La Potion

Dans La Potion, Jeanne Lacaille explore les mondes invisibles de ses invité.e.s. Une expérience initiatique, sensorielle et mystique pour découvrir une nouvelle facette de vos artistes préféré.e.s tous les samedis à 12H. 

Au programme de cette formule désormais hebdomadaire et augmentée : spiritualité et magie, musiques rituelles, musiques du vivant et musiques sorcières, rythmes thérapeutiques, transes traditionnelles ou contemporaines, ancestralités, ésotérisme, transmission et pharmacopées alternatives. 

Laissez-vous envoûter !

par Jeanne Lacaille

Épisodes

Best of de La Potion : Laura Cahen, Boogzbrown, November Ultra

Cette semaine, La Potion passe en mode best-of ! Alors que les feuilles mortes se ramassent à la pelle, retour sur quelques épisodes de saison, en l'occurrence des épisodes sélectionnés dans la 1ère saison de La Potion qui, l’année dernière, vous envoûtait tous les jours à 13H30 sur Nova… #embarras du choix. 

Nous irons d'abord à la rencontre de l’univers poétique de Laura Cahen, guérisseuse folk ou sorcière des éléments, ça dépend des jours. Au printemps dernier, Laura Cahen dévoilait Une Fille, un deuxième album en clair-obscur qui célèbre les femmes, les timides, les couillues, les amoureuses, les affranchies, les orageuses et les magiciennes aussi, pardi. 

Fin octobre, Radio Nova vous donnait à vivre l’île de La Réunion en posant ses micros à flanc de volcans, pour aller à la rencontre de celles et ceux qui font vibrer l’île intense à l’heure où de nombreux réunionnais.e.s étaient en train de préparer la fête des morts : via la Toussaint pour les catholiques, le Samblani pour les Tamouls ou encore avec les servis kabaré, cette cérémonie d’hommage aux ancêtres que pratiquent pas mal de musiciens de maloya. Dans La Potion aujourd’hui, je vous propose donc de nous immerger dans l'univers mutant de Boogzbrown, ce producteur réunionnais fer de lance du mouvement digital kabar qui avec d’autres modernise le maloya en version électronique 3.0. Son rêve ? Rendre hommage à ses ancêtres, à sa façon, avec un servis kabaré 100% digital ! 

Une boule de cristal, du miel, du mystère, et de la magie blanche option sororité... Voilà ce qui compose la potion de November Ultra, Nova pour les intimes. Mercredi prochain à 21H, la musicienne soft & tender sera l’invitée de Chambre Noire, l’émission de live de Radio Nova. Alors pour vous faire patienter, je me suis dis qu’on avait là l’occasion rêvée d’en apprendre un peu plus sur cette grande lectrice de tarot ! 

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12 novembre 2021

59:08

Davi Kopenawa : "les esprits de la forêt sont avec moi, ils soutiennent mon combat"

Cette semaine dans La Potion, une voix très importante. Celle de Davi Kopenawa, chamane Yanomami et grand défenseur des droits des peuples d’Amazonie brésilienne. Au programme : chants sacrés, esprits de la forêt, poudre hallucinogène et lutte contre Jair Bolsonaro.
  
Quand Davi Kopenawa voit le jour en 1956, cela fait une dizaine d’années seulement que ses parents ont vu apparaître des Blancs sur leurs terres, au Nord de l’Amazonie. Et ces premières incursions ont bouleversé de manière indélébile la civilisation Yanomami. D’abord des épidémies de grippes, de rougeoles ou de tuberculoses qui déciment une partie de la population. L’évangélisation de l’Eglise catholique ensuite, qui menace les structures traditionnelles des peuples de la forêt. Puis les garimpeiros, 40000 orpailleurs illégaux qui envahissent le territoire avec la bénédiction de la dictature militaire. En sept ans, 20% de la population Yanomami est décimée. Après avoir perdu une grande partie sa famille, Davi Kopenawa a d’abord eu envie de devenir un Blanc, complètement fasciné par cette figure de l’étranger. Il apprend le portugais brésilien et commence à travailler comme interprète au sein de la Funai, l’agence gouvernementale des populations indigènes : là, il prend conscience de la grande richesse culturelle du peuple Yanomami, et de la menace que représentent les blancs pour leur survie et celle de l’Amazonie brésilienne. Il décide alors de suivre une vieille intuition qui l'habite en rêves depuis l'enfance : devenir chamane. 

Après avoir été initié dans les règles de l’art par son beau-père, sa grande sagesse spirituelle viendra renforcer son expérience du « monde blanc » et depuis, Davi Kopenawa parcourt la planète pour récolter des soutiens pour son combat. Celui de la photographe Claudia Andujar notamment, avec laquelle il obtient, en 1992, la démarcation officielle d’un territoire de 96 650 kilomètres carrés, qui allait devenir la Terra Indigena Yanomami, un des plus grands territoires sous contrôle autochtone au monde. Une lutte de tous les instants pour laquelle le chamane recevait en septembre dernier, le prix Nobel Alternatif en compagnie de Greta Thunberg. 

En 2010, Davi Kopenawa et l’anthropologue Bruce Albert publiaient La Chute du Ciel, un témoignage dense et tout à fait exceptionnel sur la culture du peuple yanomami, sa spiritualité aussi et sur la crise écologique mondiale vue depuis le cœur de l'Amazonie. La Chute du Ciel, soit le récit d’une catastrophe : la disparition du poumon du monde et de ses habitants, humains et non humains, ce moment où la forêt sera écrasée par le ciel parce que le dieu Omama et les esprits xapiri ne le soutiendront plus, épuisés d’avoir dû tant lutter contre la violence destructrice du monde blanc. Aujourd’hui la terre des Yanomami est toujours menacée, encore plus depuis l’élection de Jair Bolsonaro : la déforestation a presque doublé en un an, les assassinats d’activistes indiens augmentent et Jair Bolsonaro multiplie les attaques contre les peuples de la forêt. Mais le roi Kopenawa n’a pas dit son dernier mot, "kopenahua" d’ailleurs c’est la guêpe en Yanomami, “qui se défend lorsqu’on attaque sa maison”. 

