le 32h et une seconde qui resterait au 40h afin d’étudier comparativement leurs évolutions respectives. Avoir des idées neuves qui prennent en compte la vie des gens, voilà peut-être un chantier pour lutter contre la montée des partis extrémistes qui cherchent à diviser, opposer, cliver en ces périodes troublées de notre histoire à tous. Je dis ça, je dis rien. Une chose est sûre : Travailler 4 jours par semaine, c’est top, croyez-moi, c’est déjà mon boulot !   

12 avril 2021

3:13

Sète Ainsi

Le cadre avait été posé courant mars donnant la mesure ou le tempo aux organisateurs de festivals comme aux festivaliers qui savent tous désormais que cet été, il faudra ne pas être plus de 5000, qu’il faudra être assis et distanciés, qu’il faudra avoir ni soif, ni faim, ni envie de dormir sous une tente, parce que bars, cantines et autres campings seront interdits. Avant même de commencer à chanter et à danser, l’été 2021 est enroué et a des ampoules aux pieds. Les Eurockéennes de Belfort, Art Rock, Beauregard, Lollapalooza mais aussi le britannique Glastonburry ont tel un épisode des Deschiens tiré le rideau.
Pendant ce temps, dans un village d’irréductibles sudistes à mi-chemin entre Marseille et l’Espagne, le Maire de Sète a pris le taureau par les cornes. Sa ville est en première ligne car accueillant dans son magnifique Théâtre de la Mer, mais pas que… tout au long des trois mois d’été moult manifestations. Certaines nous sont familières comme Fiest’à Sète, le Worldwide de Mister Peterson et Images Singulières, manifestations auxquelles s’ajoutent Jazz à Sète, voix Vives, Le Sunsète Festivals, le K Live, le Demi Festival, sans oublier le festival de chanson tout prosaïquement baptisé Quand je pense à Fernande puisqu’on est je vous le rappelle dans la ville qui a vu naître Georges Brassens. Ce bon maire de Sète, François Commeinhes pour l’état civil, a répondu aux annonces gouvernementales par un plan B. Puisque l’utilisation du Théâtre de la Mer d’une jauge hors Covid de 1600 places devient impossible au regard de la rentabilité des opérations menées en tenant compte des mesures sanitaires - on ne pouvait pourtant imaginé plus ventilé - l’édile et son Conseil Municipal ont choisi avec l’accord et le soutien du port de Sète, de rapatrier les festivals à la gare maritime sur le quai du Maroc. Situé en plein centre-ville, ce spot dispose d’une capacité d’accueil de 1600 places assises tout en respectant les gestes barrières et les distanciations sanitaires. Bien joué ! Parfois, il suffit de vouloir pour pouvoir… Merci Monsieur le Maire… et que j’aurai aimé que vous soyez notre ministre de la Culture.  

08 avril 2021

2:43

Gendarmes & Volés

Si vous étiez à l’écoute hier, vous savez que j’aime jouer et que le temps passant, me reviennent à l’esprit allez savoir pourquoi les jeux de mon enfance. Je ne suis pas le seul manifestement, car il y a une quinzaine de jours, un peu avant minuit, un automobiliste victime d’une sortie de route sur la commune de Palmas d’Aveyron a profité de l’inattention des gendarmes de Laissac venus lui porter secours pour braquer le fourgon de la patrouille pendant que ces derniers procédaient aux constatations d’usage. Vous m’avez bien entendu : il a braqué le fourgon des gendarmes venus lui porter secours. 
L’anecdote prête à sourire. J’en connais certains qui seraient même tentés d’applaudir des deux mains, ce braquage à Palmas d’Aveyron – Palmas Flamenco – on se contentera nous, juste de sourire, d’un sourire silencieux… et néanmoins explicite !Ce sourire muet en dit long quant à nos relations avec la maréchaussée, rapports qui n’ont pas été adoucis sous l’ère Macron. Rappelons-nous la répression des manifestations des gilets jaunes, les bavures policières et autres évacuations de camps de migrants à Grande-Synthe, Paris ou Marseille, évacuations accompagnées de destruction de tentes et des effets personnels à l’encontre de ce que prévoit la loi en la matière. Mais revenons à notre braqueur de fourgon, à nos braqueurs, car il n’aurait pas été seul à l’heure du délit à en croire le témoignage des gendarmes interrogés par d’autres gendarmes j’imagine. Le fourgon, lui a été retrouvé à quelques kilomètres de là, vide et le fuyard arrêté quelques jours plus tard chez lui dans la région de Toulouse. Il s’agit d’un mineur de 17 ans connu des services de police comme on me souffle dans le talkie-wakie. Il n’aurait pas fourni d’explication à son geste. À la gendarmerie, on s’oriente vers une affaire de stupéfiants. Perso, je pense plutôt à un gage, un soir trop arrosé ou trop enfumé. « Même pas cap de braquer un fourgon de gendarmes », lui aurait lancé son copain ivre mort. « Cap ! », aurait-il répondu ! Et c’est comme ça il se retrouve à 7h40 du mat au cœur du Nova Jour se lève. C’était mon premier fait divers de chroniqueur matinal, espérons que ça soit le dernier.  

07 avril 2021

2:45

1, 2, 3, Soleil

1, 2, 3… Soleil ! On ne bouge plus ! On a eu le week-end de Pâques pour ramasser les œufs et jouer aux p'tits chevaux en se déplaçant sur la carte de département en département, mais là, c’est fini ! 
Stop ! On ne bouge plus ! Tanqué.es sous le soleil de ce début d’avril clément. On ne bouge plus. Il a fait si beau, qu’on s’est tous crus en été, certains ont même déjà sortis les shorts, d’autres les maillots de bains. En tout cas Paris et quelques autres villes se sont vidées comme aux meilleurs jours d’août. Perso, j’en ai profité pour célébrer l’ouverture officielle de la Saison des Tongs, lors d’une cérémonie intime où comme chaque année ne sont conviés que mon pied droit et mon pied gauche, cérémonie dont la photo a été partagée sur mon Facebook officiel. 1, 2, 3… Soleil !On ne bouge plus. C’est le président qui l’a dit pas plus tard que mercredi dernier, devançant de 24h son allocution pour ne pas friser le ridicule un 1er avril… On ne bouge plus ou le moins possible et dans un rayon de 10 km. Même nos minots et dès le plus jeune âge, dès la maternelle sont invités à découvrir les joies de l’apprentissage scolaire en distanciel. Et pour ce qui est de leurs parents, ils télé-travaillent tant que faire se peut pour les uns, télé-chôment pour les autres et tous croisent les doigts pour que ça dure le moins longtemps possible sans moufter, sans bouger, sinon retour à la case départ. Rappelez-vous, on a tous connu des parties d’1, 2, 3… Soleil qui duraient, duraient, duraient des heures voire des après-midis. Les enfants du siècle nouveau se souviendront, eux, certainement de ces confinements à répétition qui s’allongent comme le nez de Pinocchio, de ces confinements qui évoluent, se transforment parce que leurs parents ou ceux de leurs copains ont bougé, parce qu’ils n’ont pas respecté les consignes ou juste parce que le virus a muté en d’innombrables variants tous plus dangereux, tous plus pernicieux les uns que les autres. Bien sûr si nos gouvernants n’avaient pas joué à la marchande avec les hôpitaux, s’ils avaient fait le choix d’implanter de nouveaux lits de réa, on n’en serait peut-être pas là, on ne serait peut-être pas confiné à nouveaux et l’on jouerait comme des enfants, on jouerait à la Marelle, le jeu qui nous conduit de la terre au ciel, de vie à trépas !Définitivement, je préfère 1, 2, 3… soleil !  

