La Potion

Dans Nova Lova, une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova.

par Jeanne Lacaille

Épisodes

Bamao Yendé : "les musiques méditatives m'offrent de l'espace pour rêver"

Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.
Aujourd’hui dans La Potion, un oiseau de nuit : Bamao Yendé !Originaires de Cergy-Pontoise en région parisienne, Bamao Yendé et ses potes du crew YGRK Klub commencent par faire un peu de tout : de la musique, de la couture ou des arts visuels… Et puis, en 2016, Bamao Yendé monte Boukan Records, un label innovant, fluide, expérimental et pas sage. Nourri au hip-hop et au R’n’B par son grand frère, à Stevie Wonder par son père et à la musique africaine par ses tantes, Bamao Yendé découvre la musique électronique en traînant sur les chaînes YouTube britanniques. https://youtu.be/mt8mXGIOOso Bamao Yendé est un producteur boulimique, pluggé en direct sur cet héritage colossal de la musique africaine, du kwaito au highlife du kuduro au soukous… Tous ces genres qui aujourd'hui mutent par le prisme de la musique électronique. En s'appropriant ces sonorités, Bamao Yendé les dirige vers le club, en y injectant une énergie débordante qui l'a fait passer en quelques mois de la scène de la Java à Paris, à celle des plus grands festivals internationaux - pour vous donner une idée, les dernières fois que je l’ai vu en live, c’était à Villette Sonique à Paris, aux Electropicales à la Réunion et au Nyege Nyege Festival en Ouganda.Ces derniers temps, Bamao Yendé s’est également illustré au sein du trio Nyoko Bokbae ou avec son ami Le Diouck qui sera bientôt dans La Potion. Ensemble ils viennent de sortir ce morceau, l'hypnotisant "Marvin Gueye".https://youtu.be/XTS1mBF6LoE Je préfère vous prévenir : chez Bamao Yendé, l’habit ne fait pas le mec ! Car si ses prods sont intenses et ses rythmes furieux, Bamao en réalité, est une créature des plus sensibles… Dans La Potion, le producteur se dévoile en magie et nous révèle son amour des musiques méditatives, si grand qu'il en compose à son tour. Des loops aquatiques et apaisants qu'on découvre en exclu dans La Potion aujourd'hui !  

15 janvier 2021

10:48

Dans la pharmacopée berbère de Karimouche

Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.
Après Emballage d’Origine en 2010, Action en 2015 et une forte présence à l’écran dans Les Sauvages sur Canal +, Cannabis sur Netflix, Karimouche est de retour avec un nouvel album : Folies Berbères, produit par Tom Fire. Un disque qui synthétise parfaitement son amour infini de la guinguette - son univers, ses chansons, entre chroniques sociales et textes humoristiques - et ses racines berbères. Dans les bacs le 15 janvier 2021 et co-écrit avec R.Wan, Folies Berbères s'en prend au racisme d'État comme au patriarcat et fait notamment honneur aux femmes, en appelant à la sororité.https://www.youtube.com/watch?v=9rJ8cnGERyk&feature=youtu.bePour La Potion, Karimouche nous révèle les pouvoirs médicinaux de l'huile de nigel et du cumin, son amour pour la transe rock de Nass El Ghiwane ou pour la mère du raï Cheikha Rimitti. Mais la chanteuse nous confie aussi la recette du tajine-blanquette-de-veau et du mahjoun... le space cake marocain !Crédit © Sony Music  

14 janvier 2021

11:46

La rose, une alliée médicinale

Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.
Aujourd'hui dans La Potion, l'herboriste Gauthier Dupont est de retour pour nous révéler tous les petits secrets de la rose !Prisée depuis l'Antiquité pour son élégance et sa volupté, la rose possède de nombreuses vertus médicinales assez méconnues. Antibiotique naturel, parfaite pour les petits bobos oculaires lorsqu'elle est combinée au bleuet, puissant sérum anti-âge ou encore excellent cicatrisant pour les casse-cous, la rose n'a pas fini de vous séduire ! Comme à son habitude, Gauthier Dupont nous donne également une recette : cette semaine, la recette du vin de rose qui ravira les plus gourmand.e.s d'entre vous (à consommer avec modération). https://www.youtube.com/watch?v=1H5ztwWXLzk&feature=youtu.be  