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06 novembre 2021

45:44

Sur les traces de la spiritualité occitane avec La Mal Coiffée

Cette semaine, La Potion met le cap sur l'Occitanie, ce vaste territoire qui couvre près d’un tiers de la France, des Pyrénées à la Méditerranée. Nous partons sur les traces de la spiritualité et de la mythologie occitane avec une merveilleuse créature à quatre têtes : La Mal Coiffée !

Manu Théron et Sam Karpienia à Marseille, Miquèu Montanaro et son fils Balthazar à Correns en Provence, San Salvador en Corrèze, Denez Prigent et Brieg Guerveno en Bretagne, ou encore le trio toulousain Cocanha… Depuis quelques années, dans tous les styles de musique, on assiste à un retour vers les traditions musicales racines, endémiques, traditionnelles, ainsi que vers les langues régionales. C’est le cas en France mais aussi bien au-delà : au Pérou, la jeune Renata Flores fait du rap en quechua pour amplifier les luttes de son peuple quand à l’autre bout du globe, le producteur sud-africain Muzi nourrit ses beats électroniques de rythmes traditionnels pour donner corps à une zulu house plébiscitée par des mastodontes comme Stormzy et Diplo. Le phénomène est donc mondial et tend à s’amplifier. Mais de quoi est-ce donc le signe ? Beaucoup y voient un refus du tout-mondialisé de la part d’une nouvelle génération d’artistes en quête d’identité et de racines. 

Chez La Mal Coiffée, la démarche est éminemment politique : il s’agit là d’une reconquête poétique d’une pensée autochtone, d’une culture et d’une langue, l’occitan. Un bijou de langue minorisée par le grand capital, l’industrie et le progrès selon les membres de la Mal Coiffée : Myriam Boisserie, Marie Coumes, Laetitia Dutech, et Karine Berny. Au pied de la Montagne Noire, dans leurs petits villages du Minervois, là-bas entre Narbonne et Carcassonne, les quatre chanteuses collectent depuis 20 ans des contes, poèmes et chants populaires qu’elles revisitent ensuite sur les arrangements polyphoniques du compositeur-alchimiste Laurent Cavalié

En mai dernier sortait Rôgé (sur le label Sirventès), le 6e album de La Mal Coiffée au fil duquel les musiciennes subliment les textes de Claude Alranq, David Grosclaude, Auguste Foures ou encore Jean Boudou, des auteurs engagés dans la résistance à l’écrasement à la sape des cultures populaires. La majorité de ces chants sont féministes, militants et provocateurs, en bref, ils ont du caractère. D’ailleurs en live, La Mal Coiffée ébouriffe ! Ça groove, c'est rock et tellurique, ça transe quasi noise et par moments, on ne sait plus si on assiste à une grand-messe païenne super joyeuse ou à un pow-wow anticapitaliste à quatre voix. 



Peut-on alors parler d’une spiritualité occitane ? Et si oui, qu’en reste-t-il aujourd'hui ? Réponse avec La Mal Coiffée dans La Potion. Au programme : danse avec les morts, mythes fondateurs de la cosmogonie occitane, rites païens et formules pour faire pousser les fleurs. 

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27 octobre 2021

48:09

Nawal : "Le soufisme est une voie d'émancipation pour les femmes des Comores"

Cette semaine, une Potion consacrée aux rites musicaux issus de la mystique soufie avec la musicienne comorienne Nawal et Rana Gorgani, chorégraphe, anthropologue et ethnomusicologue iranienne, l’une des seules femmes derviches tourneuses à danser le samâ sur scène et en public. 

Parmi tous les penseurs et guides spirituels qui ont contribué à diffuser et transmettre la mystique soufie au fil des siècles, un des plus connus demeure sans doute le poète Rûmi, né à Balkh - dans l'actuel Afghanistan - en 1207 et mort à Konya en Turquie en 1273. Et c’est aussi Rûmi qui a porté le plus d’attention à la musique, à la danse et au son comme vecteurs d’élévation et de connexion divine indispensable dans la quête spirituelle soufie. Ainsi le fondateur de la confrérie mevlévi, les derviches tourneurs comme on les appelle ici, aimait-il à dire : “Plusieurs chemins mènent à Dieu. Moi j’ai choisi celui de la danse et de la musique. Dans les cadences de la musique est caché un secret : si je le révélais, il bouleverserait le monde." 

Loin de moi l’idée de bouleverser le monde, en revanche j’ai bien envie de m’intéresser aujourd’hui à quelques secrets d’initié.e.s propres aux rites musicaux soufis en compagnie de deux femmes, deux artistes qui chacune à leur manière, aiment et nourrissent ces traditions mystiques sur scène et ce, malgré les interdits. Oui, car les femmes soufies ne sont censées ni danser ni chanter hors de la sphère privée. Peut-on alors parler d’un soufisme au féminin voire féministe ? A quoi sert la transe des chants répétitifs du dhikr et du samâ, la danse des derviches tourneurs ? Eléments de réponse dans La Potion et bon Mawlid à tous.tes les soufi.e.s ! 

À l’occasion de la fête du Mawlid, qui célèbre la naissance du prophète Mahomet, laissez-vous envoûter par la beauté des musiques et des chants soufies au 360 Paris Music Factory, dans le 18e arrondissement, le lundi 18 octobre pour une soirée exceptionnelle organisée en partenariat avec le Festival de Fès de la Culture Soufie. Au programme : chants sacrés et autres rythmes syriens, berbères et arabo-andalous. Toutes les infos ici ! 

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16 octobre 2021

47:47

Corine Sombrun, la science de la transe

Cette semaine, La Potion part (littéralement) en transe avec Corine Sombrun !

Ethno-musicienne, écrivaine et co-fondatrice du TranceScience research Institute, Corine Sombrun est devenue – un peu par la force des choses – une éminente spécialiste de la transe, et plus précisément de la transe cognitive auto-induite. Vingt ans après sa première transe, aujourd’hui Corine Sombrun explore, aux côtés de chercheurs et du Trance Science Research Institute, les vertus thérapeutiques de cette technique ancestrale qui repousse les limites de la conscience. La transe qui fait désormais grâce à elle sa grande rentrée académique avec la création d'un D.U. Étude des transes et des états de conscience modifiés à l'Université Paris 8 à Saint-Denis. 