06 avril 2021

2:32

Côte à côte et en colonnes

À l’heure où je frappe ces mots, sans violence aucune je vous rassure, je ne sais si le Président parlera ou ne parlera pas, si allocution, il donnera ou ne donnera pas. A l’heure où ces mots s’affichent sur mon écran, le doute m’envahît. Et si l’on était re-re-re-confiné.e, en mode hard, séquestrée à la maison comme au plus beaux jours du printemps 2020 ou d’un film X des années nonante comme on dit en Belgique.  A l’heure où vous entendez ces mots couchés sur mon écran retina comme une jolie fille sur le divan du psy d’En Thérapie, vous vous savez. Oui vous savez, d’autant que Sarah-Lou Bakouche vous a déjà tout dit et par 4 fois pour certains d’entre vous. Vous savez et moi je dois faire comme si, comme si je savais ce qui se trame dans la tête du Président. 
Bien sûr, je pourrai vous parler d’autres choses; de l’Australie qui n’a connu aucun cas nouveau de covid depuis 50 jours, de ces kangourous qui sautent de joie. Bien sûr, je pourrais... Mais pour rester au tempo hexagonal, je vous parlerai enfermement, au fil  de deux articles rangés sur la même page du quotidien La Provence pas plus tard que mardi dernier. Je vous parlerai enfermement parce que depuis un an, c’est notre quotidien, enfermé que nous sommes dans une vie étriquée, dans une vie rétrécie entre boulot, dodo, vélo parce que le métro c’est vecteur de maladie. Ces deux articles claustrés sur la même page, nous relatait, pour le premier des deux, une soirée clando réunissant pas moins de 200 fêtards dans un rade abandonné des Quartiers Nord, soirée qui s’est finie encerclée par la police comme au temps chéri des western-spaghetti, tandis que le second évoquait lui le sort de huit Erythréens sans papiers en route vers un eldorado mineur car totalement incertain. Eux n’ont pas dépassé un parking de la zone commerciale de Vitrolles. Les uns et les autres ont été embarqué par la police. J’aurai aimé trouver fin plus heureuse, plus blagueuse en ce 1er avril, mais je crois deviner que l’humeur n’est pas ce matin à la galéjade.  

01 avril 2021

2:20

Liberté, égalité & mixité ?

Pour qui a tatoué à même l’âme, la devise : « ensemble et séparément », la polémique du moment, celle qui enflamme les médias avec plus d’assurance qu’un mégot de cigarette jeté au cœur de l’été en pleine pinède, a quelque chose d’incompréhensible. Pourtant la question semble toute simple : doit-on ou pas tolérer des réunions délibérément homogènes, des rassemblements qui ne joueraient donc pas la carte de la mixité ?
Je l’avoue, jusqu’il y a encore peu, la question ne m’empêchait pas de dormir, mais depuis ce week-end, je me tâte pour savoir si je vais rejoindre le camp des insomniaques qui refusent de parler aux ronfleurs ou celui des insomniaques qui parlent volontiers, mais en vain, aux dormeurs. Mais revenons à nos moutons, nos moutons ou plutôt à nos béliers et nos brebis, béliers et brebis qu’on souhaite ou pas mélanger aujourd’hui. Le fond du problème est là au-delà des décisions en la matière du principal syndicat étudiant. Doit-on mélanger ou pas brebis et béliers, voire pour les champions des casse-tête et autres rubiks-cubes de l’esprit binaire, brebis noires et blanches, béliers blancs et noirs voire d’une autre couleurquand ce n’est pas brebis blanche et bélier noir ou l’inverse. Et une fois cela dit, comment faire ?Avec des près interdits aux uns, ad vitam æternam ou réservé un temps donné aux autres…La nuance est possiblement là, non ? interdit aux béliers ou réservé aux brebis. Pas pareil comme on dit à Saint-Marcel, un des villages de Marseille. Le plus étonnant, c’est que cette polémique qui a agité tout le week-end et agite encore aujourd’hui nos plateaux télé, réunit dans nos écrans plats, un panel de vieux boucs exclusivement blancs qui viennent brailler que la mixité c’est bien. Ils sont comme ces vieux hiboux qui vomissent leurs idées nauséabondes dans toutes les talk-shows, en ponctuant leurs phrases par des : «on ne m’invite pas, on ne veut pas que je m’exprime ! », ce qu’entre nous, on ferait bien faire, histoire qu’ils éructent définitivement dans le vide, et en connaissance de cause !  

31 mars 2021

3:18

Les Comores rejoignent la Coupe d'Afrique des Nations

Vous me connaissez, même si pour la plupart d’entre vous, je ne suis qu’une voix entre deux gorgées de café ou que quelques mots glissés sur la route du boulot, vous imaginez aisément au ton posé qui est le mien, que je ne suis pas féru de sport ou que si je crois à ses vertus, je ne pratique guère. Alleluyah… Allez luyah, Allez Luyah, Allez ! Soyons clair, si je suis agnostique en la matière, je ne pensais jamais vous entretenir sport et encore moins ballon rond, le sport majoritaire ici… car mes proches qui me connaissent mieux que moi, car eux me voient, m’observent s’attendaient aux à ce que j’évoque le curling ou l’escalade de vitesse qui pour cette dernière fera son entrée au JO de Tokyo l’été prochain si tout va bien, si tout va mieux. 
Non, si je vous parle football aujourd’hui c’est pour souligner la performance des Comores qui en faisant match nul contre le Togo – 0 à 0 à l’issue du temps réglementaire – s’est qualifié jeudi dernier pour la prochaine édition de la CAN, la coupe d’Afrique des Nations, qui aura lieu en janvier prochain au Cameroun. En effet avec 9 points, les Cœlacanthes rejoignent L’Egypte, à égalité en tête du groupe G. La formation emmenée par Amir Abdou a donc son billet pour la prochaine CAN. C’est une première. Autant dire qu’aux Comores, cet archipel en plein Océan Indien, entre Mozambique et Madagascar, la nouvelle a fait grand bruit, car là-bas comme souvent ailleurs dans le monde quand l’équipe nationale jouent, le pays s’arrêtent. Pour info, Les Comores ne sont affiliées à la FIFA que depuis 2005. À Marseille, place forte comorienne qui compte 80.000 âmes, la joie étaient sur tous les visages, une joie qu’on ne retrouve évidemment pas lors des manifestations contre Azali Assoumani, l’autoritaire colonel et chef d’état. Un président qui ne s’est jamais opposé au fil de ses multiples mandats au Visa Balladur qui sépare Mayotte des autres îles de l’Archipel, au mépris de l’histoire des familles qui y vivent, un visa qui a fait depuis son instauration des milliers morts (de 7000 à 20000 estime-t-on) et a valu à notre président à nous, une blague douteuse au sujet des kwassa kwassa ces barques qui « peche peu mais amène du Comorien. ». Fin de citation. Quand je parle ballon, tout ne tourne malheureusement pas tout rond, je le regrette autant que vous.  

30 mars 2021

3:25

Bilan d’une semaine de couvre-feu à 19h

Je ne sais pas vous mais moi, je revis. Depuis samedi dernier, quand je rentre chez moi en fin de journée, j’ai l’impression d’être un autre homme, d’être un autre femme, j’suis très inclusif comme gars moi et pas qu’en fin de journée. Vous m’avez compris, profiter des derniers rayons du soleil lors de ma ballade de fin de journée, ça me met du baume au cœur et j’ai l’impression - sans vouloir prendre mon cas pour une généralité - que je ne suis pas le seul !
C’est le printemps. On tombe les parkas et autres doudounes, les amandiers sont en fleurs et les boutiques ouvertes une heure plus tard. La nature accomplit son reset annuel et il y a un chouya moins de monde chez mon épicier à l’heure de se procurer les nouilles du diner. On a gagné une heure et ça c’est bien, j’serai presque tenté de dire merci à Jeannot, notre ministre en chef, qui a eu cette bonne idée. J’serai presque tenté de lui dire bravo sauf que samedi prochain, patatrac, on change d’heure !Ne me demandez pas si on gagne une heure ou si on perd 60 minutes, si on avance ou on recule nos pendules, la question est ridicule, et je n’ai jamais su. A chaque passage à l’heure d’été comme à chacun de ceux à l’heure d’hiver, j’suis obligé de réinventer la marche du soleil et la triangulation d’un point P à l’instant T. j’suis obligé de penser à l’heure qu’il sera quand je me réveillerai alors que j’ai mis comme tout les jours mon réveil à 5 :43 du mat ! Je crains donc que samedi soir en me couchant ou dimanche matin en me levant, je sombre dans tes tourments sans fin car qu’en sera-t-il de cette heure gagnée la semaine dernière, qu’en sera-t-il à l’heure du passage à l’heure d’été. J’espère que ce soir, une intervention de Jeannot et Oliv, nos deux Laurel & Hardy du jeudi soir nous apporteront une réponse dûment argumentée. En attendant, la seule chose dont je sois sûr, heure d’été ou heure d’hiver, c’est l’heure de nos retrouvailles lundi matin : 7h40.  

