Un Nouvo Groove avec Ino Casablanca, un retour trap pour nous finir avec La Fève, un nouvel album en duo pour Anderson .Paak… Pour bien finir la semaine, voici la sélection hebdo de Radio Nova des albums à ne pas louper.
Un Nouvo Groove avec Ino Casablanca, un retour trap avec La Fève, un nouvel album en duo pour Anderson .Paak… Pour bien finir la semaine, voici la sélection hebdo de Radio Nova des albums à ne pas louper.
Anderson .Paak, Cordae – Heavy is the Crown (Mass Appeal)
Un nouvel album et un nouveau duo ! Après Bruno Mars, Anderson .Paak s’est trouvé un nouvel acolyte : Cordae. Bon, ce duo n’est pas si nouveau puisqu’ils s’étaient déjà rencontrés il y a 7 ans sur le titre “RNP”. Ce n’est pas le titre de Nirvana qui semble avoir rassemblé les deux artistes, mais plutôt l’insouciance de l’enfance du film Step Brothers, qu’ils reprennent à leur façon en pochette d’album. Les retrouvailles de ces “demi-frères” se font sur un groove certain. Le disque est bourré de références. Il n’y a qu’à tendre l’oreille en écoutant le très bon “A Good Day”. Entre deux gaffes et trois chamailleries se cachent le funky “Lovely Day” de Bill Withers, l’aguicheur “It’s Like That” de Mariah Carey et les incontournables “Life Is Like a Dice Game” de Nas et “It Was a Good Day” d’Ice Cube. Deux grands noms de la musique américaine pour un bel hommage à ses légendes.
Ino Casablanca – EXTASIAAAAA (LCS Records)
Le rookie de 2025 n’avait pas à lever le petit doigt. Révélé par TAMARA, installé par EXTASIA et ses hits “Dima rave” et “Bissap du 20ème”, Ino Casablanca aurait pu prendre des vacances. Mais ce serait bien trop facile pour un homme et demi. Avec la sortie de “PA’TOUCH”, il a donné le ton de l’extended de son premier album. Dévoilé fin septembre sur COLORS, le titre prévient : on ne touche pas à la recette, on la pousse plus loin. Extasiaaaaa ne se refuse rieeeeen. Dix titres de plus, Supremnova et Naïka en invitées, et l’envie de faire durer la nuit. Cette saison deux s’ouvre avec un Ino Whitehouse qui voit encore plus grand. Ses punchlines sont toujours aussi bien pensées et le Nouvo Groove, signature de l’artiste, n’a pas fait faux bond. Extasiaaaaa, c’est une terre d’accueil en zone dangereusement festive où viennent se rencontrer, le temps d’une danse, des sonorités caribéennes, maghrébines et latines.
Alors que l’hiver vient, Extasiaaaaa nous titille et susurre à l’oreille que la fête n’est pas finie. Et dur de lui résister.
Philippe Katerine – Planète Bleue (cinq7)
Un nouveau projet de Philippe Katerine intrigue toujours parce qu’on ne sait jamais vraiment à quelle sauce on va être mangé. Katerine se délecte et raffole de ces moments “surprises”. Sans doute parce que c’est la clé de voûte de son art. Alors quand Planète Bleue est posé avec nonchalance sur son bureau, on enlève le film plastique et on fait tourner le disque. On y découvre un Philippe Katerine agacé par plein de choses et qui a besoin d’en parler. Et quoi de mieux que le rap pour tout déballer ? (Elle était là, la première surprise.) Nikola Feve, derrière des projets de PNL, Damso ou Angèle, pose les mélos et les kicks d’une pop urbaine et d’une rythmique hip-hop. Philippe Katerine rebondit sur la prod avec aisance. Que demander de mieux pour la révolution d’une identité sonore ? Cette révolte, il l’a faite douce et écolo sur sa “Planète Bleue”. Après avoir vécu nu, il faut peut-être plutôt se mettre en orbite autour de la planète Katerine.