C’est le son d’un tambour qui déclenche la première transe de Corine Sombrun, lors d’un reportage pour la BBC sur un rituel chamanique en Mongolie en 2001. Non sans mal, elle finit par accueillir cette expérience, s’en suit alors huit années d’initiation chamanique toujours, une expérience racontée dans le livre Mon Initiation chez Les Chamanes, une parisienne en Mongolie en 2003, puis par Fabienne Berthaud dans le film Un Monde plus Grand dans lequel Cécile de France incarne le personnage de Corine Sombrun.

Voyage au cœur de la transe, c’est aussi le sous-titre de son nouveau livre, La Diagonale de La Joie, paru aux Éditions Albin Michel au printemps 2021. Ce voyage, Corine Sombrun n’aurait sans doute pas pu le poursuivre sans quelques rencontres décisives en cours de route : Pierre Etevenon d’abord, pionnier de l’étude des états modifiés de conscience, Harlyn Geronimo aussi, arrière-petit-fils du mythique chef apache et médecine man amérindien récemment emporté par la covid-19. Un temps moquée par les scientifiques, la pionnière Sombrun a fondé le Trance Science Research Institute et collabore aujourd’hui avec des neuropsychiatres pour utiliser la transe à des fins thérapeutiques et démontrer que chacun de nous peut entrer en transe, comme elle, par sa seule volonté. 

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09 octobre 2021

43:11

Isabelle Sorente ou l'art de la métamorphose

Cette semaine dans La Potion, deux sœurs sorcières : l’écrivaine Isabelle Sorente, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, La Femme et L’Oiseau (ed. JC Lattès) et la musicienne Flèche Love avec nous dans La Potion pour un live onirique et mutant, quelques jours avant la sortie de Naga Part. 2, son nouvel EP. 

Isabelle Sorente, la métamorphe

Née à Marseille en 1972, Isabelle Sorente s’est d’abord passionnée pour les mathématiques et la physique, univers à part entière qui allait la conduire à devenir major aux Mines de Paris, polytechnicienne et pilote à l’École Nationale de l’Aviation Civile. Experte dans l’art de la métamorphose, Isabelle Sorente s’est ensuite tournée vers le théâtre puis vers l’écriture en publiant “L” en 2001, son tout premier roman. Hasard ou pas, force est de constater que le thème de la transformation revient sans cesse, comme un leitmotiv magique, depuis son entrée en littérature, mais aussi celui de la difficulté de s'épanouir du point de vue spirituel dans notre société capitaliste entièrement tournée vers la performance de soi.

Pourtant, il semble qu’Isabelle Sorente ait trouvé une méthode sur-mesure pour traverser la vie en magie même si pendant longtemps, dit-elle, la spiritualité lui faisait l’effet d’un vêtement trop grand. En 2018, l’écrivaine publiait notamment Le Complexe de La Sorcière, un roman-enquête passionnant qui croise deux dimensions. La première historique, sur les traces des chasses aux sorcières dont le trauma s’est transmis en imprégnant aussi profondément qu’inconsciemment la psyché de toutes les lignées de femmes européennes ; la seconde plus intime, où l’autrice se livre à fleur de peau sur son adolescence, en conversation avec une aïeule sorcière. Tous les romans d’Isabelle Sorente naissent d’une vision et c’est encore le cas du dernier en date, La Femme et l’Oiseau, paru début septembre aux éditions JC Lattès, un douzième roman magnétique que j’ai lu d’une traite... comme sous l’emprise d’un sortilège. 

La Femme et l’Oiseau, c’est l’histoire de Thomas, 91 ans, rescapé de la Seconde Guerre Mondiale, un Malgré-Nous enrôlé de force à 17 ans dans la Wehrmacht puis emprisonné dans le camp de Tambov, en Russie, un homme mystérieux qui communique avec les oiseaux et semble lire dans les pensées. Arrive ensuite Elizabeth, sa petite nièce, qui tente de survivre à son burn out et de quitter son uniforme de parfaite petite soldate et enfin Vina, l’arrière-petite-nièce, une ado HPI et violente qui finira par trouver le salut dans la forêt, la compagnie et les dons du vieil homme. Là encore, il est question de magie et de traumas transgénérationnels, de liens mystiques au vivant et de métamorphose… Autant d’indices semés à notre attention qui valaient bien une invitation dans La Potion.

Flèche Love, sorcière berbère 2.0

Flèche Love, une artiste très singulière, tatouée de la tête aux pieds. Fille d’immigrée algérienne, berbère, Amina pour les intimes est née et a grandi en Suisse, à Genève. Une double culture tantôt vécue comme une chance et tantôt comme une malédiction. En 2019, Flèche Love sortait Naga Part 1, un disque déroutant qui ira même jusqu’à interpeller Rachid Taha, qui l’invite à partager ce qui allait être son tout dernier duo.

Le 15 octobre prochain Flèche Love sortira Naga Part 2, sept nouveaux titres qui font échos aux sept chakras et naviguent entre les mondes, mêlant dans son chaudron des sons électroniques un peu mutants à des cordes élégantes, des percussions tribales et à des chœurs profonds. En voici un avant-goût sur Nova avec Flèche Love, en live, dans La Potion, avant de la retrouver sur...
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02 octobre 2021

36:42

Pongo : "le colonialisme a corrompu notre relation spirituelle avec nos ancêtres"

Cette semaine, une Potion bien tonique avec Pongo, grande prêtresse du néo-kuduro, avant de retrouver l’artiste italienne Mari Lanera, qui propose une relecture électronique et mutante de la tarentelle avec son projet Taranta Lanera en live dans La Potion.

https://youtu.be/5duWNtire2o

Née à Luanda en 1992, Pongo a quitté l’Angola à l’âge de 8 ans, ses parents fuyant l’une des guerres civiles les plus longues et les plus meurtrières de l’histoire du continent africain - 27 ans, 1 million de morts. Pongo et sa famille démarrent alors une nouvelle vie côté ghetto, en banlieue de Lisbonne et dès lors, la vie de la jeune femme se transforme en une lutte permanente, une lutte pour la liberté. La liberté d’exister face aux difficultés de l’exil, du racisme, de l’intégration et de la pauvreté, liberté face à un père qui paradoxalement lui donne les clés de la danse mais qui lui refuse aussi celle de l’émancipation. C’est lors d’un trajet en train après un accident qui a failli lui coûter la vie que notre Pongo, encore ado, découvre ce qui allait devenir son art et son arme à la fois : le kuduro, cette danse marginalisée qui servait d’exutoire à la souffrance des prisonniers angolais, cette musique qui permet à Pongo la flamboyante de régler ses comptes avec les esprits rétrogrades. Entre semba angolaise, breakdance et furie électronique, le kuduro n’est pas une musique spécialement mystique au départ et pourtant, flirtant avec la transe, électrifiée, presque possédée… c’est à se demander si Pongo n’est pas visitée par un ou deux esprits lorsqu’elle habite la scène !

