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Ce serait quoi une transition écologique plus juste ?

Ce serait quoi une transition écologique plus juste ?

Jeudi, Emmanuel Macron a déçu les écologistes et tous ceux qui s’inquiètent des conséquences du réchauffement climatique.

Par Armel Hemme

Le chef de l'État n'a pas annoncé de mesures concrètes, mais la création d’une convention citoyenne, qui réunira au mois de juin 150 Français tirés au sort. Les conclusions seront ensuite soumises à référendum ou au vote du Parlement. Autre annonce : la création d'un Conseil de défense écologique, qui doit veiller à ce que l'urgence climatique soit au coeur de toutes les décisions prises par le gouvernement. Or, selon Le Parisien qui a fait les comptes, il existe déjà une soixantaine de comités chargés de la transition énergétique. 

Ça valait bien un coup de fil à Pierre Cannet du WWF, codirecteur des programmes (par intérim) et en charge des sujets climat et énergie.

Pierre Cannet, quelles mesures auriez-vous aimé entendre, lors de cette conférence de presse ?

Notre enjeu était de voir une transition écologique qui soit au carrefour des crises sociales et écologiques, c’est-à-dire une transition écologique dite « juste ». On ne peut pas imaginer d'aller taxer les carburants à la pompe des personnes qui en sont dépendantes pour aller travailler. On ne peut pas imaginer qu’on les taxe, à l’heure même où des gens qui prennent l’avion ne sont pas taxés. Ce qui est demandé, c’est une sorte de justice fiscale. Si l’on prélève les pollutions au niveau terrestre, il faut aussi les taxer au niveau aérien. 

Vous évoquez aussi la lutte contre la précarité énergétique. Qu'est-ce que c'est ?

La précarité énergique, c’est aujourd’hui des millions de Français qui sont exposés à des passoires énergétiques, c’est-à-dire à des logements qui consomment énormément d’énergie car leurs propriétaires ne les ont pas rénovés. Le président de la République aurait eu moyen d’agir contre ces passoires énergétiques, par exemple en obligeant à ce qu’elles ne puissent être revendues sans être rénovées. 

Pascal Canfin, ancien directeur général du WWF France, a démissionné pour rejoindre LREM, la République en marche aux européennes. Et selon lui, les annonces de jeudi sont super. Il a tweeté ceci : 

Ça n’est pas gênant pour le WWF d’avoir un ancien directeur général qui dit l’inverse du message que vous portez ce matin ? 

Non. C’est son choix, ça n’est pas celui du WWF. Il parle en son nom, en tant que Pascal Canfin. Moi je parle en tant que WWF, qui porte une transition écologique et juste. C’est important de bien distinguer l’organisation WWF et l’homme, Pascal Canfin, qui a choisi de rejoindre la liste aux Européennes et porte ainsi ses positions.

Le Today’s Special d’Armel Hemme, c’est du lundi au vendredi à 9h30 dans la Grasse Matinale. 

Crédits © Capture d'écran Le Monde