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Faites place à Malik Djoudi

Faites place à Malik Djoudi

Son premier album, « UN », sort en physique ce vendredi.

Par Morane Aubert

Cela fait déjà un moment que Malik Djoudi se balade sur les ondes de Nova avec un morceau, « Sous Garantie ». Une mélodie épurée, entêtante, fournie en synthé, sur laquelle vient se poser cette voix féminine et masculine à la fois. Voix qui attirait d'ailleurs l’attention de la Souterraine il y a quelques mois. L’artiste originaire de Poitiers a pris le temps de soigner son entrée. Il surgit à l’aube de la quarantaine avec UN, son premier album. 

Malik Djoudi n’est pas là par hasard. Il commence par prendre des cours de chant avec Klaus Blasquiz du groupe Magma à l’âge de 18 ans et compose d’abord pour la télévision et la publicité.  « Ça m’a pas mal aidé, j’ai pu m’acheter du matériel, un home studio à l’âge de 20 ans », comme il le raconte dans la Française Pop. Avant de se lancer en solo, il conduit différents groupes, Moon Pallas, Alan Cock et Kim Tim, et participe à la bande son de plusieurs pièces du chorégraphe Pierre Rigal.

« Ivres, de nous-mêmes jusqu’à perdre la raison »

Jusqu’ici, Malik Djoudi n’ose pas chanter en français. C’est après un voyage au Vietnam, qu’il décide de faire le grand saut, et de suivre ses modèles, Gainsbourg ou encore Jean Fauque, le parolier de Bashung. Il a bien fait. Car son écriture donne une intensité sans nom à cet album. Notamment quand il s’agit de parler de relation amoureuse, « ivres, de nous-mêmes jusqu’à perdre la raison » (« Sous Garantie »).

À de nombreux égards, UN sonne comme la complainte d’un solitaire, qui s’interroge avec nostalgie et dépit parfois, sur les relations à l’autre. « C’était si bien, c’était si bien avant, je n’ai plus l’âge, je n’ai plus l’âge du bon vieux temps… » (« Séquence con »). Mais son travail d’orfèvre sur la partie électronique lui donne de l’entrain. Les mélodies restent. « J’aime beaucoup l’électronique, je m’amuse avec ça. » 

La pop française a depuis quelques temps jeté son dévolu sur le rétro, Malik Djoudi a pris le pli. Mais bien que les comparaisons abondent, Daho, Christophe, Alain Chamfort… lui n’a clairement jamais voulu faire dans la ressemblance. Pour lui, « cet album est une renaissance », et il arrive à point nommé.

Visuel : © Ph. Lebruman