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Les Praagaash en danger

Dans les régions musulmanes de l'Inde, jouer du heavy metal peut vous valoir une fatwa...

Par Mathilde Serrell

10h sur Nova : l'heure des cultures en résistance, et aujourd'hui de la liberté branchée sur amplis avec, après le punk des Pussy Riot en Russie, le heavy métal des Praagaash en Inde !

Dans l'état du Jammu-et-Cachemire, trois jeunes filles musulmanes d'environ 15 piges ont monté il y a un an un groupe de rock. Il s'appelle Praagaash, ce qui signifie littéralement "de l'obscurité à la lumière".

Inspirées par le heavy metal, elles se sont fait connaître en participant à un concours organisé dans un club de Srinagar, la capitale du Cachemire Indien. Aneeqa, Noma et Farah y ont décroché le troisième prix - et au passage une flopée d'insultes et une fatwa.

Rien de choquant dans leur prestation qui a été applaudie et adoubée par les initiés, mais sur leur page Facebook les commentaires se sont déchaînés, certains internautes allant jusqu'à les traiter de prostituées et les menacer de viol après une telle performance. Tout simplement parce qu'elles ont osé jouer devant des hommes, inacceptable pour les musulmans radicaux.

Dimanche, c'est le grand mufti Bashiruddin Ahmad, le plus haut responsable musulman de l'état, qui lançait une fatwa condamnant les jeunes filles et conseillait au passage à la gente féminine de se contenter du cercle familial féminin pour s'adonner à ses penchants artistiques.

L'affaire a pris rapidement un tour politique : le ministre en chef de l'état du Jammu-et-Cachemire a demandé l'ouverture d'une enquête sur les menaces proférées, affichant ouvertement son soutien aux Praagaash.

Dans la journée, le groupe annonçait cependant sa séparation via Facebook. C'était un peu trop pour les épaules des jeunes adolescentes, qui ont expliqué aux médias indiens qu'elles voulaient juste jouer de la musique, pas endosser le rôle "des jeunes musulmanes qui font tomber les barrières du conservatisme".

Dans cette région musulmane, l'inquiétude des musiciens monte : filles ou garçons, ils ont peur de voir menacée la liberté de jouer leur musique, considérée haram par les extrémistes.

Source : France24