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Procol Harum : marin, fantôme, dandys et vieux rhum

Procol Harum : marin, fantôme, dandys et vieux rhum

A la découverte d'un groupe écrasé par son titre au succès planétaire.

Par Jean Rouzaud

Avec ce deuxième livre sur les groupes mythiques et mal connus des mid sixties, aux éditions Camion Blanc, Didier Delinotte frappe juste. PROCOL HARUM, groupe romantico symphonique, écrasé par son succès planétaire : A WHITER SHADE OF PALE , vaut bien mieux que la caricature d’un tube pop Vintage, psychédélique ou progressif. 

 

Delinotte, en exégète pointu, fait l’historique chaotique des principaux acteurs de cette aventure, qui dure encore ! Il ne recule pas devant la description des grands morceaux – et il y en a – des Procol.Il faut dire que leur grand tube emprunte à Jean Sebastien BACH, mais d’autre morceaux utilise Tchaikovsky ou Haydn, c’est dire les ambitions de GARY BROOKER, âme et leader du groupe et de KEITH REID, parolier vraiment doué.

Ce dernier prend les plus grandes références anglaises en matière de poésie avec Shelley, Keats, Byron , Coleridge ! Et lorsqu’il feront comme les Beatles, Who, Pretty Things leur Opera Rock, ils seront à la hauteur. Car si le Rock Progressif ( ou symphonique) avait fini par lasser la jeunesse d’alors par ses boursouflures et ses prétentions, Procol Harum savait manier le verbe et les ouvertures échevelées, sans chuter.

La voix voilée typique et les talents des musiciens, la qualité des mélodies et des orchestrations, rappelle la force de la British Invasion qui fit vibrer le monde dès 1963.

On comprend que personne ne pouvait lutter, et que le niveau des groupes anglais de cette période a rarement été atteint, même s’il est de bon ton d’ironiser sur les psychédéliques, décadents, et autres romantiques en grande tenue de l’époque.

Les dérives, ratages, splits et fâcheries furent aussi le lot de ce groupe -qui vit défiler bien d’autres musiciens doués en son sein -, et qui sont racontés sans complaisance.

Ces années pied au plancher défilent, successions de modes et de styles, concurrences acharnées, flips et dérapages, fatigues et arnaques… il fallait tenir le coup, dans l’œil du cyclone.

 

 

Procol Harum. Marins, fantômes, dandys et vieux rhum. Par Didier Delinotte. Editions Camion Blanc . 160 pages . 29 Euros .

Avec Discographie, et histoire de tous les membres successifs de ce groupe qui se produit encore sur scène !