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Élodie Milo : « Demain, nous n’abattrons plus aucun arbre »

En Normandie, cette musicienne mystique prédit que la crise virale durera jusqu’en 2022, jusqu’à… la rencontre fortuite entre l’odieux Bolsonaro, une chamane nonagénaire et un arbre sacré.

« On court, on coule / on croule, sous nos poids. » Sur son dernier album sorti en octobre, Sous la lune, Élodie Milo invite à écouter « les louves qui hurlent en nous » via six incantations fort sabbatiques teintées de guitares surf, de pop songeuse ou de rythmiques sud-américaines, écrites et composées pour « explorer de puissants archétypes féminins » : la vierge, la sorcière, la maman ou la putain. Quelques jours avant le confinement, elle présentait à Besançon la première de son spectacle Lunas, mélange de théâtre et de chansons, d’humour et de féminisme, cabaret barré élaboré au diapason des quatre phases du cycle menstruel, conçu avec la danseuse Delphine Dartus et mis en scène par Loïc Deschamps.

« Elle a le serpent qui change de peau, l’aigle qui plane là-haut / Chant de la terre, de l’air, de l’eau. » Perchée dans les branchages d’un spécimen extrêmement rare de pernambouc de Basse-Normandie, cette musicienne et comédienne parisienne semble entrevoir que le coronavirus continuera de nous incendier les poumons jusqu’en 2022. D’après ses visions, notre salut ne proviendrait pas d’un vaccin, mais de l’irresponsable président brésilien Jair Bolsonaro. Quoi ?

Si ! Ce dangereux bouffon populiste, sexiste, illuminé et corrompu, qui répondit d’un désinvolte « Et alors ? » quand un journaliste soulignait que le virus venait de faire cinq mille victimes au Brésil ; ce fantassin d’extrême-droite, qui ne cesse de parler de « grippette » lors de bains de foule sans masque ni gants, jugeant les mesures de distance sociale « pratiquement inutiles » tout en toussant pendant ses discours, alors que les urgences sont saturées de malades ; celui qui vient de limoger son ministre de la Santé jugé trop indépendant… ne serait pas destitué, non, dans ce futur-là.

Toujours disposé à déforester l’Amazonie pour, dit Milo, engraisser « les éleveurs de bidoche qui ravissent nos bouches carnivoraces », Bolsonaro fera la rencontre d’une chamane nonagénaire, d’un arbre sacré et d’un revigorant chant yanomami qui provoquera une prise de conscience mondiale ; hymne thérapeutique millénaire, qu’elle nous interprète a cappella.

Pour écouter son album Sous la lune, c’est ici.
Pour écouter la précédente utopie d’Élodie pour « le monde d’après », où il était question de sorcières, de grotte et d’introspection déconnectée,
c’est là.

Visuel © La Loi de la jungle, d’Antonin Peretjatko (2016).

L'Arche de Nova
Emissions

L'Arche de Nova

L'Arche de Nova par Richard Gaitet
Du lundi au vendredi à 7h10

Image : La ferme se rebelle, de Will Finn & John Sanford (2004).

Diadié Dembélé : « Demain, de l’herbe VIP pour des vaches VIP ? »

Cet écrivain et poète malien, diplômé du master de création littéraire de Paris-VIII, tourne en dérision la pseudo-amélioration des conditions de vie de certains élevages industriels, en prônant le retour aux transhumances traditionnelles.

Image : Stalker, d’Andreï Tarkovski (1979).

Ariel Kyrou (2/5) : « Demain, des connaissances hallucinantes sortiront de ce tunnel mortel »

Spécialiste de Philip K. Dick, auteur d’un essai en forme de réservoir à fictions vitales pour bricoler l’après, ce journaliste parisien réexplore pour nous, à pas de loup, la « Zone » mutante de « Stalker ».

Image : Masayoshi Sukita, version colorisée de sa photo de pochette pour l’album Heroes de David Bowie (1977).

Clara Ysé : « Demain, nous pourrions être des héros, juste pour un jour »

Lyrique et audacieuse, cette musicienne parisienne nous murmure une liste de « talismans » pour le futur, suivie d’une reprise solaire et dédoublée de David Bowie, enregistrée rien que pour nous.