Du 7 au 19 juillet, le Quartier des Spectacles de Montréal battait aux rythmes du Festival International Nuits d’Afrique, un festival qui depuis 40 ans célèbre la diversité des cultures d’ascendance africaine.
Il existe un adage qui dit qu’il suffit de trois hivers pour convaincre les Français expatriés à Montréal de rentrer chez eux – à l’inverse, il suffit de quelques jours d’été dans la Ville aux cent clochers pour vouloir y passer le reste de sa vie. Depuis près de 40 ans, le Festival International Nuits d’Afrique y organise concerts, ateliers et rencontres, participant activement au charme et à l’ambiance de la ville chaque été. En l’espace de quatre décennies, les plus grands noms de la musique africaine — d’Amadou & Mariam à Youssou Ndour, en passant par Manu Dibango, Fela Kuti ou Angélique Kidjo — ont toutes et tous foulé les scènes du Festival International Nuits d’Afrique, contribuant à faire de cet événement un rendez-vous estival incontournable.
Une référence en Amérique du Nord
L’idée du Festival International des Nuits d’Afrique naît de la volonté d’un homme, Lamine Touré, danseur d’origine guinéenne installé à Montréal depuis 1974. Il ouvre en août 1986 le désormais incontournable club Ballatou sur le boulevard St Laurent. Un bar intimiste façon jazz club dont le nom, “Bal à tous”, définit bien l’essence d’un projet curieux et inclusif qui accueille toutes les générations de talents des diverses cultures afro-descendantes.
Au fil des années le festival a gagné du terrain, investissant peu à peu les rues de la ville pour s’installer en plein coeur du Quartier des Spectacles devenant un festival de référence dans le genre, pas seulement au Québec, mais dans l’Amérique du Nord toute entière.
Le Ballatou, centre névralgique du festival
le Ballatou est à la fois le coeur et les poumons du festival. Tantôt tremplin pour se faire connaître, tantôt lieu chaleureux pour assister à un concert dans un cadre intimiste. Car c’est ici que sont également organisés, à l’année, les Cabarets acoustiques Nuits d’Afrique et les Syli d’Or de la musique du monde. Deux rendez-vous importants pour la programmation du festival, qui permettent, hors saison de festival de découvrir les nouveaux talents des futurs éditions de Nuits d’Afrique. Une mission que Lamine Touré et Suzanne Rousseau, directrice générale prennent à coeur : “Avec le club Ballatou, on est en lien avec les artistes toute l’année. On est tout le temps en train de découvrir des nouveaux talents, et on travaille beaucoup avec eux pour développer leur carrière”.
40 ans, ça se fête
Pour célébrer son 40ᵉ anniversaire, le Festival International Nuits d’Afrique proposait du 7 au 19 juillet 2026 une édition fidèle à ses principes de toujours, entre grands événements et concerts gratuits. Donnant le ton dès la soirée d’ouverture avec le concert de la diva malienne Oumou Sangaré, cette édition réunissait plus de 700 artistes venus de 30 pays à travers près de 130 concerts et activités, faisant une fois de plus résonner un panorama unique des cultures d’Afrique, des Antilles et d’Amérique latine.
Les festivaliers pouvaient ainsi découvrir le groove solaire du groupe algérien Bastin Band (lauréat du Syli de bronze 2026), la poésie du chanteur guyanais Chris Combette ou encore l’énergie incendiaire du groupe colombien Systema Solar, tout en profitant de soirées spéciales comme l’hommage de la Guinée au président-fondateur Lamine Touré.
En parallèle, le Village des Nuits d’Afrique déployait sur le Quartier des spectacles et l’Esplanade Tranquille une multitude de spectacles extérieurs gratuits, des ateliers de danse et de musique ainsi que la Promenade des saveurs et ses différents mets. À quelques mètres de là, le Marché Tombouctou regorgeait quant à lui de trésors d’artisanat, de mode et d’œuvres d’art issus du Nigéria, du Sénégal, du Maroc, du Pérou ou encore de la Tunisie.
Bouquet final
Véritable temps fort de cette 40ᵉ édition, le festival a offert d’inoubliables retrouvailles avec Tiken Jah Fakoly, dont le concert mythique de l’an 2000 aux Nuits d’Afrique est encore gravé dans toutes les mémoires. Pour cette date très particulière, le géant du reggae ivoirien est revenu marquer de son empreinte l’histoire du festival en livrant un concert de clôture vibrant et fédérateur. Fidèle à son énergie débordante et à ses messages d’unité, Tiken Jah Fakoly a fait chavirer la foule montréalaise, gravant à nouveau un chapitre mémorable dans la grande fresque que le Festival International Nuits d’Afrique dessine depuis maintenant quatre décennies.