25 mars 2021

2:53

Baba Squaaly aime ses piliers de bars

Que sont mes piliers de bars devenus, ceux et celles, hommes, femmes et leurs toutous que je ne voyais que dans ces lieux qui m’étaient familiers je l’avoue. Ceux et celles que je retrouvais autour d’un petit noir, d’un blanc’cass’ ou d’un Perrier rondelle. Ceusses, je dis ceusses, plutôt que de dire ceux et celles, car c’est mon inclusif à moi. Ceusses qui discutaient point par point les nouvelles graphies de l’écriture inclusive ou les tactiques du coach en sirotant lentement leur demi. Ceusses donc, qui faisaient et défaisaient l’actu, en tournant les pages du journal qu’ils ou elles ne lisaient que là. Ceusses qui mettaient les points sur les i en tapant du poing sur la table. Ceusses qui ont des solutions à tout, alors que souvent s’ils ne sont pas le problème, ils contribuent à le créer. Ceusses qui l’auraient mise au fond des filets s’ils ou elles avaient été sur la pelouse. 
C’est dingue comme, hors contexte, je ne les reconnais plus. Au coin de la rue en citoyen comme on dit désormais ou chez le boucher en client, ils ne sont pas les mêmes, pour la plupart d’entre eusses. J’en ai bien reconnu un chez le boulanger, celui qui voulait une baguette pas trop blanche, mais pas brulée non plus, non pas celle-là, plutôt celle d’à côté, oui celle-là… c’est lui, oui, c'est bien elle qui accoudé.e au comptoir dès 11 du mat se plaignait que la kemia n’était pas encore sur le comptoir et si elle y était déjà, qu’il y avait trop d’olives et pas assez de carottes, que les anchois étaient trop salés et que la bière était trop vite tiède.Tout ça s’est fini ! Les bars ont fermé et la kemia a été remballé, c’est trop covid friendly, chacun à trampouiller son bout de carotte dans l’aïoli, à plonger les doigts dans le saladier de tomates cerises. Certains bars ont trouvé la parade. Le click and collect sans internet, le “à emporter” si vous préférez. Une table en travers la porte, une tireuse à bière et envoyez la monnaie, on emporte son demi ou son jaune. On ne l'emporte jamais très loin, dans un rayon de 3 mètres, histoire de rester agglutinés, entre collègues de bar et on recommence comme avant, sauf que désormais, c'est sous le soleil exactement ou par grand vent, qu’on recommence à rejouer le Conseil des Ministres et à siffler les penaltys entre deux gorgées de bière. Sauf qu’aujourd’hui mes piliers de bar ne soutiennent plus rien. Il n’y a même plus de comptoir et pourtant, allez savoir pourquoi, ce bout de trottoir nous est devenu coutumier, peut-être parce que sans l’autre, sans ses râleries, ses coups de gueule ou de cœur, je ne suis que moi, et ça, ça fait chier, non ?  

24 mars 2021

3:18

La vie est absurde...

Pas plus tard que la semaine dernière, le 19 mars pour être précis, notre Ministre de la Culture, Roselyne Bachelot se félicitait sur son compte Twitter, en ces termes : « J’ai remis aujourd’hui les insignes de commandeur de la Légion d’Honneur à Michel Sardou. Artiste aux multiples facettes, auteur, compositeur, interprète, mais aussi comédien de talent, il fait rayonner notre culture. Merci pour ces si nombreux moments de bonheur et d’émotion. » Fin de citation. Heureusement que sur Twitter les messages sont limités en nombre de caractères, sinon la prose de notre ministre dégoulinerait encore. Notre monde est absurde, réellement absurde. Car si Michel Sardou a été élevé au grade de commandeur, c’est qu’il a été par le passé, nommé chevalier, puis officier. 
Je ne peux donc pas blâmer notre seule Sinistre de la Multure, et me dois d’agglomérer ses pairs qui l’ont précédée. Au lendemain de la manifestation, on apprenait que Roselyne, permettez-moi de l’appeler Roselyne même si on n’a pas gardé Michel ensemble, Roselyne donc était positive à la Covid. Celui qu’on n’appellera plus jamais France, et pour cause son prénom étant Michel et Michel n’ayant pas à ce que je sache, cherché à changer de sexe, Michel est cas contact de la Ministre. Tous deux ont partagé l’accolade. Le chanteur apparaissant même démasqué sous les dorures du ministère sur la photo de remise d’insigne des mains de Roselyne. Imaginez un instant qu’elle ait refilé la maladie par amour de ses chansonnettes à l’illustre roucouleur. Imaginez qu’il ne puisse plus chanter suite à ça, qu’une agueusie d’un nouveau genre, lui fasse perdre le goût des ritournelles. Qui encore osera dire qu’elle ne sert à rien. Bien sûr, elle pourrait s’occuper de la réouverture des lieux de culture. Mais si ce mot avait encore un sens à l’Élysée et à Matignon, le Premier des Ministres n’aurait pas proposé Roselyne à ce poste, et au cas où il le fit quand même notre Président n’aurait pas validé la chose. Que cela ne nous empêche pas de nous retrouver demain.  

23 mars 2021

2:45

Le monde d’après à l’arrêt ?

Ça fait un an que j’vis au ralenti. Ça fait un an qu’on vit tous au ralenti… Bien sûr, il y a eu les quelques mois d’été, mais c’est le cas de le dire, ça fait un an que notre vie a des allures de plat pays. En un mot comme en cent, je bulle et j’ai en ai marre, marabout, bout de ficelle, selle de cheval. Et encore, moi, j’ai un édito à livrer 4 jours par semaine, des disques à écouter, des dossiers de presse à parcourir, des papiers à rendre de ci de là cahin-caha et des tonnes de truc à faire en visio. 
C’est simple, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour que j’sois en retard, mais pour tout le reste de ma life, c’est mort ! J’ai un rythme de petit-vieux alors que l’heure de la retraite n’a pas encore sonnée. Et je ne suis pas le seul. Le troisième âge nous a gagné et je ne parle pas là que des seul.es sexagénaires, ni même des quinquas bien avancé.es. J’en connais qui sont encore loin du demi-siècle et dont la vie est désormais organisée autour de quatre points cardinaux : le lit, la table, le bureau et le lit. Ils n’ont même pas été foutu d’en trouver quatre. Bien sûr, ils s’accordent quelques sorties pour le ravitaillement, mais c’est tout. Ils se sont fondus dans un moule de vieux, planté dans leur relax au milieu du salon face à l’écran plat. C’est simple, ils ne parlent plus, ils radotent !Le pire, c’est que lorsque la machine va se remettre en route… car oui, un jour, il faudra bien qu’on en sorte de cette foutue pandémie et qu’on retourne au boulot, qu’on en finisse avec les aides aux sociétés et le chom’du à temps partiel, et qu’on recommence nos sorties avec les potos et les poutrelles, qu’on reprenne nos tournées des grands ducs. Quand le monde d’après finira bien par arriver, je crains qu’il soit un monde d’arrêt, qu’on ne soit pas dans les starting blocks prêt à démarrer. Pas sûr d’arriver à s’caler sur le tempo de la reprise. Pas sûr que nos articulations suivent. Pas sûr au-delà même de l’envie forte qu’on a, que nos corps embraient.Et puis, je me dis, qu’à l’heure de la reprise, quand il faudra enfourcher la machine de la vie, ça sera un peu comme avec le vélo. Nos pieds retrouveront les pédales, les mains le guidon et sur Mars comme ailleurs, ça repartira ! Ce matin, je pensais à vous, mes amis re-re-confinés, et ça m’a filé le blues. Heureusement demain est un autre jour...  