LA FÈVE – FINIS-LES (Sony)
Après 2 ans de silence, le prince de la trap française est venu reprendre sa couronne. Accompagné d’un piano qui glisse sur ses mots, LA FÈVE s’explique sur “2026”. Il l’assure, il n’en a pas fini avec nous. Dur de le contredire avec ce titre qui sonne quasiment comme un hymne. Si Ninho a rédigé une “Lettre à une femme” en 2020, LA FÈVE, lui, l’écrit directement au succès, dans un délicieux style égotrip au goût de victoire. On a souvent salué la pierre que LA FÈVE avait apportée à la new wave du hip-hop français. Il fait de FINIS-LES un classique du genre. On sent que ce retour a été bien pensé et savamment pesé. La prod fait passer “RNS/NDOLE” d’un son pur pogo à un règlement de comptes. Mais détailler toutes les pépites de ce généreux projet de 23 titres prendrait un temps fou. On vous laisse savourer les très beaux featurings égrenés sur cet album : Rim’K, Theodora, 1PLIKÉ140, Flacko cram, Bedry, 63KLUF.
Michael Kiwanuka – Fudge (Polydor)
Une voix de velours déchirée, des arrangements touffus, un tout terriblement soul à en donner des frissons… c’est tout simplement ça, Fudge. Ce cinquième album de Michael Kiwanuka s’est frotté aux épreuves de la vie. Victime d’un AVC après l’enregistrement, l’artiste avait dû retarder la sortie du projet. Malgré les drames et la profonde vulnérabilité de l’album, Fudge a une âme lumineuse, captivante et réconfortante. Tout tient peut-être à la liberté de ces sons qui semblent tout droit sortis d’une jam, non formatés par les codes de la musique. Michael Kiwanuka est touchant par sa voix inimitable autant que par ses textes dans lesquels il couche sur le papier toutes ses fragilités. Comment ne pas être touché par la classe d’un son de 7 min 09 comme “Love In My Heart” ? Aucune idée. Il faut juste se poser pour célébrer les douleurs avec douceur et capturer le soleil de l’âme d’un des plus grands virtuoses soul de notre temps.
AMY WINEHOUSE – Back to Black (20th Anniversary Edition) [UMR/Island]
Back to Black fête ses 20 ans. Les hommages à Amy Winehouse, monument de la musique britannique, pleuvent. Intemporel, cet album anniversaire réserve bien des surprises puisqu’il renferme des démos inédites, des faces B rares et un concert au Paradiso d’Amsterdam (8 février 2007) lors de la tournée Back to Black. Huit titres ont également été ajoutés. Une belle manière de célébrer cette icône.
Orchestra Baobab – Made in Senegal (Strut)
Envie de découvrir le meilleur du groove de Dakar ? Ça tombe bien, le mythique Orchestra Baobab, en activité depuis plus de 50 ans, vient de sortir un classique du genre : Made in Senegal. Le rythme est chaloupé, les solos de cuivre sont brûlants, la basse est ronde et le chœur discute directement avec l’âme. Fils, neveux de la formation initiale et collaborateurs de longue date reprennent un classique du répertoire d’Orchestra Baobab, “Ndiaga Niaw”, titre de leur album Pirate’s Choice sorti en 1982. Élégant, festif : les percussions sont hypnotiques, tout comme la voix. L’ensemble donne envie de se perdre dans ce bel hommage au son sénégalais, fusion intemporelle de rythmes afro-cubains, de traditions des griots wolofs, de mbalax, de rumba congolaise et de jazz.
JESHI – Headrush
Club. Rien d’autre. Le rappeur de l’Est londonien a choisi son terrain. Jeshi fait son retour avec Headrush, un album plein d’euphorie, celle qu’on ressent lors d’une fête face à un solide sound system. Après des collaborations avec Leon Vynehall, Vegyn ou Ross From Friends, le virage dancefloor semblait écrit d’avance. Il déballe une déclaration d’amour à la teuf et aux premières expériences club. Celles d’un ado de Walthamstow qui filait vers les clubs de l’Essex, bien avant d’avoir l’âge d’y entrer. Cette plongée, entre les strobes et les corps en transe, se construit sur un son breaké, oscillant entre UK garage, hip-house et hardgroove. Autour de lui, Ineffekt, Cameo Blush ou le duo techno X CLUB, complice du morceau-titre, font monter la température.