Pour La Potion, Pongo nous dit tout des bruxos, ces "mauvais esprits sorciers et envieux" qui oppressent les femmes (tiens donc) et dévoile l'intimité de sa dimension spirituelle, très riche notamment grâce à sa grand-mère maternelle qui était guérisseuse traditionnelle. 

La spécialité de l'artiste italienne Mari Lanera, c’est la tarentelle, une danse avant tout et une musique de transe originaire du sud de l’Italie et plus précisément du Golfe de Tarente. De tarentelle à tarentule, il n'y a qu'un tout petit pas à faire... Traditionnellement, la tarentelle sert à exorciser le mal provoqué par les morsures de tarentules en dansant jusqu’à la transe, en transpirant tellement que le "tarantolato" (celui qui a été mordu) finit par suer tout le venin de l’araignée. Malheureusement, cette danse thérapeutique s’est un peu perdue au fil des générations, comme de nombreuses traditions paysannes. Mais c’était sans compter une nouvelle génération d’artistes comme Mari Lanera qui, avec son projet Taranta Lanera se charge de renouveler depuis quelques années le répertoire et l’héritage mystique de la tarentelle, en les frottant aux sonorités hypnotiques des tablas indiennes ainsi qu’à la musique électronique, une autre forme de transe s’il en est. La tarantella fa scazziare la gente (la tarentelle fait trembler les gens) : paré.e.s pour un rite de purification ? Pour La Potion, Mari Lanera interprète en live un morceau de son premier album, Taranta Lanera, paru en 2019.
 

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25 septembre 2021

29:11

Clara Ysé et Bonbon Vodou, guides des outres-mondes dans La Potion

Cette semaine dans La Potion, feu sacré, talisman et rebetiko thérapeutique avec l’écrivaine et musicienne Clara Ysé, avant de retrouver la poésie enchanteresse du duo réunionnais Bonbon Vodou en deuxième partie d’émission. 

Dans Le Complexe de la Sorcière, la romancière Isabelle Sorente souligne la puissance magique de la visualisation en évoquant son arrière-grand-mère tunisienne, capable d’interpréter les rêves et donc quelque part, de soigner les gens grâce à l’analyse des images envoyées par leur inconscient depuis les replis de la nuit. Fille d’un peintre et d’une philosophe, Clara Dufourmantelle alias Clara Ysé sait bien, que l’image et le mot sont dotés d’une puissance de transformation extraordinaire, pour soi-même comme pour les autres, qu’elle leur donne corps dans des poèmes, des chansons et désormais un roman : Mise à Feu, le premier roman de Clara Ysé tout juste paru aux éditions Grasset. Mise à Feu, c’est avant tout un grand roman d’initiation qui flirte en finesse avec le merveilleux. 

Du vodou, à la Réunion ? 
Oui ! Même s’il se fait plutôt discret, en témoignent les petites vierges rouges qui surgissent ici et là, au détour d’une route de montagne. Ni Oriane Lacaille et ni son complice JereM ne pratiquent le vodou et pourtant, leur folk créole est bien née d’un syncrétisme entre leur deux univers : elle, fille du grand ségatier et accordéoniste réunionnais René Lacaille, ami du regretté Alain Péters, et lui, fils de deux psychanalystes aux racines tunisiennes. Comme au péage d’un entre-deux-mondes, Bonbon Vodouvient de sortir Cimetière Créole, un nouvel et deuxième album tout juste paru sur le label Heavenly Sweetness sur lequel on croise notamment la voix de Danyel Waro et les arrangements magnifiques de Piers Faccini. Pour La Potion, Bonbon Vodou interprète en live "Si Rogré", un chant de guérison conçu comme un dialogue avec une ancêtre esclave d'Oriane Lacaille. 

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18 septembre 2021

36:23

Anthony Joseph : "La scène est un autel, le live, une cérémonie pour atteindre l'extase"

Cette semaine, La Potion traverse l’Atlantique pour mettre le cap sur la Caraïbe, avec deux artistes totalement imprégné.e.s par la magie et les traditions spirituelles de l’archipel : le poète et musicien Anthony Joseph, né à Trinidad et désormais basé Londres, ainsi que la flûtiste guadeloupéenne Célia Wa en deuxième partie d’émission pour un live tout à fait astral.

“La poésie est cette démarche qui par le mot, l’image, le mythe, l’amour et l’humour, m’installe au cœur vivant de moi-même et du monde. Le poète est cet être très vieux et très neuf, très complexe et très simple, qui, aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.” La citation est d’Aimé Césaire, prononcée lors d’un congrès de philosophie à Port-Au-Prince en 1944. En quelques lignes, Césaire résume le mystère intrinsèque et indéfinissable de la poésie. La poésie, mot de passe de la connivence et de la puissance, deux mots qui en appellent un troisième à mon avis, la magie. Tout poète est un peu mage ou sorcier, Rimbaud disait “voyant” et chez Anthony Joseph, c’est le mot flamboyant, l’incantation et l’envoûtement d’un jazz créole qui font de lui un grand alchimiste des matières poétiques et musicales. Abordant le live comme une cérémonie et la scène comme un autel, Anthony Joseph fait de chacun de ses albums un acte de résistance, une arme à la fois politique et hautement spirituelle, à l’image de son nouvel et troisième album, “The Rich Are Only Defeated When Running For Their Lives”, paru au printemps dernier sur le label Heavenly Sweetness.

