Pop Corn

Chaque semaine, Nova fait le tri pour vous dans les sorties en salles.  S’il n’y a qu’un seul film à voir, c’est celui-là.

par Alex Masson

Épisodes

Cannes 2023 : one, two, three… vive la Tunisie

Le festival de Cannes est aussi une manière de rebattre les cartes du cinéma. Y compris d'un point de vue géographique. En mettant en avant certains films, le festival prend la température des productions émergentes voire réémergentes. Tout en suivant leurs mouvements quasi tectoniques. 

Ainsi, les pays du Maghreb se sont installés dans le radar cannois depuis quelques années. Un peu en 2019, à La Semaine de la critique avec l'Algérien “Abou Leïla” et le marocain “Le Miracle du saint-inconnu”, un peu plus l'an dernier quand Nabil Ayouch permettait au Maroc d'accéder à la compétition avec “Haut et fort”. En 2022 c'est la Tunisie qui débarque en force sur la croisette. Deux films : “Ashkal” et “Sous les figues”, présentés à la Quinzaine des réalisateurs. Un autre : “Harka”, à Un certain regard. Tandis que la réalisatrice Kaouther Ben Hania préside le jury de La semaine de la critique. 

Ce n'est même pas un signe, mais bel et bien une tendance : les cinémas du Maghreb connaissent un second souffle. Il se manifeste par la claire apparition d'une jeune génération, désireuse de sortir leurs films de certains stéréotypes, ou de sujets souvent tournés majoritairement vers un public local. Pour preuve, l'appropriation des codes du cinéma de genre. Avec “Ashkal”, Youssef Chebbi s'essaie au film noir (voire très noir) en suivant l'enquête de deux policiers sur des meurtres commis à Carthage. Tandis qu'Erige Sehiri avec “Sous les figues”, transforme un verger en terrain pour une romance entre ouvriers proche d'un feel-good movie.

Au-delà de leurs fortes qualités respectives, Ashkal et “Sous les figues” ont celle, pas si évidente, d'être exportables. De pouvoir s'adresser à tous les publics. Un principe qui doit aussi à l'apparition, là aussi, d'une nouvelle génération, de producteurs. Tout comme les réalisateurs, ils semblent s'être décomplexés d'un héritage culturel ou traditionnel pesant. Sans doute un effet collatéral, et bienvenu, des printemps arabes.

Reste à savoir si cette vague de fond va pouvoir fleurir plus que bourgeonner. Car dans la plupart des pays concernés, le financement du cinéma reste entre les mains de l'état et des pouvoirs publics. Au Maroc, les fonds sont stables, mais certaines lois restent poussiéreuses. Tandis qu'en Algérie, la fermeture en 2020, soit un an après sa création, d'un secrétariat dédié à l'industrie cinématographique ou la récente mise en place d'une commission, qui ne délivrera les autorisations de tournage qu'après lecture des scénarios ne sont pas très bons signes. De même le limogeage, début mai du ministre de la culture tunisienne ne présume pas que les subventions aux producteurs, en baisse constante depuis plusieurs années, prennent le chemin inverse.

L'autre question centrale restant la capacité à faire exister localement ces cinémas : le Covid n'a pas arrangé les choses. Alors que le parc de salles est chétif (44 salles pour tout le Maroc, 15 en Tunisie, à peine plus de 20 en Algérie), certaines ont définitivement fermé. Paradoxalement, au même moment, des gros groupes étrangers commencent à investir dans la construction de multiplexes. La question étant de savoir si quand ceux-ci ouvriront, ils ne diffuseront pas, comme dans la plupart du monde, majoritairement des blockbusters américains. Mais peut-être que d'ici là, au vu d'un nombre grandissant de projets en cours, c'est ici en Europe que les nouveaux cinémas du Maghreb trouveront la place qu'ils méritent.

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24 mai 2022

3:22

Cannes 2022: Dos au mur

À Cannes rien n'est vraiment anodin. Des journées et horaires où les films sont programmés, au protocole de la montée des marches, tout tient d'une stratégie jusque dans la symbolique. Cette année, la première qui aura sauté aux yeux est le fond commun aux affiches des principales sections. 

La concurrence, pur secret de polichinelle, entre la Sélection officielle, la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique, les poussent à marquer leur territoire et leur identité. Pourtant, les trois affiches pour 2022 auront convergé autour d'un même motif. 

Pendant que celle de la Semaine projette des images sur un dos nu, celles de la Quinzaine des réalisateurs fond un homme dans un décor, façon caméléon, face contre un mur. L'affiche de la sélection officielle, montre un autre homme, Jim Carrey dans “The Truman show”, cette fois-ci de profil mais aussi incrusté façon trompe-l'oeil. C'est le hasard, puisqu'elles ont été conçues indépendamment les unes des autres, qui les a amenées à ne pas arborer de visage. Mais cela raconte aussi une idée commune, celle de tourner le dos, mais à quoi ?

Peut-être à la situation de crise qui s'est emparée du cinéma depuis que celle du COVID a agi comme un accélérateur de particules amplifiant des phénomènes déjà présents. Ou à celle d'une désaffection du public envers le cinéma d'auteur et à la montée en puissance des plateformes.

Reste que ces affiches posent un véritable point d'interrogation. Et rien n'indique si elles sont le symptôme d'un déni du contexte actuel, qui fait forcément tâche dans un festival qui s'est toujours évertué à être un moment festif pour l'industrie du cinéma. Ou si à l'inverse de faire l'autruche, elles indiquent vouloir regarder de l'avant, quitte à ne pas savoir vraiment vers quel horizon.

Étonnamment, ce principe de trompe-l'œil s'est aussi invité dans des films jouant eux aussi sur des paradoxes. Que ce soit l'émouvant “Les huit montagnes”, chronique d'une amitié au long cours, faisant entrer dans un format d'image carré, une vision panoramique des sommets du Piémont comme de l'humanité. Ou “Tchaïovski's wife”, évocation d'une relation conjugale forcée, dans laquelle Kirill Srebrennikov écarte peu à peu des enluminures un rien académiques, pour faire de la place à de la démesure formelle. Même James Gray, avec “Armageddon time”, dissimule une chronique semi-autobiographique laborieuse dans l'Amérique du début des années 80. Prophétie de l’ultra-libéralisme des années Trump à venir. 

Trois films partant du passé pour se pencher sur le présent, assumant justement le regard qui manque aux trois affiches du festival. En indiquant très clairement dans une mélancolie partagée, que le cinéma doit se préparer à faire ses adieux à un état d'innocence s'il veut s'armer pour affronter des lendemains aussi menaçants qu'incertains.




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23 mai 2022

2:53

Cannes 2022 : le vent commence à souffler fort en coulisses économiques

Alex Masson en direct de Cannes pour cette 75ᵉ édition du festival.
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20 mai 2022

5:19

Cannes 2022, Jour 1 : on ouvre !

Usuellement les zombies à Cannes font plutôt leur apparition en fin de parcours, au vu des têtes de décavés des accrédités ayant encaissé dix jours de projections non-stop et des nuits souvent raccourcies. Cette année, les cadavres ambulants ont ouvert le bal hier soir avec la projection en ouverture de “Coupez !”, le nouveau film de Michel Hazanavicius. Enfin pas si nouveau que ça. D'abord parce qu'il s'agit d'un remake d'un rigolo ovni japonais de Shinichiro Ueda : “One cut of the dead”. Ironiquement rebaptisée en français Ne coupez pas !. Cette revisite française en reprend le principe et la structure, soit les mésaventures d'une équipe de tournage réalisant une série Z d'horreur. Mais, “Coupez !” en chamboule la temporalité, en attaquant par le film en question avant de revenir en flashback sur ses coulisses. 

Le film de Shinichiro Ueda était un exercice de style bricolé avec les moyens du bord, l'énergie et les idées palliaient le manque de moyens. La version Hazanavicius a beau ne pas démériter sur ce point, elle pose pour autant la question de savoir d'où on filme. Et même plus, de ce que l'on filme. Au-delà de l'exotisme chez des spectateurs occidentaux, le film original de Ueda avait pour lui d'être cohérent. Que ce soit dans son artisanat, ou sa conscience de s'adresser avant tout à un public de cinéma fantastique prêt à s'amuser avec ses codes.

Si “Coupez !” n'en reste pas moins personnel, on y retrouve comme dans la plupart des films d'Hazanavicius, un jeu de miroir sur le propre rapport gourmand du réalisateur au cinéma. Il s'imprègne malgré lui d'une sorte d’appropriation culturelle. Par sa nature économique, loin de l'esprit low-budget du film initial. Renforcée par sa présence à Cannes, festival qui n'a jamais su vraiment se débarrasser de son image de gotha du cinéma. Voire à s'extraire pleinement d'un regard condescendant sur le cinéma de genre. La chose étant renforcée par un précédent, à savoir “The dead don't die”. Autre film de zombie, qui avait aussi fait l'ouverture du festival en 2019, et se démarquait par un regard assez hautain. Et surtout bien plus sinistre que drôle, d'un pur auteur cannois Jim Jarmusch, sur le cinéma d'horreur.

On trouvera d'autant plus audacieux le choix d'exposer “Coupez !” a un public d'officiels, façons sous-préfète et ministre de la culture. Forcément désarçonnés par une première, et avouons-le interminable, demi-heure de série Z plus vraie que nature et qu'ils risquent de prendre au premier degré. On pourra aussi y voir une éventuelle note d'intention préliminaire de cette 75e édition. Indiquant qu'il est sans doute temps que Cannes, comme une industrie cinéma aux certitudes particulièrement mises à mal par la crise actuelle des entrées, se réinvente, casse ses codes. En attendant, il n'est pas impossible que cette année les premières têtes de décavés sur la Croisette soient celles de la sous-préfète et du public protocolaire, risquant de rire plus jaune qu'à gorge déployée en sortant de cette ouverture aussi courageuse que casse-gueule.

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19 mai 2022

3:03

“The Northman” : Le monde du cinéma de studio hollywoodien serait-il plus âpre que la mythologie viking ?

Il sera intéressant un jour de se pencher sur la sorte de malédiction qui pèse sur les films de vikings faits par des réalisateurs américains. Régulièrement, on a vu des cas de projets super excitants autour d'épopées revenant sur ces guerriers nordiques. Donnant à l'arrivée non pas des films ratés, loin de là, mais claudicants, jamais vraiment à la hauteur de leurs auteurs. 

Ainsi, il faut se souvenir du 13e guerrier de John McTiernan, qui aurait pu être à ce registre ce que son Piège de cristal avait été au blockbuster d'action. Si le romancier Michael Crichton n'avait pas remonté le film dans le dos du cinéaste. Il y avait aussi le projet extravagant nourri par Mel Gibson, celui d'une saga nordique qui aurait été parlée en véritable langue viking. Avant de l'abandonner faute de financement, malgré la présence prévue de Leonardo DiCaprio au casting. Aujourd'hui, c'est au tour de Robert Eggers de s'attaquer à cette mythologie avec The Northman. 

Après deux premiers films décapants, The witch et The Lighthouse, revisites dérangées du monde de la sorcellerie ou de la folie selon Lovecraft, Eggers est allé dégotter non seulement la légende nordique qui allait plus tard inspirer Hamlet à Shakespeare mais s'est entiché d'un savoir encyclopédique sur les tribus vikings. 
The Northman promettait de rallier à la fois un divertissement épique à la Conan le Barbare, mais aussi d'être traversé de visions folles, entre chevauchée de valkyries et rituels de possessions chamaniques. Tout ça est encore un peu là à l'arrivée. Mais la trajectoire s'est heurtée à la transition entre un cinéma indépendant et une production de studio hollywoodienne. La seconde ayant visiblement imposé ses impératifs de rentabilité, sur une fresque qui aurait dû être plus baroque, plus intransigeante.

Mais alors pourquoi faudrait-il aller voir The Northman ?

Simplement parce qu'en dépit ses luttes économico-intestines, visiblement plus dantesques que le film en soi, The Northman a conservé de fantastiques éclats. Même s'ils ne sont que sporadiques. Mais aussi, parce que la croisade furibarde d'un prince déchu pour venger son père, est doublée de celle pour une foi en un cinéma à grand spectacle, porté disparu. 

Il y a quelque chose ici d'organique, voire d'incarné, qui place The Northman bien au-dessus du cinéma d'aventure américain actuel, déshydraté par les effets spéciaux. The Northman a quelque chose qui lui redonne chair (et sang). Même si cette quête du Valhalla est freinée par la vision précautionneuse d'un studio, elle a des airs de baroud d'honneur, démesuré et lyrique. On peut appeler ça un beau geste. Mais aussi y voir un dernier bout de paradis perdu qui lui aussi, risque de n'être bientôt plus qu'une glorieuse mythologie de cinéma si ce type de projet hors normes n'est pas un minimum soutenu.

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12 mai 2022

4:19

“Ego” d’Hannah Bergholm : petit à petit, le cinéma fantastique nordique s’affirme comme un drôle d'oiseau

Il y a quelques mois, l'Islande envoyait une surprenante carte postale avec Lamb, et son enfant-agneau. Et voilà qu'un autre drôle d'animal débarque de Finlande dans Ego. Un oiseau gigantesque, qui prend peu à peu les traits de Tijna, une adolescente mal dans sa peau. 

Tout part de la découverte d'un curieux œuf, que cette gamine va couver. Mais Ego tient surtout d'un jeu tordu de poupées russes, puisque sous la coque de cette histoire de dopplegänger, ces doubles maléfiques, se dissimule surtout une cellule familiale qui se fissure progressivement. Notamment autour d'une mère qui veut modeler sa progéniture à son image, physique comme sociale.

Mais visiblement, Ego ne veut ressembler à rien ni personne d'autre...

Effectivement, en croisant le terrain d'un David Cronenberg et son obsession sur les mutations corporelles. Avec la possible obsolescence des sentiments qu'elles engendreraient, et un univers de teen movie rose bonbon peu à peu entaché par du rouge sang. La réalisatrice Hannah Bergholm fait sortir de cette inattendue coquille, un discours audacieux autour de la féminité.

À se demander ce qui est le plus tranchant dans Ego. La manière dont Tijna rompt le cordon avec sa mère ? Ou le portrait d'une femme qui considère son enfant comme un accessoire à la mode ? Bergholm rajoutant à ce malaise, un humour nordique et particulièrement froid. Que ce soit dans l'environnement aussi kitsch que glacé de cette famille, ou cette combinaison d'empathie et de délires freudiens. 

Ego couche donc sur le canapé une collection de névroses modernes. De l'atavisme générationnel à la double dictature de l'apparence et de la perfection.

Bergholm attaquant le tout à coups de becs acérés, pour lui voler dans les plumes. Mais aussi confirmer les éclosions inattendues et l’envol d'un cinéma fantastique d'Europe du Nord. Actuellement plus surprenant que ses voisins géographiques. Seul bémol, l'absence de passage en salle pour ce film singulier, qui n'aura trouvé en France qu'une sortie en Blu-Ray pour faire son nid. Mais puisque c'est le seul moyen de le voir ici, alors, comme on disait dans les cours de latin : ego te absolvo.

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05 mai 2022

2:57

"Ghost Song" de Nicolas Peduzzi : Houston, on a toujours un gros problème

Évidemment celui de la présidence Trump depuis son élection en novembre de l'année précédente. Mais aussi, ceux plus naturels, qui traversèrent les États-Unis. Notamment Harvey, l'un des plus puissants depuis Katrina qui avait balayé la Nouvelle-Orléans. Nicolas Peduzzi a posé les caméras de Ghost Song à Houston, Texas, alors qu'Harvey se rapproche. Dans ce climat pré-apocalyptique, il filme d'autres tempêtes, plus intimes mais pas moins ravageuses. Celles qui touchent trois vies, ou plutôt trois survies. 

Will, Nate et Alexandra viennent de milieux sociaux différents, mais se retrouvent dans une même errance dans le quartier de Third Ward. Situé au centre de la ville, il devient un autre œil du cyclone dans Ghost Song. Peduzzi y suit ce panel pour raconter une génération de trentenaires déboussolés, mais pas apathiques. Le vent qui souffle dans ce documentaire est justement celui d'une rogne collective. À ce tempo, Peduzzi ajoute les sonorités électro et rap de l'époque, dans une bande son incarnant un personnage à part entière. 

Pour autant, comme son titre l'indique, il y a bien des fantômes dans Ghost Song. En partie ces trois protagonistes, qui tournent en boucle dans leur malaise. Mais plus encore, les racines d'une Amérique qui remonte au blues. Piste confirmée par cette séquence où Will, prenant sa guitare, improvise un couplet sur son quotidien. Avant que son oncle enchaîne sur le sien. 

Et c’est un surprenant remix de cinéma que joue Peduzzi. Quand son documentaire se fait parfois plus incroyable qu'une fiction. Et cela sans même avoir besoin de revenir sur des coïncidences folles, comme le lien de parenté entre Alexandra et George Floyd. Où quand Will, Alexandra et Nate, dans des scènes visiblement rejouées, ont plus d'intensité et de charisme naturel que bon nombre d'acteurs chevronnés. Un autre spectre peut alors s'inviter, celui du travail d'Harmony Korine. Peduzzi filme, avec la même compassion, une Amérique dans sa densité comme dans sa démesure et sans s'encombrer d'une échelle de classe sociale. Dans Ghost Song, tout le monde est réuni au diapason d'une même absurdité. Par exemple, quand pour pouvoir se payer les médicaments opioïdes nécessaires tous les jours pour calmer ses douleurs, il faut devenir à son tour dealer. Peduzzi se refuse cependant à vouloir acter un requiem pour cette vie de quartier. Au contraire, Ghost Song s'incarne dans ce à quoi les gens qu'ils filment peuvent encore s'accrocher. Une fureur. De vivre forcément.




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28 avril 2022

2:58

“Et j'aime à la fureur” d’André Bonzel : Le cinéma c’est aussi une manière de transformer des prises de vues en prises de vie

Le cinéma c'est forcément une histoire de projection. De manière naturelle, organique et ontologique évidemment, puisque c'est un art qui est né de ça. Sans projecteur, pas de cinéma. Mais pas seulement.

Pour la plupart des cinéphiles purs et durs, cela tient de la projection de soi, voire d'une vie par procuration. André Bonzel est sans doute de ceux-là. Pour preuve, sa collection quasi-fétichiste de films amateurs qu'il engrange depuis des décennies. 

À travers eux, c'est d'innombrables heures de fragments du quotidien et de moments de vie qui se sont égrenés. Celles d'anonymes, dont Bonzel ne sait sans doute rien d'autre que ces images récupérées ici et là. Mais elles ont en commun d'inscrire dans des mémoires familiales, des instants de bonheur et de joies ordinaires. Mais aussi d'en être une trace, fragile car filmée sur des pellicules, souvent périssables. Mais qui n'en reste pas moins une forme de souvenir en mouvement, des fragments d'une histoire anonyme.

(Headlines) André Bonzel, lui, n'est pas un cinéaste anonyme, puisqu'il faisait partie du trio cosignataire du fameux C'est arrivé près de chez vous.
Pour le coup ce titre-là aurait pas mal collé à Et j'aime à la fureur, première réalisation en solo pour Bonzel. Surtout au vu de la proximité immédiate qui émane de ces images de Mr et Mme tout le monde.

Bonzel s'en est emparé pour un étonnant film-essai. Qui est à la fois détournement de ces images étrangères, et récit de son propre roman personnel. Qu'est-ce qui tient du vrai ou du faux dans ce que déroulent ces séquences suturées les unes aux autres ? On n'en saura rien. 

La seule certitude qui s'installe au long d'Et j'aime à la fureur, est une relation complexe, faite d'adoration et de détestation envers sa famille. Mais aussi cette envie de solder les comptes, pour arriver à faire la paix avec soi-même. Essayer de dénouer les nœuds d'une mémoire mentale, où souvenirs et imaginaire ont fini par se confondre. 

Si ce titre fait écho à un poème de Baudelaire (« Et j'aime à la fureur/ les choses où le son se mêle à la lumière »), la démarche de Bonzel est plus clairement proustienne. Quand elle fait le bilan du temps qui passe et s'aventure dans la réécriture d'une vie, entre probables bouts de vrai et fantasmes guérisseurs de traumatismes enfantins. Bonzel superposant à ces images, une voix-off, la sienne, énonçant un journal intime, souvent picaresque et parfois cru.