22 mars 2021

3:19

La Commune, de Paris à Marseille

Après le premier anniversaire de la covid célébré hier avec tous ceux qui sont né.es un 17 mars, j’ai choisi de vous parler ce matin, 18 mars 2021, d’un autre anniv’, de revenir sur la Commune de Paris qui fête aujourd’hui ses 150 ans. Vous le savez, j’aime laisser refroidir le brouet de l’information, plutôt que de mes bruler les lèvres avec ce minestrone qu’on appelle actu.
Revenons au 18 mars 1871, jour retenu par l’histoire avec un grand H, comme point de départ de la commune de Paris. Le pays sortait défait de la guerre contre les Prusses. Dans la capitale, les travaux conduits par le Préfet Haussmann modifiait l’assisse populaire de la ville, centrifugeant les plus riches à l’Ouest et les plus pauvres à l’Est. Rien n’a changé ou presque. De quoi attiser en tout cas la colère du peuple de Paris, les colères des Parisiens. La suite connue sous l’appellation commune de Paris, on l’a tous plus ou moins apprise à l’école.C’est grosso modo un peu plus de deux mois - 71 jours pour être précis - d’insurrection populaire et républicaine. C’est une tentative de démocratie directe qui a fini dans un long bain de sang. Une semaine de tuerie, ce n’est pas rien. Ce que l’on sait moins, c’est que très vite, 4 jours à peine après les débuts du mouvement insurrectionnel parisien, Marseille avec à sa tête l’avocat et poète Gaston Crémieux s’enflamme et soutient les insurgés parisiens. Le mouvement, sera très vite laminé, décimé par une répression féroce ordonné par Adolphe Thiers, le chef du pouvoir exécutif de l’époque. En mettant fin au soulèvement à Marseille, il met fin à toute velléités de soulèvement en région comme on ne disait pas encore.Ce petit bout d’histoire, qui se déroulait presque simultanément à Paris et à Marseille, ces deux mois et quelques jours ont marqué pour beaucoup l’histoire des luttes, ici en France, mais aussi dans le monde entier. Ces 71 jours agitent aujourd’hui encore les imaginaires militants et les espoirs de grand soir de ceux qui y croient encore.  

18 mars 2021

2:57

César, compression en petit comité

L’époque est compliquée… Si compliquée que je n’ose plus réagir à l’actualité sans préalablement laisser filer un délai d’au moins 3 jours ouvrés. Aujourd’hui, tout est si complexe que je pèse désormais chacun de mes mots, chacune de mes idées avec la précision d’un orpailleur en fin de journée. Un bon mot et la fortune peut te ruisseler dessus… Un mot de travers et c’est la Béresina, en gouttelettes froides et glaciales comme l’eau de ce fleuve bélarus. 
Vendredi dernier, une poignée d’artistes se câlinait le nombril entre deux sanglots longs et trois suffocations, devant un parterre tout riquiqui qui ressemblait plus à la salle d’attente d’un centre de vaccinations endimanché qu’à une salle de spectacle accueillant en strass et grandes pompes, une remise de prix. C’est en huis clos donc qu’ils ont parlé d’eux, de leurs souffrances, de leur ennui, parfois, et souvent même des ennuis d’un métier, le cinéma, à l’arrêt faute de salles. Ils ont parlé avec des mots justes, des bustes tels des culs de bus tagués, des silences et des moqueries. Ils ont parlé et ça en a irrité certains, énervé plus d’un qui leur ont reprochés cette mise en scène et surtout ces mots d’acteurs devenus auteurs, auteur d’un roman dont ils peinent à être le héros. Il n’y a plus de héros, héros, héros petit patapon. Il n’y a plus de héros à applaudir le soir à 20h00. Alors on se tait, où l’on râle plus fort encore pour que l’écho de notre râle supplante le râle du voisin. Du haut de sa tour d’ivoire, chacun râle de plus en plus en fort. On se croirait en pleine répétition d’une chorale sous LSD. Chacun braille à tue-tête sa partie sans chercher l’accord avec les autres. L’acteur, celui qui habituellement cherche à être l’autre, à être le rôle, ou du moins à l’incarner, lui donner vie et à résonner avec ceux de ses partenaires, l’acteur a viré égocentrique. Moi, moi, moi… Souffler n’est pas joué, souffrir n’est pas jouir ! Mais que n’aurait-on dit, si plutôt que de parler de lui, l’acteur devenu auteur, l’actrice devenue nue ou auteure ou les deux à la fois, nous avait narré la vie de quelqu’un d’autre, de quelqu’une d’autre, s’il, si elle s’était approprié.e inclusivement ou pas cette autre vie. L’écho des flashs sur le mur blanc, plus encore que celui du râle dans la parisienne, agite la culture à gros brouillons pour le ravissement de son actionnaire numéro 1. À l’heure de l’occupation des théâtres et autres lieux de culture, n’oublions pas que ce qu’attendent acteurs et spectateurs, c’est de l’action pour renouveler sur la même scène et dans la fosse, cet ensemble qui nous va si bien à nous tous.  

17 mars 2021

3:21

À quoi bon ?

Toi, moi, nous, nous nous posons parfois, souvent tout le temps chacun biffera ses mentions inutiles les mêmes questions. Bien sûr tu es plus grand ou plus blond, moi plus gros et peut-être plus insouciant. Je chausse du 42 et demi et toi du 36. Et si je cours plus vite que toi cela n’est aucunement lié à la taille de mes pieds, car j’en connais qui font du 45 et que je grille aisément sur la ligne d’arrivée. Nous sommes évidemment différents, pas pareils qu’on dit à Marseille et pourtant, nous avons des questions, des tourments, voire des obsessions en commun. 
Ce matin, vers 5h43, juste après avoir giflé mon réveil qui se faisait insistant, je me suis demandé pourquoi me réveiller ? À quoi bon ? Cette question, je ne me la pose pas tous les jours, car heureusement comme vous à Paris, j’ai des bonnes raisons de me lever, de mettre un pied, puis deux hors du lit et d’avancer dans un système vertical orthonormé, si vous me suivez. Cette question, je ne pense pas être le seul à me la poser ? Je te devine toi à Boulogne s/Mer, ou toi à Limoge et même toi qui m’écoutes en DAB+ à Colmar ou n’importe où dans le monde en podcast, tu te poses la même question : Mais à quoi bon ? Tu te le demandes de temps à autre, peut-être un peu plus souvent cette dernière année pourquoi faire tout ça ?Pourquoi cette agitation, puisque tous autant que nous sommes, nous finirons poussières sous terre ou cendres en équilibre instable dans un pot sur l’écran plat du salon. On en regrette presque le confort de nos bonnes vielles télés cathodiques. Cette question – à quoi bon ? - on se la pose tous, quelle que soit la force de notre dépigmentation, quel que soit notre rapport au soleil, quelle que soit la latitude sous laquelle nous vivons. On se la pose tous ! Et heureusement que je me suis posé cette question ce matin, sinon, je crois bien que l’irrésistible Morphée m’aurait à nouveau ouvert ses bras. Je crois bien que je me serai rendormi et l’on se serait loupé ce matin. Vous m’auriez manqué. Ça, c’est sûr. J’espère que l’inverse est vrai. De toutes façons, on remet ça tous les jours du lundi au jeudi. J’entends déjà où plutôt je devine déjà le son de mon réveil. Bonne journée à toutes et à tous et à demain.  

