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À Lyon, le GUD ouvre un squat sur le modèle néofasciste italien

Surfer sur la misère pour diffuser la haine.

Par Jean Morel

Ce papier fait suivre le travail d'investigation de nos confrères de Rue 89 Lyon qui ont été les premiers à relayer cette information. 

Mise à Jour : Le squat a désormais été expulsé, comme le relaie ces mêmes confrères. 

Décidément, c'est la semaine du dégueulasse. Après avoir appris en début de semaine que Génération Identitaire allait carrément jusqu'à lever des fonds pour tenter d'empêcher les ONG de venir au secours des réfugiés qui jouent leur vie en traversant la Méditerranée, voilà que l'on apprend que le GUD, (groupuscule d'extrème droite qui s'est refondé en 2011) surfe sur la misère pour faire avancer leur idéologie haineuse.

Comment ? En ouvrant un squat « solidaire » à Lyon dans le 2ème arrondissement, à quelques mètres de la place des Jacobins. Leur objectif : héberger « les nôtres avant les autres ». Bah ouais, on se refait pas.

« Bastion social »

Communication en grande pompe, vidéo Facebook à l'appui, petit site internet bien léché, c'est il y a 3 semaines que le Gud a ouvert ce qu'il appelle le « Bastion social », dans un immeuble situé au 18, rue du Port-du-temple dans le 2ème arrondissement. Il s'agit là d'un bâtiment de trois étages, vide depuis plusieurs années. Il est aujourd’hui propriété de la Ville de Lyon.

Dans une stratégie nationale-socialiste la plus traditionnelle qui soit, le Gud revendique : « L’État français est actuellement propriétaire de 78 millions de m2 dont 11 millions sont officiellement vacants, parmi lesquels 1 million de logements. Il aurait donc largement la possibilité d’attribuer des logements aux plus démunis de nos compatriotes. »

C'est alors que la paranoïa xénophobe et haineuse se met en place, en reprochant à l'État d'aider des clandestins. Le GUD va même plus loin, affirmant que l’État français ne se préoccuperait « que des clandestins extra-européens » qu'il s'imagine carrément « déferler sur nos côtes au mépris des Français ».

Sous couvert d'une action sociale, c'est donc un discours de haine qui est véhiculé, allant jusqu'à la demande de financement par un système de Crowdfunding.

Il convient donc, à nouveau, de rappeler que le GUD, Groupe Union Défense, se présente comme un syndicat étudiant, mais est surtout connu pour ses actions racistes et violentes. Rien qu'à Lyon ces derniers mois ils ont pris pour cible une permanence d'En Marche !, ou sont responsables d'agressions racistes…

 

Une inspiration : le néo-fascisme italien

Le GUD n'est pas le premier organisme d'extrême droite à revendiquer ce genre d'expériences.

En Italie, le mouvement Casapound, dont la ligne directrice est un « fascisme du troisième millénaire » fonctionne d'après le même modus operandi propageant ses discours fascistes avec l’ouverture de centres sociaux du même type. En Espagne, le mouvement Hogar procède de la même manière depuis 2014, et vient d'ailleurs d'affirmer son soutien au Bastion Social.

Des procédures de la mairie de Lyon sont déjà en cours, mais c'est en diffusant au maximum cette information que les autorités réagiront le plus vite possible.

Aujourd'hui la collecte de dons s'opère via Stripe dans un module intégré à leur site. Si vous souhaitez vous opposer à ce financement, envoyez un mail à info@stripe.com en précisant que cette cagnotte concerne le financement de l'occupation illicite de bâtiment par un groupuscule d'extrême droite et que le financement de cette opération viole leurs CGU. 

Pour rappel, si vous souhaitez vous engager, faire des dons et aider les plus démunis il existe des ONG qui viennent en aide à tous, sans distinction de couleurs et d'origines et qui les hébergent aussi. Notamment le Secours Populaire du 69 qui a besoin de bénévoles.  

Visuel : (c) DR