Un peu d’espoir avec Raye, un premier album des Fcuckers et José Gonzalez qui rallume la lumière… Pour bien finir la semaine, voici la sélection hebdo de Radio Nova des albums à ne pas louper.
Raye, This Music May Contain Hope (Human Re Sources)
This Music May Contain Hopeest un album qui se consomme comme un shot d’espoir, passant par tous les styles et toutes les émotions. Pensé comme une comédie musicale en quatre actes, il se déploie entre pop, RnB, inspirations soul Motown, et orchestrations classiques. On y suit les déboires amoureux de la chanteuse, drapés dans une dramaturgie grandiloquente. Raye s’entoure d’invités de prestige : la légende soul Al Green ou le compositeur multi-primé Hans Zimmer. Le titre The Whatsapp Shakespeare reflète à lui seul l’ambition du projet : partant d’une production contemporaine, il nous fait remonter le temps, et aboutit à un final grandiose, dans le style cabaret des années 20.
Fcukers – Ö (Ninja Tune)
Sorti chez Ninja Tune – label mythique britannique – le premier album du duo new-yorkais Fcukers imprime un son hybride, une fusion explosive entre sonorités électroniques et organiques. Les deux apprentis chimistes de la chanson mélangent diverses influences dans la marmite, et ça fait mouche ! Côté production, on oscille entre des influences électro-clash, à la LCD Soundsystem ou Peaches, et du RnB à la sauce Timberlake & Timbaland, du début des 00s. Dans le mixeur, ont mets de l’électro-pop, du punk, du garage et de la house, et on obtient un mélange ultra-bouncy, supra-électrique, qui se danse.. avec nonchalance.
Robyn – Sexistential (Young)
La chanteuse suédoise Robyn est de retour après 7 ans d’absence. Elle revient avec Sexistential, un album euphorisant et vivifiant. Une épopée synth-pop sur les chemins de la sensualité et du désir. Rester excitée par les choses de la vie, voilà son mantra pour ce nouveau segment musical. Le disque marque une rupture claire avec les sonorités douces et vaporeuses de son précédent opus Honey (2018), et renoue, aussi bien dans les thèmes que dans la forme, avec son album emblématique Body Talk (2010). Elle y poursuit sa collaboration de 20 ans avec le compositeur et producteur Klas Åhlund. À deux, ils façonnent un univers sonore synthétique pop, à la douce mélancolie.
Pirogue – Idésia (Quydam)
Idésia s’aborde comme un rêve, vaporeux, poétique et exotique. Le duo Pirogue sort son premier album et il sonne comme une caresse de l’aube. Le duo formé en 2020, par deux amis, Will et Paul, nous amène sur les rives d’une nostalgie douce, d’un retour en enfance qui fait du bien. L’album navigue entre sonorités pop psyché 70s et accents bossa, sur certains accords de guitare. On y perçoit les influences de Voulzy, de Souchon, des Beach Boys, un peu de Michel Berger dans la voix, parfois, et de Flavien Berger, aussi. Idésia nous fait du bien et tombe à pique pour accompagner les premiers jours du printemps.
Tom Misch – Full Circle (Beyond The Groove)
Le londonien Tom Misch revient avec un deuxième album tant attendu (8 ans déjà). Un projet plus personnel que jamais, au fil duquel il aborde les histoires et les moments qui l’ont façonné au cours des quatre dernières années : le temps qui passe, la famille, les amis, son rapport à la nature et à lui-même. Le multi-instrumentiste compose ce second opus entre Londres, Cornwall, le Portugal, et Nashville. Une période qu’il passe dans sa bulle, et dont il profite pour se reconnecter à son amour pour la musique. Lors de ces différents voyages, il collabore avec des artistes tels que Matt Maltese, ou Ian Fitchuk et Adam Jaffrey à Nashville. Full Circle est un disque de chansons, qui puise dans les standards 60s et 70s de la folk, comme ceux de Joni Mitchell ou Neil Young.
Lord Funk – More Orgasm (Boogie Butt)
Lord Funk débute sa carrière en tant que vendeur de disques au milieu des années 90. Il s’installe à New York, dans le East Village ou il se fait rapidement connaître comme le meilleurs dealeur de sample au monde ! Sa collection de disques rare ameute la crème des producteurs hip-hop new-yorkais, Pete Rock, Dj Premier, DJ Muggs, Dj Spinna ou Q Tip. Lord Funk, alias Romain Dalmasso, contribue à façonner de gros tubes du rap 90s, en y incorporant du Serge Gainsbourg, du Georges Jouvin, du Vladimir Cosma ou du Loulou Gasté. Au tournant des années 2000, il devient lui-même producteur. Son troisième album More Orgasm est une bombe funk tournée vers le dancefloor. Un projet qui se nourrit de son passé de digger et qui respire la culture club à pleins poumons.
Elmiene – Sounds for someone (Polydor)
L’une des voix les plus singulières de la soul UK sort son premier album. Avec Sounds for someone, Elmiene livre une œuvre délicate, tout en retenue, pensée comme une ode à la paix et à l’introspection. Derrière cette douceur apparente, l’artiste aborde, en filigrane, sa relation avec son père : sa présence et son absence. Le projet se déploie entre soul, jazz contemporain et RnB, toujours en nuance et laissant la place au silence, comme une manière de révéler certaines fragilités. Sounds for someone est un album feutré, qui mêle pudeur, mémoire et apaisement.
José Gonzalez – Against The Dying Of The Light (Mute Records)
Avec Against The Dying Of The Light, José González se bat pour préserver un peu de lumière face aux nuages qui s’amoncellent à l’horizon. Une manière de garder espoir en ces temps qui s’assombrissent. L’auteur, chanteur, compositeur et guitariste suédois signe un disque folk épuré, fragile et dépouillé, dans lequel il explore des thèmes universels tels que le temps qui passe, la fragilité de l’existence et notre lien au vivant. Un reflet de notre époque agitée, entre le manifeste et le refuge.