16 mars 2021

3:06

À la recherche du patient zéro

Dans les cours d’école, il parait que les enfants ne jouent plus qu’à ça. Garçons et filles sans distinction ! Quant aux parties, elles peuvent durer plusieurs récrés d’affilée. Alors quand retentit la cloche qui marque la fin de la pause, tous protestent, tous espèrent pouvoir prolonger le game encore et encore. Tous veulent savoir qui est le patient zéro. Certains de leurs instits, ceux qui ont connu mai 68 évoquent des modes passés, celles de billes ou des osselets, celles des élastiques ou du tac à tac à tac à tac, et tous sont obligés de reconnaitre que le jeu du patient zéro est sans commune mesure plus addictif que tous les jeux de cours d’école auxquels ils ou elles ont pu assister par le passé. Ils ne pensaient pas connaître ça avant de prendre leur retraite. Les gamins sont comme dingues. Tout est prétexte à jouer. Au premier toussotement, au moindre saignement de nez, ils pistent les indices, les confrontent au réel, quand ils ne mettent pas en branle des batteries de tests imaginaires. 
C’est simple, les énigmes qu’ils élaborent sous le regard médusé des adultes tiennent plus de l’équation à trois inconnues que de la simple party de Cluedo à élucider. Adieu Colonel Moutarde, adieu Madame Pervenche vous ne tuerez personne avec la clé anglaise dans la cuisine, le Brexit est passé par là et nos minots ont mieux à faire N’empêche qu’il faut trouver le coupable, celui qui a enclenché la machine infernale, celui qui est au départ du grand chambardement, il faut localiser cet être sous puissant, cet anti-héros, ce Jo la Scoum’, par qui tout est arrivé. Même les parents succombent, se transformant parfois en Sherlock Holmes sur leur temps de télétravail. Qui est le patient zéro reprend au 3ème millénaire l’intrigante énigme de la poule et de l’œuf. Autant dire que le jeu risque de durer, de s’éterniser et probablement même de finir par lasser, mais pour l’instant tout le monde se sent investi. Bien sûr certains contestent, remettent en cause l’idée qu’il n’y aurait pas de patient zéro, mais plutôt une addition de nullité comme ils disent non sans humour. Ce qui est sûr, c’est que la vie dans les cours de récré a changé et qu’on ne sait quand elle reprendra son cours normal. Ce qui est sûr, c'est qu’à défaut de patient zéro et à force de procrastiner, je suis en passe de devenir l’impatient ultime, Un impatient qui fort heureusement sait encore composer avec l’infini, l’intangible et le nébuleux. Pourvu que ça dure.  

15 mars 2021

3:28

Le 11 mars, jour des accidents domestiques

C’est un 11 mars que décédait le chanteur Claude François, le 11 mars 1978 pour être précis. Claude Antoine Marie François, surnommé CloClo finissait ses jours, foudroyé par un œdème pulmonaire provoqué par une électrocution accidentelle dans sa baignoire. Quand tout à chacun espère mourir dans son lit, lui a fini ses jours en infusion dans sa baignoire.
Je m’en souviens, c’était un samedi, en tout début d’aprèm, je venais de retrouver ma bande du moment pour une de nos errances hebdomadaires dans les rues de la capitale. Il n’y avait pas de portable à l’époque et encore moins de tweeter ou de réseau sociaux. C’est je m’en souviens dans un café branché sur une radio périphériques, il n’y avait pas de FM non plus mais des cafés ouverts - c’est déjà ça - que nous avons appris sans affect aucun la nouvelle de son décès. 43 ans plus tard, je ne comprends pas que cette date du 11 mars ne soit pas devenue le jour des accidents domestiques. Ces accidents qui provoquent grosso modo pas moins de 12.000 morts par an. 12.000 morts et 11 millions de blessés dont 4, 5 passent par les Urgences, 500.000 devant même être hospitalisés. Ce n’est pas rien ! 500.000 hospitalisés par an, c’est bon an mal an 1370 lits d’hôpitaux occupé par jour. A l’heure de la Covid, il va falloir que cela se cesse, d’autant qu’il faut aussi ajouter à ce chiffre, celui des accidents du travail, même si lui risque d’être en baisse en raison du confinement et du couvre-feu ! Rien n’est gagné… et je ne vous parle pas là de la hausse des accidents du télétravail, une augmentation qui risque d’impacter par confusion des genres le nombre total d’accidents domestiques sur l’année, nombre qui sera de toutes façons, plus important que dans les dernier relevés au regard du temps passé à la maison. Domestique signifiant je te le rappelle en refermant mon gros dico : qui appartient à la maison. Il serait peut-être urgent de reconsidérer le budget de la santé pour renforcer notre dispositif hospitalier. Je vous entends déjà Armel et Sarah Lou murmurer face à vos micros fermés : mais tout ça un coût. Je le sais et j’y ai pensé puisque nous sommes en guerre, il suffit de mettre à contributions le Ministère des Armées et basculer les crédits flechés sur de l’achat de petits matériels et autres chars d’assaut vers les hôpitaux. Ni vu ni connu, les finances restent en équilibre et tous les Claude François de l’hexagone peuvent reprendre leurs travaux domestiques ! A lundi, moi ce week-end question accidents domestiques, j’suis dispensé, je passe mon week-end à Paris, loin de ma maison. A lundi à Marseille !  

11 mars 2021

3:38

Noire, c'est noire !

Demain, nous célébrerons - ou pas - d’ailleurs l’anniversaire du premier confinement en France. Personne, si je ne me trompe, n’a songé à faire un gros gâteau en forme de Covid, même si nombre de mes confrères ont déjà commencé à emballer cet anniversaire dans du papier journal. Je ne vous dresserai pas ce matin la liste de ce que la Covid à changé dans nos vies, de ce qu’on ne fait plus. Je ne vous répèterai pas non plus toutes ces choses non essentielles qui me manquent terriblement, qui nous manquent terriblement, je n’ai que deux minutes et quelques secondes pour cela.
Non, ce matin, je vous raconterai juste que cette année noire - pour reprendre l’expression utilisée par certains de mes collègues comme on dit à Marseille - m’évoque d’autres années noires, des années noires qui s’écrivent au pluriel, des années noires qui ont duré 10 ans et plus, des années noires qu’on a surnommées la décennie noire pour lui garder son caractère singulier de l’autre côté de la Grande Bleue.C’était dans les années 90, en Algérie, c’était il y a plus de vingt ans, donc pas trop loin pour qu’on s’en souvienne encore, mais suffisamment quand même pour qu’on ait pris de la distance avec ses années terribles où des gamins se rendaient le matin à l’école, sans savoir s’ils seraient de retour le soir ; et si à leur retour, ils retrouveraient père et mère pour les accueillir. C’était une horreur quotidienne. Une horreur qui a occasionné 60.000 à 150.000 morts selon les sources.C’était dans les années 90, en Algérie, c’était il y a plus de vingt ans, donc pas trop loin pour qu’on s’en souvienne encore. Étonnement, quand tu en parles avec des Algériens ou quand ils en parlent entre eux, c’est comme un trou noir dans leur vie. Ils l’ont vécu, c’est passé, ils n’en parlent plus ! Comme si leur mémoire, leur esprit occultait ces années-là. Pourtant tous ont dans leurs proches, dans leurs familles, leurs amis ou relations de travail des personnes qui sont restées sur le carreau. Tous ont été victimes directes ou collatérales de cette guerre civile. C’était leur quotidien, qu’ils soient d’un bord ou de l’autre, voire d’un troisième qui n’en avait pas grand-chose à faire de tout ça.Personne n’a vraiment oublié, mais tous pour la plupart, se souviennent que l’humour, les blagues éclairaient leur quotidien. Aujourd’hui, ils sourient encore considérant que la pandémie, le couvre-feu ne font pas réellement le poids face à la décennie noire. On en reparle dans quelques années.  

