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Dans les Oreilles de ... Little Dragon

Dans les Oreilles de ... Little Dragon

L'histoire en musique du génial quatuor venu du froid.

Par Adrien Gingold

Il y a une quinzaine d'années, dans le froid de Goteborg, naissait le groupe Little Dragon, formé par l'association entre l'adorable Suédo-Japonaise Yukimi Nagano et son grand ami de lycée, Erik Bodin (batteur). Autour d'eux, Fredrik Källgren Wallin est à la basse lorsque Hakan Wirenstrand gère les claviers. Leur première sortie ne verra le jour que dix ans plus tard, en 2006. Yukimi et Erik étaient venus défendre les influences musicales au micro d'Isadora Dartial, la jeune femme femme qui faisait parler les oreilles et les souvenirs.
 


Avant d'être un nom de groupe, "Little Dragon" était le surnom de Yukimi Nagano. Ce groupe, nous le découvrions en 2007 avec un album éponyme et des ambiances aériennes, oniriques et poétiques. Troublant, dès la première écoute, une première écoute avec comme point d'orgue "No Love"..
Deux ans plus tard, le Petit Dragon revient, toujours atmosphérique, mais plus club, à l'instar du track "My Step". L'album "Ritual Union"scelle définitivement la relation entre le groupe et les machines.
 

 
Yukimi et Erik s'entendent bien. La complicité des deux amis de longues dates est évidente. Au micro, ils se regardent, se chambrent, s'interrompent, se chamaillent... Un vieux couple. Ils sont beaux et sympa, ce qui ne gâche rien au tableau de cette idylle à la suédoise, le pays où tout était parfait. Yukimi part loin dans sa mémoire chercher son premier souvenir...

Le son de ses parents sûrement, de Joni Michell à Léonard Cohen en passant par Earth Wind & Fire et Bob Dylan. Erik est plus hip hop ; à 6 ans, il adorait danser sur Break Machine, "Street Dance" et son entêtant sifflotement. Yukimi grandit et s'approprie sa propre musique : Whitney Houston, Quincy Jones et son "Back on the Block"... On est dans le R&B discofunky des années 90. Erik reste breakdance : le son qui évoque son enfance, c'est typiquement le snare de la fin des années 80.

 


Dès que Yukimi a un peu d'argent, elle court s'acheter une compilation de Prince. Elle se rappelle encore le nom du disquaire, Benyouns. Erik, lui, fonce voir un concert. Le même artiste que Yukimi : Prince ! Son sourire béat ne le lâchera pendant au moins une bonne année. Ils aiment tous les deux Prince, et ça n'est pas leur seul point commun: "Quand "Voodoo" de D'Angelo est sorti, nous étions tous les deux complètement en transe !". Le groupe en entier, alors encore adolescent, se réunit tel une confrérie autour du mystique "Journey In Satchidananda", un album tellement psyché qu'ils se sentent obligés d'avoir de grandes discussions philosophiques ! Eric et Yukimi se marrent en se rappelant de cette époque.

 
Pour son premier concert, Yukimi frappe fort : Stevie Wonder. Pourtant, "j'ai été déçue. J'attendais une foule incroyable et il y a avait peu de monde, c'était dans le parc de Goteborg. Je sais pas, les tickets étaient peut-être trop chers... J'avais 7 ans". Yukimi est monomaniaque. Lorsqu'elle flashe sur un album, elle l'use à en rendre tout le monde fou. Ca a été le cas avec Prince ou Kate Bush, par exemple. "Quand j'étais ado, je m'enfermais dans ma chambre et je poussais le son à fond ! Comme ça, je m'évadais... Je me rappelle d'une grande période Jimi Hendrix". Erik se réveille : "Moi aussi j'adorais Jimi Hendrix ! Electric Ladyland est incroyable, on a l'impression qu'ils se foutent en studio, appuient sur record et que le reste se fait tout seul...".

La musique, elle fait partie de la nature elle-même. Elle est là, tout simplement ! 


Les deux reviennent sur D'Angelo et son Voodoo. "Des frissons", "en phase avec le public", "production incroyable"... On a deux fans, là. De Kraftwerk à Jay Dee en passant par Pharcyde, Weather Report, Slum Village, les deux amis se remémorent les albums qu'ils aiment tous les deux. Ils sont mignons. Plutôt soul hip hop R&B, en fait. "Mais en ce moment, on écoute de la house. On aime beaucoup en écouter avant nos concerts: "Rave 92" de Total Groove notamment. On se fait un kiff, on remonte dans le temps et dans la house. Là on est dans les années 90 et on se dit, Wouah ça a 30 ans et enfin quelque chose de différent !".
 

 
Sinon, en ce moment, Santigold fait un gros effet sur Yukimi :"Excellente songwriter, elle m'inspire vraiment. J'adore "Desperate Youth", ce track m'a beaucoup touché... la mélodie, l'ambiance, tout, ça m'a donné envie d'écrire plein de nouvelles choses...". Pour Erik, gros coup de coeur pour le rap-dance suédois de Marcus Price & Carli."C'est pas sérieux et tout, mais il y a  vraiment quelque chose qui me plaît là-dedans". Les yeux de Yukimi s'illuminent : "Amerie, j'adore ! "One Thing" ! Un classique ! Une sorte de R&B, mais amélioré".
 


Les deux amis sont d'accord. En musique, il reste des tonnes de choses à faire, à inventer. Ils sont constamment à la recherche de nouveauté, de la différence. Sinon, à quoi bon ? La musique, c'est toute leur vie. "De toute façon, la musique, c'est naturel. Je veux dire, elle fait partie de la nature elle-même. Elle est là, tout simplement".