Comme chaque année à la mi-juin, c’était la semaine de la musique à Barcelone : de l’iconique festival Sónar, dédié aux musiques électroniques depuis 1994 – à ses « off », qui illuminent les scènes locales aux quatre coins de la ville, c’était l’occasion de réviser nos classiques et de rentrer le cœur chargé de découvertes. Retour sur une édition 2026 dont on se souviendra longtemps.
Jour 1
Jeudi 18 juin, la « off week » de Barcelone bat déjà son plein : partout la musique a envahi les rues de la capitale Catalane. Des fêtes sur la plage, des bars qui nous présentent de nouvelles générations d’artistes, des disquaires en folie, et bien évidemment le cœur de cet esprit festif : le Sónar, l’uns des plus grands, et emblématiques festivals d’Espagne, qui ouvre enfin ses portes cet après-midi. Depuis 1994 déjà, il accueille des centaines d’artistes d’horizons électroniques aussi divers que variés. Et comme à chaque fois, ce sont des publics venus des quatre coins du monde qui sont venus assister au spectacle.
Au SónarHall, l’une des quatre immenses scènes ouvertes ce soir là, on assiste à un premier coucher de soleil au son de notre The Hacker national. Un dj et producteur grenoblois, pionnier de l’électroclash et devenu au fil du temps l’uns des artistes les plus respectés de l’industrie. De classique en classique, on comprend rapidement pourquoi : Michel Amato, de son nom civil, tient la promesse d’un set aussi culte qu’efficace – avant de laisser la scène à ceux qui ne sont autre que ses idoles, Cabaret Voltaire qui enchaîne avec un live des plus saisissants.
Mais le Sónar ce n’est pas seulement du classique : c’est aussi une jeunesse qui déborde de créativité et repousse sans cesse les limites de l’électronique. Sur la scène extérieure de SónarPark, Clementaum et LAZA, en binôme à l’occasion de cette édition, nous en font la démonstration la plus pure. Les deux artistes enchaînent les missiles Latin Tech, Guaracha, et tout ce qu’on trouve de beau entre les deux. Une performance fusion, qui nous rappelle que la scène d’Amérique latine semble s’inscrire merveilleusement dans un renouveau électronique dont on avait besoin.
Pour clôturer ce premier jour de fête, on profite un temps du set légendaire de Boys Noize, avant de passer au live très attendu du producteur britannique Daniel Avery : dans la foule autant de BPM que d’émotions, et des sourires qui rassemblent toutes les générations. Sónar 2026 commence en beauté.
Jour 2
Vendredi 19 juin, nous voilà reposés après une première journée riche en sensations, et prêts à découvrir les 6 scènes du Sónar. Cet après-midi, le festival ouvre enfin dans son entièreté et propose une quarantaine de performances à vivre jusqu’au lever du jour. Et nous on attaque directement avec l’uns des concerts les plus attendus de cette édition : Kelis, icône R&B qu’on chante depuis les années 2000, et en plein concert sur la scène extérieure de SónarVillage, et ça va bien au-delà de nos espérances. Millionnaire, Trick me, son fameux Milkshake ou quelques reprises comme un « I feel love » signé Donna Summer lui allant à merveille – à son écoute on a réalisé l’un de nos rêves d’ado.
Et Sónar n’a évidemment pas fini de nous mettre des paillettes plein les mirettes : à 22h, c’est monsieur l’inventeur de la Grime en personne, Skepta qui nous fait revivre ses plus grands classiques.
Deux concerts qu’on aurait pu attendre toute une vie, et qui nous préparait doucement à l’avalanche de BPM qui durera jusqu’au petit matin : Funk Tribu, Dj Gigola, la Dj et productrice française RONI pour son premier Sónar, ou le soleil qui se lève sur la scène curatée par Rinse FM. On termine ce deuxième jour par une danse avec Amaliah et Pangaea, on sera fatigué demain mais c’est pas grave, leur back to back en vaut largement le coup.
Jour 3
Samedi 20 juin, c’est déjà le dernier jour de ce 33ème Sónar barcelonais. Le soleil brille, la mer nous redonne quelques points de vie bien mérités, et on se décide à commencer la soirée tout doucement dans l’uns des bars audiophiles les plus emblématiques du quartier de l’Eixample : Veridis Quo, dont le doux nom rend évidemment hommage à nos vaillants Daft Punk.
Ici on joue vinyle, l’ambiance est douce, joyeuse et chaleureuse. Nos batteries sont pleinement chargées et on se rend au festival pour y découvrir le projet Stoor Live. À la base, c’est une “initiative Covid” du producteur légendaire Jochem Paap dit Speedy Jay : un genre de jam session unique, qui chaque soir réunissait un plateau d’invités différent pour du live électronique – et qui a presque tout du laboratoire sonore.
Ce soir il reçoit d’autres complices vétérans de la techno pour l’accompagner dans cette session de 5h : Dasha Rush, Mathew Johnson, Luke Slater, ø Phase, et le résultat porté par une scénographie digitale unique, nous transporte autant qu’il nous hypnotise. Entre autre, l’entrée en matière Downtempo idéale avant le défilé final des légendes : Fjaak et Kittin pour un live exclusif, Joy Orbison, Modeselektor ou ce groupe attendu par une toutes les foules, The Prodigy, nous permettant une fois de plus de récompenser les adolescents en nous.
C’est donc au gré d’un nom d’exception à l’autre qu’on a passé cette ultime nuit à La Fira de Barcelone, et convaincus qu’une fois de plus le festival n’a pas volé l’étiquette légendaire qu’on lui octroie depuis des décennies.