10 mars 2021

3:09

Greenpeace installe une banderole sur un avion

Minot, je rêvais à des avions de toutes les couleurs, des sortes d’oiseaux flamboyants, et colorés. Je les empruntais au cœur de ma nuit dans des rêves magnifiques. A l’époque, je ne savais pas comment on faisait voler ces lourdes carlingues et leurs chargements humains, excédents de bagages compris. Dans mes souvenirs, ils ne faisaient pas de bruit et circulaient au grès des courants d’air. Il y en avait des petits, des tout petits et des énormes, on les reconnaissait à leurs couleurs. « Le 747 bleu en direction de Tanger décollera à 15:24, embarquement immédiat porte jaune. Le Cesna arc-en-ciel à destination de Rome décollera lui à 16:18, embarquement dans dix minutes porte lie de vin. Les avions caca d’oie étaient réservés aux vols militaires. C’est à ça qu’on les reconnaissait les militaires, à la couleur caca d’oie, caca d’oie de ces oies qu’on a gavé toute l’année pour qu’aux fêtes, elles nous fassent de jolis foies bien gras et de jolis cacas bien puants. Mais revenons à nos avions qui, de jour, donnaient des airs de feux d’artifice permanents au ciel. Oh le beau bleu, oh le beau mauve. Dans mes rêves, minot, tous les jours ressemblaient au 14 juillet sans l’allocution du Président et la garden-party à l’Élysée, je n’étais déjà pas très protocolaire, juste nez en l’air !
 Ça, c’était quand j’étais minot. Et puis comme nous tous ou presque, à l’exception du Petit Gregory, j’ai grandi. J’ai appris à classer les avions non plus par leur couleur, mais par le logo de la compagnie et la qualité de service qu’elle proposait. Je suis même passé au low-cost pour voyager plus, pour aller voir au loin ce que d’autres venaient apprécier en bas de chez moi. J’ai pris des avions pour partir en vacances, et d’autres pour aller bosser, pour couvrir un festival à Pointe Noire, participer au 30ème anniversaire de Nova depuis Vancouver, ou mixer à Pékin ou sur l’Ile de la Réunion. J’aimais ça, je l’avoue. J’aimais et j’aime encore être jet-laggé, vivre à quelques fuseaux horaires de mes pompes. Mais un pangolin, un jour, a mis le Bronx dans tout ça. Fini les voyages de presse ou de décompresse, finies les oreilles qui se bouchent au décollage et à l’atterrissage. Je suis resté cloué au sol, et comme la grande roue du monde ne supporte pas l’arrêt, les gouvernements du monde entier dont le nôtre ont cherché à verdir le trafic aérien… un peu comme dans mes rêves de minots, mais d’une seule couleur, comme un Klein d’œil au bleu du ciel mais en vert. Même Jean-Baptiste Djebarri, notre Ministre Délégué aux Transports a tenté de troquer l’encre noire de son stylo pour une verte tout en s’apprêtant à signer des extensions d’aéroports, une dizaine sont en attente dans le parapheur du gouvernement, en n’intervenant pas assez sur les vols courts, ou en refusant de s’engager durablement sur le ferroviaire. C’est ça que lui ont rappelé une poignée de militants de Greenpeace la semaine dernière en peignant de de vert la carlingue d’un Boeing 777 d’Air France sur le tarmac de l’aéroport Charles de Gaulle. Ils en ont profité pour installer une banderole sur laquelle on pouvait lire : « Y a-t-il un pilote pour sauver le climat ?». Minot, je rêvais d’avions de toutes les couleurs, je ne rêvais pas d’avion sans pilote !  

09 mars 2021

4:30

Baba Squaaly aime que les choses soient dites

Si souvent, vous pensez que j’avance masqué, ce n’est pas juste la faute à un vilain virus et aux mesures prises pour lutter contre sa propagation. Il est vrai que parfois, souvent, je vous laisse juge, je glisse sur les sujets que j’aborde avec un air de ne pas y toucher. Je pratique en fait ce que j’appelle l’art du décalage immédiat. Pourtant, j’aime que les choses soit dites, formulées, exprimées et souvent même écrites. Les paroles s’envolent, les écrits restent. Sans les tables de la loi, serions-nous sûrs d’avoir toujours dix commandements à honorer. J’en connais plus d’un par exemple qui se passerait bien du 7ème commandement. J’en connais plus d’un qui se passe bien du 7ème, celui qui dit : « tu ne commettras pas l’adultère. ». Effectivement si les dix commandements n’avaient pas été gravés dans la pierre, celui-ci et d’autres probablement seraient passer à la trappe. Il ne resterait peut-être que le premier, celui qui place Dieu au-dessus de tout, sans concurrence possible. Alors que Dieu est comme nous, puisqu’il nous a créer à son image ou l’inverse, je ne sais plus. Dieu est faillible. Il a mis 6 jours à faire le monde et s’est reposé le 7ème. Pauvres de nous, s’il avait mené à bien sa besogne en 5, voire 4, 3, 2, ou 1 jour, nous en aurions 2, 3, 4, 5, 6 pour buller, badiner, s’amouracher, s’aimer et qui sait peut-être même commettre l’adultère. Et s’il n’avait rien fait du tout, nous ne serions pas là, la Covid et les maladies vénériennes non plus d’ailleurs.
Que serait l’histoire du monde alors ? Celle d’un paradis où il manquerait juste un homme et une femme pour fredonner l’air de rien un chabadabada, chabadabada chabadabada sur les planches de Deauville et mettre un chouyadevie chouyadevie chouaydevie dans tout ça. Je ne sais pas. Mais j’aime que les choses soit dites. Et pas dans le vent d’une plage de la côte normande. Surtout pas dans le vent. J’aime que les choses dites au bon endroit, celui où l’on va les entendre, où elles auront de la force, où elles pèseront de tout leur poids, où elles feront sens et pas juste dans l’Yonne !J’aime que lorsqu’on a un différent avec une personne, un groupe de personnes voire même un pays et ses dirigeants, on s’adresse directement à ces personnes par les canaux les plus appropriés. Quand Emmanuel Macron par exemple reproche à la junte birmane sa répression, j’applaudis jaune me souvenant de celle orchestrée sans comparaison aucune il est vrai, en direction du peuple de France il y a quelques mois, et surtout je regrette que notre président, le fasse par tweet et non pas par les canaux diplomatiques habituels. J’entends déjà la junte birmane glisser comme l’aurait dit Jacques Chirac : « Ça m’en touche une, sans faire bouger l’autre. ». Bonne journée à vous toutes et tous et à demain.  

08 mars 2021

3:29

Faire pipi dans les rues de Marseille

Hier, je vous l’avouais tout de go, je m’étais réveillé avec une irrépressible envie de danser, une irrépressible envie de danser. Irrépressible est un adjectif que je n’utilise d’habitude que rarement, voire très rarement ; et quand je l’utilise mes envies irrépressibles, à la différence de celles de nombres de mes congénères marseillais ne terminent jamais ou presque dans le caniveau ou contre un mur, si vous vous voyez ce que je veux dire. Faut dire, à la décharge de mes amis gros dégueux qui n’en sont pas moins fiers d’être Marseillais, que la ville est fort peu lotie en matière de sanisettes publiques : une quinzaine seulement pour 871 103 habitants, dans une ville qui je le rappelle, est deux fois et demie plus grande que Paris et 12 fois plus que Brie-Comte-Robert. Seulement 15 chiraquettes comme on disait à la création de ces toilettes autonettoyantes pour 871103 habitants… Et encore c’est sans compter, ceux qui ne comptent pas, qui ne comptent aux yeux de nos décideurs qu’ils soient locaux ou nationaux sinon ils agiraient. Oui c’est sans compter ceux qui n’ont pas ou plus de maison, plus d’adresse, plus de domicile fixe, juste des bouts de trottoirs ou ils peuvent difficilement déplacer avec eux leurs toilettes fussent-elles sèches ?Savez-vous que dans la nomenclature de INSEE, l’institut national de la statistique et des études économiques, les trônes publics, les petits coins, les cabinets d’aisances et autres lieux de commodité, les chiottes pour parler clair, les water closets qu’on trouve dans nos rues sont classifiés comme bâtiment non résidentiel, au même titre que les prisons. Etonnant, non ? 
Mais revenons à nos pipis à défaut de mouton. A l’heure de la fermeture des bars et autres lieux autorisés de soulagement, je vous laisse imaginer le panorama olfactif de la deuxième ville de France. 15 toilettes pour 871103 habitants voire plus, c’est peu. C’est pourquoi, j’aimerai plutôt que de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nos décideurs nous permettent de les soulager. Vous m’excusez, une irrépressible envie me prend et je ne suis vraiment pas d’humeur à danser ce matin !  