À l’occasion d’un concert à Paris dans le cadre du festival Jazz à La Villette, je retrouve Anthony Joseph dans un temple de la littérature caribéenne et ultra-marine, la Librairie Calypso, dans le 11e arrondissement de Paris : le lieu idéal pour interroger sa relation spirituelle avec la poésie, les mots, le langage, et la portée magique du créole caribéen. En deuxième partie d'émission, Célia Wa quant à elle nous offre un live céleste inspiré des pulsations sacrées nyabinghi. En juin dernier, la chanteuse, percussionniste et flûtiste guadeloupéenne donnait vie à Wastral (Heavenly Sweetness), un EP conçu comme la carte d’un voyage stellaire, guidé par le sextant de sa poésie créole.

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11 septembre 2021

38:36

Trans Kabar, flirter avec l'au-delà et l'esprit maloya

Cette semaine dans La Potion, de quoi réveiller les morts, et nous avec, grâce au maloya volcanique de Trans Kabar !

Le maloya, c’est ce blues ternaire hérité des esclaves, brandi fièrement comme l’âme et le drapeau de la créolité réunionnaise, portée jusqu’à la transe par la pulse incandescente du roulèr, du kayamb, du piker, du sati et des voix. Longtemps réprimé, le maloya ne s’est pourtant jamais perdu grâce à des passeurs tels que Firmin Viry ou Gramoun Lélé. Politique et rebelle, le maloya fut le compagnon des luttes pour l’indépendance de la Réunion et la reconnaissance de la culture créole. 

À la fois tisane pour le cœur et bien commun à cultiver, le maloya coule dans les veines de Jean-Didier Hoareau, réunionnais de métropole élevé au fonnkèr des anciens et de son oncle Danyèl Waro, qu’il accompagne souvent sur scène, avant de fonder, avec Ianik Tillet à la batterie, Théo Girard à la contrebasse et un autre Hoareau, le guitariste Stéphane Hoareau, le groupe Trans Kabar en 2018. Là où Alain Péters, René Lacaille et Loy Ehrlich électrifiaient le maloya dans les années 70, le rhabillant d’éclats psyché-poétiques, Trans Kabar l’électrise franchement et mène la transe, du roots au rock. En créole, Trans Kabar honore ses racines et creuse la dimension spirituelle du maloya en proposant notamment une relecture du répertoire traditionnel des servis kabaré, ces temps de cérémonie et de communion avec les esprits des ancêtres, rituels d’où surgissent frissons et grands musiciens. Après Maligasé, un premier album paru en 2019, Trans Kabar est de retour avec Mazine La Mor, un disque raciné et hautement spirituel porté par l’énergie de la transe.

Dans La Potion, immersion dans le monde spirituel de Jean-Didier et Stéphane Hoareau, les maîtres de cérémonie de Trans Kabar, des servis kabaré à leur initiation maloya. Interview, Potion live et disque de soin... Dans cet épisode, nous flirterons avec l’au-delà et qui sait, peut-être serons-nous visités par le grand esprit du maloya ?

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04 septembre 2021

33:28

Irène Drésel, techno florale et rites païens

Aujourd’hui dans La Potion, la plus grande magicienne d’entre nous : Irène Dresel ! Artiste plasticienne, musicienne et danseuse solitaire les soirs de pleine lune, Irène Drésel compose une techno florale, païenne et sacrée à la fois, se jouant des croyances et des symboles. La preuve encore avec son nouvel album, Kinky Dogma, qui mêle des clins d’œil à la musique liturgique, au cinéma, et des références à des rites anciens.

Visuel © Melissa

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02 juillet 2021

10:38

Elodie Rama : "un live est une cérémonie de transformation pour moi"

Musicienne, plasticienne et animatrice radio, Elodie Rama tisse patiemment sa toile onirique et sa poétique insulaire entre Nantes et Marseille où elle vit aujourd’hui. Après avoir collaboré avec de nombreux artistes comme Hocus Pocus, Sly Johnson ou encore Baloji, Elodie Rama prenait son envol en solo avec Strange Island, un premier EP en clair-obscur paru en 2013. Aujourd’hui la chanteuse dévoile Letter To A Sister Friend, un morceau qui annonce la sortie d’un premier album, Constellations, attendu pour janvier 2022, une rêverie rn’b downtempo en hommage à la poétesse américaine Ursula Rucker, reine du spoken word. Pour La Potion, Elodie Rama revient notamment sur le "mouvement magique" du bèlè traditionnel martiniquais et sur sa relation au live, cérémonie hautement spirituelle pour elle. 

Visuel © Bananna Wintour

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01 juillet 2021

11:53

Adam Carpels, la magie des détails

Aujourd’hui dans La Potion, un nouvel initié de la scène électronique française : Adam Carpels !

Bass music, electronica ou hip-hop, Adam Carpels fabrique une musique organique et sensible dont l’unique mission semble être celle de briser les frontières, qu’il questionne l’exode ou la conquête. D’un paysage sonore à l’autre, le compositeur lillois mêle dans son odyssée l’onirique à la violence du réel, en augmentant ses beats de samples de voix et de récits de personnes en exil, de Barbès à Calais. Beats en mouvement, musique du vivant et attention aux micro-événements, Adam Carpels se dévoile en magie dans La Potion aujourd'hui.

Visuel © Alice Sevilla

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29 juin 2021

11:15

Cola Boyy : "aux USA, on nous a volé notre ancestralité"

Aujourd’hui une Potion anti-capitaliste avec Cola Boyy ! 

Partisan d’un disco-funk révolutionnaire, Matthew Urango alias Cola Boyy est un drôle de coco : oui, ce n’est pas tous les jours qu’un marxiste averti entend renverser le capitalisme en pantalons pattes d’eph et chemises seventies. 
Né à Oxnard en Californie, comme Anderson .Paak et Madlib, Cola Boyy annonce la couleur - rouge - dès 2019 avec “All Power To The People” et un premier EP très remarqué, Black Boogie Neon, qui le propulse sur les scènes du monde entier. Proche de Myd, MGMT ou encore Devendra Banhart, aujourd'hui Cola Boyy vient de sortir Prosthetic Boombox, un premier album dont le titre fait référence à son amour du son bien sûr, mais aussi à son handicap, une malformation de la colonne vertébrale qui, à 2 ans, l’oblige à troquer l’une de ses jambes pour une prothèse. Avec ce disque, Cola Boyy continue de faire danser le révolutionnaire qui est en nous, alors au nom du groove et de la barbe de Karl Marx, voici Cola Boyy dans La Potion aujourd’hui ! Spoiler : histoires de fantômes mexicains et spiritualité amérindienne des Chumash, tatouages de sorcière punk et soirées au cimetière... 

