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Coiffeur, un métier cancérogène ?

Coiffeur, un métier cancérogène ?

Les salons de coiffure passent au bio.

Par Armel Hemme

Pour votre prochaine teinture, messieurs dames, essayez donc la teinture végétale. Des salons de coiffure s’y mettent, de plus en plus. Le journal Le Monde consacrait un article aux coiffeurs bio, il y a quelques jours, sous ce titre : Cheveux Verts, idée cool. Le cheveu vert : Charley Assoun est un pionnier en la matière. 75 ans, coiffeur depuis plus de 50 ans, il est allergique aux produits issus de la chimie, et ce depuis ses débuts.

Un coiffeur allergique aux teintures, c’était effectivement mal barré. À l’époque, Charley Assoun ne se décourage pas, il apprend le métier dans les coupes, devient spécialiste du ciseau. Et monte une première boutique.

Charley Assoun se remémore les teintures au henné de sa grand-mère, et se lance dans l’expérimentation. Grâce à sa boutique, il reçoit des plantes tinctoriales (des plantes qui peuvent servir à faire des teintures) : il fait des essais, d’abord sur des cheveux morts, récupérés après le passage de clients. Il mélange, il teste, et progressivement, trouve un panel de couleurs, développe des colorations, shampoings et soins naturels. En 2005, il ouvre le premier « salon végétal de France » et ça n’a pas été le dernier.

Dès 2008, le Centre International de Recherche sur le Cancer classait la coiffure parmi les métiers probablement cancérogènes. Les produits naturels, les grands groupes s’y mettent aussi : L’Oréal a lancé en juin une gamme de teintures professionnelles à base de henné, de cassia et d’indigo. Les temps changent : en 2013 cette même marque avait dû retirer un produit du marché après plusieurs cas sérieux de chutes de cheveux. Pour conclure, sur ce sujet touffu. Dans vos boutiques flotte « un indéfinissable parfum d’herbe coupée », paraît-il. Ou d’épinards séchés, c’est Pascale Krémer, journaliste au Monde, qui l’écrit. Alors qu’est-ce que c’est que cette odeur ?

Charley Assoun, fondateur des salons Biocoiff. C’est à Paris, mais petit à petit la coiffure verte se répand dans tout le pays, comme une traînée de bigoudis.

Visuel : (c) Le Mari de la Coiffeuse