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La cocaïne et le krach

La cocaïne et le krach

Et si la crise économique n'était due qu'à une overdose de drogue ?

Par Quentin M

La crise financière de 2008 est-elle due à une grosse overdose de cash, pardon de cocaïne ?

C'est en tout cas la thèse du professeur David Nutt, psychiatre, neuropsychopharmacologue et ex-éminence grise du gouvernement britannique sur les questions de drogue.

Dans une interview au Sunday Times, relayée en partie par The Independent, l’ancien mandarin de la recherche sur les stupéfiants n’y va pas par 4 chemins : « les banquiers se cokent et nous ont mis dans un sacré bordel (terrible mess) ».

Pour David Nutt, pas de doute possible, la crise économique a bien été engendrée par des traders cocaïnomanes, victimes de leur morgue et de leur excès de confiance en soi (overconfident).

Il pointe notamment du doigt la faillite de la banque Barings en 1995 : une conséquence, dit-il, de « la culture d’excitation et de surenchère (drive more and more and more) » qui régnait alors au sein de l’institution bicentenaire.

Les banquiers de Barings auraient donc troqué leur célèbre rationalisme cartésien contre la mégalomanie escobaro-nietzschéenne du surhomme poudré. 

Un petit live de circonstance 

 

Si au fond, ces affirmations n’engagent que leur auteur, elle risquent quand même de faire grincer des dents outre-Manche, dans le monde reclus et haut perché de la finance londonienne.

Pour autant, les financiers ne sont pas les premiers à être exaspérés par le prof’ ès came, celui-ci n’en étant plus à son coup d’essai en matière de scandales médiatiques.

Détours souterrains et promenades champêtres

Ainsi en 2009, il s’est fait remercier (virer) par le gouvernement britannique pour avoir fait un parallèle douteux entre les blessures (potentiellement) causées par une balade à cheval et celles (plus probablement) causées par l’ecstasy. Et ce, avant d’ajouter que le LSD, le cannabis et l’ecstasy étaient moins dangereux que l’alcool et le tabac. Des allégations corroborées par plusieurs études scientifiques – dont celles Dr Nutt – mais pas vraiment du goût des autorités de l’époque, toutes travaillistes qu’elles aient pu être (Gordon Brown 2007-2010).    

Bankers use cocaine and got us into this terrible mess (D. Nutt)

Récemment encore, Mister D. Nutt vouait l’interdiction des champignons hallucinogènes aux gémonies. Interdits en juillet 2005 – d’aucuns racontent en avoir trouvé la veille de l’interdiction dans une échoppe conseillée par de 2 « bobbies » affables et avisés – les champignons auraient pourtant des effets positifs dans le traitement de la dépression.

A ce titre, Nutt accuse la loi anti-champi de restreindre l’accès à la psilocine (molécule hallucinogène) pour les chercheurs. Lady Neidpath, une aristocrate sexagénaire et très open minded, vient d’ailleurs de donner 500,000 livres à la British Neuroscience Association, présidée par Nutt, pour mener des recherches sur l’effet de la psilocine

Retour dans la poudrière

Le haut-parleur du scandale sanitaire ne serait donc qu’un beau parleur, un créateur de ramdams infondés ? Il n’est pourtant pas seul à prêcher la bonne parole contre les banquiers au nez poudrés. L’ex-banquier Geraint Anderson soutient également, dans The Guardian, que la présence de la cocaïne dans le milieu bancaire est un secret de polichinelle. A titre d’exemple, il cite le bureau de Bernard Madoff – banquier-escroc déchu et condamné à 150 ans de prison par la justice américaine – également appelé le Pôle Nord dans le milieu. Une référence aux montagnes de cocaïne qui y étaient apparemment prisées et sniffées.

D'autres pistes de réflexion sur The Guardian.  

Voir aussi Limitless, une parabole à peine voilée sur les heurs et malheurs engendrés par la cocaïne dans le vivier bancaire