Le 17 octobre, plus de 500 000 personnes sont descendues dans les rues en soutien aux lycéens et contre “la vie chère”. À Paris, la musique s’est fait une place de choix. De nombreuses fanfares ont déambulé dans les rues pour accompagner les manifestants.
Personne n’est passé à côté de la large formation de L’Orchestre du Nouveau Monde. Comptant environ 200 musiciens professionnels et amateurs, l’orchestre a lancé un appel à volontaires pour doubler son effectif. La mission de cette formation, montée en 2022, est de créer “une nouvelle forme de discours militant où l’art est la caisse de résonance d’un message engagé”. Ce jour de manifestation, l’orchestre s’est installé au pied de la statue de la place de la République. Les bombes lacrymogènes sont venues se nicher entre les musiciens alors qu’ils interprétaient « The Hanging Tree », chant de révolte de la saga Hunger Games. Le concert a été étouffé par les gaz après moins de 20 minutes de jeu.
Sur le reste du parcours, d’autres formations musicales, plus mobiles, ont évité les larmes et ont dessiné plus d’un sourire. Parmi elles, la fanfare de la Clé de lutte, à qui nous avons tendu notre micro. Placés en face du Moulin Rouge, ils sont plus d’une quinzaine dans cette fanfare militante. Un tambour et des instruments à vent, allant de la flûte traversière au soubassophone, jouent « Killing in the Name » de Rage Against the Machine devant une place noire de monde. Après leurs dernières notes, avant une pause bien méritée, ils nous en disent plus sur le rôle d’apaisement des fanfares dans les manifestations et sur leur utilité pour rendre la musique live et la culture militante et populaire.

