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4 min

Tame Impala : grand bouquet pyrotechnique à l’Accor Arena

par Aloïs Cassonnet

Publié le 5 mai 2026 à 12 h 52 min
Mis à jour le 5 mai 2026 à 12 h 52 min

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Kevin Parker et son projet Tame Impala se sont produits à l’Accor Arena ce dimanche 3 mai. Une célébration grandiose au fil des grands crus d’une discographie dense, portée par un show pyrotechnique spectaculaire !

Justice en warm-up.

20:05. L’Arena est déjà remplie à ras bord et plongée dans l’obscurité. Depuis le haut des gradins, la foule semble immense, une marée compacte et dense. Le son englobe tout à un volume de stade. Les deux Justice – Gaspard Augé et Xavier de Rosnay, duo de producteurs esthètes à la baguette derrière ça, ou bien ça, ou encore ça – se tiennent debout derrière les platines au bout d’une scène circulaire. Ils sont en warm up, en première partie. Dans les gradins, les gens chuchotent : “sacrée première partie quand même…”. Oui, c’est vrai, sacrée première partie ! Ils passent des disques, des standards dancefloor comme Move Your Feet des Junior Senior, ou Voulez-Vous, d’ABBA, sûrement en clin d’œil à la dernière saison de la Star’Ac. Le tout mêlé, parfois, à des morceaux plus obscurs, dont les basses font tout vrombir. La salle se réchauffe, danse, saute et fait les vagues avec les bras sur Fleetwood Mac.

Peu après, ça s’essouffle un peu car tout le monde, c’est normal, veut voir la star, enfin les stars, car Tame Impala c’est un groupe, même s’il faut dire que dans le groupe, il n’y en a qu’une de star : Kevin Parker. Aussi, il est peut-être l’heure d’aller se chercher une boisson, de passer aux WC, ou seulement d’aller se balader dans les couloirs zieuter les looks. Le public est lycéen, étudiant, autour de la vingtaine. Une foule urbaine, qui révèle une certaine frange du cool : sa frange laid-back, de L.A., chemise pastel, pantalon baggy, camaïeu beige-taupe, outfits cozy-décontracte’ ; casquette trucker, vestes Adidas de couleur bien coupés (coloris Jamaïque par exemple). Skater, surfeuse, chill-guy, chill-girl… Voilà le topo dans les coursives.  

Retour dans les gradins, et maintenant que la salle s’est rallumée, on peut observer la scène. Un genre de vaisseau spatial dans la fumée, fait de lamelles de bois fines, dont sort une jungle de câbles. Au-dessus, les instruments sont rehaussés de petites loupiotes jaunes qui donnent un côté cosy, genre lodge/cottage. Claviers, guitares, batteries, tous les instruments sont disposés en arc de cercle, tournés vers le public. 

L’Entrée dans la stargate.

La lumière se rééteint, Kevin Parker et son band montent sur scène, à la fois nonchalant, timide et goofy, il salue sa foule ; bien cozy dans sa tenue ample. La batterie au motif Motown Beat de Apocalypse Dreams raisonne, on débute par le rock psyché des débuts, celui du second album Lonerism (2012). Mais, ce n’est que sur le second morceau (The Moment), qu’une stargate interstellaire faite de faisceaux laser, s’ouvre pour tous nous happer. Une porte psychédélique dont l’Australien pourrait bien être l’ange aux yeux de laser.  

On enchaîne rapidement sur Borderline, issu de l’avant-dernier album The Slow Rush (2020), ballade mélancoliquo-festive, dont les paroles, connues de tous, renversent la salle. Les kicks de la batterie déposent de grands coups dans le thorax, tandis que les nappes de synthé et la voix haut perchée de Parker nous emmènent vers le territoire secret des souvenirs.  

Souvent, la stargate se remet en mouvement. L’anneau de lumière descend du plafond pour se stationner juste au-dessus de la scène le temps d’un morceau, puis, se rompt en une cacophonie de moteur grondant, pour se réagencer en parties séparées. Les lumières qui en émanent sont psychédéliques, tantôt kaléidoscopiques, tantôt en rotation brusque, permettant, quasiment, d’observer la forme des ondes sonores, dans une sorte d’effet d’optique déroutant (et inédit). Les sonorités s’imbriquent : entre acoustique, organique et électronique, une jolie fusion indé-psyché-électro-rock – couronnée d’un show pyrotechnique de haute voltige ! 

Aparté en coulisse, et parenthèse en chambre.

Après No Reply – bonbon pop-électronique bondissant issu de son dernier projet – Kevin Parker sort de scène. La caméra embarquée le suit et retransmet son trajet en temps réel sur les écrans géants. Tout le monde se demande : où va-t-il ? Que fait-il ?? Au bout d’un long couloir, il entre dans une pièce. Par pudeur, la caméra se baisse au niveau des chaussures, et laisse le chanteur uriner tranquillement. Alors, la salle entière retient son souffle : va-t-il le faire ? Va-t-il y penser ?? Oui ! Il ouvre le robinet et se savonne les mains sous les hurlements du public. Ouf..

Le chanteur soulagé réapparaît au milieu de la foule, sur un îlot de bois encadré par quatre lampes de chevet. La lumière est chaude. Il est seul au clavier au milieu d’un océan de flash qui se constitue peu à peu. Une mer de perles, qu’un kick fort et droit vient agiter. Assis au sol, entouré de ses machines, il ajoute des nappes, puis une snare ici. Maintenant allongé la tête sur un coussin, il entonne Ethereal Connection : une jolie mélodie de sa voix haut perchée sur un kick presque nu. Après le vaisseau spatial, voici le retour à la chambre, à l’intime : une parenthèse de douceur et d’intériorité, en aparté. 

Apothéose finale !

Côté stargate, les musiciens et leur maestro sont de retour dans une ambiance aquatique bleutée. Les premières notes du hit interplanétaire Let It Happen résonnent en douceur. Puis, peu à peu, on revient à l’ambiance psyché-galactique du début, et lors d’un troisième refrain en apothéose, des milliards de confettis s’envolent partout pour chapeauter la grande communion générale en cours.

S’ensuit une sorte de montée au paradis sur Eventually, alors que l’anneau se déploie en un grand serpent de lumière blanche s’enroulant vers le ciel. Puis, sur New Person, Same Old Mistakes, rebelote pour les confettis, la fois de trop ? Non car c’est le dernier morceau. Le public hurle à faire fondre les tympans, Parker et son band descendent de scène, la soucoupe se renvole – rideau. 

La foule applaudit, encore et encore ; encore ! alleeeez !! Alors, la troupe n’a pas le choix que de remonter en piste, cette fois-ci avec les Justice. La foule est en délire total. Neverender, le feat avec Justice, The Less I Know the Better et End of Summer s’enchaînent dans une folie générale. Les confettis sont tirés pour la troisième fois, c’est le dernier morceau, pour de vrai cette fois. Parker salue, remercie son public parisien et déclare à nouveau son amour pour cette ville, qu’il porte dans son cœur et où il se sent comme à la maison. Elle le lui rend bien.

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Aloïs Cassonnet

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