Visuel © Ross Harris/Record Makers

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29 juin 2021

11:17

Les Mamans du Congo, beats aquatiques et berceuses mystiques

Aujourd’hui dans La Potion, Gladys Samba des Mamans du Congo !

Si l’underground kinois fait régulièrement parler de lui pour sa créativité et son système D ébouriffant, c’est bien au tour de Brazzaville de faire trembler la Terre ! Les Mamans du Congo sont nées en 2018, quand ce collectif de femmes rencontre Rrobin, beatmaker favori de Grems et figure de proue du label Galant Records. Tous se retrouvent dans le bastion de la chanteuse et percussionniste Gladys Samba, l’Espace Kudia, un bar culturel en plein cœur du quartier populaire Bacongo, où se réunissent artistes et militant.e.s de la ville. L’union fait la force, l’adage a déjà fait ses preuves chez les Amazones d’Afrique ou les Amazones de Guinée. Rythmiques explosives, machines grime, flow cadencé, chœurs entêtants et instruments faits maison : avec leur premier album, les Mamans du Congo & Rrobin encouragent à leur tour les femmes à trouver le ressort nécessaire pour s’émanciper d’une société patriarcale très oppressante.

Visuel © extrait du clip "Ngaminke"

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28 juin 2021

13:42

Brain Damage, sorcier pionnier du dub français

Depuis une vingtaine d'années, le producteur stéphanois Martin Nathan sculpte sous le nom de Brain Damage un dub sous influence(s). Après avoir travaillé avec High Tone, Horace Andy, Winston McAnuff ou Harrison Stafford de Groundation, en 2018, Martin Nathan est parti faire un tour en Colombie pour explorer de nouvelles vibrations, donnant vie à l'excellent Ya No Mas !. Et puis en mars 2020, cet insatiable curieux était de retour à Kingston pour enregistrer Brain Damage meets Big Youth - Beyond The Blue, l’un des disques les plus attendus de l'année pour tous les amateurs de dub et de reggae. Parce qu’il marque le retour après plusieurs années de silence du DJ et toaster jamaïcain Big Youth, icône de l’âge d’or du roots reggae, mais aussi parce que cet album est traversé par l’influence d’un jazz très spirituel, écrin idéal aux incantations du maître jamaïcain des sound systems. Pour La Potion, le producteur revient sur quelques sessions studios en Jamaïque absolument magiques avec Winston McAnuff et Ras Michael. 

Visuel © Paul Bourdel

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15 juin 2021

17:27

Céline Banza : "j'ai refusé de céder aux accusations de sorcellerie, la musique m'a sauvée"

Aujourd’hui dans La Potion, une femme debout : la musicienne congolaise Céline Banza !

Chanteuse, vidéaste, actrice et performeuse, Céline Banza compte déjà parmi les nouvelles voix féminines à suivre de la scène congolaise contemporaine. Depuis ses études à l’Institut national des Arts (INA) à Kinshasa, puis ses débuts comme choriste aux côtés de certains rappeurs congolais, Céline Banza a fait de l’art une manière d’être au monde, un engagement récompensé en 2019 par le Prix Découverte RFI. Ambassadrice de l’Unicef en 2020, Céline Banza se révèle aussi être une femme d’action, mettant sa voix au service des sujets sensibles tels que l’éducation des filles, les mariages précoces ou les abandons d’enfants. En janvier dernier, la petite protégée de Youssoupha sortait enfin Praefatio, un premier album initiatique produit en partie par le prim’s parolier et chanté en ngbandi, dans lequel se dévoilent une voix profonde, une guitare sensible et la prémonition d’un très bel avenir. Pour La Potion, Céline Banza revient notamment sur les accusations de sorcellerie dont sa sœur et elle ont été victimes, et nous offre en live une berceuse magique héritée de sa grand-mère. 

Visuel © Pochette Praefatio

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14 juin 2021

13:07

Dobet Gnahoré : "parfois mes chansons me viennent en songe"

Chanteuse, percussionniste, danseuse et comédienne, l'artiste ivoirienne Dobet Gnahoré vient de sortir Couleur, un nouvel et sixième album qui lui ressemble beaucoup. Libre, joyeux, optimiste, trait d’union entre deux mondes, Couleur convoque les mille vibrations de la capitale ivoirienne, coupé-décalé en tête, autant que des sonorités électroniques captées en Europe où s’est établie Dobet Gnahoré. Couleur célèbre aussi la gloire des femmes, pas étonnant de la part de celle qui a aussi créé son studio de musique et un label pour les jeunes pousses féminines de la scène actuelle ivoirienne. Véritable bête de scène à l’énergie bluffante, Dobet Gnahoré se révèle aussi sensible, intuitive et connectée à une pulsation très profonde… Pour La Potion, la musicienne ivoirienne revient notamment sur la magie du peuple bété, son initiation auprès de sa grand-mère pleureuse et chanteuse pour les esprits défunts, ainsi que sur son rapport très intuitif à l'inspiration.

Visuel © Jean Goun

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11 juin 2021

9:04

Joseph Schiano Di Lombo : "la lecture du Tao m’a chamboulé"

Pianiste de formation classique et plasticien diplômé des Arts Déco de Paris, Joseph Schiano Di Lombo se positionne comme un réinterprète : à la fois poète, plasticien, auteur, musicien, dessinateur et performer, il cultive la pluridisciplinarité comme un art de la fugue ou de la métamorphose, au choix, qui le pousse en tout cas à toujours se réinventer. Difficile ici de résumer l'ensemble de ses travaux, ni leur pluralité mais pour vous donner une idée, le mois dernier, Joseph Schiano Di Lombo publiait son premier roman, un polar sans intrigue intitulé Oxymore (ed. B42). Début avril, sortait aussi "Musique de Niche" dans la collection Méditations du label Cracki Records, une ode ambient dédiée aux chiens, une déclaration d’amour instrumentale nimbée d’échos délicats et de synthés spectraux pour dire les caresses, le jeu et les balades en forêt. Pour La Potion, Joseph Schiano Di Lombo revient notamment sur l'influence de la spiritualité taoïste sur sa pratique artistique, son initiation chamanique à la harpe de cristal ou encore sur la magie du monde végétal. Pur love. 