En transformant des prises de vues en prises de vie, naviguant d'un jeu de montage à un « je » en surmoi démonté Et j'aime à la fureur installe une capacité à résonner chez chacun. Et cela par une sorte de reflet collectif, rappelant à quiconque que nous sommes des maillons d'une éternelle chaîne humaine. Ayant en commun d'avoir tous traversé certaines phases, de la vénération de ses parents à l'affirmation de soi. 

Et plus encore de ressusciter une part collective de fantômes d'enfances. Qui se sont autant effilochées, désagrégées que la pellicule de certaines séquences de ces archives où l'on ne distingue même plus le visage des personnes filmées.

Et j'aime à la fureur est un vrai film en trompe-l'œil. Son ton unique, accrochant exutoire libérateur, et regrets nostalgiques aux branches d'un délirant arbre généalogique, déclenche beaucoup de larmes et de fous rires. Pour une immense émotion, qui, elle, n'a absolument rien de factice. 




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20 avril 2022

3:53

“Allons Enfants” d’Alban Teurlai et Thierry Demaizières : Vous dansiez ? Eh bien, parlez maintenant.

La parole et le geste. Il fallait une époque sociale, et politique, aussi trouble que celle d'aujourd'hui en France pour se rendre compte de leur importance. Et c’est sans doute la moindre des choses, que ce soit par l'image que cette prise de conscience se manifeste. 

Allons enfants, le nouveau documentaire d'Alban Teurlai et Thierry Demaizière, prend la chose à bras le corps. Littéralement. Et suit deux classes de la section « Danse urbaine » du lycée Turgot, à Paris, durant un an. Rien que cet énoncé pose bien l'importance des mots. À Turgot, on dit donc danse urbaine. Dans les coins de banlieues, d'où viennent les élèves suivis par Allons enfants, on dit «Hip Hop ». Toute la différence est déjà là, entre un milieu qui s'affirme comme élite, et celui des classes populaires.

Pour autant, c'est bien une passerelle qui est soutenue dans ce documentaire. L'enjeu narratif en sera un concours de battles inter-lycées. Mais plus encore, c’est l'ébauche d'un dialogue entre ces deux mondes qui se joue ici. Elle est arbitrée par ce qui aura, entre autres, manqué pendant la campagne électorale : un programme pour la culture comme moteur d'intégration, d'émancipation et pourquoi pas d'excellence. Ou d'exutoire pour des ados mal partis dans leur histoire, faute de n'avoir pas grandi au bon endroit. Dans Allons enfants, il y a donc les gestes.

Plus encore que les figures de coach que deviennent un prof de sport et un proviseur, c'est bien cet angle qui fait office d'expérience pédagogique. Teurlai et Demaizière confortent cette dernière en donnant beaucoup la parole aux enfants. Leur permettant de se livrer sur le véritable choc culturel qu'ils vivent, au gré des mois dans ce lycée.

Évidemment, en se propulsant ainsi, le film propose un univers rappelant celui de Fame. Mais si, souvenez-vous du film et de la série des années 80 sur un collège artistique américain. Un récit qui prend des atours parfois trop idylliques lorsqu'il est comparé au champ de bataille qu'est actuellement l'enseignement. Mais rien de grave : Allons enfants revient toujours à une réalité plus souhaitable qu'une directive de Blanquer. Celle d’un système scolaire qui aurait la possibilité, s'il s’en donnait les moyens, de ne plus oublier que tous les enfants sont ceux de la république. 

Le documentaire s'ouvre sur un prof qui demande aux élèves de se rapprocher pour former un cercle. Plus tard, il les réunira de nouveau pour leur rappeler, mot pour mot, qu'au sein de cet établissement ils sont « chez eux » et peuvent revenir quand ils le veulent. Cette parole, et ce geste-là, valent bien plus que la marseillaise remixée en guise de générique de fin. Quand ils réaffirment pleinement la devise gravée au fronton des écoles pas mal encrassée par une paranoïa identitaire : “ liberté, égalité, fraternité ”. 

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14 avril 2022

3:36

“Employé/Patron” de Manuel Nieto Zas, en Uruguay aussi, on s’essaie à franchir les barrières habituelles du cinéma social

Employé/Patron s'ouvre par une berceuse chantée à un bébé. Mais avec un tel titre, il y a de quoi se douter que ce film uruguayen va sussurrer un autre type de chanson. Surtout, quand une sorte d'inquiétude s'impose dès cette séquence initiale. Il y a du drame dans l'air. Pas celui qui se profilait autour de la santé d'un enfant. Mais autour de la relation entre les familles, d'un patron et d'un employé, qui tournent vinaigre. Surtout quand le second provoque involontairement un accident mortel.

Ici pas de salaud ni de victimes, mais le constat d'une étanchéité de classe toujours aussi impossible à transpercer. Même si Rodrigo, le propriétaire terrien, et Carlos, l'ouvrier agricole, ont le même âge et le même profil familial. Ils restent séparés par une hiérarchie sociale. Employé/Patron confirmant qu'en dépit des efforts d'écoute ou de rapprochement, rien n'autorise à sortir d'un lien entre dominant et dominé. Que le passage d'un monde vertical à celui horizontal ne se fera pas sans casse. 

Zas l'explore par une mise en scène imposant des zones de distance, que ce soit par des blocs de séquences courtes. Mais aussi en érigeant les paysages, et la frontière entre l'Uruguay et le Brésil, comme autant d'obstacles. Qu'ils soient rivières ou forêts qu'il faut sans cesse franchir. 
Et pourtant, Employé/Patron s'essaie, justement dès son titre, à tenter de réconcilier les camps. À rapprocher ceux qui se ressemblent mais restent séparés par des origines. On voit beaucoup de clôtures dans Employé/Patron. La symbolique d'enclos renvoyant chacun sur son territoire est limpide. Mais Zas a l'intelligence de vouloir en faire autre chose. Avec un scénario et une réalisation qui refusent de se laisser enfermer dans le balisage habituel du cinéma social. Jusqu'à annoncer, avec un final autour d'une course de chevaux, que même si ça ne se fera pas sans mal, il faut tenter de galoper vers un monde qui abolisse les barrières.




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07 avril 2022

2:46

"Freaks Out" de Gabriele Mainetti : un film de guerre et de superhéros culbutant

Le cinéma a toujours aimé les monstres, les phénomènes de foire. Peut-être parce qu'à son origine, c'était justement un art forain. Qu'à côté des chapiteaux où l'on exhibait les créatures les plus variées, on projetait les premiers films, avec la même idée d'exacerbation du réalisme. D'ailleurs, si la littérature et la peinture ont longtemps été fascinées par les monstres, le cinéma reste malgré tout l'art qui les a mieux observés.  En allant régulièrement chercher chez eux une part d'humanité. Voire inverser la donne en rappelant que c'est chez les gens normaux d'apparence que peuvent se dissimuler les plus bas instincts. De Tod Browning et son bien nommé Freaks à Tim Burton et Edward aux mains d'argent et tant d'autres, beaucoup de cinéastes l'ont martelé. 

L'italien Gabriele Mainetti se rajoute à la liste avec Freaks out. Une variation sur ce genre qui fait la passerelle avec les films de superhéros en plongeant un quatuor de marginaux dotés de superpouvoirs dans la folie du programme hitlérien. Des Übermensch, cherchant à créer des surhommes au service du IIIe Reich. Pour autant, le royaume de Freaks out est une cour des miracles aussi délirante qu'attachante. Un loup-garou à la force colossale, un aimant humain, une femme électrique et un télépathe contrôlant les insectes, tous crapahutant dans l'Europe chaotique de 1942. Freaks out pourrait n'être qu'une version déviante des X-Men qu'il serait déjà réjouissant.

Mais Mainetti y ajoute une généreuse démesure qui le rapproche des univers d'un Paul Verhoeven ou d'un Guillermo Del Toro.

Dans cette manière d'exorciser les craintes qu'un cauchemar généralisé recommence par sens de l'excès. Et par le besoin de se rassurer en reconstituant les pires périodes comme une ogresque bouffonnerie. Sans oublier la possibilité de trouver refuge dans un imaginaire sans limites. Et donc forcément, une part d'équilibrisme casse-gueule pour un film qui mêle grand spectacle et Holocauste. Qui ose le trivial haut en couleurs pour aborder la page la plus sombre de l'histoire du XXe siècle. Freaks out regarde cette sale époque sous un angle épique. Mais toujours pour rappeler où se trouvent vraiment les plus atroces anomalies : la véritable monstruosité.

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07 avril 2022

3:00

“Le Grand Mouvement” de Kiro Russo : Quand les secousses du capitalisme déclenchent un film tellurique.

“Le Grand Mouvement” porte incroyablement bien son titre. D'abord dans son récit, celui d'un mineur bolivien débarqué à la Paz, pour retrouver son emploi, mais qui se retrouve atteint d'une mystérieuse maladie qu'il va aller soigner dans la jungle avec un chamane. Ensuite dans sa forme, le film de Kiro Russo, qui alterne sans cesse regard sur l'intime d'un homme et celui sur le grondement collectif d'une métropole, pour une sorte de dantesque symphonie urbaine où la capitale bolivienne prendrait vie comme un personnage à part entière. Le grand mouvement ne se dispersant pas pour autant dans un cinéma expérimental quand il ne perd jamais de vue son idée, limpide, du capitalisme comme virus et maladie gagnant aujourd'hui jusqu'aux corps. Il y propose comme remède une fièvre de l'imaginaire, des spasmes de cinéma dingo en guise d'acte de résistance politique et culturelle : décloisonnant le documentaire et la fiction, voici une impressionnante rêverie chamanique pour espérer sortir du cauchemar social.




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31 mars 2022

7:10

“Retour à Reims” de Jean-Gabriel Périot : de l’individuel au collectif

Un essai aussi autobiographique quand il revient sur son parcours de transfuge de classe que collectif quand il explorait aussi la trajectoire du monde ouvrier à travers les générations. Treize ans plus tard, Jean-Gabriel Périot adapte ce livre au cinéma avec Retour à Reims (Fragments). Ou plutôt le complète, prolonge sa lecture sociopolitique pour un état des lieux actualisé mais reposant sur un fantastique montage d'images d'archives, transformant le récit à la première personne d'Eribon en album photo d'une lutte des classes, allant jusqu'au mouvement des Gilets Jaunes. De quoi explorer une autre histoire de France, tout en boucle temporelle, quand ce Retour-là prend la direction d'aujourd'hui.




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30 mars 2022

10:07

“Plumes” d’Omar El Zohairy

“Plumes” part d'un postulat inattendu : après un tour de magie foireux, un ouvrier en usine se retrouve transformé en poulet, mais personne n'arrive à le ramener à une forme humaine. Mais le premier long métrage d'Omar El Zohairy refuse de mettre ses œufs dans un même panier en explorant cette histoire loufoque du point de vue d'une épouse qui se retrouve dépourvue, plongée dans les turpitudes kafkaïennes des labyrinthes administratifs quand elle veut faire reconnaître sa singulière situation.
 
 
“Plumes” s'en amuse mais en serrant les dents dans cette comédie aussi absurde qu'amère. Ce jusque dans une surprenante identité de cinéma qui tend les bras à l'humanisme contrarié d'un Kaurismaki ou d'un Dino Risi. Un cinéma intemporel quand rien ne dit où il se situe ni à quelle époque, le seul repère étant qu'on y parle arabe et que le réalisateur est égyptien. Plumes tient donc de la fable et de ses principes de récit universel. Mais alors comment réagit Omar El Zohairy quand, comme lors de sa présentation au festival de Cannes, il est énoncé que ce film-là parlerait avant tout de la société égyptienne ? Sa réponse (et d’autres) au micro de Nova.




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24 mars 2022

7:45

“Medusa” d’Anita Rocha Silvera

On a souvent oublié que dans la mythologie grecque, si la Méduse s'est transformée en créature hideuse pouvant pétrifier du regard quiconque, c'est parce que les dieux avaient décidé de supprimer sa beauté pour avoir succombé à la tentation charnelle. 
 
Anita Rocha Da Silvera y a vu l'expression d'une colère féminine contre les embrigadements de toute sorte pour la jeune génération de femmes actuelles. Dans le Brésil actuel, même avant l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro, cela passe par un retour au conservatisme religieux, virant au fanatisme. Et ce jusqu'au point de transformer des adeptes d'une église évangélique en gang de filles tabassant celles qui ne répondent pas à leur code de bonne moralité. Medusa y répond en osant le sacrilège, d'embardées visuelles invoquant le cinéma fantastique transgressif des années 70 (Argento, Carpenter...) à un mélange des genres, de préférences ceux se foutent des bonnes mœurs. Le tout au nom d'une croisade pour la reconquête de la liberté, celle de penser comme celle d'aimer. Face aux exactions d'une milice religieuse, Medusa tente de réveiller une société tétanisée jusqu'au coma mental. Avec un film sexy et provocant, cachant sous ses apparences pop et son goût pour l'abstraction formelle, un avertissement bien concret à toutes les obédiences qui souhaiteraient maintenir leur contrôle sur les corps et les âmes. Comme dirait l'autre, la peur a changé de camp. Avec Rocha Da Silveira, elle est maintenant du côté du cinéma.
 
 
En salles le 16 mars.




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18 mars 2022

10:36

“Ma Nuit” d’Antoinette Boulat : une immersion dans l’atmosphère de la jeunesse actuelle.

Ma nuit donne jour à une réalisatrice inattendue. Avant de passer derrière la caméra, Antoinette Boulat à accompagné, en tant que directrice de casting, un certain jeune cinéma français. Des débuts ou presque d'Albert Dupontel à François Ozon en passant par Cédric Kahn, pour ne citer qu'eux. Il était donc logique que pour son premier film, elle s'intéresse à une jeunesse. Celle d'aujourd'hui, qui fait ce qu'elle peut pour traverser une période entre Covid, attentats et réchauffement climatique. 
 
À travers la déambulation de Marion, jeune femme en gestation mais déjà en deuil, Ma nuit poursuit une forme de compagnonnage, cette fois-ci au chevet d'un âge et de ses inquiétudes. 
 
Mais surtout pour tenter autant que possible de l'en libérer, d'apprendre à défaut de pouvoir s'en soulager, vivre avec. En retour d'un splendide film qui tient de l'expérience sensorielle, il était naturel de partager celle d'un travail singulier avec son auteur, pour éclairer sa remarquable Nuit.
 
En salles le 9 mars

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10 mars 2022

9:08

“Ali & Ava” de Banar : à la croisée de la comédie romantique et du cinéma social

Il faudra bien un jour percer le mystère du cinéma social britannique. De Ken Loach à Andrea Arnold de The full monty ou Billy Elliott et bien d'autres. Il y a un savoir-faire inexplicable pour partir de la réalité des classes ouvrières pour les transcender en récits admirables ; pour malaxer un contexte et toujours en extraire une fibre humaniste. Une alchimie qui n'appartient qu'à ce cinéma-là jusqu'à en être devenue son adn. “Ali & Ava”, le nouveau film de Clio Barnard, connecte à la fois comédie romantique et racines shakespeariennes autour de la rencontre improbable entre une assistante sociale, irlandaise jusque dans les recoins de son accent, et un chauffeur de taxi d'origine pakistanaise.

Il y aurait du Roméo et Juliette contemporain dans Ali & Ava ?

Il y a de ça dans cette confrontation des cultures, une romance qui tiendrait encore aujourd'hui du sacrilège. Pour autant Ali & Ava se détache du destin funeste des Capulet et Montaigu. Que cela soit par une volonté claire de ne pas aller jusqu'au tragique, ou simplement pour le principe de se pencher sur des vies et des drames ordinaires. D'aller voir comment Monsieur et Madame adressent la complexité des questions culturelles ou raciales. Dans “Ali & Ava”, le “&” fait toute la différence en exprimant autant la difficulté d'être soi dans un groupe défini, que ce qui finit par réunir deux solitudes. Barnard a ainsi l'intelligence de conjurer le fatalisme ou la noirceur qui pourraient prendre le dessus par des touches d'humour et de douceur. Si Ali et Ava ont chacun vécu des épreuves qui les marquent encore, pourquoi faudrait-il en rajouter ? Il sera aussi question de musique dans cette histoire. Loin d'être les perdreaux de l'année, ces deux-là deviendront tourtereaux en s'éduquant l'un et l'autre à leurs goûts en la matière. folk et country pour elle, electro-pop et punk pour lui. Barnard imprègne aussi son film de ce multiculturalisme-là, n'ayant pas peur d'enchaîner les scènes confites dans l'eau de rose et d’autres qui mettent les doigts dans la prise d'une énergie juvénile. Et sans que cela soit jamais contradictoire ou prenne des airs de douche écossaise. 

En creusant des trouées lumineuses dans la grisaille d'un potentiel drame vers un inattendu et irrésistible feel-good-movie, Ali & Ava a tout de l'électrisant coup de foudre de spectateur qui illumine les salles obscures depuis le 2 mars. 




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02 mars 2022

5:36

“Sous le ciel” de Koutaïssi

Saga fantasque d’une romance contrariée par le destin. Un film étonnant venu d’Europe de l’Est, qui dérègle les boussoles pour ne pas perdre le nord.
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23 février 2022

3:36

Kinuyo Tanaka : une rétrospective autour d’une pionnière du cinéma japonais

Ce qu'il y a de bien avec le cinéma, c'est qu'on en a jamais fini de découvrir des films ou des cinéastes. Et nombreux sont ceux qui sont passés sous les radars, et surtout pas passés par les écrans français en ce qui concerne les cinématographies étrangères. 

Notamment celle japonaise, où des pans entiers restent à exhumer de ce côté de l'océan Pacifique. Par exemple, la carrière de Kinuyo Tanaka. Ici, on ne connaissait que son compagnonnage avec Mizoguchi pour qui cette actrice a tourné quinze films. Ce qui reste peu sur une filmographie qui en aura compté près de 250 et où s'alignent les plus grandes signatures, Mizoguchi donc, mais aussi Ozu ou Naruse. 

Tanaka aura été comme un fil rouge dans l'histoire de la production japonaise. D'une forte présence dans son cinéma muet à sa participation au premier film parlant, mais aussi en étant une de ses stars féminines pendant l'âge d'or des années 50. Tanaka aura suivi les fluctuations de cette industrie, jusque dans sa prestation pendant la seconde guerre mondiale dans des films de propagande, sa transition entre grand écran et télévision puis un come-back fulgurant dans les années 70. Un parcours quasi patrimonial qui ne saurait pourtant résumer la trajectoire de celle qui fut l'équivalent japonais, dans son jeu comme ses rôles de femmes fortes et complexes, d'une Bette Davis ou d'une Greta Garbo.

Elle est même entrée officiellement dans l'histoire comme la seconde femme à passer derrière la caméra au Japon. Un choix forcément fort dans un milieu essentiellement masculin. Confirmation d'un caractère bien trempé pour une actrice qui avait défrayé la chronique à la fin des années 40 pour commettre le sacrilège de rompre son contrat avec un studio pour aller tenter une petite aventure hollywoodienne. Les six films qu'elle va réaliser entre 1953 et 1962 remettent les pendules à l'heure jusqu'à laisser se demander si Mizoguchi, un des mentors de Tanaka, ne lui devrait pas sa réputation de cinéaste féministe. Qu'ils s'essayent au néoréalisme ou à l'expressionnisme, naviguent admirablement entre mélo, drames historiques ou récits très contemporain, les films de Tanaka composent un exceptionnel portrait de la condition féminine. Jusqu'à se passer, après Lettres d'amour et La lune s'est levée, de scénaristes masculins. 

Là où sa carrière d'actrice lui offrit généralement des rôles de femmes aux destins funestes, Tanaka réalisatrice les fait se redresser, les incite à ne plus courber l'échine. Y compris autour de sujets jugés impossibles dans ces années 50 comme le cancer du sein dans Maternité éternelle. Elle abolit même déjà le patriarcat dans La nuit des femmes, où des prostituées reforment société en allant vivre en communauté en bord de mer.

