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Le Classico de Néo Géo : « Nouar » de Cheikha Rimitti

Le Classico de Néo Géo : « Nouar » de Cheikha Rimitti

Chaque semaine, le Néo Géo de Bintou Simporé vous propose de réécouter ou de découvrir une chanson emblématique de l'histoire des musiques actuelles.

Par Bastien Stisi

Chaque semaine, le Néo Géo de Bintou Simporé vous propose de réécouter ou de découvrir une chanson emblématique de l'histoire des musiques actuelles : c’est le Classico de Néo Géo. Cette semaine : « Nouar » de Cheikha Rimitti, présenté par le critique musical Nidam Abdi.

Cheikha Rimitti, la reine du raï, nous a quitté en mai 2006 et elle repose chez elle à Tessala, près de Sidi Bel-Abbès, à une heure de Sig, où l’a rejoint Rachid Taha en septembre dernier. Elle repose dans cette Oranie profonde, celle de ce blues algérien qui a envahi la planète en 1986. Avant de nous quitter et avant de laisser un vide dans les cafés de Barbès qui l’accueillaient chaque hiver depuis son arrivée en 1978 en France, Rimitti a laissé comme testament l’album Nouar (qui veut dire « Fleurs »), un album d’une modernité sans pareil, manière de marquer à jamais les esprits et d’affirmer que c’est elle qui porte l’universalité de cette musique qui chante à la fois le désir, la sensualité. La souffrance, aussi, non seulement celle de la rude vie de la ruralité oranaise, mais également l’exil de l’immigration ouvrière.

Pour mon malheur, deux hommes me désirent

Aux manettes de Nouar, sorti en 2000, on trouve le producteur-musicien Mohammed Maghni, un enfant d’Oran qui a animé les soirées pop et rock music de la capitale de l’ouest algérien, avant de ce mettre au début des années 80 à la disposition des chebs et voir défiler dans son studio toutes les stars, de Khaled à Mami, de Fadéla à Zahouania. « Mon amoureux et moi cueillons des fleurs dans la montagne ». Commence par souffler d’une manière bucolique la Cheikha (maitresse), avant d’aborder la veine paillarde du raï « Mon chéri m'a allumée comme il allume une cigarette/ Que de rumeurs depuis qu'on m'a vue monter avec lui / Pour mon malheur, deux hommes me désirent ». Rigueur de la construction poétique et génie de Rimitti : les paroles de « Nouar » avaient tenu toutes leurs promesses.

 

Un article issus de la chronique de Nidam Abdi dans Néo Géo.

Néo Géo, le dimanche de 10h à 12h, présenté par Bintou Simporé et réalisé par Benoît Thuaut.

 Visuel : (c) capture d’écran YouTube