Visuel © Marion Berrin

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10 juin 2021

14:27

Souad Asla : "la magie du Sahara, c'est la plénitude de son silence"

Le 5 juin dernier, un vent du Sud soufflait sur le 360, salle de concert dédiée à la sono mondiale rue Myrha à Paris. S’y produisait Sahariennes, une création inédite conçue sous la direction artistique de Piers Faccini, un plateau de chanteuses exceptionnelles toutes en lien avec le désert du Sahara : la griotte mauritanienne Noura Mint Seymali, Souad Asla, diva du sud-algérien, Dighya Moh Salem, ambassadrice des traditions du Sahara Occidental et Malika Zarra, jazzwoman marocaine. Si ces artistes sont chacune de grandes étoiles de la musique dans leur pays, des ambassadrices, elles célèbrent ensemble dans cette création l’héritage des femmes du Sahara et leurs traditions, berbères, touaregs, gnawas, profanes ou sacrées. Pour La Potion, les musiciennes dévoilent un peu de la magie du Sahara, de la lune d'été aux paysages propices à la contemplation. 
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08 juin 2021

9:11

Peter Solo, alchimiste vaudou-funk

Vaudou Game, c’est une tempête groove que rien n’arrête depuis leur premier album en 2014. Peter Solo et son groupe mêlent à leur afro-funk vintage, à leur transe festive et engagée, les gammes et la spiritualité ancestrales des rituels vaudou de la région Togo-Bénin, l’ancien royaume du Dahomey, d’où vient Peter Solo. Aujourd’hui Vaudou Game est de retour avec Noussin, “reste fort” en mina, un nouvel et quatrième album à paraître le 11 prochain chez Hot Casa Records. Fidèle à sa philosophie en rapport direct avec la nature, Peter Solo y évoque le péril environnemental et les tensions qu’il engendre. Pour donner de la force à son message, Peter Solo puise encore dans l'énergie du funk, mais se reconnecte aussi à ses années londoniennes, aux couleurs d’un p-funk assez cosmique ou d’une disco fiévreuse. Pour La Potion, cet alchimiste du vaudou-funk nous présente aux divinités du panthéon vaudou, nous rappelle leurs valeurs d'amour et de tolérance, et vous apprend même un chant de gratitude à offrir aux éléments (fonctionne sur les ficus d'appartement). 

Visuel © Jérémy Garcia

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07 juin 2021

13:09

Camille Ducellier : "la sorcière est l'alliée des femmes hors-cadres, de leurs chemins de traverse"

Aujourd’hui dans La Potion, la réalisatrice, plasticienne, autrice et sorcière queer Camille Ducellier. 

Quoi qu’elle fasse, Camille Ducellier s’attache à rendre visible les féminités des marges, les rebelles, hors-cadres et hors-normes, depuis son premier film Sorcières mes Soeurs en 2010, à la rencontre de Thérèse Clerc, fondatrice des Baba Yaga de Montreuil ou de l’écrivaine Chloé Delaume. La même année, Camille Ducellier publiait aussi Le Guide Pratique du Féminisme Divinatoire, inventant des ponts joyeux entre féminisme et ésotérisme, un manuel réédité depuis dans la collection sorcière des éditions Cambourakis. Depuis, dans divers formats documentaires, Camille Ducellier s’est intéressée tour à tour aux voyages astraux, aux sorcières queers ou encore à la sonothérapie. Aujourd'hui, la voici de retour avec Sorcière Lisa, une web-série documentaire diffusée sur France TV Slash, soit le portrait savoureux de Lisa, strip-teaseuse, cagole, sirène, gouine, sorcière et féministe. En bref, tout ce que j'aime ! 

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04 juin 2021

15:51

Para One, sur les chemins du sacré

Aujourd’hui dans La Potion, un touche-à-tout de génie : Para One !

Voilà sept ans que nous attendions le retour de Para One, roi des loops et des machines, un pied dans le hip-hop, l’autre sur le dancefloor, Para One ici compositeur des bandes originales de Céline Sciamma, là producteur pour Bonnie Banane. Adepte de la métamorphose, Para One n’est jamais là où on l’attend. Aujourd’hui, Para One est donc de retour avec un premier long-métrage, Sanity, Madness and The Family, sa bande-originale, Machines of Loving Grace, et une formule live, un triptyque intitulé Spectre. 

Loin, très loin du club, Machines of Loving Grace est un disque introspectif et mystique dans lequel le producteur français semble avoir plongé au plus profond de lui-même pour y pister grâce, magie, paix et liberté, entre musique électronique et samples de musiques traditionnelles issues de pratiques rituelles bulgares, indonésiennes ou encore japonaises. En bref, tout ce que j’aime…

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03 juin 2021

15:00

Pat Kalla : "ma seule religion, c'est l'amour"

Avec son don pour la transmission orale, qu'il chante ou qu'il conte, Pat Kalla a bien donné de la voix ces dernières années, au sein de projet comme la légende d’Eboa King, le Mento Cloub ou encore le Voilaaa Sound System, avant de se lancer en solo avec Jongler en 2018, un premier album conçu comme un tourbillon de grooves métisses et de poésie militante. La danse est un médicament, voilà l’un des mantras du musicien lyonnais d’origine camerounaise, et voilà qu’il remet ça aujourd’hui avec un nouvel opus, l’Hymne à la Vie, toujours accompagné par son combo, le Super Mojo. Pour La Potion, Pat Kalla revient sur la portée mystique de la musique des Pygmées, son initiation au conte par sa grand-mère camerounaise et les nuits de transe en forêt avec des grands maîtres de la percussion mandingue, de Famoudou Konaté à Mamady Keita.
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02 juin 2021

14:30

Maya Dunietz : "La musique est un massage pour l'âme"