Au-delà même de ce discours de pionnière, l'intégrale qui sort cette semaine démontre aussi une impressionnante metteuse en scène, avec six films trop longtemps restée dans l'ombre, alors qu'ils sont à la hauteur des classiques mondialement reconnus où elle fut actrice. Étonnamment, elle ne tint jamais le rôle principal de ses propres réalisations, peut-être par écho du sentiment de sororité et de résistance qui émane de ce cycle, mais sa découverte, confirme à quel point devant ou derrière la caméra, Kinuyo Tanaka fut une héroïne.

La rétrospective Kinuyo Tanaka est à retrouver dans les salles obscures à partir du 16 février.

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16 février 2022

4:13

Douglas Trumbull : disparition d'un génie de l'ombre

Même si la semaine cinéma est particulièrement dense cette semaine (il y en a pour tout le monde, de ceux qui veulent s'intéresser à l'éthique journalistique ou politique avec Enquête sur un scandale d'état aux détracteurs de Marguerite Duras qui se réjouiront de voire déboulonner sa figure de monstre sacré pour devenir une créature toxique dans Vous ne désirez que moi. Mêmes les amateurs de film catastrophe aussi neuneu que rigolo ou de bonne comédie française ne seront pas volés avec Moonfall et Les vedettes), cette chronique va cependant baisser le rideau sur l'actualité salle pour raison de deuil, car Douglas Trumbull est mort.

Douglas qui ?

Bonne question. Elle est légitime et normale quand Trumbull fait partie de ces génies de l'ombre, des piliers invisibles qui ont contribué à faire devenir des films légendaires. Sans Douglas Trumbull, des classiques comme 2001, odyssée de l'espace, Blade Runner ou Rencontres du 3e type ne seraient jamais devenus les immortels classiques qu'ils sont. Trumbull y a révolutionné les effets spéciaux pour en faire une science.

À l'époque ou l'ordinateur et les images de synthèses n'avaient pas encore rendu illimitées l'imaginaire visuel, lui avait magnifié par l'art des transparences et des maquettes la part d'illusionnisme des films à grand spectacle. Avec Trumbull, un Kubrick, un Ridley Scott ou un Spielberg pour ne citer qu'eux pouvaient voir plus loin tout en restant crédibles, organiques. Mais Trumbull ce n'était pas qu'un exceptionnel technicien. Il y avait quelque chose chez lui de l'expérimentateur indépendant, du laborantin explorateur des possibles. Mais surtout d'un outsider de génie, sorte d'aventurier libertaire de la technologie. Notamment en inventant des formats révolutionnaires comme le Showscan, fabuleux procédé de projection hyper réaliste au point de devancer de trente ans l'Imax ou le dolby atmos, d'être une sorte de relief visuel et sonore sans lunettes. Ou en amenant dans Silent running, un des deux seuls films de fiction qu'il a réalisés, scénarisé par Michael Cimino, l'esprit du Nouvel Hollywood dans un huis clos intime de science-fiction teintée d'écologie.

Même quand la part visionnaire de ce Barnum extrayant de la poésie de ses expériences, s'est heurtée à une hiérarchie hollywoodienne qui n'a pas voulu de ses extraordinaires trouvailles, Trumbull ne s'est pas déparé de son côté professeur Tournesol/Géo Trouvetou mettant en pratique dans son studio laboratoire au fin fond d'un bois du Massachussets, d'incroyables prototypes. Ces dernières années, il était réapparu en fabriquant pour Terence Malick les stupéfiantes séquences de genèse du monde dans Tree of life, à partir d'images scientifiques et d'abstractions, mais il planchait surtout sur un concept qui aurait pu être une nouvelle révolution copernicienne du cinéma, des salles mobiles ou auraient été projetés des films dans un nouveau format, le Magi, encore plus immersif que James Cameron n'y arrivera jamais pour les prochains Avatar. Quelque chose qui aurait tenu du futur dans l'expérience de spectateur et d'un retour aux sources en revenant au principe d'attractions foraines du tout début du 7ᵉ art. Avec la disparition de Trumbull, il y a effectivement de la magie du cinéma qui se perd.

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09 février 2022

4:05

La nouvelle chronologie des médias

La chronologie des médias, c’est la règle qui définit l’ordre de diffusion des films : d’abord en salle, puis en VOD, puis sur C+, puis les plateformes, puis les chaînes gratuites. Les discussions se sont prolongées jusqu’à tard dans la nuit de dimanche à lundi. Alex Masson, le spécialiste cinéma de Nova, vous explique ça.
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27 janvier 2022

4:32

"Municipales", "Les promesses" : et si on parlait enfin politique ?

Sans risquer la marge d'erreur des sondages du moment, il n'y a grand risque à décréter que la campagne présidentielle 2022 est d'une sidérante médiocrité. Mais quel que soit son résultat, elle aura au moins été bonne à une chose : jamais le cinéma français ne s'est autant emparé de la politique que cette année. D'ici à la fin du printemps va débarquer sur les écrans une salve particulièrement copieuse de films prenant très frontalement en compte cette question. Pour la plupart ce sont des documentaires, beaucoup ayant le rouge colère au front et bien sûr le gilet jaune, mais ce tir nourri lâche ses deux premières grosses cartouches aujourd'hui en se posant aussi la question de la fiction. 

D'abord d'une manière surprenante dans Municipale où Thomas Paulot envoie un véritable comédien dans une petite ville des Ardennes pour s'y présenter candidat à la mairie, tout en indiquant aux habitants que s'il vient construire un vrai programme, il n'y aura pas de mandat puisqu'il n'est qu'un acteur et non un politicien. Sauf que les habitants commencent à vraiment se prendre au jeu. Municipale interroge du coup formidablement ce qu'est devenu la politique politicienne aujourd'hui entre coups de communication et projets fantoches. 

Dans les salles d'à côté, il y a Les promesses, film qui s'assume pleinement comme une fiction, mais particulièrement en phase avec le réel. Isabelle Huppert et Reda Kateb y forment un inattendu duo de maire et directeur de cabinet dans une ville du 9.3. Elle s'apprête à passer la main et ne pas rempiler avant d'y retourner, meurtrie de ne pas avoir récupéré le poste de ministre qui lui était promis. On passera sur des péripéties autour d'un marchand de sommeil qui entretiennent la flamme du scénario pour s'attarder sur les braises qui chauffent Les Promesses : montrer l'action politique dans ce qu'elle a de concret, ne pas être tant dans les coulisses du pouvoir que dans la confrontation entre les ambitions personnelles et celles de réellement faire bouger les lignes, le flou entre l'ego et le légal, les limites de l'éthique et le toc d'une parole qui ne vaut plus grand-chose. 

Pour autant Municipale comme Les promesses ne sont pas là pour entériner le refrain du tous pourris. Plutôt de profiter de la force des faux-semblants du cinéma pour aller toucher une autre vérité, celle des territoires et des populations aux pieds ancrés dans le concret face au hors-sol des candidats. Sans avoir à tracter pour un parti ou un autre, ces deux films ravivent avec des nuances qui ont été englouties par les communicants, les petites phrases et les polémiques sans intérêt, les attentes des citoyens envers la classe politique. Mine de rien, ce double porte-voix d'une classe prolétaire, ouvre enfin de vrais débats, bien plus exigeants que les gesticulations médiatiques des authentiques candidats plus proches désormais d'influenceurs YouTube que de votes. On en a encore entendu il y a peu certains, faire leur cinéma en citant Bac Nord en appui de leur programme sécuritaire. Pour éviter de se prendre en pleine poire la très possible déflagration de l'abstention en avril prochain, ceux-là, comme les autres, seraient plus avisés d'aller voir Muncipale et Les promesses, films aussi remontés que lucides, pour avoir un réel instantané de ce qui est en train de se jouer.

Municipale / Les Promesses. En salles le 26 janvier.

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26 janvier 2022

4:08

"La maison" : Netflix ouvre les portes de son nouvel étage

Mine de rien, le cinéma d'animation connaît pas mal de chambardements ces temps-ci. La faute aux plateformes de SVOD qui viennent de confirmer en trois temps la place qu'elles ont prise dans ce domaine. 

Il y a d'abord Amazon prime qui s'est emparé du quatrième volet d'Hotel Transylvania, mis en ligne depuis la fin de la semaine dernière, la très sympathique licence transformant les grands monstres classiques, de Dracula à Frankenstein en poilante colonie de vacances étant désormais privée de sortie en salles française. Puis Disney qui vient de décider qu'après Soul et Luca, Alerte rouge le prochain Pixar n'y sortirait finalement pas, pour servir d'appâts à nouveaux abonnés pour Disney +, confinant ainsi la société qui avait, depuis Toy Story, créé un nouvel âge d'or du cinéma d'animation en fournisseur de direct to video. Face à ses tractations qui tiennent avant tout de la stratégie mercantile, on en viendrait presque à penser que Netflix joue une carte plus philanthrope avec la mise en ligne, elle aussi en fin de semaine dernière, de La maison. Cela, dit il n'est pas anodin que dans ce film à sketches, il soit beaucoup question de ravalement et de reconstruction.

À vrai dire, il n'est pas une découverte que Netflix se jette dans un gros chantier autour du cinéma animation. Non seulement elle a ouvert un label, Netflixanimation, qui produit en interne des films plutôt réussis, comme La famille Willoughby, mais elle a aussi racheté des films consolidant leur cible jeune public, comme Les Mitchell contre les machines. Mais La maison marque peut-être une étape supplémentaire en s'aventurant sur un terrain plus complexe. 

Ce film omnibus s'écarte du jeune public, par une tonalité plus sombre, ou une animation moins lisse. En l'occurence en ayant commandé à quatre réalisateurs européens, cador de la stop motion (autrement dit l'animation de figurines et marionnettes) un triptyque aux airs gothiques, que ce soit celle d'une famille embarquée dans un pacte diabolique avec un mystérieux architecte, un rat aux prises avec toute sorte de vermine ou une chatte qui ne sait pas comment se débarrasser de locataires qui ne paient plus leur loyer. 

Une combinaison qui envoie le Wes Anderson de Fantastic Mr Fox ou des personnages à la Aardman, les créateurs de Wallace & Gromit dans les labyrinthes anxiogènes d'un Polanski voire d'un Lynch. Sans compter des invocations des univers de Michel Gondry ou Tim Burton. Le tout, manquant peut-être un peu de lien entre les segments – hormis leur décor commun de la maison du titre – rien ne les rattache totalement, mais absolument pas de cohésion dans l'aspect cauchemardesque ou névrotique. Et encore moins dans l'absolue perfection de l'animation. Ainsi les poupées de tissus du premier segment peuvent devenir de chagrin, ou la mélancolie du dernier se refléter dans les billes qui servent d'yeux à son personnage principal. Rien ne dit pour le moment si cette embardée vers une zone intermédiaire du cinéma d'animation entre fable grinçante pour ados et appel du pied vers un public plus adulte, la Maison Netflix s'est offerte un imposant étage supplémentaire.

La Maison. Depuis le 14 janvier sur Netflix.

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19 janvier 2022

4:20

Dušan Makavejev, cinéaste charnel

C'est quoi être libre au cinéma ? La question se pose toujours aujourd'hui mais était encore plus prégnante dans les années 60, quand la plupart des pays se rebellaient contre des carcans sociaux, moraux ou politiques. En France, avant-même mai 68, la Nouvelle vague a donné le la d'un cinéma qui voulait tout faire voler en éclats. On en oublie souvent qu'ailleurs aussi, ce mouvement-là était en cours. Et forcément plus encore dans des endroits loin de connaître les 30 glorieuses. A minima dans des pays de l'Est étriqués par des régimes communistes. Dans ce qu'on appelait encore la Yougoslavie, on l'a appelé la Vague noire. Les films de Dušan Makavejev sont pourtant haut en couleurs, quand ils auront allumé une mèche transgressive, pour faire péter la forme et le fond. Embrasser le politique et l'érotique. De quoi refaire le portrait du régime du président Tito, façon tête à Toto dans des objets singulier tenant à la fois de la comédie féroce et du désespoir face à une société corsetée. Reste qu'à la longue, le cinéma de Makavejev se résumait surtout à quelques moments dantesque dans des films tournés loin de chez lui, comme ce Sweet movie resté dans les annales pour sa séquence où Carole Laure nue se roulait dans des hectolitres de chocolat.

La réapparition de ses trois premiers long-métrages qui font rejaillir la sève d'un cinéaste bien plus provocant que ce qu'on pensait. L'homme n'est pas un oiseau, Une affaire de cœur et Innocence sans protection, culbute les principes usuels de narration. Ici on fait se chevaucher images documentaires et romance en milieu ouvrier, on zèbre de couleur les bobines du premier film parlant serbe, on perturbe un mélo avec des vrais-faux exposés de sexologue ou de médecin légiste. Trois déflagrations avant-gardistes avec lesquels Makavejev s' auto-intronisait enfant naturel de l'insolence d'un Jean Vigo et du surréalisme à la Bunuel, mais surtout s'imposait dynamiteur des règles à la manière d'un anarchiste théorisant la lutte des classes avec un mordant sens de la dérision ou celui d'une énormité rabelaisienne. Le tout traversé par une quasi-schizophrénie, quand qu'il s'agisse de raconter les amours fugitives d'un ingénieur et d'une coiffeuse, d'une employée des PTT et d'un dératiseur ou de retrouver un Mr Muscle vilipendé par le régime nazi, ce cinéma alterne pulsions de vie et de mort, l'obscène et la pureté. Le plus sidérant, au-delà de la découverte de ces trois films quasi-invisibles depuis leur sortie, reste la puissance formelle de leur avant-garde libertaire, l'audace encore intacte d'un triptyque resté bouillonnant. À la hauteur d'un cinéaste qui décrivait dans des interviews, la Yougoslavie comme un pays de Brigands, de pirates, d'hérétiques et de rebelles. Soit tout ce qui peut faire un cinéma vibrant, vivant, libre donc.

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12 janvier 2022

4:01

"Neige" de Juliet Berto : le retour d’une comète des années 80

Au début des années 80, on ne faisait pas des boules avec la neige, mais on se la fourrait dans le nez. Dans le Nord de Paris, de Pigalle à Barbès, c'est comme ça qu'on appelait la cocaïne. Elle et d'autres drogues faisaient partie des murs du coin, étaient presque des résidentes de ces quartiers qui n'avaient encore aucune idée de ce qu'était la gentrification. A l'époque, ils sont encore une sorte de cour des miracles du XXe siècle ; à la fois à la marge et communauté prolo solidaire. Le cinéma français d'alors s'y est souvent intéressé, notamment du côté du polar, de La Balance à Diva, souvent pour s'y encanailler. Moins pour réellement filmer cette faune dans son décor naturel. Juliet Berto, actrice chez Rivette ou Godard en a fait sa propre nouvelle vague de réalisatrice avec Neige, premier long-métrage, co-réalisé avec son compagnon, Jean-Henri Roger, se souvenant du réalisme poétique des dialogues Prévert et Carné tout en observant des corps contemporains. Du cinéma qui bat le pavé, renoue avec une galerie de personnages gouailleurs, qu'ils soient barmaid, travelo, curé ou dealer. 

Du vrai cinéma de quartier donc ?

D'autant plus quand Neige est un film très resserré autour de sa chronique de village urbain, qui réinjectait dans ses veines l'envie, justement, de la Nouvelle Vague de faire entrer la vie dans le cinéma. Berto et Roger avaient même l'habitude de dire que ce film s'était fait sous leurs fenêtres, celle d'une rue du 18e arrondissement côté Goutte d'or, cadre qui a donc fait office de naturalisme. La fiction autour du quotidien et de ses petits trafics s'y adapte, d'une poursuite dans un magasin Tati à un flinguage sous les néons d'une fête foraine. Neige est un film qui prône donc le mélange, entre patronnage d'acteurs d'avant comme Eddie Constantine ou Raymond Bussières et nouvelles trognes d'alors, celles de Jean-François Balmer, Jean-François Stévenin ou même Bernard Lavilliers dans une apparition furtive, voire Berto valsant entre devant et derrière la caméra. 

Quarante ans après sa sortie initiale, Neige a forcément un goût de cinéma disparu, un peu unique –  Deux ans plus tard, Cap Canaille, le second et avant-dernier film de Berto, se délocalisait à Marseille, mais avait déjà perdu de ce regard à la fois franc, sans aucun second degré, essayant de capter ce qui subsistait encore de lumière et de chaleur dans ces années 80 qui ne tenaient déjà plus leurs promesses sociales. Vu d'aujourd'hui, Neige sidère au minimum par son refus du misérabilisme (oui, il est donc question de came, mais on n'en verra jamais un gramme à l'écran) mais surtout par cette capacité à être accro à l'urgence de vivre ; du vrai cinéma immersif qui continue à baigner dans un jus qui manque à la production française actuelle. Tout comme Berto et Roger, morts et enterrés depuis longtemps. Neige est aujourd'hui déterré d'années d'invisibilité en salle, mais toujours aussi immaculé.

Reprise en salles, le 5 janvier

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05 janvier 2022

3:42

"Lamb" : 100% pure laine islandaise

María et Ingvar vivent reclus avec leur troupeau de moutons dans une ferme en Islande. Lorsqu’ils découvrent un mystérieux nouveau-né, ils décident de le garder et de l'élever comme leur enfant. Cette nouvelle perspective apporte beaucoup de bonheur au couple, mais la nature leur réserve une dernière surprise…

Entretien avec Valdimar Jóhannsson, réalisateur du film.

En salles le 29 décembre

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29 décembre 2021

7:24

“White Building” : La gentrification, c’est aussi un chantier de cinéma

Ce sera bientôt l'heure des bilans cinéma de 2021. Évidemment, il y aura les tops des meilleurs films dans la plupart des journaux, une analyse - voire des prospectives - autour de la situation des salles provoquée par le Covid qui s'incruste encore plus que les masque FFP sur les visages. Et puis, probablement aussi un coup d'œil sur les sujets qui se sont tout autant installés de films en films. Sur ce podium-là, c'est peut-être bien la gentrification qui grimpera sur la première marche. De Gagarine à Candyman ou In The heights, l'embourgeoisement galopant des quartiers est devenu une toile de fond tendue sur les écrans.
C'est encore plus le cas pour le cinéma asiatique qui s'est pleinement emparé de la question,  de la Chine à Taïwan ou au Cambodge avec White Building. Le premier film de fiction de Kevich Neang s'attache à cet authentique bâtiment de Phnom Penh, qui a abrité l'histoire du pays depuis les années 60 : résidence pour fonctionnaires d'état sous Sihanouk, réquisitionnée par les Khmers Rouge, équivalent local des HLM, puis objet de spéculation immobilière avant sa destruction en 2017. Neang, qui y a grandi avant que l'appartement familial soit évacué avant que l'immeuble ne soit rasé, accompagne dans ses couloirs un trio de potes vingtenaires qui rêvent de prendre leur envol.
Du coup, White Building, ça parle de destruction ou de construction ?
Un peu des deux, et ce dès l'introduction : sidérant plan au drone de ce bâtiment en décrépitude, mais on devine bientôt à quel point il regorge encore de vies. Ou dans le principe de suivre en parallèle,  les espoirs cette bande et les négociations avant démolition de l'immeuble.
White Building navigue entre les deux comme à travers une double géographie, architecturale et humaine. Mais aussi à travers les cinémas, ce film flirtant avec celui de Jia Zhang Ke (Still life, Au delà des montagnes...), l'un des meilleurs observateurs de la société chinoise dont il prolonge l'immersion documentaire, auquel Neang ajoute la part rêveuse d'un Apitchapong Weerasethakul (Uncle Boonmee, Tropical malady...) lors de déambulations hypnotiques.
Car le temps est un acteur à part entière de White Building, qui tente de freiner par son récit narcotique la rapidité avec laquelle, non pas un bâtiment, mais une génération, voire la métropole cambodgienne se transforme. L'atmosphère contemplative devenant du coup une inattendue forme de militantisme, une décélération luttant comme elle le peut contre une accélération économique.
Aujourd'hui, on ne sait pas encore vraiment ce qui va se dresser à la place du White Building, les derniers échos parlent d'un casino d'une vingtaine d'étages construit par une compagnie chinoise. Avec ce film-là, Neang a pris de l'avance sur un beau chantier, renforçant les fondations d'un cinéma qui se préoccuperait de la cohabitation entre l'écosystème du capitalisme galopant et celui à échelle humaine.
Sortie le 22 décembre

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16 décembre 2021

4:56

Ham on Rye : l’adolescence dans sa bulle

Dans le cinéma américain, on ne parle pas de films sur l'adolescence, mais de coming-of-age stories. C'est relativement intraduisible, mais pourtant très juste pour définir cette période-là, à la jonction entre deux âges, à la fois une sortie définitive de l'enfance et une en construction vers la conscience adulte.
L'entre-deux, c'est justement ce qui pourrait définir aussi Ham on Rye. Et encore qu'il faudrait élargir les choses, quand le film de Tyler Taormina multiplie les pistes et les humeurs. Ce qui n'est en fait pas plus mal pour tenter d'incarner la multiplicité de l'adolescence. Tout en s'attachant à essayer d'incarner une de ses données essentielles : cette drôle de sensation entre suspension du temps et ennui consenti qu'est la contemplation.
Et même là, Ham on Rye se dédouble en organisant la journée si particulière pour la jeunesse américaine qu'est le bal de fin d'année scolaire. La déambulation de plusieurs groupes de filles et de garçons se fait à la fois rêveuse et studieuse, s'imprégnant autant qu'il observe avec précision les rites de passage ou les tics de langage générationnels.
Taormina ne chôme pas pour autant quand il organise une sorte de synthèse de tout le cinéma américain sur l'adolescence depuis les années 80, ressuscitant ici le bucolique banlieusard du Outsiders de Francis Ford Coppola tout en tamisant la même lumière ethérée du Virgin Suicides de sa fille. Sans oublier de convoquer à sa boum la précision sociale d'un John Hughes (Breakfast club, La folle journée de Ferris Bueller...) ou d'un Richard Linklater (Slackers, Génération rebelle...).
Le tout dans une part brumeuse parfois anxiogène proche d'un David Lynch qui remettrait les pieds à la fois dans Blue Velvet et Twin Peaks. Ça fait du monde, mais après tout quoi de plus normal si l'on considère que l'adolescence, c'est aussi le moment où l'on vit en bande. Taormina ne se laissant pas dominer par ses influences, Ham on rye trouve sa propre identité dans l'espèce d'apesanteur qui s'en dégage, le film étant définitivement conscient de la volatilité de l'âge qu'il explore. Il se consacre du coup à son expérience en essayant de traduire physiquement l'écoulement du temps, de moments uniques et furtifs que sont les premières fois, mais que le souvenir ne rendra jamais éphémère.
Ham on rye confirme à quel point ils sont précieux, y compris lorsqu'un des ados au sortir de cette journée singulière demandera à la cantonnade si tout ça n'était pas qu'un rêve, si tout le monde n'était pas en fait endormi. Aucun des autres protagonistes ne lui répondra, trop attaché comme le film à faire subsister encore un peu une certaine magie, rester encore un peu dans le cérémonial cotonneux d'une adolescence collective, qui a ici des airs d'entre-monde envoûtant. Ham on Rye en fait une bulle, fragile, gracieuse, mais qui n'ignore jamais qu'elle finira par éclater.

