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Des BDs pour Noël

Les BDs pour Noël de David Blot

La sélection, plus du tout mensuelle, de David Blot. Pour tous les âges et toutes les bourses.

Par David Blot

Soyons honnête : Noël ne sera ici qu’un prétexte à récapituler en un seul texte plusieurs mois d’absence de cette chronique. Que voulez-vous, le Nova Club est passé à 3 heures par jour depuis la rentrée (et on y reçoit plein d’auteurs de BD, d’ailleurs). 

Je, François Villon

On commence par le tome 3 et la conclusion de JE, FRANCOIS VILLON (que la Nova Book Box évoquait aussi cette année) adapté d’un roman de Teulé par l’italien Luigi Critone (chez Delcourt) qui mérite d’autant plus votre soutien que le premier tome date de 2011 donc oui, pour Noël va falloir que vous retrouviez aussi les deux premiers volumes si vous comptez l’offrir. Et ne l’offrez pas à tout le monde d’ailleurs, cette histoire de François Villon est vile à souhait, nature humaine et Moyen-Âge ne sortant pas grandis de cette trilogie ocre et crue. C’est brillamment dessiné par Critone, perpétuant une tradition italienne d’excellence graphique d’un pays qui nous a offert Liberatore, Pratt, Manara ou Crepax - à nous, les « franco-belges ». Ainsi, ce qui aurait pu n’être qu’une banale BD historico-cul de plus au rayon Delcourt devient un bouquin sacrément élégant.

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Le Testament de William S.

Nettement plus franco-belge et post (double) mortem (post Jacobs, mais post Ted Benoit aussi, maintenant), les aventures de BLAKE ET MORTIMER (Dargaud) se poursuivent, et le 24ème tome intitulé « Le Testament de William S. » est signé Sente et Juillard. Et oui bien sûr, on n'en peut plus de ces héros ressuscités à l’infini dans un rétro névrotique, mais… que voulez-vous c’est dense, c’est fluide, c’est rebondissant et savant en même temps. Ça fait du bien en ces temps de « décompression » de lire à nouveau patiemment, page par page. Reposant comme un nuage de lait à 17h.

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La Déconfiture

Il y a quelques mois j’ai beaucoup apprécié la lecture de LA DÉCONFITURE de Pascal Rabaté (Futuropolis), mais voilà, c’était il y a quelques mois, et là je ne sais plus trop pourquoi. Mais je sais que c’était bien, très bien même. Écoutez, faites le test, attrapez un vendeur dans n’importe quelle librairie, demandez-lui en lui montrant la couverture : « C’est bien ? » et il vous répondra « Oui c’est bien ». Donc, faîtes-nous confiance.  

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Infinity 8

Qu’est-ce qu’a fait Lewis Trondheim durant tout ce temps ? Au moins dessiné 324 planches, mais aussi pondu quelques scénarios. Comme par exemple cet INFINITY 8, ou une ribambelle de petits jeunes de la BD (plus jeunes du tout, mais bon) - Zep, Bertail, Vatine, Kilofer et d’autres à venir - s’amusent à faire tout comme dans les comics dans ce ce récit SF pré -publié en petits formats avant d’être réunis dans un album chez Rue de Sévres. Honnêtement j’ai un peu eu l’impression d’avoir passé l’âge de lire ça, mais l’idée est chouette, et les dessins de Vatine font toujours plaisirs à voir. Et puis, en plus, avec les différents formats, question cadeau, vous avez le choix des prix. 

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Les week-ends de Ruppert et Mulot

LES WEEK-ENDS DE RUPPERT ET MULOT sortis chez Dupuis reprennent en album les quarts de page, en hauteur, qu’ils avaient réalisé chaque week-end pour Le Monde. C’est très beau, souvent drôle, parfois vertigineux et suffisamment roublard. On dirait du Sempé (l’humain face à l’adversité, tout ça) mais qui aurait perdu tout idéalisme et douceur des rapports humains. On est bien en 2016. 

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La grande aventure du Journal Tintin

Ceci étant le vrai, gros, big, énorme, carton plein de cadeaux de Noêl que vous devez faire cette année c’est LA GRANDE AVENTURE DU JOURNAL TINTIN (Lombard) un espèce de pavé de plus de 700 pages avec lequel vous pourrez aussi, au pire, assommer votre belle-mère le soir du réveillon. Le Journal de Tintin exista de 1946 à 1988 et, après un démarrage en fanfare, Hergé, Jacobs & co aux commandes de ce centre névralgique de la fameuse ligne claire, l’hebdo a vite cédé du terrain face au toujours vaillant d’ailleurs, journal de Spirou. Il n’empêche qu’il s’agit bien ici de patrimoine, près d’une centaine d’histoires courtes et toutes complètes, une somme de bd oubliées, parfois signées des plus grands (Hermann, Macherot, Franquin) parfois d’inconnus disparus. On traverse les époques, on se rappelle de trucs improbables, on découvre un paquet de choses et une fois l’ouvrage fini (en fait, on ne le finit jamais) on a qu’une envie, c’est se ruer chez un soldeur et de se faire l’intégrale des Ric Hochet, Clifton ou Jugurtha. 

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Et ça c’est un joyeux Noël !

Visuels  : (c) DR