Maya Dunietz est née à Tel-Aviv. Après des débuts plutôt classiques, la pianiste a fait une rencontre qui devait complètement changer sa vie : avec Emahoy Tségué-Maryam Guèbrou, une religieuse éthiopienne à la vie romanesque, par ailleurs violoniste et pianiste, elle aussi, retirée au monastère éthiopien de Jérusalem et redécouverte grâce à l’un des volumes des compilations Ethiopiques. Cette rencontre hautement initiatique a incité Maya Dunietz à apprendre tout son répertoire puis à le jouer dans le monde entier. Aux USA et ailleurs, Maya Dunietz s’est aussi frottée à des expérimentations jazz et rock, auprès de sorciers du son comme John Zorn ou, plus inattendu, le groupe français Cheveu. Aujourd’hui Maya Dunietz vient de sortir son premier album solo, Free The Dolphin, un disque magnifique où blues et gammes éthiopiennes côtoient le jazz sous toutes ses formes, surtout les plus libres. Du mystère des chants sami à la puissance des cérémonies du peuple shona, en passant par son initiation avec la religieuse et pianiste éthiopienne Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, Maya Dunietz se dévoile en magie dans La Potion aujourd'hui.
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01 juin 2021

11:05

Juana Molina : "la magie opère quand les instruments, le studio et moi disparaissons"

Aujourd’hui dans La Potion, la sorcière la plus punk du continent sud-américain : Juana Molina. 

En Argentine, Juana Molina est une véritable star, un monument, de la télévision et du théâtre, mais aussi de la musique depuis Rara, son premier album en 1996. Pour vous donner une idée, imaginez une réunion annuelle des sorcières du folktronica à l’aura punk - option potion : vous y trouveriez Juana Molina autour d'un chaudron avec PJ Harvey, La Chica, Brigitte Fontaine, Starhawk et Catherine Ringer. Car la musique de Juana Molina regorge de chants de la terre, de cristaux, de soirs de pleine lune, d’os, de secrets et de mystères. Après l’excellent Halo en 2017, puis Anrmal en 2020, aujourd’hui Juana Molina s’apprête à rééditer chez Crammed Discs son deuxième album, Segundo, un excellent prétexte pour s'initier à la magie de cette artiste vraiment singulière. 

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31 mai 2021

9:50

Blick Bassy et la magie du peuple bassa

Aujourd’hui dans La Potion, le musicien camerounais Blick Bassy. 

Après avoir illuminé le sombre blues de Skip James dans l’excellent Akö, Blick Bassy signait en 2019 son disque le plus politique, 1958, en mettant sa voix, sa Gibson et sa folk bassa au service de l’histoire du militant Ruben Um Nyobè, père oublié de l’indépendance camerounaise assassiné par l’armée française au terme d’une traque épique, le 13 septembre 1958. Avec cet album, Blick Bassy explique qu’il a voulu donner corps à la mémoire de Ruben Um Nyobè pour pousser aujourd’hui le Cameroun et la France à prendre leur responsabilité, et donner ainsi aux jeunes le courage de se saisir de leur destin, la clé de leur auto-détermination. Blick Bassy était l’invité de Chambre Noire mercredi soir pour nous offrir en live le répertoire de 1958, et bien sûr, j’en ai profité pour l’attirer dans la Potion. Un épisode dans lequel le musicien, en passe de devenir chef spirituel au Cameroun, revient sur la magie du peuple bassa, arme de résistance pendant la colonisation française et "science naturelle" selon lui.

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28 mai 2021

11:35

Poté : "la magie de l'électro, c'est son pouvoir d'élévation"

Né à Ste Lucie, entre plages, volcans et forêts, c’est dans la jungle londonienne que Poté a poussé et commencé à produire de la musique, plutôt côté club d’abord - d’ailleurs, c'est sur le label portugais Enchufada, connu pour ses expérimentations néo-kuduro, que Poté sortait son premier EP en 2015. Au fil des années et des mixtapes, Poté n’a jamais cessé de mettre en dialogue cadences caribéennes et beats du Tout-Monde, allant jusqu’à bluffer Bonobo mais aussi Damon Albarn qu’on retrouve encore à ses côtés sur "Young Lies". Un nouveau morceau qui annonce “A Tenuous Tale of Her”, album à paraître le 4 juin prochain dans lequel Poté nous emmène bien au-delà du dancefloor, dévoilant une dimension introspective, voire contemplative et une voix cousine de celle de Sampha par endroits.
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27 mai 2021

12:40

Mélissa Laveaux : "ma magie est héréditaire, mes deux grand-mères étaient sorcières"

Aujourd’hui dans La Potion, une sœur sorcière : Mélissa Laveaux !

Depuis ses débuts en 2008, Mélissa Laveaux a semé des petits indices quant à sa manière d’être au monde, spirituelle féministe et décoloniale, au fil de sa folk indocile et hantée. Une magie émancipatrice distillée d’un album à l’autre, y compris dans l’excellent Radio Siwèl, qui revisitait les chants de lutte et le folklore de son Haïti racine. Quelque temps plus tard, paraissait encore le morceau "Nan Pwen Lavi Anko", un appel à la magie vaudou libératrice et de fil en grigris… Voici donc Mélissa Laveaux dans La Potion aujourd’hui. Un épisode dans lequel la chanteuse revient sur sa relation au panthéon vaudou et ses rituels pour cultiver la magie au quotidien, des rituels mystiques et musicaux car selon elle, "chanter, c'est prier deux fois". 

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25 mai 2021

12:11

Yom et la magie du klezmer

Aujourd’hui dans La Potion, le clarinettiste français Yom.

Le truc de Yom au départ, c’est le klezmer, une musique de joie, de réjouissances, jouée autrefois lors des fêtes et des mariages, dans les shtetls (« villages ») ou les ghettos urbains, par des musiciens juifs ashkénazes. Mais pour cet insatiable touche-à-tout en quête d’absolu, tous les chemins sont bons à suivre et au fil des années, Yom n’a eu de cesse de balader sa clarinette en terres électroniques, classiques, contemporaines voire carrément punk. Aujourd’hui, Yom s’est assagi et présente son nouvel album, Célébration, un disque hautement méditatif pour dire toute sa soif de spiritualité, en puisant dans les grandes traditions de la musique sacrée. Pour La Potion, l'ancien punk du klezmer revient sur la magie de cette musique traditionnelle d'Europe de l'Est et sur sa transition zen. 

Visuel © Arno Weil

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25 mai 2021

9:35

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