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08 décembre 2021

3:39

SOS Fantômes, L'Héritage : La nostalgie n’est plus ce qu’elle était

Je n'ai jamais vraiment compris la hype qui s'est maintenue au gré des années autour de Ghostbusters (oublions son redoutable titre français, SOS fantômes). À l'époque, en 1984, je m'étais passablement ennuyé aux aventures d'une bande de scientifiques un peu branleurs qui se reconvertissaient en chasseurs de fantômes.
Certes, il y avait bien le côté rigolo d'un bonhomme chamallow géant ou d'un ectoplasme vert bouffeur de saucisses. Mais pour le reste, Ghostbusters allait plutôt à rebours d'un mouvement de fond du cinéma familial hollywoodien, qui grâce aux productions Amblin, la société de Steven Spielberg, essayait des Goonies à Roger Rabbit, L'aventure intérieure ou Gremlins de le faire un peu dérailler. Là où Ghostbusters faisait marche arrière en ressuscitant sous couvert de film fantastique, les comédies romantiques des années 40, forcément inintéressantes pour un ado des années 80.
Alors, pourquoi s'emballer pour SOS Fantômes : l'héritage ? Peut-être parce qu'entre temps, un véritable fantôme s'est emparé de la culture pop américaine, justement la nostalgie du cinéma façon Amblin, un peu potache, un peu transgressif jamais lisse.
Ou parce que cette réinvention de Ghostbusters prend finalement à rebours son matériau originel. Par exemple en déplaçant la chasse aux spectres de New York à un coin perdu de l'Oklahoma et du coup se débarrassant d'une pose un peu frimeuse. Mais surtout parce qu'il ramène cet univers de film d'aventure à sa bonne échelle : le film de 1984 reposait essentiellement sur des adultes qui voulaient continuer à jouer comme des enfants, celui d'aujourd'hui suit des enfants qui se retrouvent avec une mission d'adultes en devant sauver le monde.
Il n'est pas anodin non plus que ce soit Jason Reitman, fils d'Ivan, le réalisateur du premiers Ghostbusters qui se retrouve derrière la caméra. SOS fantômes : l'héritage ne se contente pas de remplir un cahier des charges, mais bien de raconter comment, si le monde continue de tourner génération après génération, celle d'aujourd'hui n'arrive pas à se trouver de modèle contemporain. 
Même s'il est très divertissant quand il joue la carte de l'action, SOS Fantômes : l'héritage n'est jamais aussi bon que quand il n'essaie pas de relancer une franchise, mais justement de remiser autant que se peut ses propres fantômes au placard pour un regard plus intime, moins désinvolte, sur une famille américaine paumée loin de ses repères habituels, qui doit solder les comptes d'un abandon paternel.
Reitman Jr. a beau multiplier les citations du film de son père, jusqu'à quasiment en faire le remake dans sa dernière partie, ce n'est pas tant la nostalgie des années 80 qui met ici la larme à l'œil que de voir un fils qui accepte la transmission de flambeau tout en revendiquant à la fois son indépendance et la part d'enfance qui subsiste en lui.

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01 décembre 2021

3:48

“Soul Kids” : rythm’n’blues et politique

Qu'est-ce qui vient immédiatement en tête quand on parle de Memphis, Tennessee ? La musique évidemment. C'est là-bas que l'héritage d'Elvis perdure dans le manoir de Graceland, là-bas que s'est noyé Jeff Buckley.
Memphis, c'est aussi un des berceaux du blues. Peut-être bien parce que c'est historiquement une des villes américaines les plus pauvres. Elle a pourtant enrichi dans les années 60, la musique mondiale en devenant le creuset de la soul, entre autres avec la création de Stax, label qui règnera en maître sur le Rythm'n'blues alignant tube éternel sur tube éternel. L'histoire de Stax s'est arrêtée en 1989, quand ces studios furent rasés. Elle renaît en 2000 avec l'installation au même endroit d'une école de musique qui donne des cours gratuits aux adolescents.
À la Stax Music Academy on apprend bien plus que la musique. Si Soul Kids swingue sur les morceaux d'Otis Redding, Sam & Dav, Issac Hayes et bien d'autres, réinterprétés par des gamins, le documentaire d'Hugo Sobelman fait entendre une voix plus profonde, celle d'un enseignement civique à l'heure de l'Amérique post-Trump. Dans cette école pas comme les autres, on élabore la construction personnelle des élèves en leur proposant de s'affirmer en dehors d'une stigmatisation de la classe pauvre ou noire. En s'extrayant d'un formatage social. Mais aussi à quel point ils s'inscrivent dans une histoire, quand les paroles des chansons d'hier, chantées par des mômes d'aujourd'hui portent le même discours, les mêmes complaintes.
Soul Kids se refuse pour autant à prendre le pli de la colère. Il s'essaie à une alternative militante qu'on aurait presque oubliée dans une époque ou seuls ceux qui éructent se font entendre : la possibilité d'un débat argumenté, pondéré, voire parfois teinté d'autocritique.
Soul kids donne des fourmis dans les pieds à chaque séquence musicale, mais fait surtout danser les neurones dans celles d'échanges entre professeurs et élèves, partageant leur expérience du vécu où le souvenir de figures historiques d'un combat pour les droits civiques qui n'a en fait jamais cessé.
À l'heure où la musique qui se fait le plus entendre chez nous est celle d'une offre politique particulièrement médiocre, qui a accordé ses violons autour d'une pensée aussi réductrice que nauséabonde, assurant que le plus grand dénominateur commun est la division ; une scène, parmi d'autres, de Soul Kids ou des enseignants apprennent à des mômes qu'ils ont de la valeur et la nécessité d'une écoute commune pacifiée, devient essentielle. Tout comme ce documentaire refaisant les gammes d'une pédagogie collective plus que jamais nécéssaire pour réinvestir pleinement la lutte des classes. Celle qui se joue donc ici dès l'école.

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24 novembre 2021

3:34

“Les Magnétiques” : so 80s

Un splendide coup de rétro sur la jeunesse des années Cold wave rappelle que le futur, c'est aussi une question de passé.

C'était comment, le début des années 80 ? Pas forcément aussi bien que la patine du temps à inscrit les années Mitterrand dans l'histoire. Avoir dix-huit ou vingt ans dans un petit bled de province,  à cette époque, c'était souvent synonyme d'ennui, entre la liberté limitée à un tour en mobylette et la menace du service militaire. Mais surtout la crainte de passer à côté de quelque chose qui était en train de se passer, un changement d'époque.

L'écho s'en faisait par la bande-son du monde extérieur, principalement anglaise. Une transition entre la fin des années punk et le début de celles cold wave. Avoir vingt ans au début des années 80, c'est se rendre compte que l'euphorie de Mai 68 est déjà sous tranquillisant, sentir que Mai 81 était en fait une arnaque, qu'après son vent de liberté, la camisole de la rigueur s'annonçait déjà.

Les Magnétiques témoigne remarquablement de cette charnière. Le film de Vincent Maël Cardona s'attache à Philippe, jeune homme qui vit et attend dans cette France rurale où il ne se passe rien, que justement il se passe quelque chose. Pour son père garagiste, c'est déjà trop tard, son frère aîné, lui a encore un tigre dans le moteur, mais commence à s'enrouer. 

La soif de vie de Philippe, elle,  rugit dans le micro d'une radio pirate bricolée dans la grange familiale.  À l'époque, on parle de radios libres, elles ne le seront plus longtemps, bientôt dévorées par des nécessités industrielles ou commerciale. Les Magnétiques se glisse dans cette parenthèse plus désenchantée qu'on le croit. Cardona rétablit cette vérité avec un film qui rend la parole à la jeunesse d'alors, celle  qui espérait qu'il y avait encore quelque chose à faire de sa vie.

Un vrai film “No future” ?

C'est ce qui en fait la splendeur d'un film qui constate que ces années 80 ont été la matrice d'un aujourd'hui socialement et politiquement bouché. Tout était déjà là, des inquiétudes écologiques aux statistiques d'un chômage de masse en passant par une pensée libérale déjà à l'œuvre.

Mais Les Magnétiques réincarne justement le véritable esprit No future en tombant pas dans la caricature du nihilisme, mais se refusant à une nostalgie, en insistant sur le principe de vivre tant que possible l'instant présent, de rester en colère contre les carcans. Ça peut être en montant le son, que ce soit celui d'une BO, impeccable compile d'époque alignant entre autres les danses métalliques de Joy Division et Front 242, mais aussi le lyrisme d'une variété symphonique avec le fameux Premier pas de Claude Michel Schönberg ou avec les extraordinaires séquences autour des créations sonores de Philippe.

Avec elles, Les Magnétiques ravive le langage pulsionnel, l'imaginaire ultra-créatif de cette génération, mais plus encore le feu intérieur qui anime ce jeune homme en apprentissage de la vie. Ses lueurs sont bien plus qu'une capsule temporelle, quand elles appellent à rallumer cette flamme dans l'époque actuelle, à l'image d'un des morceaux de la BO, le “Teenage Kicks” des Undertones, qui comme ce film conjugue aussi parfaitement qu'éternellement rage et mélancolie.  



En salles le 17 novembre.

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17 novembre 2021

3:29

« Une vie démente » : plus belge la vie

On ne le dira jamais assez, le point de vue Belge sur le sens de la vie est un des plus réjouissants qui soit. Pas forcément par le biais pris au pays du surréalisme, mais par cette capacité à pouvoir aborder de manière aussi frontale que relativisée tous les sujets. Comme le font par exemple Ann Sirot et Raphaël Balboni avec une vie démente, chronique de la gestion d'un Alzheimer en cours d'une sexagénaire par son fils et sa belle-fille.
Pas vraiment le sujet qui prête à rire, ou plutôt justement si. L'approche de ce couple de réalisateurs, basée sur leur propre expérience, est d'intégrer autant les moments difficiles que ceux heureux dans une telle situation. Une vie démente, se mettant au chevet non pas d'une malade et de ses proches, mais de leur quotidien quand il bascule parfois vers l'absurde. Pas question d'occulter les doutes ou les craintes, mais encore moins - et c'est la vraie rareté de ce film - de trouver un mode d'emploi quand l'extraordinaire devient ordinaire, de comprendre comment la vie peut malgré tout continuer
Alléger la pesanteur usuelle d'un tel sujet n'empêche pas de faire du cinéma, et du vrai, par de pures idées de mise en scène, d'un motif floral qui va peut à peu contaminer l'écran, comme l'Alzheimer colonise le cerveau de Suzanne ou des situations sociales lambda, comme un entretien avec un banquier ou un médecin reconstituées à minima, autour d'une table de cuisine.
C'est justement cela que demande Une vie démente, qu'on puisse s'asseoir et causer librement, normalement des choses, sans fard, mais sans y ajouter de pathos. Il y a quelque chose dans cette démarche, d'un cinéma de Maurice Pialat dans une version adoucie ou des photos de Martin Parr par la distance qui rend plus supportable la réalité.
Pour accompagner un esprit qui dérive peu à peu, Sirot et Balboni prennent le parti d'être philosophes, Une vie démente ne voyant pas quelqu'un qui perd la boule, mais la vie comme une pierre qui roule quel que soit le terrain accidenté.
En salles le mercredi 10 novembre

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10 novembre 2021

2:44

"A Good Man" : Le parcours d’un homme trans pour porter un enfant

Depuis quelque temps le cinéma s'est emparé de la question de la transidentité. D'entre autres Girl à Petite fille, le sujet est sorti du bois. Dans le cas d'A good man, il est même peut-être devenu un arbre cachant une autre forêt. Marie-Castille Mention-Schaar y filme bien le parcours d'un homme trans ayant décidé de porter l'enfant que sa femme, stérile ne peut avoir, mais pour porter le débat ailleurs : vers le droit à la normalité pour les histoires d'amour de couples non-cisgenres.

Mine de rien, c'est une autre forme de progressisme et de reconnaissance qui est ici en jeu. Le sens habituel de la pédagogie bienveillante de la réalisatrice (Les héritiers, Le ciel attendra ou la coécriture du scénario de La première étoile) est un bon atout pour ça.

Bien sûr, le choix d'une femme pour interpréter Benjamin reste questionnable, mais ce serait faire un mauvais procès d'intention à Schaar d'aller sur ce terrain-là. Au minimum parce que c'est Noémie Merlant, actrice à qui on peut accorder le crédit, via des films – Curiosa, Jumbo, Portrait d'une jeune fille en feu ou tout récemment Les olympiades- de rôles réfléchissant littéralement corps et âme à la recomposition du sentiment amoureux qui endosse ce rôle particulièrement casse-gueule.

Mais aussi parce qu'en pliant aux codes d'un cinéma romantique une identité sexuelle loin des cases traditionnelles, A good man vise à aller au-delà des normes sociales, avec la volonté d'intégrer les personnes transgenres à des problématiques très communes, du désir d'enfant à la difficulté de faire perdurer un couple. Ou, en l'occurrence, vouloir dépassionner un débat délicat en se focalisant sur une passion amoureuse entre deux êtres, quoiqu'ils aient dans le ventre.

En salles le 10 novembre



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09 novembre 2021

8:58

“Burning Casablanca” : chouffe Marcel !

Une romance sauvage fait mijoter l’esprit de Tarantino et de Sailor & Lula. Maroc’n’roll !

À Casablanca, on appelle les bastons de rue le “Zanka contact”. C'est de l'argot marocain, mais ça sonne aussi vachement bien en français, “Zanka contact”, ça swingue, ça percute à l'oreille. La magie de la traduction des titres de films en français fait que celui du film d'Ismaël Iraki est devenu chez nous Burning Casablanca. C'est pas mal non plus, ça sonne à la fois comme une annonce de série B ou comme un album de punk-rock des 70's, quelque chose d'énergique, d'électrique en tout cas.

Ça se confirme dès une première séquence rentre dedans. Ce dans tous les sens du terme quand le taxi de Raja, prostituée, s'encastre dans celui de Larsen Snake, rockstar aussi déchue que junkie. Une rencontre qui vire au coup de foudre entre ces deux écorchés à grande gueule. Les coups de latte qui les menacent viendront d'un client de Rajae, issu de la bourgeoisie, mécontent de ses services qui voudrait que son mac la corrige.

À partir de là, Burning Casablanca met le feu a à peu près tout ce qui est à sa portée, enfournant dans son moteur autant un scénario saute-mouton à la Tarantino que l'esprit d'un David Lynch période Sailor et Lula, tout est combustible dans cette romance sauvage et épicée.

Dans les festivals où le film est passé, il a même souvent hérité de l'étiquette inédite de “western tajine”. Ça se tient quand Burning Casablanca revendique aussi dans son décidément furieux melting-pot d'aller aussi piocher chez les westerns spaghettis, pas forcément ceux de Sergio Leone, plutôt ceux un peu plus râpeux, à base de traumas carabinés.

C'est d'ailleurs de là que vient la véritable énergie du film, ce principe de base pour Rajae et Larsen de s'arracher à leur sort, de toujours partir en live, Burning Casablanca les y encourageant en étant filmé avec l'urgence d'une performance permanente, parfois excessive jusqu'à devenir un sacré souk, mais particulièrement généreux.

Même quand il se perd un peu à force de changer les rues de son foisonnant bled de cinéma, il y a quelque chose d'une mèche allumée avec ce premier long métrage incandescent, au minimum pour la double bombe d'acteurs que sont Khansa Batma et Ahmed Ahmoud, aussi magnétique que sensuel tandem d'amants chauffés à blanc.

En salles mercredi 3 novembre

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03 novembre 2021

3:07

« Las niñas » : adolescence à l’espagnole

Sous les jupes plissées et les socquettes d’une bande de collégiennes des années 90, une chronique de l’émancipation de l’Espagne.

Fait incontestable : l'adolescence et le cinéma ont toujours fait bon ménage, que ce soit par des pans entiers de films sur cet âge pas si tendre ou par une production pléthorique lui étant directement adressée. Reste qu'il ne suffit pas de faire un film sur des ados pour savoir capter toute la complexité de cette période formatrice, ou ne pas sombrer dans certains clichés.
Ce n'est pas le cas de Las niñas. Peut-être parce que cette chronique d'une bande de gamines a Saragosse au début des années 90 explore aussi un pays lui-même alors en pleine phase de transformations profonde. Le premier film de Pilar Palomero a un évident goût de vécu, piochant très probablement dans les souvenirs de la réalisatrice mais surtout celui d'une Espagne, qui comme son personnage principal etait traversée par des envie de libération, d'émancipation.

Quelque part c'est une adolescence plus globale, d'un pays, délivré du franquisme depuis une petite poignée d'années, mais qui ne s'était pas encore débarrassé de certains réflexes, n'avait pas tout à fait acquis le mode d'emploi du progressisme qui est au centre de Las niñas.

Palomero a la justesse d'entremêler l'intime de Celia, élève trop sage d'une école catho bousculée par l'arrivée d'une nouvelle copine bien plus effrontée et donc une vision sociale en coupe, pour raconter ce mélange d'euphorie et de trouilles de pousser certaines portes, de pouvoir enfin jouer avec les interdits. Mais aussi comment il était nécéssaire de rompre une chrysalide purement espagnole, découvrant la démocratie mais encore sous l'égide d'une Église encore très prépondérante.