04 mars 2021

2:44

Comme une envie de danser...

Ce matin, je me réveille avec une furieuse envie de danser. Rien de très bizarre me direz-vous, c’est sans doute un effet collatéral du couvre-feu qui, à Marseille, nous cadenasse dès 18h à la maison. Rien de très bizarre, en effet. Mais, plus la sentence d’isolement se prolonge, plus mes envies de danser se transforment et le Baba twerk par exemple qui a fait ma réputation sur les dancefloors des Bouches-du-Rhône et des environs, se métamorphose, remontant le temps et de facto la chronologie des danses de salon. 
Ce matin, par exemple, je me suis réveillé avec une irrépressible envie de danser la valse, la valse à trois temps. 1… 2… 3… 1… 2… 3… 1… 2… 3… 1, le pied droit va vers l’avant, 2 le pied gauche va sur le côté, 3 pieds joints. Il parait même qu’il y a la valse à 6 temps 1… 2… 3… tout pareil ... 4… 5… 6… 4 le pied gauche recule, 5 le pied droit recule sur le côté, 6 pieds joints… C’est tout simple…écoutez à défaut de regardez… 1 Nicolas Sarkozy, son ami et avocat Thierry Herzog ainsi que l’ancien juge Gilbert Azibert sont mis en examen dans l’affaire des écoutes aussi appelée affaire Paul Bismuth, 2 Nicolas Sarkozy, son ami et avocat ainsi que l’ancien juge sont condamnés à trois de prison dont un ferme. 3 Nicolas Sarkozy, son ami et avocat ainsi que l’ancien juge décident d’interjeter appel contre cette décision et l’on repart à zéro… 1… 2… 3… 1… 2… 3… Bien que condamnés, ils sont désormais présumés innocents, Joker, increvable ou juste le droit français, appelez ça comme vous voulez… 1… 2… 3… 1… 2… 3… 4 Donald Trump est battu en novembre dernier, 5 Joe Biden devient le 46ème Président des Etats-Unis d’Amérique... 6 Donald Trump pourrait bien se représenter en 2024 et espérer battre les démocrates « une troisième fois » comme il dit. 1… 2… 3… 4… 5… 6… C’est la valse des Présidents… Le premier pourrait être empêcher de se représenter quant au second, il nous reste grosso modo trois ans pour espérer qu’un candidat d’envergure apparaisse dans le camp républicains pour lui barrer la route de l’investiture. C’était la valse des Présidents, la valse qu’on danse avec des gros sabots en espérant qu’ils dégagent…1… 2… 3… 1… 2… 3… moi je reviens demain !  

03 mars 2021

3:17

La nécessité de réinventer l'école

En rang par deux. C’est l’heure ! Bienvenue à l’école ! L’école de papa, la blouse grise et la craie qui crisse sur le tableau noir ou l’école d’aujourd’hui et surtout celle de demain avec ses souris d’ordinateurs qui s’agitent dans toutes les directions sur la table en classe ou désormais à la maison. La crise du coronavirus a accéléré l’importance de réinventer l’école. Les gamins qui sont nés avec un ordi, une tablette ou un smartphone dans la main, sont comme nous d’ailleurs, accros aux écrans. Et l’école n’en tiendrait pas compte ? Impensable et pourtant tellement vrai ! C’est le constat que tire à l’heure du grand décrochage scolaire, le réalisateur et tellement d’autres choses Martin Meissonnier au fil de trois documentaires. Baptisés
Le Bonheur à l’école, ces trois reportages seront diffusés cet automne sur Canal +. Martin Meissonnier ne se contente pas d’y tirer la sonnette d’alarme, il attire l’attention sur les trains qui arrivent à l’heure voire en avance pour filer la métaphore ferroviaire. Par habitude de penser le monde dans sa globalité et avec l’ouverture qu’on lui connait, Martin Meissonnier qui a entre autres produits pour ceux qui l’aurait oublié des albums mémorables de Fela, King Sunny Adé, Khaled mais aussi Big Men, une rencontre entre raï et reggae et tant d’autres, Martin Meissonnier donc, non content de dénicher des initiatives éducatives, des solutions sur les cinq continents, prolonge l’aventure du Bonheur à l’école par une plateforme interactive ou seront proposés une centaine de films documentaires courts sur des méthodes pédagogiques innovantes. La plateforme qui mise sur l’intelligence collective et la collaboration accueillera un espace de dialogue et d’échanges entre enseignants, parents et élèves afin de nourrir et se nourrir de cette intelligence collective. Pour mener à bout ce projet un appel à financement collectif, un crowdfunding comme on dit, un KissKissBankBank pour être pragmatique est ouvert. «Les premiers résultats sont très satisfaisants » commente l’instigateur du projet. « C’est surtout riche de contact nouveaux, de pistes de travail innovantes. » ajoute-t-il impatient. Pour en savoir plus les réseaux sociaux sont là et la page KissKissBankBank du Bonheur à l’Ecole, Happiness @ School, in english… Ré-enchanter la vie, moi j’aime !  

02 mars 2021

3:22

La liberté d'expression façon Voltaire

Sidérés par l’annonce de la séparation des Daft Punk, n’avez pas vu venir la plainte en diffamation déposée mardi par le rappeur Médine contre la Député LREM Aurore Bergé après que le MC havrais a récemment été qualifié de “rappeur islamiste” par la député macroniste sur LCI. Un positionnement dont se défend celui qui évoque « une liberté d’expression à géométrie variable » au fil de Voltaire, un des titres de son dernier opus paru à l’automne.
Le Voltaire dont il nomme son morceau est connu pour avoir dit, clamé, crié ou écrit : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ».Je sais, au réveil, j’aime étaler ma confiture sur la tartine de votre petit dej’. Cette sentence-tarte à la crème de la bien-pensance qui permet à nombre de débatteurs de marquer leur désaccord tout en soulignant leur caractère tolérant, ouvert d’esprit, serait un fait d’arme de plume du sieur Voltaire. Sauf qu’à en croire de nombreux érudits, François-Marie Arouet, plus connu sous le blaze de Voltaire, ne l’aurait jamais dite, clamée, criée ou ne serait-ce qu’écrite. Elle ne figure en tout cas pas dans la lettre à l’abbé Le Riche où elle est censée se trouver et dans aucun autre document. Notre philosophe des Lumières et écrivain n’était d’ailleurs pas loin de penser le contraire, surtout si l’homme à la plume ou au porte-voix était journaliste. On ne lui en voudra pas. La guéguerre entre gens de plume, entre penseurs et commentateurs est bien plus ancienne encore. La sentence aux allures de cache-sexe n’en est pas moins belle et demeure un rempart à quelques ravageuses tentations à ne plus parler que d’une seule voix. Et puis au final quoiqu’on déblatère, c’est toujours la faute à Voltaire.  

