Aller au contenu principal

Totó la Momposina, la plus grande des cantadoras colombiennes

1982, à Stockholm. Un public prestigieux y compris le couple royal suédois sont réunis pour remettre à Gabriel Garcia Marquez son prix Nobel de littérature. La fête bat son plein dans le prestigieux Hotel de ville de Stockholm. Tout à coup, une petite dame d’une quarantaine d’années, chevelure de jais, yeux rieurs et pieds nus, monde sur l’estrade. Au milieu des flutes de champagne et des robes de cocktail, Toto la Momposina impose le silence.

Ce jour de 1982, pour célébrer le premier Nobel de littérature colombien, l’académie a fait venir une compatriote de Gabriel Garcia Marquez. Une femme qui depuis son enfance, baigne dans les riches traditions musicales de la Colombie. Celles qui sont nées, comme Toto elle-même d’ailleurs, de mélanges entre les populations natives d’Amérique du Sud, les colons espagnols et les esclaves d’Afrique. Une histoire douloureuse dont sont nées des musiques pourtant solaires.

Toto la Momposina n’est pas son vrai nom. Mompos, c’est la ville dans laquelle elle a grandi, bordée par le fleuve Magdalena, qui creuse des îles dans la terre, sur la côte caribéenne de la Colombie. Toto, qui s’appelle en réalité Sonia, passe son enfance et ses premières années de jeune femme à circuler dans cet archipel, pour en apprendre les traditions musicales. Toto étudie auprès des « Cantadoras ». Ces femmes qui chantent pour encourager les villageois dans leur travail, accompagnées par les hommes qui battent le rythme sur des troncs d’arbres creux. Le chant sert à transmettre la bonne humeur et le courage. Il est l’activité fédératrice des cantadoras. 

Un épisode écrit et raconté par Clémentine Spiler, réalisé par Emmanuel Baux. Pour écouter la bande son de Pionnières, c'est par ici

Visuel © Toto la Momposina - Oye Manita

Pionnières
Emissions

Pionnières

par Clémentine Spiler
du lundi au vendredi à 10h et 18h30