Las niñas ne se concentre pas pour autant sur une génération de filles tout juste pubères, cloitrées sous l'uniforme jupes plissées et socquettes. Ça a beau être un film se déroulant dans les années 90, il observe aussi le monde de 2020, ce moment où les libertés et droits des femmes sont remis en question. Filmer avec un incroyable naturel des gamines d'aujourd'hui jouer celles d'hier, dans des gestes de découverte, des premières fois, que ce soit fumer une clope en douce ou avoir un gros crush amoureux fait ce lien. S'attarder sur l'éducation par des mères naturelles et celles religieuses aussi, par cette demande aux spectateurs d'aujourd'hui de ne pas oublier que les injonctions sociales d'hier n'ont pas forcément autant bougé qu'on le pense aujourd'hui. À sa manière, Las niñas fait une prière, celle de continuer à veiller à l'émancipation , des petites comme des grandes filles.

En salles le 27 octobre

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28 octobre 2021

2:48

"Pig"  : Dans le cochon tout est bon

Une histoire improbable de truie kidnappée rappelle qu’il ne faut pas prendre Nicolas Cage pour une truffe.

Faut pas emmerder Nicolas Cage. Toute une tripotée de films où l'acteur pète un câble en attestent. Avec le souci de performances exubérantes voire excentriques devenues une marque de fabrique ayant mené les films en question directement sur les rayons des plateformes SVOD ou du direct to video. À priori un pitch à la John Wick (un chef cuisinier devenu ermite décide d'aller péter la gueule aux malotrus qui ont kidnappé sa truie truffière) laissait entendre que Pig rejoindrait cette cohorte. À grand tort.

Le premier long métrage de Michael Sarnoski baisse le ton, ramène Cage du maximalisme exacerbé à un minimalisme pour rappeler à quel point il peut être un acteur phénoménal. Plus fort encore, Pig met à jour quelque chose que l'on n'avait pas forcément vu, un fil rouge ténu entre les derniers opus furibards de Cage, qui raconte autre chose que des écarts de conduite furibards. Quelque chose de bien plus intérieur, lié à des personnages tous dévastés par l'idée de perte d'un être proche ou aimé. Une part doloriste qui prend sa place dans Pig, œuvre tout en intériorité à la limite de la leçon de philosophie bouddhiste autour d'un type meurtri par la civilisation humaine au point de s'en être retiré, mais qui n'a pas d'autre choix que de renouer avec elle. Un chemin de croix auquel se plie un Cage d'autant plus sidérant de retenue que ses récents états de service avaient occulté cette capacité.

Pig peut dès lors aborder l'idée d'une violence du monde autrement, en distribuant des bourre-pifs envers l'industrie de la cuisine étoilée via une grinçante satire, autre très bonne surprise d'un film inattendu dans tous les sens du terme.

En salles le 27 octobre



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27 octobre 2021

2:56

Pop Corn : "Les Héroïques" de Maxime Roy

Michel a 53 ans et peut-être pas forcément toutes ses dents. Normal, quand on s'est défoncé et qu'on a picolé dès l'adolescence. Michel n'a en fait jamais vraiment quitté cet âge-là. Rebelle un jour, rebelle toujours. Ce serait un crève-cœur pour lui d'abandonner ses t-shirts élimés ou un blouson de cuir aussi usé et buriné que son visage, voire de jacter autrement qu'en verlan façon loulou de banlieue des années 80.

Michel n'a en fait jamais vraiment grandi. C'est d'ailleurs ce que lui reprochent ses proches, de son fils ado à sa femme, avec qui il a récemment eu un bébé. Jusqu'à ce que ça craque, qu'elle décide de s'en séparer. Où que son daron renoue avec lui, alors qu'il crève à petit feu d'une sale maladie.

Alors Michel se retrouve coincé entre ses responsabilités de père et de fils, entre ses pulsions de vie et d'autodestruction. Les Héroïques n'a pas besoin d'en raconter beaucoup plus, puisque Michel est un concentré d'histoires à lui tout seul. Michel ou plutôt François Creton, acteur de sa propre vie.

Les héroïques n'est pas qu'une fiction, le film de Maxime Roy piochant énormément dans le parcours de Creton tout en fracas social. Il apporte bien plus qu'un visage et un physique ou une vérité à ce récit de la France des ultra-précaires. En touchant grâce à lui au près, au plus juste, un vécu, mais sans en occulter les zones d'ombres, Les héroïques touchent à une honnêteté loin d'être courante dans le cinéma français naturalisto-sociologique. Oui, il est question ici d'une reconstruction, mais avant tout de son processus et de la difficulté de l'accepter. Sans pour non plus sombrer dans le misérabilisme, Creton et Roy s'autorisant parfois à ridiculiser ce perpétuel immature comme à respecter les résurgences de son envie de ne pas rentrer dans le rang.

Forcément ce cinéma-là fera penser à une descendance de celui, solidaire, d'un Robert Guédiguian, renforcée par la présence d'Ariane Ascaride, avec le bonus de ne jamais s'affranchir de la complexité du réel, en filmant ses hauts et ses bas, sans angélisme ni jugement.

En salles le mercredi 20 octobre

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20 octobre 2021

4:30

"Pleasure" : le porno, cet autre monde du travail

Dans la séquence d'ouverture de Pleasure, une jeune suédoise débarque à Los Angeles. À la douane, lui est posée la traditionnelle question de contrôle « Are you here for business or pleasure ?» Le film de Ninja Thyberg pose d'emblée sa thématique : Linnéa est venue d'Europe dans l'espoir de devenir la plus célèbre des pornstars, quitte à devoir faire son trou dans le porno le plus extrême.
Pleasure achève l'imagerie du porno chic en s'immergeant dans les coulisses de cette industrie actuelle, régie depuis que ce registre est devenu essentiellement visible sur le Net, par la nécéssité commerciale d'un toujours plus. Thyberg se refuse pour autant à faire le procès de ce milieu en le présentant avant tout comme un univers de travail, avec des codes particuliers, mais en filigrane les mêmes dérives dans les rapports de pouvoir, de soumission, d'égalité hommes-femmes que dans la plupart des environnements professionnels. Le regard posé est clinique, cru et cul. Mais c'est la franchise de ce qui tient d'une rigoureuse étude sociologique, voire anthropologique qui surprend, Pleasure ne parlant finalement pas tant du porno tel qu'il se fait aujourd'hui, que de sa part de reflet de l'époque contemporaine.

Une fois rhabillée d'un nom de scène, Linnéa devenue Bella Cherry, se fait esquisse d'un portrait d'une génération décomplexée que ce soit dans son rapport à la sexualité, à la célébrité, l'argent comme à l'incarnation de soi par l'image. Le monde moderne selon Thyberg est fait de contrats, de relations factices, d'une hiérarchie économique reposant sur l'exploitation, dont les échelons peuvent se grimper en string ou en talons aiguilles, mais surtout en écrasant les autres. Un monde basé sur un principe de compétition permanente qui n'est qu'un miroir aux vanités. Pleasure avertissant qu'une fois traversé, il sera difficile de faire marche arrière.

En salles mercredi 20 octobre.

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19 octobre 2021

13:16

Ultime combat, Arts martiaux d'Asie

Le cinéma d'arts martiaux asiatique a longtemps manqué de reconnaissance critique. Peut-être par mépris envers un cinéma dédaigné parce qu'estimé impur ou marginal alors qu'il aura été un des plus populaires au monde. Ou simplement par ce que considéré comme un vulgaire cinéma d'action pour prolos. À tort quand derrière les prouesses physiques, il s'est toujours attaché à l'enseignement des vertus de disciplines aussi mentales que corporelles. Depuis une trentaine d'année, le regard porté sur ce cinéma a évolué pour admettre sa richesse, sa complexité et surtout la pertinence d'une identité cinématographique, de son extension du cinéma burlesque à sa relation profonde avec l'histoire de l'Asie est ses mouvements sociaux. De très nombreuses rétrospectives lui ont rendu hommage comme sa noblesse. Une exposition vient renforcer la chose en mariant cinéma et collections du musée du Quai Branly.

Il est assez pertinent que ce musée dédié aux arts et cultures primitives accueille un cinéma longtemps jugé primitif, au mauvais sens du terme, dans son rapport à la violence. Il y a même quelque chose de très beau à rattacher des objets traditionnels à des films, les faire se converser au gré des salles et des nombreux extraits pour lier spiritualité, légendes ancestrales et décryptage d'un art de vie guerrier. Les films sont remis en perspective avec les secousses des périodes historiques, délestant ce cinéma de sa réputation de spectacle bourrin pour les recontextualiser, expliquer la signification d'une technique ou d'un geste, révéler leur portée philosophique comme politique. La majorité des films choisis parlant en fait d'apprentissage, de transmission des traditions, de code d'honneur. Mais aussi de la modernité permanente de ce cinéma-là que ce soit par le rôle des femmes dans les films de sabre japonais ou hong-kongais ou dans l'incroyable complexité de scènes de combat plus virtuoses les unes que les autres. Il faut à ce titre saluer la scénographie de cette exposition, qui ne réduit jamais le champ ni le cadre des extraits à de simples vignettes. Au contraire, le choix a été fait de les présenter sur de grands écrans. Idem pour la hiérarchie, veillant à ce qu'aucun genre, de la kung-fu comedy au chambara ne soit négligé. Même quand il faut en passer par un passage obligé, par exemple l'évocation de Bruce Lee, la figure la plus iconique de ce cinéma, c'est par une salle spéciale, superbement dédiée aux mouvements du Petit Dragon, mais sans qu'elle écrase le reste. On pourra pour autant faire le petit reproche de l'absence de certains pays et cinématographies, comme la Thaïlande, l'Indonésie, ou le Vietnam alors que c'est aujourd'hui là-bas que les films d'arts martiaux connaissent désormais un renouveau, pour se concentrer essentiellement sur le cinéma et les cultures chinoises et japonaises. Mais après tout tant mieux, ça laisse de la matière pour une éventuelle future extension à cette exposition aussi foisonnante que remarquable d'intelligence rappelant que la philosophie est bel et bien un sport de combat.

Ultime combat, arts Martiaux d'Asie. Au Musée du Quai Branly, jusqu'au 16 janvier

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13 octobre 2021

4:23

"Mon légionnaire" : L’amour est un champ de bataille

Qui a dit que l'Armée était une affaire d'hommes ? Pas Rachel Lang. Encore moins le second film de cette réalisatrice. Dans Mon légionnaire, il y a bien des soldats, mais tout autant leurs compagnes. Elles forment une quasi-communauté dans un coin de Corse, en attendant que leurs conjoints reviennent de mission au Mali. Une opération qui n'a rien d'une routine et pourtant c'est ce qu'essaie de filmer Lang, cet ordinaire d'une vie de couple singulière quand elle est autant soumise au devoir qu'au conjugal. Mon légionnaire gravite autour de ces allers-retours : alors qu'un lieutenant part au front laissant son épouse à la base, une jeune ukrainienne y débarque accompagnant une nouvelle recrue. Lang en fait un double champ de bataille, en alternant séquences sur le terrain dans le feu de l'action et immersion dans le quotidien des femmes rongées par le feu de l'inaction, craignant chaque jour qu'on leur apprenne que leurs hommes sont tombés pour la France.



La question du bien fondé de la présence militaire français au Sahel n'est pas le souci de Mon légionnaire, film qui s'attaque avant tout à une guerre d'usure, celle où les blessures ne sont pas causées par balles, mais par les limites de l'engagement, qu'il soit au nom de la nation ou au nom du cœur. La question centrale posée par Lang étant de savoir faire face à un quotidien doublement régulé par la peur de ne plus être loyal à ses idéaux. Mon légionnaire ausculte ce front commun pour ces femmes et ces hommes avec une rigueur qui invoque la précision clinique, pour ne pas dire militaire, d'une Kathryn Bigelow (Démineurs) mais aussi la compassion pour l'élément humain du cinéma d'une Claire Denis (Beau Travail). Peut-être Lang doit peut-être cette inattendue combinaison à un parcours peu commun, qui l'a amené à faire ses armes au cinéma tout en étant officier de réserve. Un cadre qui l'a très probablement amenée à observer de près le fonctionnement de l'armée et son impact sur l'intime. En ressort un film étonnant quand il interroge le prestige de l'uniforme sans pour autant se mettre au garde à vous, voire ayant l'intelligence de revisiter avec nuance et complexité, la fameuse trilogie travail, famille, patrie comme de donner une parole aussi inédite que forte aux souffrances d'une institution surnommée La grande muette.



En salles le 6 octobre

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06 octobre 2021

3:02

Candyman : la vie en noir

On ne le rappellera jamais assez, le bon cinéma d'épouvante est celui qui n'a pas peur d'intégrer un rapport au réel, pour le commenter. C'était le cas en 1992 de Candyman, inattendue apparition d'un croque-mitaine qui surgissait pour éventrer à coup de crochet quiconque avait eu l'imprudence de prononcer cinq fois son nom. C'est plus encore le cas d'un film entre le remake et la suite qui débarque aujourd'hui. Les deux films conservent le même cadre, celui d'une cité HLM de Chicago, historique ghetto où a été parquée la classe ouvrière noire comme l'idée d'une créature issue de l'esclavage, revenue se venger éternellement. Les vingt ans qui séparent le premier Candyman de celui-ci ont fait le reste, laissant le temps d'infuser la dégradation des rapports entre blancs et noirs, comme les ravages de la gentrification dans l'Amérique contemporaine.
 D'autant plus quand c'est Jordan Peele, instigateur depuis Get Out, d'un cinéma d'épouvante prenant à bras le corps la question de la place des afro-américains dans la société qui le produit. Il assume pleinement la portée politique de ce nouveau Candyman, que ce soit en en ayant confié la réalisation à une femme noire, Nia Da Costa, ou en le truffant d'allusions, comme la présence dans la bande-son d'un morceau de Sammy Davis Jr, partisan de la cause noire qui avait fini par devenir supporter ardent de Nixon, justement titré... The Candy Man. Pas tant pour boucler la boucle que pour indiquer que l'Amérique se trimballe depuis trop longtemps ses rapports interraciaux. Cette réactualisation du film de 1992 troque sa part gore, par une mise en scène aussi habile qu'inventive, vers quelque chose de plus anxiogène, la prophétie d'une révolte coléreuse qui finira par engendrer des monstres au nom d'une bonne cause, qui ne peut plus se contenter de promesses. En faisant de son croquemitaine la mémoire d'une oppression contre les noirs qui ne veut pas être oubliée, ni être récupérée par une woke culture de hipsters blancs, ce Candyman là rend coup pour coup.

En salles depuis le 29 septembre



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30 septembre 2021

3:02

69e Festival de San Sebastian

De l’autre côté des Pyrénées, se tient actuellement l’équivalent espagnol de Cannes: sans la Croisette, mais à dimension plus humaine.

Alors que les salles de cinéma ont encore un peu mal à se remplir, les festivals, eux, font carton plein. Il faut dire que l'automne, c'est la pleine saison pour eux. Loin des immuables et mastodonte rendez-vous internationaux d'hiver et de printemps, que sont Berlin et Cannes, en septembre s'enchaînent ou presque, Venise, Toronto et San Sebastian. Ils sont un peu moins médiatiques, mais pas moins négligeables. San Sebastian a même pris l'habitude de se rebaptiser, « le plus petit des grands festivals ». A tort, quand non seulement, c'est l'épicentre du business du cinéma espagnol, mais aussi quand il diffère des autres manifestations, en étant fondamentalement accueillant pour le public quand les autres sont plus réservés à l'industrie.

Il y a quelque chose de très touchant à voir dans cette période de pandémie, des salles aussi pleines qu'enthousiastes. Surtout quand cette année, la programmation reflète non seulement un état du monde des plus inquiets quand à l'avenir mais se passe, pour énormément de films présentés, dans un cadre particulièrement intime. Beaucoup explorent des histoires d'individus en rupture avec leur environnement. Ainsi, la jeune fermière de la fin du XIXe siècle, dans As In heaven, film danois sous bel héritage Dreyer ou la jeune roumaine teigneuse d'aujourd'hui de Crai Nou, pour ne citer qu'elles, se rejoignent dans la difficulté de s'émanciper des règles familiales. D'une manière plus générale, quelles que soient les sections ou les nationalités, les films de cette édition énoncent clairement leur désarroi face à l'époque. Parfois en ruant dans les brancards, comme le douanier du Bruit des moteurs incapable de s'évader de son village canadien ou en succombant aux crises de paranoïa comme le prof slovène du grinçant Inventory peu à peu persuadé que tout le monde, surtout ses proches, ont voulu le tuer. Même les histoires de résilience spécifiquement locales, dont celle de Maixabel, autour du véridique rapprochement entre le mari d'une victime de l'ETA et son assassin, témoignent des obstacles que mettent une période faite de défiance, de méfiance sur un chemin qui ramènerait vers quelque chose de plus paisible. Quand ce n'est pas l'étonnante adaptation des Illusions perdues de Balzac par Xavier Giannoli qui scrute sous ses costumes des torts et travers – du phénomène des Fake News à la domination du libéralisme- très contemporains. Tout ça n'étant qu'un petit aperçu de la densité d'une édition clairement préoccupée par le monde tel qu'il se prépare. Mais au vu donc de la foule dans les salles, comme de la qualité générale des films ou même d'une météo qui a la politesse de ne faire tomber des trombes d'eau uniquement la nuit, le festival de San Sebastian, qui se tient jusqu'à samedi soir, a de très beaux airs de parenthèse encore un peu enchantée. Du moins pour les cinéphiles.

Jusqu'au 25 septembre. Plus d'infos : https://www.sansebastianfestival.com/in/

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22 septembre 2021

3:02

L'origine du monde : Laurent Lafitte lève des lièvres avec une histoire de chatte

À quoi tient une bonne comédie ? Peut-être bien à ce que l'on trouve de moins en moins souvent dans celles françaises : un postulat non seulement original mais surtout qui s'en sert pour s'affranchir de certaines limites.

Pour son premier film de réalisateur, Laurent Lafitte a fait le bon choix en allant piocher chez l'un des auteurs actuels de théâtre de boulevard les plus audacieux, Sébastien Thiéry. Comme souvent chez lui, l'argument de L'origine du monde, secoue des bases classiques, celle du vaudeville pour les malaxer avec des éléments d'absurde délirant, voire de surréalisme pour un commentaire social bien senti. En l'occurrence, avec un quadra petit bourgeois qui se retrouve un matin avec son cœur qui ne bat plus mais reste pourtant vivant. La seule solution pour retrouver un état normal est de fournir à une psy, marabout new-age sur les bords, une photo du sexe de sa mère. Lafitte a conservé cette combinaison d’Œdipe sur le fond et de Bunuel dans la forme mais ajoute son propre sens du décalage.

De quoi se réapproprier la mécanique parfaite de Thiéry pour mieux la détraquer. Là où le dramaturge se demandait si un homme sans cœur est toujours un homme, Lafitte enfonce le clou avec une joviale provocation pour s'attaquer en bonus aux notions de couple, d'amitié ou de famille, le tout sur un ton frontal pas éloigné de ce qu'aurait pu faire un Bertrand Blier avec cette matière. D'ailleurs, Lafitte reprend à son compte le fameux esprit « décontracté du gland» en mettant littéralement à poil le trio déchainé qu'il forme avec Vincent Macaigne et Karin Viard. Ce qui n'empêche pas une paradoxale pudeur, quand derrière les mordants dialogues cash ou les réjouissantes situations trash, L'origine du monde cache une autre mise à nu : entre une incartade au bois de Boulogne, d'insistants dialogues à double-sens entre les personnages joués par Laffite et Macaigne ou des génériques d'ouverture et clôture utilisant des chansons de Marie Laforêt et Shirley Bassey, références culturelles gays, une lecture possible du film comme celui du coming-out de son auteur s'installe rapidement. Il n'est donc pas impossible qu'avec ce solide premier essai derrière la caméra, Laffite coupe bien bien plus qu'un cordon ombilical. Qu'il le fasse à pleine dents, n'en est que honorable.
En salle depuis le 15 septembre

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16 septembre 2021

3:31

L'origine du monde : Laurent Lafitte lève des lièvres avec une histoire de chatte

À quoi tient une bonne comédie ? Peut-être bien à ce que l'on trouve de moins en moins souvent dans celles françaises : un postulat non seulement original mais surtout qui s'en sert pour s'affranchir de certaines limites.


