Le lundi 22 juin, Radio Nova se rend au Palais de Tokyo à l’occasion de la saison Normes Corps et de l’exposition « Globale Inversion Inversion », pour une interview de l’artiste Lassana Sarre.
En prolongement direct du travail que mène le Palais de Tokyo, la saison Normes Corps et l’exposition « Globale Inversion Inversion » (qui en fait partie) interrogent notre société et son système basé sur la performance, le résultat, la hiérarchisation de tout et un idéal de vitesse, d’autonomie, de productivité immédiate et de dépassement de soi. Une thématique qui n’est pas forcément abordée frontalement par tous les artistes présent.es, mais qui a fortement infusé cette association d’expositions. Une sélection qui de près ou de loin évoque des corps contraints par des normes et qui porte la vulnérabilité comme une propriété créatrice.
Neïla Czermak Ichti, pour sa première exposition dans une grande institution culturelle publique, convoque son arbre généalogique, un conte halluciné entre journal intime et cahier raturé sur les traces de sa mémoire.
Lassana Sarre est aussi de la partie. Le peintre se plonge dans l’univers discret des talkie-walkies, des écrans de surveillance et du poste de contrôle. Une immersion avec celles et ceux-là qui veillent, dont la discrétion est contractuelle et dont le lien au lieu est particulièrement fort.
Sur place, les sculptures et installations de Jesse Darling sont des reliques hybrides, paysages fantastiques : un recyclage poétique du réel.
Benoît Piéron crée de sa cohabitation avec la maladie, des salles d’attente et laveries hallucinatoires, il dilate des lieux familiers par la sculpture et l’installation dans un esprit DIY (Do It Yourself).
Pauline Curnier Jardin, artiste plasticienne, cinéaste et performeuse, s’empare de la notion de déviation, voire de déviance : le virage comme sortie de la ligne droite.
Cheryl Marie Wade (1948-2013), surnommée “La reine-mère des noueux”, a construit une œuvre qui mêle poèmes, one-woman shows et chansons. À la fin des années 1970, elle se réapproprie avec d’autres l’insulte de cripple (estropié) pour former le mot crip (identitée crip), l’affirmation d’une manière de voir le monde : comme une expérience sensible et partagée.
Retrouvez aussi la première rétrospective consacrée à Cathy de Monchaux, figure majeure de la scène artistique britannique. Une réflexion sur son atelier comme un territoire de luttes et de blessures mais aussi d’attente et d’espoir, entre sculptures, dessins techniques et bas-reliefs.
Infos et billetterie ici

