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Chez Scratch Massive, les jeunes filles accouchent d’objets non identifiés

Chez Scratch Massive, les jeunes filles accouchent d’objets non identifiés

Réalisé par Thomas Vernay, le nouveau clip du duo français est remarquable. Et bien glauque.

Par Bastien Stisi

D’un mariage manifestement arrangé découle une sexualité largement forcée, et sans plaisir réciproque. Et pour cette jeune fille qui se retrouve confrontée, au sein du nouveau clip du duo Scratch Massive (« Fantôme X »), à la décision qu’ont pris les autres pour elle, le scénario tourne à la catastrophe morbide, lorsqu’après un accouchement douloureux, ce n’est pas un humain aux traits de têtards qui en sort, mais un objet noir et compact, qui ressemble autant à une Bible satanique qu’au monolithe version Kubrick dans 2001 L’Odyssée de l’Espace (la Playstation 4 a également plus ou moins la même forme, enfin, passons). L'ambiance, ici, n'est pas à la rigolade, d'autant que des hommes en robe (des religieux) traînent aussi dans le coin, et observent, attentifs, le déroulé des événements.

Mais qu’ils soit objet ou être vivant, un bébé que l’on a porté reste un bébé que l’on a porté : furieuse et désespérée, la jeune fille finit par récupérer cet être qu’on lui avait confisqué, et s’en va l’offrir, arrivée inattendue, à une soucoupe ovniesque, sans doute venue d'un monde autre, devant les yeux ébahis de toute une clique de religieux regroupés autour d’elle…

Voilà le trip du clip en forme de mini court-métrage de Scratch Massive, duo toujours composé de Maud Geffray et de Sébastien Chenut qui a fait paraître fin 2018 l’album Garden of Love, dont ce morceau est extrait.

Le clip en question, qui fera forcément partie de ceux dont on se souviendra en 2019, est signé par Thomas Vernay, qui avait déjà réalisé celui, remarquable, de « Ice Teens » de Maud Geffray, sorte de Suspiria en un peu moins glauque. Thomas Vernay sur le clip, du coup :

« À la première écoute de "Fantôme X" j’ai eu cette puissante impression d’un cantique et j’avais  envie de me diriger vers cet univers qu’est la communauté, la secte et l’endoctrinement. Je ressentais également quelque chose de particulier, comme si le son provenait d’une substance organique, quelque chose de mystique. C’est à partir de ce ressenti qu’est née l’idée d’un monolithe, une texture particulière, un objet transcendantal qui me permettrait de confronter le matérialisme et le spiritualisme. Ici, la femme est la seule à se projeter vers l’avenir, symbolisé par l’ovni. La femme devient le pouvoir qui enraye l’idéologie masculine et religieuse ».

Visuel (c) clip de Fantôme V de Sctatch Massive