Pour son premier film de réalisateur, Laurent Lafitte a fait le bon choix en allant piocher chez l'un des auteurs actuels de théâtre de boulevard les plus audacieux, Sébastien Thiéry. Comme souvent chez lui, l'argument de L'origine du monde, secoue des bases classiques, celle du vaudeville pour les malaxer avec des éléments d'absurde délirant, voire de surréalisme pour un commentaire social bien senti. En l'occurrence, avec un quadra petit bourgeois qui se retrouve un matin avec son cœur qui ne bat plus mais reste pourtant vivant. La seule solution pour retrouver un état normal est de fournir à une psy, marabout new-age sur les bords, une photo du sexe de sa mère. Lafitte a conservé cette combinaison d’Œdipe sur le fond et de Bunuel dans la forme mais ajoute son propre sens du décalage.


De quoi se réapproprier la mécanique parfaite de Thiéry pour mieux la détraquer. Là où le dramaturge se demandait si un homme sans cœur est toujours un homme, Lafitte enfonce le clou avec une joviale provocation pour s'attaquer en bonus aux notions de couple, d'amitié ou de famille, le tout sur un ton frontal pas éloigné de ce qu'aurait pu faire un Bertrand Blier avec cette matière. D'ailleurs, Lafitte reprend à son compte le fameux esprit « décontracté du gland» en mettant littéralement à poil le trio déchainé qu'il forme avec Vincent Macaigne et Karin Viard. Ce qui n'empêche pas une paradoxale pudeur, quand derrière les mordants dialogues cash ou les réjouissantes situations trash, L'origine du monde cache une autre mise à nu : entre une incartade au bois de Boulogne, d'insistants dialogues à double-sens entre les personnages joués par Laffite et Macaigne ou des génériques d'ouverture et clôture utilisant des chansons de Marie Laforêt et Shirley Bassey, références culturelles gays, une lecture possible du film comme celui du coming-out de son auteur s'installe rapidement. Il n'est donc pas impossible qu'avec ce solide premier essai derrière la caméra, Laffite coupe bien bien plus qu'un cordon ombilical. Qu'il le fasse à pleine dents, n'en est que honorable.
En salle depuis le 15 septembre
 

16 septembre 2021

3:31

Afrofuturistik : la science-friction africaine

Où en est-on, en France, avec le cinéma africain ?

En fait, un peu nulle part. Alors que la plupart des sélectionneurs de festivals s'accordent à dire qu'il y a quelque chose qui frémit sur ce territoire, qu'une nouvelle génération est en train de se mettre en place ; vu d'ici, la découverte de ce cinéma-là est majoritairement rétrospective, patrimoniale. Depuis 2013, Quartier Lointain s'efforce d'y remédier en proposant régulièrement des programmes de courts métrages récents issus de tout le continent africain, regroupés autour d'un thème. La 6e édition agrège cinq films autour de l'idée d'Afrofuturisme. Une bonne idée quand elle s'intéresse à ce qui s'est passé autour du phénomène qu'à été Black Panther, le triomphant blockbuster Marvel et sa reconnaissance d'une culture africaine. Qu'importe si elle est passée par une réappropriation hollywoodienne, Afrofuturistik propose justement un effet miroir, avec des films, kényan, rwandais, nigérian, marocains ou congolais, très différents sur la forme ou le ton mais se rejoignant dans le principe d'une vision de l'Afrique actuelle par une Afrique reprenant à son compte les codes de la mondialisation. Y compris ceux d'un cinéma de genre, en l'occurrence la science-fiction. Refiltrée par les imaginaires de cinq réalisateurs pour une sorte de colonisation retournée à l'envoyeur, elle vire à la science-friction en confrontant mondes d'hier, aujourd'hui et demain.

Qu'il soit question d'un Maroc quasi post-apocalyptique dans Qu'importe si les bêtes meurent, des rivalités de sorcières nigérianes dans Hello Rain ou du premier spationaute rwandais resté trop longtemps en orbite dans Ethereality, la question de pouvoir associer traditions narratives ou culturelles et projection dans le futur est commune à ces courts métrages. Jusqu'à former une passionnante agora proposant des réponses méditatives ou cinglantes quand We Need Prayers : this one went to market, analyse de manière fulgurante en quelques minutes du marché de dupe que sont les rapports entre l'Afrique et le monde occidental, tandis que Zombies se fait particulièrement lucide pour danser sur la transe de la communication à tout crin et des réseaux sociaux. Le tout avec autant une énergie et une pertinence dans le propos social ou politique, dont ferait bien de s'inspirer le cinéma européen ou américain.

En salles depuis le 1er septembre



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08 septembre 2021

3:53

Une histoire d'amour et de désir : la fleur du mâle

Un jour, il faudra bien se demander pourquoi les histoires d'éducation sentimentales et d'émancipation au cinéma se focalisent très majoritairement sur des personnages féminins. Leyla Bouzid était passée par là avec un premier film, À peine j'ouvre les yeux, où une jeune tunisienne faisait sa propre révolution en devenant chanteuse engagée. Engagé, le second long métrage de Bouzid l'est à sa manière. Autour du coup de foudre d'un étudiant d'origine algérienne pour une tunisienne débarquée à Paris, Une histoire d'amour et de désir s'attaque a ce qui tient quasiment d'un tabou, à savoir le déterminisme des jeunes hommes maghrébins à l'heure de leur première fois.

Une histoire d'amour et de désir voit cependant beaucoup plus loin que son titre faussement programmatique. La relation entre Ahmed, banlieusard renfermé qui ne connait de son pays de naissance que les injonctions sociales et moralisatrices et Farah, fille de la bourgeoisie de Tunis que rien ou presque n'effarouche ouvre une brèche quasi-inédite en s'attaquant aux images d'Épinal encore très ancrées autour des cultures du Maghreb vues d'ici de la place des jeunes hommes face à la pression sociale à la représentation des corps masculins arabes à l'écran. Ou plus simplement d'amalgames ayant fait de l'Afrique du Nord une entité globale, alors qu'elle est des plus diversifiées. Le geste est d'autant plus audacieux dans une période de retour au conservatisme, où les raccourcis sont entérinés comme des vérités, que Bouzid ose la douceur pour accompagner une démarche intellectuelle autour du déni de soi ou l'autocensure par une forme de dépucelage.

En ne renonçant jamais aux langueurs d'une romance, comme en faisant appel aux classiques oubliés de la littérature érotique arabe du Xème siècle, Une histoire d'amour et de désir prend langue sans qu'elle soit de bois, car n'occultant pas la complexité d'une identité maghrébine, bien plus dense que ses façades de virilisme ou d'atavisme religieux. Bouzid les travaillant au corps, par une sidérante combinaison de retenue et de sensualité. La vraie part de séduction de son film venant pour autant de sa proposition, qui peut paraître folle aujourd'hui où tout doit aller vite, de prendre du recul pour contrecarrer les préjugés, faire s'embrasser enseignements anciens et enjeux contemporains. La vibrante chamade qui s'installe ici doit bien sur beaucoup à Sami Outalbali et Zbeida Belhajamor, aussi remarquable que fièvreux duo d'acteurs, mais Une histoire d'amour et de désir terrasse surtout en rappelant qu'un propos intelligent autour d'une génération qui doit réapprendre à s'aimer afin de pouvoir s'autoriser à désirer l'autre, peut être incroyablement sexy.

En salles depuis le 1er septembre

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01 septembre 2021

3:15

"Passion Simple" de Danielle Arbid

Comment adapter la langue d’Annie Ernaux à l’écran ? En donnant littéralement chair et âme à son ressenti d’un féminin libre.

"À partir du mois de septembre l'année dernière, je n'ai plus rien fait d'autre qu'attendre un homme : qu'il me téléphone et qu'il vienne chez moi. Tout de lui m'a été précieux, ses yeux, sa bouche, son sexe, ses souvenirs d’enfant, sa voix… "

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06 août 2021

13:15

"The Sparks Brothers" d’Edgar Wright

Les Sparks sont le moins connu des groupes les plus influents. Un docu aussi pop et énergique que leur musique revient sur cette énigme.

The Sparks Brothers est une odyssée musicale qui raconte cinq décennies à la fois étranges et merveilleuses avec les frères/membres du groupe Ron et Russell Mael, qui célèbrent l’héritage inspirant des Sparks : le groupe préféré de votre groupe préféré.

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30 juillet 2021

3:39

"Les Sorcières de l’Orient" de Julien Faraut

Pendant que les J.O battent leur plein à Tokyo, un documentaire revient sur l’exploit exceptionnel de l’équipe féminine japonaise de Volley qui fit sensation à ceux de 1964.

Japon années 1960. Alors que Tokyo, en pleine reconstruction, signe son grand retour sur la scène internationale avec l’organisation des JO, un groupe de jeunes ouvrières connait un destin hors du commun. Après le travail, elles s’entraînent dans les conditions les plus rudes pour se hisser au sommet du volley mondial. Bientôt surnommées les « Sorcières de l’Orient », elles deviennent le symbole du miracle japonais. Leur histoire nourrira la pop culture durant des générations…

Visuel © Affiche Les Sorcières de l'Orient

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27 juillet 2021

14:08

74e FESTIVAL DE CANNES, le bilan

Doria Tillier avait raison : ça aurait été pas mal de commencer par la fin. Une cérémonie de cloture joyeusement chaotique et le palmarès ont éclairé une édition jusque-là nébuleuse. Voire bouclé en remaniant à la question posée au tout départ par Carax (et le Sparks) : So may we start (something new) ?

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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20 juillet 2021

4:16

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 11

À 24 heures du palmarès pas de pronostics, si ce n’est celui d’un prix de l’édition la plus mineure.

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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16 juillet 2021

2:37

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 10

Pas simple la tâche du jury Caméra d’or cette année : il va falloir départager 31 premiers films. Mais surtout trouver celui qui surpasse des oeuvres de vétérans plus fraîches que les nouvelles pousses.

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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15 juillet 2021

3:05

BUENA VISTA SOCIAL CLUB

Alors que Cuba retourne dans la rue, le fameux documentaire sur la musique qui en est issue fait son retour en salles.

Ry Cooder a compose la musique de Paris Texas et de The End of Violence. Au cours du travail sur ce dernier film, il parlait souvent avec enthousiasme a Wim Wenders de son voyage a Cuba et du disque qu'il y avait enregistre avec de vieux musiciens cubains. Le disque, sorti sous le nom de "Buena Vista Social Club", fut un succès international. Au printemps 1998, Ry Cooder retourne a Cuba pour y enregistrer un disque avec Ibrahim Ferrer et tous les musiciens qui avaient participe au premier album. Cette fois, Wim Wenders était du voyage avec une petite équipe de tournage.

Visuel © Affiche Buena Vista Social Club

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14 juillet 2021

2:21

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 9

Cannes, c’est parfois une cour d’école pour adultes. Mais rarement un terrain de jeu pour enfants...
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14 juillet 2021

2:27

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 8

Le tour de France ne passe pas en Paca cette année. En attente de films incontournables ou de révélations majeures, le festival lui pédale un peu à vide…

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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13 juillet 2021

2:32

74e FESTIIVAL DE CANNES, Jour 7

Dans l’attente d’une parole présidentielle qui pourrait impacter le festival, deux films français se rappellent férocement à son souvenir sur l’air de « Macron, si tu savais….".

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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12 juillet 2021

2:23

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 4

La place des femmes à Cannes 2021 ? Pas encore 50/50 mais ça avance…

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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09 juillet 2021

2:59

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 3

Une journée sous le signe de l’absence : d’un site de réservations de places qui finisse enfin par fonctionner, à celles, plus belles, de deux acteurs d’exception.

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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08 juillet 2021

2:54

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 2

Pendant que la salle Lumière tombe le masque, le rideau se lève sur les sections parallèles. Côté compétition, Tout s’est (effectivement) bien passé.

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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07 juillet 2021

3:18

74e FESTIVAL DE CANNES, Jour 1

Après la parenthèse covidienne de 2019, le festival de Cannes est de retour en fanfare avec Annette le nouveau film de Léos Carax, mais aussi déjà quelques couacs.

Visuel © Affiche Festival de Cannes

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06 juillet 2021

2:54

"Sous le ciel d’Alice" de Chloé Mazlo

Au moment où la catastrophe Libanaise passe sous les radars, une attachante romance orientale ravive ses douleurs.

Dans les années 50, la jeune Alice quitte la Suisse pour le Liban, contrée ensoleillée et exubérante. Là-bas, elle a un coup de foudre pour Joseph, un astrophysicien malicieux qui rêve d'envoyer le premier libanais dans l'espace. Alice trouve vite sa place dans la famille de ce dernier. Mais après quelques années de dolce vita, la guerre civile s'immisce dans leur paradis…

Visuel © Ad Vitam

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30 juin 2021

3:24

"De l'or pour les chiens" d’Anna Cazeneuve Cambet

À quoi ressemblent les jeunes femmes en fleur d’aujourd’hui ? À un film (et une révélation fulgurante d’actrices) qui ne craignent ni les épines ni les demandes d’amour.

Fin de l’été, Esther 17 ans, termine sa saison dans les Landes. Transie d’amour pour un garçon déjà reparti, elle décide de prendre la route pour le retrouver à Paris. Des plages du sud aux murs d’une cellule religieuse, le cheminement intérieur d’une jeune fille d’aujourd’hui.

Visuel © Rezo Films

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29 juin 2021

12:23

"Gagarine" de Fanny Liatard & Jérémy Trouilh

La rénovation des « Films de banlieue » utiliser le même principe que les plans gouvernementaux : repenser l’espace. Mais avec beaucoup plus de succès dans le cas de Gagarine.

Youri, 16 ans, a grandi à Gagarine, immense cité de briques rouges d’Ivry-sur-Seine, où il rêve de devenir cosmonaute. Quand il apprend qu’elle est menacée de démolition, Youri décide de rentrer en résistance. Avec la complicité de Diana, Houssam et des habitants, il se donne pour mission de sauver la cité, devenue son "vaisseau spatial".

Visuel © Affiche Gagarine

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23 juin 2021

3:25

"La nuée" de Just Philippot

Pendant que les insectes font Bzz, La nuée fait lui le buzz du nouveau cinéma de genre français.

Difficile pour Virginie de concilier sa vie d’agricultrice avec celle de mère célibataire. Pour sauver sa ferme de la faillite, elle se lance à corps perdu dans le business des sauterelles comestibles. Mais peu à peu, ses enfants ne la reconnaissent plus : Virginie semble développer un étrange lien obsessionnel avec ses sauterelles…

Visuel © Affiche La nuée

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16 juin 2021

2:59

"Il n'y aura plus de nuit" d’Eléonore Weber

Sur le terrain comme dans les mentalités, la guerre moderne est aussi désormais celles des images.

Des images provenant d’hélicoptères sur le théâtre des opérations. L’œil insatiable des pilotes scrute le paysage. Les hommes qui sont visés ignorent qu’ils le sont, ils n’ont pas repéré d’où venait la menace. L’intervention a lieu sous nos yeux. Celui qui filme est également celui qui tue.

Visuel © Affiche Il n'y aura plus de nuit

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15 juin 2021

13:16

"Tom Foot" de Bo Widerberg

Si on ne sait pas ce que donnera l’équipe de Suède à l’Euro, un des classiques du cinéma local revient en force sur le terrain.

Johan Bergman, petit Suédois de 6 ans, a une sacrée frappe et un redoutable sens du dribble. Repéré par Mackan, buteur star, ce petit prodige du foot lui vole la vedette. Propulsé directement chez les pros, il vient même au secours de l’équipe nationale suédoise pour l’aider à se qualifier pour la Coupe du monde 1974. Mais il a de plus en plus de mal à concilier vie d’enfant et exigences du métier de footballeur professionnel…

Visuel © Tom Foot

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09 juin 2021

3:16

"Häxan" de Benjamin Christensen

Cent ans plus tard, l’un des films muets les plus sidérants n’a rien perdu de sa puissance. Serait-ce de la sorcellerie ?

Présenté à la manière d’une conférence, Häxan est un film documentaire sur la sorcellerie, de l’antiquité à la période contemporaine du film (1922). La sorcellerie est représentée avec soin par des illustrations tirées d’ouvrages médiévaux et des reconstitutions filmiques. Du sabbat des sorcières aux interrogatoires de l’inquisition, les illustrations classiques prennent vie dans des visions spectrales inquiétantes utilisant tous les effets spéciaux disponibles à l’époque : surimpressions, maquettes, jump cuts, stop motion, maquillages et prothèses.

Coffret Blu-ray/DVD chez Potemkine

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02 juin 2021

4:05

"Playlist" de Nine Antico

Cadrée dans ses BD comme dans son premier long métrage, la liberté au féminin reste le sujet de Nine Antico

Sophie a 28 ans. Elle aimerait être dessinatrice, mais ce serait tellement plus facile si elle avait fait une école d’art. Elle aimerait aussi trouver l'amour, mais ce serait tellement plus facile s'il vous sautait aux yeux. Elle multiplie les expériences amoureuses et professionnelles. Prendre des coups, beaucoup, en donner, un peu : c’est ça, l’apprentissage. Dans sa tête tourne en boucle Daniel Johnston, qui chante que « l'amour véritable finit bien par vous tomber dessus » ; mais Sophie se demande s'il dit vrai.
En salles le 2 juin

Visuel © Affiche Playlist

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01 juin 2021

10:18

"The Father" de Florian Zeller

Perdons la mémoire de l’image publique de théâtreux qu’à Florian Zeller. Récit des errances mentales causées par la maladie d’Alzheimer, The Father l’impose comme un cinéaste d’importance.

La réalité d’Anthony, octogénaire atteint d’Alzheimer se fracture de plus en plus. Le faisant douter de tout, plongé dans le labyrinthe mental de la maladie...
Visuel © The Father

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26 mai 2021

4:44

"On Gaku" de Kenji Iwasawa

Il y a BEAUCOUP (49 films !) de chose à voir pour cette semaine de réouverture des salles.Mais plus encore à entendre dans On Gaku.

Une bande de lycéens marginaux menée par Kenji décide de créer un groupe de musique, sans savoir jouer. Le groupe Kobujutsu est né !

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19 mai 2021

5:05

"Magic" de Richard Attenborough

Bien avant d’incarner Hannibal Lecter, Anthony Hopkins tenait des rôles sacrément flippants. Comme dans Magic où il se fait bouffer la tête par une marionnette…

Marionnettiste de talent, Corky Withers est une grande vedette qui partage l'affiche avec Fats, sa marionnette partenaire. Ensemble, ils échangent des plaisanteries et font rire le public. Mais un jour, Corky refuse un gros contrat et s'enfuit dans sa ville natale sans donner d'explications à son impresario. Et pour cause : comment expliquer sans paraître fou que Fats la marionnette semble exercer une influence meurtrière sur celui qui la manipule ?

En dvd/Blu-ray chez Rimini éditions.

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12 mai 2021

4:12

"Shadow In The Cloud" de Roseanne Liang

Le virilisme en prend pour son grade dans série B féministe qui prend son envol en envoyant une héroïne badass en l’air... 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une jeune mécanicienne voyageant avec des documents top secret à bord d’un bombardier B-17 est confrontée à une présence maléfique qui risque de compromettre sa périlleuse mission.

Visuel © Affiche "Shadow in the cloud"

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05 mai 2021

3:28

"Judas & The Black Messiah" de Shaka King

La révolution des Black Panthers dans les années 60 est-elle soluble dans l’Amérique des années 2020 ? Oui, plus que jamais.

Chicago, 1968. Petit malfaiteur spécialisé dans le vol de voitures, William O'Neal se fait passer pour un agent du FBI pour commettre ses larcins. Lorsqu'il se fait coincer, le FBI propose d'effacer l'ardoise à condition qu'il devienne informateur ; il est chargé d'infiltrer les Black Panthers et de suivre de près Fred Hampton, le jeune chef charismatique du parti dans l’Illinois.

Visuel © Affiche "Judas and the Black Messiah"

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28 avril 2021

3:22

"The Empty Man" de David Prior

Disney a essayé de déguiser un très étonnant film d’horreur en slasher de base. Perdu : loin d’être vidé de sa substance, "The empty man", est un futur classique du cinéma d’épouvante.

James Lasombra, ex-policier alcoolique qui ne se remet pas du décès de sa femme et de son fils dans un accident de voiture, est désormais détective. Il enquête sur la disparition de la fille d’une amie et tombe bientôt sur les traces de « l’Empty Man », devenu légende urbaine auprès de tous les adolescents du coin…

Visuel © Affiche "The Empty Man"

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21 avril 2021

5:08

"Merrick" de Benjamin Diouris

De (tout petits) moyens n’empêchent pas de faire du grand cinéma, lyrique et ambitieux.

