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Lorsque Samba de la Muerte prend l’accent iranien

Lorsque Samba de la Muerte prend l’accent iranien

Adrien Leprêtre est revenu d’Iran avec des beautés plein la tête. Et avec quelques idées, aussi.

Par Bastien Stisi

Si certains esprits s’avèrent, viscéralement, pourvus d’une liberté vivace, les balader ailleurs permet le plus souvent de les élargir encore davantage. Adrien Leprêtre, garçon actif (il est membre des projets Concrete Knives, Kuage, El Ayacha, et de Samba de la Muerte, le sien), est de ceux-ci, qui savent regarder partout afin de se créer un intérieur plus beau. Avec l’aventure Samba de la Muerte, aussi fascinant sur disque (l’album Colors) que sur scène (comme au Rocher de Palmer, à l’occasion d’une Nuit Zébrée bordelaise particulièrement réussie), le Caennais avait déjà prouvé toute la richesse d'une pop électronique, psychédélique, synthétique, et folk, qui avait, déjà, su dtrouver quelques inspirations dans le voyage, les morceaux « Tanger » et « You’ll Never Know When I Lie » ayant par exemple été pensés durant un séjour au sein du territoire marocain.

Au printemps dernier, de nouveau projeté vers le futur de Samba de la Muerte (l'EP Les Passagers devait arriver plus tard), c'est en Iran qu'Adrien avait dû faire vagabonder ses valises (ou son sac à dos, plus sûrement). Et d'un séjour qui l'a manifestement, une nouvelle fois, considérablement marqué, le musicien a ramené des morceaux, des images, et beaucoup d'idées, dont celles ayant engendré la création du morceau « Les Passagers », un titre dont Adrien nous raconte, en exclu sur Nova, les ambitions.

« J'ai passé une quinzaine de jours à travers l’Iran. Du sud vers le nord, de Shiraz à Teheran, en passant par Yazd et Ispahan. Passager des bus et surtout des taxis, je découvre un pays à nul autre pareil. Un territoire riche et généreux, où j’ai pu pleurer en écoutant un homme chanter dans une mosquée mais aussi danser avec les Iraniens sous des ponts la nuit. J’ai très vite eu envie de ramener des images et du son. Je savais qu’il y aurait un clip et qu’il y aurait un ou plusieurs morceaux qui ressortiraient de ce voyage. J’ai donc pris mon téléphone et me suis mis à enregistrer, à filmer ce que je trouvais beau. Je me suis posé là, j'ai filmé et j'ai laissé les choses se faire devant l’objectif.

Le voyage a toujours été une source d’inspiration pour moi, les morceaux comme ‘Tanger’ et ‘You’ll Never Know When I Lie’ [Colors / 2016] sont nés dans le désert au Maroc, ‘Gris’ [4 Extended Version / 2014] à ‘Reykjavik’ en Islande et aujourd’hui ‘Les Passagers’ avec l’Iran.

Aussi, je suis très content d’avoir pu collaborer avec mon ami Will Samson qui chante sur le premier morceau. Nous nous sommes rencontrés lorsqu’il est venu jouer dans mon appartement à Caen en solo il y à bien six ans. La musique était déjà composé, je lui ai envoyé la version instrumentale, il a très vite trouvé des idées de chant et m’a envoyé une première démo. On a gardé toutes ces idées, il a enregistré les voix chez lui et me les a envoyé. Easy !

La conception de l’artwork a de nouveau été confié à Sarah Guillain qui avait aussi réalisé la cover et le superbe travail graphique sur mon premier album Colors. C’est une composition de formes géométriques qui rappelle l’alphabet Farsi ou encore les motifs des mosaïques à l’intérieur des mosquées. »

Visuel : (c) capture d'écran du clip « Les Passagers » de Samba de la Muerte.