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1969, derrière Les Masques, la Bossa nova à la française

1969, derrière Les Masques, la Bossa nova à la française

Nouvo Nova : « Il faut tenir » des Masques et du Trio Camara sur une nouvelle compile Tchik Tchik chez Born bad records.

Par Sarah D'hers

Les vagues de la Bossa nova sont arrivées jusqu’en France puisqu’en 1969, le groupe les Masques sort tout un album de chansons Bossa nova en français. Derrière les masques, Anne Vassiliu, soeur de Pierre, et Claudine Meunier, France Laurie et Nicole Croisille, elles chantent accompagnées du trio Camara. Des masques et un trio, que l’on retrouve sur une toute nouvelle compilation Tchik Tchik dédiée à la scène Bossa nova française des années 1960 à 1970, parue chez Born bad records.

La Bossa nova, née au Brésil dans les années 50, est devenue plus sentimentale, arrangée aux violons ou issue d’une guitare magnifiée en souplesse. Depuis, l’évidence des influences brésiliennes sur la chanson française a été mise en exergue avec entre autres Pierre Barouh ou Georges Moustaki. C’est en 1969 que Pierre Vassiliu et Nicole Croisille donnent naissance à un projet étonnant, pour lequel les deux chanteurs ont décidé se cacher derrière un pseudonyme commun : « Les Masques ». Pierre Vassiliu est alors en plein succès. Il est passé à l’Olympia, a fait la première partie des Beatles avant de partir pour une tournée de deux mois avec Dutronc, Françoise Hardy et même… Johnny Hallyday. De son côté, Nicole Croisille possède son interprétation en 1966 avec Pierre Barouh de Samba da Benção, la chanson d’Un homme et une femme.

La rencontre des français avec deux brésiliens tout juste débarqués à Paris est déterminante. Edson Lobo est pianiste, bassiste et compositeur ; Tita Lobo chante et joue de la guitare. Tous deux sont de fins jazzmen. Ils décident ensemble d’un disque en français, qui célébrerait de façon spirituelle leur amour commun du Brésil et du jazz. Avec le Trio Camara, des as de la samba jazz, ils enregistrent un drôle de Brazilian Sound, dont ce Il faut tenir présenté dans cette compilation bâtisseuse gourmande de raretés.

Visuel © Born Bad Records