Dans un monde décimé par une étrange épidémie, Stanislas Merrick, un ancien champion de boxe, survit reclus et coupé du reste du monde. Son quotidien est bouleversé lorsqu'il fait la rencontre d'Esther, une jeune fille échappée d'un camp de réfugiés et traquée par un ancien soldat.

Disponible sur la plupart des plateformes de VOD (Amazon prime, Canal Vod, Orange, Apple Tv+…)

Visuel © Affiche "Merrick"

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14 avril 2021

4:37

"Authentique mais vrai" de Gilles Botineau

Philippe Clair mérite mieux que d’être répertorié dans les encyclopédies de cinéma comme un faiseur de nanars. Un livre d’entretiens le remet à sa bonne place : celle d’un artisan chevronné du gag.

Mais qui se cache derrière des titres aussi improbables que "Par ou t’es entré on t’a pas vu sortir ?" ou "Ces flics étranges venus d’ailleurs ?" Philippe Clair, réalisateur oublié alors que champion du box office des années 70 ou précurseur d'un cinéma poético-loufoque. Conversation au long cours avec lui, Authentique mais vrai, revient sur son parcours singulier.

Visuel © Wikipédia

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07 avril 2021

4:41

"Madame Claude" de Sylvie Verheyde

Le portrait rectifié d’une célèbre mère maquerelle des années 70 devient celui d’une business woman. Donc forcément en phase avec l’époque actuelle.

Fin des années 1960, Madame Claude règne sur Paris et au-delà grâce à son commerce florissant. En réinventant les codes de la prostitution, en empruntant ceux de la bourgeoisie et en s’inventant un passé respectable, elle est devenue une femme d’affaires redoutée et estimée du monde politique au grand banditisme. Femme de pouvoir dans un milieu et une époque d’hommes, à la veille des grands mouvements de libération de la femme, elle sera aussi le témoin de la fin d’une époque…

Sur Netflix, à partir du 2 avril

Visuel © extrait de "Madame Claude"

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31 mars 2021

4:22

"Le grand inquisiteur" de Michael Reeves

La chasse aux sorcières est de nouveau dans l’air du temps. Dans le cinéma anglais de 1968, c’était déjà un sujet plus politique que polémique.

Au XVIIe siècle dans une Angleterre en proie à la guerre civile, Matthew Chapman, inquisiteur traque quiconque est soupçonné de sorcellerie. Un soldat, amoureux de la nièce d’un prêtre accusé à tort va se dresser contre lui...

Visuel © Pochette DVD "Le grand inquisiteur" de Michael Reeves

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24 mars 2021

4:01

Flesh Memory de Jean-Jacky Goldberg

Qu’y a-t-il de l’autre côté des écrans des cam girls ? De la chair, mais surtout de l’âme.

Finley Blake est cam girl : elle gagne sa vie en faisant de l'exhibition sexuelle sur Internet, devant sa webcam. Elle a 33 ans, vit seule dans une maison isolée à Austin, Texas, et tente de récupérer la garde partagée de son fils qui lui a été retirée du fait de sa profession. Ce film est un documentaire qui la suit quelques jours dans sa vie, à la fois solitaire et très peuplée, tournée en grande partie vers des écrans qui sont son contact privilégié avec le monde.

Visuel © Affiche "Flesh Memory" de Jean-Jacky Goldberg

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17 mars 2021

3:20

César 2021 : Côté jardin et côté courts (métrages)

Grosses interrogations sur le contenu et la forme de la cérémonie récompensant le cinéma français. Mais aucune inquiétude sur les courts-métrages en lice cette année : ils sont de haute tenue.

En attendant de savoir qui décrochera le César du meilleur court-métrage, décernons déjà notre double prix a nos chouchous,
L’Aventure atomique de Loïc Barché et Qu’importe si les bêtes meurent de Sofia Alaoui.




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10 mars 2021

4:53

"American Utopia" de Spike Lee

David Byrne a toujours su faire son show. Plus encore avec American Utopia, plaidoyer pour un retour à l’intelligence humaine.

Une captation, par Spike Lee, du dernier spectacle de David Byrne, sur une scène de Broadway…
Disponible sur la plupart des plateformes VOD (Orange VOD, Canal VOD, FilmoTV….)



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03 mars 2021

5:15

Small Axe de Steve Mc Queen

Le réalisateur de 12 years a slave s’étale sur vingt ans de vie noire à l’anglaise. La preuve par cinq récits que tout individu est relié à une communauté.

Autant mini-série que collection de films indépendants les uns des autres, Small Axe s’invite dans la communauté afro-caribéenne en Angleterre des années 60 à 80.
Les tranches de vies muent en tranche d’histoire britannique : celle de l’intégration et du racisme systémique.

Sur Salto, à partir du 26 février.

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24 février 2021

5:28

F.A.M.E (Festival International de Films sur la Musique) 7e édition

La musique c’est bien sur une histoire de son. Mais c’en est aussi une d’images.

Du dancefloor aux enjeux de société, il n’y a qu’un pas que FAME franchit avec une programmation toujours curieuse du monde qui l’entoure. Démonstration avec une série de films à découvrir en exclusivité et en ligne sur la plateforme mk2 Curiosity. Le festival se passe à l’intérieur de nos écrans cette année, mais il reste résolument tourné vers le coeur battant de la société. Car tel est le pari FAME : écouter le monde à travers son beat, ses break, et ses pulsations.

DU 18 au 25 février sur https://www.mk2curiosity.com

https://www.youtube.com/watch?v=OdKDLR3TY5w&feature=emb_logo

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17 février 2021

4:24

Une histoire orale d’Andrezj Zulawski, de Matthieu Rostac & François Car

En parallèle d’une nouvelle édition en Blu-Ray de Possession, l’un de ses films les plus marquants, un livre tout aussi embrasé revient sur la carrière (et le caractère) de son réalisateur.

Qu’on l’aime ou non, le cinéma d’Andrzej Zulawski reste à part. Des films excessifs, chaotiques, hystériques mais surtout fulgurants et animés par une fièvre romantique sans pareil.
Même sans les images, la puissance de ce cinéma persiste dans les pages d’un livre recueil de témoignages revenant sur le parcours d’un cinéaste incandescent et des champs de bataille qu’étaient ses tournages.
 
En vente sur la boutique du Chat qui fume : https://lechatquifume.myshopify.com/collections/precommandes/products/une-histoire-orale-dandrzej-zulawski
 

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10 février 2021

5:20

Le 20e anniversaire de LABO, à Clermont Ferrand

Depuis 2001, la compétition Labo du festival du court métrage de Clermont-Ferrand fait la part belle aux cinéastes visionnaires, avant-gardistes,(ré)inventeurs.

Chaque année, cette sélection complètement décalée vous étonne et bouscule un paysage cinématographique campé sur ses acquis. Terrain de jeu expérimental, casse-tête d’animation débridées, agitation cérébrale… Au labo notre monde est questionné, disséqué, ré-assemblé, transformé, afin d’en faire jaillir de toutes nouvelles perceptions, libres et surprenantes.

Forte de ses 20 ans d’expériences, cette compétition unique n’a pas atteint ses limites ! En partenariat avec les éditions Autour de Minuit, elle vous offre un florilège de 20 de ses meilleurs films à travers la création d’un coffret Bluray accompagné de son livret de 52 pages et de nombreux bonus (qui seront accessibles en version dématérialisée) !

Coffret Blu-ray en vente sur la boutique d’Autour de Minuit (http://blog.autourdeminuit.com/dvd/blu-ray-boxset-20th-anniversary-of-lab-clermont-ferrand-short-film-festival/)

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03 février 2021

4:10

Retrospective Helena Trestikova

Un adage veut que La vie soit un roman. Pour Helena Trestikova, documentariste tchèque c'est aussi des (beaux) films égrenant le fil du temps.

La cinéaste tchèque Helena Třeštíková développe une singulière esthétique de la rencontre. Elle filme avec une infinie patience des êtres et leurs familles – de cœur ou d’infortune – en revenant sans cesse auprès d’eux. Cette fréquentation assidue, fidèle, est une expérience commune d’observation participante, au plus près de la vie.
Helena Trestikova observe des êtres qui cherchent leur place, souvent en rupture avec la société ; des lignes de vie plus forte que l’infamie ou le déterminisme social. L’issue est fragile, incertaine, mais la vie se révèle encore et toujours plus forte.

Cette première rétrospective française de l’œuvre d’Helena Třeštíková met en évidence un cinéma qui s’élabore sur la (très) longue durée. Contemporaine des expériences longitudinales de Michael Apted (The Up series), Barbara et Winfried Junge (Die Kinder von Golzow) ou Michel Fresnel (Que deviendront-ils ?), Třeštíková travaille la sérialité documentaire selon des modalités précises. Au montage, elle ordonne chronologiquement chaque séquence pour restituer l’expérience d’une vie, dans la durée condensée du film. Le résultat est souvent vertigineux. Elle s’inspire d’une technique aussi ancienne que le cinéma, le résumé-accéléré ou time-lapse en anglais.

Sur le site de la BPI (BIbilothèque Publique d’Information du Centre Pompidou) jusqu’au 6 mars/ https://www.bpi.fr



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27 janvier 2021

4:34

"In Search Of Darkness" de David A. Weiner

Les années 80 furent une période particulière pour le cinéma d’horreur américain, elle fit rimer gore avec âge d’or.

À quoi ressemblait le cinéma d’horreur made in USA dans les années 80 ? De John Carpenter à Joe Dante, les cinéastes, acteurs, techniciens qui l’ont fait ravivent leurs souvenirs dans un documentaire-fleuve, tout en revenant sur l’impact de cette production sur le cinéma de genre contemporain.
Visible sur https://www.shadowz.fr à partir du 22 janvier.

https://www.youtube.com/watch?v=LtG6hYUvlkc

Visuel © Affiche d'"In Search Of Darkness" de David A. Weiner

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20 janvier 2021

4:25

L’histoire des gros mots

De leur histoire méconnue à leur importance sociale, une série ludique pour redonner les lettres de noblesse aux jurons.

Le cours d'histoire dont vous aviez besoin sans le savoir. Présentée par Nicolas Cage, L'histoire des gros mots est une série tapageuse qui explore l'origine des gros mots, leur usage dans la culture pop, leur explication scientifique et leur impact culturel. À travers plusieurs entretiens avec des experts en étymologie et en culture pop, des historiens et des artistes, cette série en six épisodes remonte aux origines des mots "Fuck", "Shit", "Bitch", "Dick", « Pussy », « Damn ». 

https://www.youtube.com/watch?v=XByiHpUvrj0

Visuel © History of Swear Words

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13 janvier 2021

4:39

ZONES HUMIDES de David Wnendt

Sous un épiderme trash à la John Waters, la version teutonne de La Boum rédige le manifeste féministe des adolescentes d’aujourd’hui.

Helen est une adolescente non-conformiste qui entretient une relation conflictuelle avec ses parents. Passant la plupart de son temps à traîner avec son amie Corinna, avec qui elle transgresse un tabou social après l’autre, elle utilise le sexe comme un mode de rébellion et casse la morale bourgeoise conventionnelle. Après un accident de rasage intime, Helen se retrouve à l’hôpital où il ne lui faut pas longtemps pour faire des vagues. Mais elle y rencontre Robin, un infirmier dont elle va tomber follement amoureuse…
En dvd/Blu-ray chez Extralucid films (https://www.extralucidfilms.com)

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06 janvier 2021

6:59

VOD : les autres plateformes...

Netflix, AmazonPrime et consorts c’est bien. Mais il y a mieux sur d’autres sites pour passer un Noël cinéphile.

En attendant que les salles de cinéma rouvrent, les grosses plateformes VOD s’en donnent à coeur joie. Ces mastodontes cachent pour autant une multitudes d’autres sites, regorgeant de perles et de trouvailles. Petit tour d’horizon.

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16 décembre 2020

3:37

"The Wicker Man" de Robin Hardy

Le remarquable et séminal film d’épouvante anglais des 70’s réapparaît (normalement) mi-décembre en salles.

Puisqu’on n’est pas sur que Noël sera autorisé cette année, autant célébrer la fête païenne qu’es "The Wicker Man", film à part dans le cinéma fantastique britannique, de ressortie dans une version inédite. Un vrai cadeau, donc.

A la veille du 1er mai, sur un ilot écossais, un policier du continent enquête sur la disparition d’une fillette et se heurte à l'hostilité et au mutisme de ses habitants. Et s’ils en savaient plus sur ce mystère...

Visuel © The Wicker Man  de Robin Hardy

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09 décembre 2020

4:46

Le livre « Censure & Cinéma en France »

À l’heure où l’on s’interroge sur l’utilisation des images de violences policière, un copieux ouvrage collectif rappelle que même au cinéma, la censure, c’est une affaire de pouvoir. 
Que peut-on montrer dans un film en France ? Depuis 1916, une commission est chargée de contrôler les images de cinéma. De son historique à ses évolutions, en passant par d’étonnants cas d’école, Censure & Cinema en France (Editions LettMotif) revient sur cet organisme plus complexe qu’on le croit, et à ses résonances sociales.

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02 décembre 2020

3:51

« Petite Fille » de Sébastien Lifshitz

Comme disait Simone de Beauvoir : « On ne nait pas femme, on le devient ». Le combat d’une mère pour son enfant transidentitaire le confirme dans un très beau documentaire.
Sasha, né garçon, se vit comme une petite fille depuis l’âge de 3 ans. Le film suit sa vie au quotidien, le questionnement de ses parents, de ses frères et sœur, tout comme le combat incessant que sa famille doit mener pour faire comprendre sa différence. Courageuse et intraitable, Karine, la mère de Sasha, mène une lutte sans relâche portée par un amour inconditionnel pour son enfant.
En avant-première du 25 novembre au 2 décembre sur Arte.tv et en diffusion sur Arte le 2 décembre.

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25 novembre 2020

3:49

« Chroniques du Cinéma Confiné », le recueil du monde du cinéma sur son avenir post-confinement

Pendant que les salles sont fermées, le monde du cinéma réfléchit à son avenir dans un almanach du premier confinement
Du 17 mars au 22 juin, les salles de cinéma ont été fermées. Mais pas l’esprit de son industrie : réalisateur, comédiens, attachés de presse, producteurs, critiques, techniciens et autres ont tenu un journal de bord du premier confinement pour conjurer leurs angoisses mais aussi exprimer d’une voix chorale ce qu’il espéraient du cinéma tel qu’il se fera dans le monde d’après.
Chroniques du Cinéma Confiné

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18 novembre 2020

4:29

La compilation « Le cinéma policier français » de Jean-Ollé Laprune

Pour demander les papiers d’identité du cinéma français, un livre compliatoire qui ne s’astreint à un contrôle de routine pour enquêter sur un genre beaucoup plus vaste qu’on le croit.
De 1901 à 2019, cent films policiers français pour mieux faire le portrait-robot du polar bien de chez nous. Une cartographie subjective (et généreuse) façon mise en examen qui préfère décloisonner les cellules d’un cinéma particulièrement varié, entre grands classiques et raretés ou perles oubliées.

Paru chez Hugo Images.

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12 novembre 2020

3:30

VOYAGE VERS LA LUNE de Glen Keane

Un artisan hors-pair de chez Disney passe à la concurrence, mais n’a pas laissé son brillant savoir-faire chez la maison Mickey.
Aussi brillante que passionnée de science, une jeune fille déterminée construit une fusée pour se rendre sur la lune et prouver l'existence d'une légendaire déesse lunaire ! C'est alors qu'elle se retrouve embarquée dans une quête inattendue et qu'elle découvre un univers féerique peuplé de créatures fantastiques.



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04 novembre 2020

3:41

« Forbidden Hollywood »

Hollywood a toujours aimé le scandale. Encore plus dans les années 20 ou TOUT lui était permis.
Entre 1929 et 1934, Hollywood réagit à la crise en se lâchant. Peut-être un peu trop pour la censure qui y mettra le holà avec le Code Hays. Mais cette parenthèse (dés)enchantée a donné lieu à des films osant tout, au nom d’une liberté morale qui reste ahurissante encore aujourd’hui. La preuve avec un coffret de dix films en sens interdit.

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28 octobre 2020

3:02

« DRUNK » de Thomas Vinterberg

Boire pour noyer le chagrin des regrets ? C’est le beau programme de Drunk, film qui a de la cuite dans les idées
Quatre amis décident de mettre en pratique la théorie d’un psychologue norvégien selon laquelle l’homme aurait dès la naissance un déficit d’alcool dans le sang. Avec une rigueur scientifique, chacun relève le défi en espérant tous que leur vie n’en sera que meilleure ! Si dans un premier temps les résultats sont encourageants, la situation devient rapidement hors de contrôle.

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21 octobre 2020

2:43

« Calamity, Une Enfance De Martha Jane Canary » de Rémi Chayé

1863, États-Unis d’Amérique. Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest avec l’espoir d’une vie meilleure, le père de Martha Jane se blesse. C’est elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. L’apprentissage est rude et pourtant Martha Jane ne s’est jamais sentie aussi libre. Et comme c’est plus pratique pour faire du cheval, elle n’hésite pas à passer un pantalon. C’est l’audace de trop pour Abraham, le chef du convoi. Accusée de vol, Martha est obligée de fuir. Habillée en garçon, à la recherche des preuves de son innocence, elle découvre un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure pleine de dangers et riche en rencontres qui, étape par étape, révélera la mythique Calamity Jane.
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14 octobre 2020

3:06

« Dick Johnson Is Dead » de Kirsten Johnson : ou comment lutter, au cinéma, contre Alzeihmer

Les gens peuvent avoir plusieurs vies et par conséquent, plusieurs morts. Ce n’est pas macabre (c’est même assez drôle et très touchant), c’est le nouveau film de Kirsten Johnson, qui interroge la nécessité d’entretenir la mémoire de ses proches.

Visuel © Dick Johnson Is Dead de Kirsten Johnson

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07 octobre 2020

3:20

À Coeur Battant de Keren Ben Rafael

Julie et Yuval s’aiment et vivent à Paris. Du jour au lendemain, ce couple fusionnel doit faire face à une séparation forcée. Lui à Tel Aviv, dans sa ville natale, elle à Paris avec leur bébé, ils continuent à vivre ensemble mais par écrans interposés. Cette vie par procuration va vite connaître ses limites. La distance mettra leur amour à rude épreuve…
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01 octobre 2020

2:57

Gaspar Noé : « Les vrais pessimistes font des films qui ne sont pas drôles »

Dans Lux Æterna, le cinéaste franco-argentin Gaspar Noé, auteur irrévérencieux et iconoclaste d'Irréversible, de Love ou de Climax, fait la lumière sur son monde dans un moyen métrage ensorcelé.

Charlotte Gainsbourg accepte de jouer une sorcière jetée au bûcher dans le premier film réalisé par Béatrice Dalle. Or l’organisation anarchique, les problèmes techniques et les dérapages psychotiques plongent peu à peu le tournage dans un chaos de pure lumière.

Notre journaliste cinéma Alex Masson a rencontré le cinéaste chez Radio Nova. « Les vrais pessimistes font des films qui ne sont pas drôles. », assure Gaspar Noé qui considère également, et certainement à juste titre, que « Le cinéma n'est pas forcément un art. » Qu’en est-il du sien ?

Visuel © Lux Æterna

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23 septembre 2020

7:04

Enorme de Sophie Letourneur

Quand une histoire d’enfant dans le dos regarde de face des questions qui dérangent (sur le genre, le corps des femmes, le couple), c’est forcément énorme.
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02 septembre 2020

4:14

THE CLIMB de Michael Angel Covino

Maillot jaune des sorties de cette été, une bromance remet à zéro les compteurs d'une amitié masculine.
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29 juillet 2020

6:20

LA NUIT VENUE de Fréderic Farrucci

Film noir rutilant, La nuit venue fait une mise à jour de la diversité à la française.
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13 juillet 2020

6:33

TOUT SIMPLEMENT NOIR de Jean-Pascal Zadi et John Wax

Qu’on se le dise, en ces temps d’interrogation d’un racisme systémique en France, le noir est une couleur qui va formidablement bien à la comédie bien de chez nous.
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01 juillet 2020

3:58

« Nous, les chiens » d'Oh Sung-yoon & Lee Choon-Baek

Le chien est le meilleur ami de l'homme. Affectueux, fidèle… mais lorsqu'il vieillit ou se comporte mal, il est parfois abandonné comme un mouchoir souillé. Et lorsqu'il se retrouve seul face à la nature, l’instinct animal et l’esprit de meute reprennent le dessus. Solidaire, déterminée, notre petite bande de chiens errants va peu à peu réapprendre à se débrouiller seule. Et découvrir la liberté, au cours d’un extraordinaire voyage.