25 février 2021

2:58

Marguerite Duras aux fourneaux

Avec Duras aux fourneaux, vous avez tout de suite imaginé la romancière, dramaturge et dialoguiste dans sa cuisine, tablier enfilé, épluche-légumes dans une main et couteau de l’autre. Car l’écrivaine adorait passer en cuisine. « La cuisine est faite vraiment pour tout le monde. » déclarait-elle avant d’ajouter : « Comme la vie, elle est faite pour tous, pas la littérature ».
Alors quand il s’agissait de rédiger ses propres recettes, elle ne faisait pas de littérature, peut-être quelques ratures dans son cahier rouge, mais préférait avant tout nous mettre l’eau à la bouche car pour elle, la cuisine est l’art du partage. « Marguerite cuisinait pour ses amis. C’était sa façon de dire qu’elle les aimait » confiait Michèle Kastner en préambule d’un petit opuscule baptisé « La Cuisine de Marguerite » paru à la fin du siècle dernier aux Éditions Benoit Jacob.Excusez-moi, je ne l’ai découvert que ce week-end. Je l’ai salivé, devrais-je dire tant en tournant une à une ses pages, je me suis imaginé dans sa cuisine à Neauphle-le-Château où elle résidait. Oui, je me suis imaginé à ses côtés, le fumet de ses plats me taquinant les narines, lisant ses conseils quant à la préparation du riz : du riz « parfumé » en sac plastique sans marque qu’on achète dans les boutiques d’alimentation vietnamiennes » disait-elle. « Même ce riz, il faut le laver. Raison de plus pour laver l’autre riz, celui qui a une marque, qui est bien empaqueté et vanté à la télé. Il faut le laver à plusieurs eaux pour enlever le reste de son qui l’enrobe et la poussière et l’odeur du sac de jute – l’odeur du cargo – qui est celle du pétrole. Sentez le riz pas lavé et sentez le riz lavé, vous verrez la différence » écrivait-elle avant de confier qu’il faut le laver entre 4 et 7 fois et que sa cuisson nécessite deux mesures d’eau pour une mesure de riz.Son ultime conseil : n’achetez jamais du riz glacé à la façon de U.B. La marque française T.A. n’est pas fameuse mais lavée, elle se mangera. Je pense que vous avez identifiée sous les initiales, les marques Uncle Bens et Taureau Ailé. Après ce comparatif du riz signé Duras, je vous donne rendez-vous demain même heure même endroit, on parlera bricolage avec Jean-Paul Sartre ou motoculture avec Edgar Morin. Non je plaisante j’aurai mieux à faire !  

23 février 2021

3:00

Le droit de faire la fête

Au rythme où vont les choses, Je pourrais troquer ma casquette d’éditorialiste pour celle de nécrologue, celui qui voit la vie en creux plutôt qu’en pleins et en déliés, annonçant comme un chef de gare les départ un a un ; ajoutant à la petite liste de la semaine dernière le nom d’U-Roy. Oui U-Roy, l’homme que l’histoire a retenu comme inventeur du toast au côté de King Tubby, son incroyable ingénieur du son. C’était un vendredi soir à Kingston en 1969, année fantastique ! Son “Wake The town” enregistré l’année suivante, nous va si bien, nous qui réveillons la ville ! Merci U-Roy, tu as désormais l’éternité pour toi !
Plus de 50 ans plus tard, alors qu’on va tout droit vers un été des festivals assis, j’ai voulu savoir quels droits nous avions de faire de la tawa, la bamboche, la noce, la java, la foire, la bringue ou les 400 coups, quelles possibilités nous avions de nous réunir dans le respect des gestes barrières, il va sans dire.Car le gouvernement de Jean Castex, son Ministre Véran en tête, recommande de ne pas être plus de 6. Que vaut cette consigne au regard de la loi ? Pas grand-chose à en croire d’éminents juristes qui invoquent la sanctuarisation du domicile de 21h à 6h du mat, sauf pour terrorisme, il va sans dire. Le respect de la vie privée étant garanti par la Constitution et l’article 9 du code civil… Ils ne peuvent rien ! Nous vivons dans un état de droit, si le niveau sonore de votre amicale réunion demeure faible et qu’aucune odeur stupéfiante ne s’échappe de chez vous, aucune moelle épinière surmonté d’un képi ne saurait dans un geste reflexe vous verbaliser ! Après, tout n’est question que d’intimidation, de bluff, de coups de pression. Restez calme, gardez votre masque et maitrisez vos propos, il ne vous arrivera rien. Quant à la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, ce délit ne saurait être retenu car il implique un "risque immédiat de mort ou de blessures graves", ce qu’on ne saurait prouver aucun médecin. Restez prudent, protégez-vous, protégez les autres et ne perdez pas le gout du sel de la vie, ce petit rien, qui nous donne envie de nous lever le matin.  

22 février 2021

3:20

Hommage à Seb Bromberger et Tonton David

Il y a les têtes de gondole et il y a les autres. Il y a ceux qu'on met devant parce que c'est leur place ou celle qu'on leur donne et il y a les autres : ceux qui font le job, sans chercher à se retrouver au premier plan sur la photo. Tous finissent par mourir un jour. Tonton David était une tête de gondole, presque à l'insu de son plein gré parce q'au début des années 1990, ils n'étaient pas nombreux à faire tourner le riddim à Paris, à donner un sens à l'expression "musique urbaine"...
 

18 février 2021

3:28

Le monde mis en bière depuis plus d'un an, et sans mousse...

Voilà plus d’un an que la pandémie a rabattu le caquet à nos prétentions. Voilà plus d’un an que tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, la pandémie renverse tout sur son passage à commencer par les velléités de croissance de nos sociétés. Voilà plus d’un an que c’est le oaï comme on dit sur la Canebière, plus d’un an que le monde est mis en bière et qu’on ne boit plus une petite mousse au comptoir avant d’aller écouter un concert, d’ailleurs on ne va plus au concert. Comme si cela était la seule cata’ de notre monde qui tourne au ralenti quand ce n’est pas sous perfusion.
Très vite, le masque, le chacun chez soi, le couvre-feu et même la fermeture des frontières sont devenus la norme. Norme sanitaire et norme dans nos têtes. Chassez le naturel, il revient au galop.« Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me console » clamait le premier ministre québécois Daniel Johnson dans les années 60.Alors entre désolation et consolation, on a ces derniers temps, tout comparé. Le nombre de malades comme celui des personnes déjà vaccinées, le nombre de lits en hôpital et le nombre de morts.Macabre désolation, triste consolation dans un quotidien qui se conjugue à l’imparfait du futur, un temps dont on maitrise mal encore les déclinaisons et les inclinaisons.Alors, à force de tout comparer, on s’est accordé sur un chacun chez soi et Covid pour tous ! Covid pour tous, pas de doute là-dessus. La pandémie est mondiale et ses solutions se devront de l’être, mondiales.Cela fait bientôt 50 ans que le météorologue américain Edward Lorenz nous alerte quant aux conséquences d’un battement d’ailes de papillon au Brésil, quant à sa possible évolution, son éventuelle transformation en tornade au-dessus du Texas. Et l’on ferait comme si de rien n’était. On le sait, nous vivons tous sur la même planète, nos destins, nos futurs, nos devenirs appelez ça comme vous voulez sont liés. Nous ne sortirons pas de la crise, enfermés dans notre citadelle. Nous ne solutionnerons rien qui ne soit global et si ma double négation est un peu trop compliquée, je vous le dirai de manière plus explicite ce n’est qu’ensemble que nous trouverons des réponses à la crise du Covid, comme à celle du réchauffement climatique, comme à celles petites ou grandes qui jour après jour gagnent en intensité car c’est ensemble et séparément que nous faisons avancer le monde depuis toujours. Si le monde de demain est un autre monde, c’est avant tout notre monde à nous tous, ne l’oublions pas, ne faisons pas comme si nous ne savions pas. A demain.   

17 février 2021

3:03

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