En salles le 24 juin.

Visuel © « Nous, les chiens » d'Oh Sung-yoon & Lee Choon-Baek

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24 juin 2020

3:01

« Themroc » de Claude Faraldo

Themroc est un ouvrier qui surprend un jour son patron en train de tromper sa femme avec une secrétaire ! Son chef tentant de le faire taire, il s'enfuit et part se barricader chez lui, retenant par la même occasion sa mère et sa sœur en otage. Themroc cède rapidement à la folie et la police va tenter d'intervenir…

En DVD (Tamasa éditions), reprise en salles le 1er juillet.

Visuel © Affiche « Themroc » de Claude Faraldo

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18 juin 2020

3:28

« Il était une fois dans l'Est » de Larissa Sadilova

Quand le cinéma russe prend la route c’est pour confirmer que tous les chemins, mêmes bucoliques, mènent au Kremlin.

Les jours s'égrainent harmonieusement dans un paisible village de Russie. Anne prend chaque semaine le bus pour aller vendre ses tricots à Moscou. Mais elle en descend après quelques virages. Le même jour, son voisin routier va charger son camion pour une longue semaine de voyage. Il s'arrête lui aussi immuablement à la sortie du village...

Désir, amour, suspicion et badinage, rien ne peut rester longtemps secret…

En VOD (Canal VOD, Film TV, Google Play, iTunes, Orange, UniversCiné, Wuaki)

Visuel © Affiche « Il était une fois dans l'Est » de Larissa Sadilova

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11 juin 2020

3:16

« Hercule contre les vampires » de Mario Bava

De retour de guerre, Hercule trouve sa bien aimée, Diane, inconsciente. D'après l'oracle Médée, la seule façon pour Hercule de la ramener à la vie est de trouver une pierre sacrée enfoui au plus profond de la Terre, dans le royaume d'Hadès. Il part donc à as recherche, accompagné de Télémaque et de Thésée, après avoir confié Diane au roi Lico. Mais il ignore que c'est ce même Lico qui a empoisonné Diane, et projette de la garder pour lui…

BR disponible chez Artus Films

Visuel © Affiche « Hercule contre les vampires » de Mario Bava

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04 juin 2020

3:53

« Miracle in Cell No. 7 » de Lee Hwan-gyeong

Le chemin est long entre la Corée du Sud et la Turquie, mais les bonnes histoires (et les bons films) n’ont pas de frontières.

Yong-Goo, un handicapé mental est emprisonné pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Ses voisins de cellule, criminels parmi les plus endurcis se prennent d’affection pour lui et vont tout faire, alors qu’il a été condamné à mort, pour que sa petite fille puisse lui rendre visite.

Disponible sur outbuster.com

Visuel © Affiche « Miracle in Cell No. 7 » de Lee Hwan-gyeong

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28 mai 2020

2:52

« Phase IV » de Saul Bass

Après avoir révolutionné l'art du générique, Saul Bass cassait la ligne claire de la SF avec son unique long-métrage. Phase IV ramène sa fascinante science, pour compléter les théorèmes cosmiques de Kubrick.

Dans un coin reculé de l’Arizona, deux scientifiques découvrent de mystérieux piliers. Ils sont crées par des fourmis en plein plan pour terrasser l’humanité. La lutte pour la survie démarre...

→ Coffret DVD/BR chez Carlotta

Visuel © Affiche « Phase IV » de Saul Bass

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22 mai 2020

4:07

« La Rupture » de Philippe Barassat

Le cinéma de Philippe Barassat continue à rompre avec les habitudes, en proposant une véritable variation sur un même « t’aime ».

Marie-Louise vient déclarer à Jean, l’écrivain avec qui elle a eu une longue liaison qu’elle le quitte. Mais avec l’amour, les choses ne sont jamais si simples que ça. Lors de leur explication, l’auteur lui dit rapidement que tout ceci « n’a pas de sens ». Philippe Barassat en donne deux à La rupture en le dédoublant en deux versions (celle-ci, et une seconde, reprenant précisément les mêmes déroulés et dialogues, mais en faisant de Jean, une romancière).

Un très beau geste gracieux de cinéma, doublé lui aussi : ces deux films sont disponibles en accès libre sur YouTube. Ça se passe ici et ici.

Visuel © Capture d'écran

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14 mai 2020

3:32

Bas les masques ! - « Massacre à la tronçonneuse » de Tobe Hooper

Pour vivre heureux (lors du déconfinement), vivons masqués. Mais plutôt que de demander au gouvernement comment les porter, posons la question aux grandes figures dissimulées du cinéma.

Ce n’est pas parce que le croque-mitaine ultime du cinéma indé US des années 70 était issu d’un fils à maman qu’il était (littéralement) à fleur de peau...

Visuel © Amazon / Masque Leather Face

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07 mai 2020

3:59

Bas les masques ! - « Star Wars : La Guerre des étoiles » de George Lucas

Pour vivre heureux (lors du déconfinement), vivons masqués. Mais plutôt que de demander au gouvernement comment les porter, posons la question aux grandes figures dissimulées du cinéma.

Dark Vador n’est pas né dans l’espace mais bien sur Terre, accouché par des samouraïs et des plongeurs...

Visuel © Getty Images / Archive Photos

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06 mai 2020

4:09

Bas les masques ! - « Scream » de Wes Craven

Pour vivre heureux (lors du déconfinement), vivons masqués. Mais plutôt que de demander au gouvernement comment les porter, posons la question aux grandes figures dissimulées du cinéma.

Comment un tableau plus que célèbre et une pochette d’album de Pink Floyd, participèrent au renouvellement méta du slasher pour adolescents ? La réponse est sous le masque de Ghostface.

Visuel © Capture d'écran « Scream » de Wes Craven

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05 mai 2020

3:52

Bas les masques ! - « Fantômas » d'André Hunebelle

Pour vivre heureux (lors du déconfinement), vivons masqués. Mais plutôt que de demander au gouvernement comment les porter, posons la question aux grandes figures dissimulées du cinéma.

Initialement, cruel maître du crime portant un loup, le génie du mal crée par Souvestre et Allain s’est adouci dans les comédies cultes avec Louis de Funès et Jean Marais. Mais qui était vraiment sous le masque bleu métallisé ? 

Visuel © Capture d'écran « Fantômas » d'André Hunebelle

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04 mai 2020

3:45

« La Traque » de Yoon Sung-hyun

Même quand la Corée du sud sera mise en faillite économique par l’austérité, son cinéma continuera d’être riche en film de genres explosifs.

Quand Jun-Seok sort de prison c’est pour découvrir que la Corée du Sud est tombée en ruine depuis le régime d’austérité mis en place par le FMI. Avec ses deux amis d’enfance, ils n’ont plus qu’un rêve : s’exiler à Taïwan, encore épargné par la crise. Pour trouver de quoi organiser cette fuite, ils décident de braquer un casino clandestin. Bilan de l’opération, un copieux butin mais surtout un tueur sans pitié désormais à leurs trousses.

Disponible sur Netflix.

Visuel © Union Investment Partners, Littlebig Pictures, Sidus



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30 avril 2020

2:32

« Microhabitat » de Jeon Go-Woon

Une disciple sud-coréenne du Jim Jarmusch bohème des débuts assure que l’enfermement n’est qu’une question de point de vue.

A tout juste la trentaine, Miso, une sud-coréenne se laisse porter par la vie au gré des plaisirs qu’elle s’accorde : les cigarettes, le whisky et son mec. Lorsque les deux premiers subissent une phénoménale augmentation, il lui faut choisir entre eux et payer le loyer de son minuscule appartement. Elle n’hésite pas longtemps et se met à squatter chez divers anciens amis de collège…

Disponible sur Outbuster.

Visuel © « Microhabitat » de Jeon Go-Woon

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09 avril 2020

1:42

« La Vie de château » de Clémence Madeleine-Perdrillat et Nathaniel H’limi

Un court-métrage aussi aérien qu’enchanteur pour dissiper les nuages qui pourraient plomber les mômes confinés.

Orpheline, Violette, 8 ans, part vivre avec son oncle Régis, agent d’entretien au château de Versailles. Timide, Violette le déteste : elle trouve qu’il pue, elle décide alors qu’elle ne lui dira pas un mot. Dans les coulisses du Roi Soleil, la petite fille têtue et le grand ours vont se dompter et traverser ensemble leur deuil. Diffusion sur Okoo le 5 avril pendant cinq semaines puis sur France 4 le 12 avril à 18h30.

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01 avril 2020

1:59

« Yiddish » de Nurith Aviv

Sept jeunes d’aujourd’hui racontent leur passion pour la poésie yiddish écrite par des auteurs qui avaient à peu près leur âge dans l’entre-deux guerres. C’était un moment d’un formidable élan…
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11 mars 2020

2:39

« Kongo » de Hadrien La Vapeur et Corto Vaclav

À Brazzaville, un monde invisible régit le monde visible. L'apôtre Médard se démène pour guérir les malades victimes de mauvais sorts. Mais sa vie bascule lorsqu'on l'accuse publiquement de…
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10 mars 2020

8:09

« Thee Wreckers Tetralogy » de Rosto

Quatre mecs, un groupe. Quatre histoires, un film : Thee Wreckers Tetralogy.Un cadavre exquis s’attachant aux déambulations d’un groupe de rock virtuel, où la musique redonne vie aux fantômes…
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05 mars 2020

8:49

Le roman des César, copieux chapitre 45

C’était vendredi dernier et peut-être le dernier vendredi pour les César. La 45e fête du cinéma français a viré au déballage attendu, entre présence spectrale de Roman Polanski…
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04 mars 2020

3:53

« Invisible Man » de Leigh Whannell

Cecilia Kass est en couple avec un brillant et riche scientifique. Ne supportant plus son comportement violent et tyrannique, elle prend la fuite une nuit et se réfugie auprès de sa sœur, leur ami d…
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26 février 2020

2:42

« And Soon the Darkness » de Robert Fuest et « Fright » de Peter Collinson

And Soon the Darkness (1970) :June et Cathy, deux jeunes anglaises, passent leurs vacances en France, seules et à vélo. Dans un café, l’une d’elles fait la connaissance d’un homme. Peu après les…
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19 février 2020

2:56

« Queen & Slim » de Melina Matsoukas

En Ohio à la suite d'un rendez-vous amoureux, deux jeunes afro-américains qui se rencontrent pour la première fois, sont arrêtés pour une infraction mineure au Code de la route. La situation dégénère…
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12 février 2020

2:24

"Adam" de Maryam Touzani

Dans la Médina de Casablanca, Abla, veuve et mère d'une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d…
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05 février 2020

2:40

"Revenir" de Jessica Palud

C’est la ferme où Thomas est né. C’est sa famille. Son frère, qui ne reviendra plus, sa mère, qui est en train de l’imiter, et son père, avec qui rien n’a jamais été possible. Il retrouve tout ce que…
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30 janvier 2020

6:24

« Jojo Rabbit » de Taika Waititi

Jojo est un petit allemand solitaire. Sa vision du monde est mise à l’épreuve quand il découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans leur grenier. Avec la seule aide de son ami aussi…
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29 janvier 2020

3:31

« Bad Boys for Life » de Bilall Fallah et Adil El Arbi

À Miami, les agents Mike Lowrey et Marcus Burnett commencent à réfléchir à quitter le métier. La vengeance d’une mafieuse mexicaine va les forcer à prendre encore un peu de service.Visuel…
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22 janvier 2020

2:45

Le conte du Tsar Saltan d'Aleksandr Ptushko

Les contes de fées à la russe avaient de la gueule dans le cinéma soviétique de la fin des années 60. Grâce entre autres à Aleksandr Ptouchko,  homme à tout faire ( du dessin à la sculpture, des…
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15 janvier 2020

3:06

« Roman Porno » : une histoire érotique du Japon

En 1971, la Nikkatsu est en déroute. Pour rameuter le public dans les salles, ce studio japonais invente le Roman Porno, sidérante odyssée érotique dans les névroses nipponnes, pour autant de…
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08 janvier 2020

3:20

« Ghost Tropic » de Bas Devos

Khadija, 58 ans, s'endort dans le métro après une longue journée de travail. Quand elle se réveille au terminus, elle n’a pas d’autre choix que de poursuivre son chemin à pied. Ce voyage nocturne l…
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31 décembre 2019

6:34

« Echo » de Rúnar Rúnarsson

En Islande, alors que tout le monde se prépare pour les fêtes de Noël, une ambiance particulière s’empare du pays. Entre exaltation et inquiétude, Echo dresse un portrait mordant et tendre de notre…
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30 décembre 2019

6:21

« Millenium actress »  & « Jésus »

Millenium Actress:Chiyoko Fujiwara est une ancienne gloire du cinéma japonais. Aujourd'hui, âgée de 70 ans, elle vit recluse chez elle. Un jour, un homme vient lui rendre visite pour l…
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18 décembre 2019

3:13

The Lighthouse de Robert Eggers

Dans une ile lointaine et mystérieuse de Nouvelle Angleterre à la fin du XIXe siècle, deux gardiens de phare prennent leur service. Ils vont sombrer dans la démence Visuel © affiche…
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17 décembre 2019

7:31

« Lillian » d'Andreas Horvath

Lillian, échouée à New-York, décide de rentrer à pied dans sa Russie natale. Seule et déterminée, elle entame un long voyage à travers l’Amérique profonde pour tenter d’atteindre l’Alaska et…
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11 décembre 2019

2:04

« Jeune Juliette » de Anne Émond

Juliette est effrontée, malicieuse, un peu grosse et menteuse. Elle n’est pas vraiment populaire au collège, mais c’est pas grave : c’est tous des cons ! Juliette a 14 ans et elle croit en ses rêves…
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10 décembre 2019

7:41

« Stop Making Sense » de Jonathan Demme

Décembre 1983, Pantages Theatre à Hollywood. David Byrne, leader des Talking Heads, s’avance sur une scène vide, lance une cassette audio et entame une version envoûtante du célèbre Psycho Killer…
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04 décembre 2019

3:11

« Made in Bangladesh » de Rubaiyat Hossain

Shimu, 23 ans, travaille dans une usine textile à Dacca, au Bangladesh. Face à des conditions de travail de plus en plus dures, elle décide avec ses collègues de monter un syndicat, malgré les…
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03 décembre 2019

6:41

Indianara de Aude Chevalier-Beaumel et Marcelo Barbosa

Dans un Rio en ébullition, la colère gronde. Indianara, révolutionnaire hors norme, mène avec sa bande un combat pour la défense des minorités et la survie des personnes transgenres au Brésil. Face à…
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28 novembre 2019

7:45

« Freedom » de Rodd Rathjen

Dans la campagne cambodgienne, Chakra, garçon vif de 14 ans, travaille dans la rizière avec sa famille. Aspirant à plus d’indépendance, il sollicite un passeur pour trouver un emploi rémunéré…
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26 novembre 2019

8:26

« Terminal Sud » de Rabah Ameur-Zaïmeche

Ca veut dire quoi résister aujourd'hui ? Peut-être faire du cinéma comme le fait Rabah Ameur-Zaïmeche. Des films économiquement de contrebande, qui vont à contre-courant pour mieux essayer de sentir…
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20 novembre 2019

2:36

« Vivre et chanter » de Johnny Ma

Une fable contemporaine sur le libéralisme donne de la voix à un nécéssaire espoir.Pendant que la Chine est devenu un chantier en perpétuelle construction du libéralisme, une troupe d'opéra…
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19 novembre 2019

7:09

« Knives and Skin » de Jennifer Reeder

Depuis Twin Peaks et le mystère autour de Laura Palmer tout le monde sait que quand une jeune femme disparaît dans un bled de l'Amérique profonde, ça cache quelque chose de plus profond, de plus…
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18 novembre 2019

7:29

Histoires d’Emmanuelle

La genèse d’un phénomène du cinéma érotique français fait de beaux arrêts sur image des années 70 révolues.Du haut de ses neuf millions de spectateurs, Emmanuelle est sans doute le film érotique…
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13 novembre 2019

3:44

« Black Journal » de Mauro Bolognini

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une femme assassine sauvagement ses amies et les transforme en savon, avant de reprendre le cours de sa vie quotidienne. Inspiré d’un fait divers authentique,…
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06 novembre 2019

3:15

« Debout sur la montagne » de Sébastien Betbeder

Debout sur la montagne, film de Sébastien Begbeder, n'est pas un film de randonneur. Dans ce film, il est beaucoup question de retrouvailles. D'abord celle au centre du récit entre trois potes d…
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31 octobre 2019

6:12

« Quand passent les cigognes » de Mikhaïl Kalatozov

Moscou, 1941. Veronika et Boris sont éperdument amoureux. Mais lorsque l’Allemagne envahit la Russie, Boris s’engage et part sur le front. Mark, son cousin, évite l’enrôlement et reste auprès de…
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30 octobre 2019

3:29

La nuit des morts vivants de George A. Romero

La nuit des morts vivants est de ressortie. Mais elle se prolonge en étant accompagnée du volet le plus méconnu du cycle de George A.Romero (Le jour des morts vivants) et de la réapparition d’un…
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23 octobre 2019

3:08

D’après une histoire de Stephen King, de Matthieu Rostac et François Cau

Les chiffres parlent pour lui : 350 millions d’ouvrages vendus depuis  la publication de son premier roman en 1974, un corpus d'une cinquantaine  de romans et deux cents nouvelles… Stephen King, c…
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16 octobre 2019

3:17

« Nos défaites » de Jean-Gabriel Périot

Nos défaites dresse un portrait de nos rapports à la politique par un jeu de réinterprétation par des lycéens, d’extraits issus du cinéma post-68, associé à des interviews de ces jeunes acteurs…
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09 octobre 2019

3:29

« Gwen, le livre de sable » de Jean-François Laguionie

Dans Pop Corn, Alex Masson présente Gwen, le livre de sable de Jean-François Laguionie.SynopsisSelon une ancienne légende, les dieux ont quitté notre monde en ne laissant derrière eux que du…
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02 octobre 2019

2:26

« Ne croyez surtout pas que je hurle » de Frank Beauvais

Dans Pop Corn, Alex Masson présente Ne croyez surtout pas que je hurle de Frank Beauvais.SynopsisJanvier 2016. L’histoire amoureuse qui m’avait amené dans le village d’Alsace où je vis est…
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25 septembre 2019

2:24

Un flic sur le toit

Voici le synopsis  d'Un flic sur toit : Suède, années 70. Le commissaire Nyman, figure controversée de la police suédoise, malade, est retrouvé égorgé dans sa chambre d’hôpital. Le commissaire…
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20 septembre 2019

2:20

« L’Insensible » d’Ivan Ivanovitch Tverdovski

Denis a grandi dans l’orphelinat où sa mère l’a abandonné. C’est un garçon spécial qui est atteint d’une maladie rare le rendant insensible à la douleur. Un jour, sa mère débarque et l’emmène à…
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11 septembre 2019

2:16

« Liberté » d'Albert Serra

Madame de Dumeval, le Duc de Tesis et le Duc de Wand, libertins expulsés de la cour puritaine de Louis XVI, recherchent l’appui du légendaire Duc de Walchen, séducteur et libre-penseur allemand,…
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05 septembre 2019

7:51

L'Étrange Festival

Qui aurait cru, il y a un quart de siècle, qu’un pan entier du cinéma retrouverait enfin sa place idéale et ferait les beaux jours des manifestations les plus prestigieuses ou des circuits les plus…
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04 septembre 2019

2:41

« Perdrix » d’Erwan Le Duc

Pierre Perdrix vit des jours agités depuis l'irruption dans son existence de l'insaisissable Juliette Webb. Comme une tornade, elle va semer le désir et le désordre dans son univers et…
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14 août 2019

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