13 janvier 2021

6:34

Sabrina Bellaouel, alchimiste du beat

Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.
Aujourd’hui dans La Potion, la chanteuse et productrice alchimiste du beat Sabrina Bellaouel ! Comme Circé, Sabrina Bellaouel maîtrise à la perfection l’art de la métamorphose, passant d’un claquement de doigt d’un rn’b libre, étrange, innovant et super sensuel - comme sur son album Illusions en 2018 - à une techno minimale aux textures organiques, à l’image de "Nasser", échappé de We Don’t Need to Be Enemies (InFiné). Deux mois plus tard, Sabrina Bellaouel sortait Libra, un EP club et introspectif sous le signe - astrologique - de la balance. Ponctué de références ésotériques, notamment grâce aux voix de l’astrologue américain Fernando Prudhomme en ouverture du disque et, plus loin, celle de son ami Gracy Hopkins, pour une histoire de révolution solaire. De Bagneux en région parisienne où elle a grandi à Londres la bouillonnante, où elle a étudié l’ethnomusicologie, Sabrina Bellaouel cultive un amour profond pour les voix venues d’ailleurs, les souffles et la transe…Ça tombe bien, moi aussi, et magie magie, là voici dans la Potion aujourd’hui. Au programme : astrologie comme mathématique de Dieu, thérapie par la danse, transe gnaoua ou électronique. Crédit © Louis Muller  

12 janvier 2021

13:17

Découvrez Le Grand et Le Petit Albert, traité d'alchimie rarissime du 13e siècle

Aujourd’hui, sorcellerie et magie noire dans la Potion, dédiée aux grimoires légendaires Le Grand et le Petit Albert ! 
Il faut remonter au 13e siècle pour trouver les premières traces de ces fameux traités de magie noire, imprimés pour la première fois en France en 1651, par la maison d’édition lyonnaise Beringos. On ne sait pas exactement qui est l’auteur du Grand et du Petit Albert. Son titre laisse présumer que l’ouvrage fut écrit, ou au moins inspiré, par Saint-Albert le Grand, théologien et professeur à la Sorbonne. Mais au fil des siècles et des rééditions, des nouvelles séquences apparaissent dans le livre et floutent donc un peu sa véritable paternité. Toujours est-il que cet ouvrage collectif est parvenu jusqu’à nous, et on peut dire que ce n'était pas gagné. Pourquoi ? Et bien parce que Le Grand et Le Petit Albert contiennent un bric-à-brac de recettes secrètes, souvent empruntées à la médecine des Arabes, des Grecs, des Egyptiens ou des Syriens. Des recettes pour être heureux en amour, construire sa fortune ou bien pour conserver la santé - ce qui au 13e siècle n’est pas une mince affaire… On y trouve aussi un traité d’astrologie, quelques chapitres consacrés aux vertus de certaines pierres, plantes ou animaux, et des conseils pratiques destinés aux paysans pour booster leurs cultures. Au fil des pages du Grand et du Petit Albert, on apprendra aussi à changer le plomb en or fin, à confectionner des talismans, à élaborer des parfums (un pour chaque jour de la semaine), à voir en rêve la personne que l'on va épouser ou à avoir de la chance aux jeux… Très pratique ! Sauf qu’il y a un hic : Le Grand et Le Petit Albert contiennent aussi des formules très détaillées (souvent bien dégueu) pour nuire à autrui. Forcément, l’Eglise grince des dents car qui dit magie noire, dit que c’est forcément un coup du Malin ! Alors on le lit en cachette, on le cache sous une poutre du grenier en espérant que les voisins ne poukavent pas… Ce qui est drôle dans cette histoire, c’est que si l’Eglise encourage à fond ses fidèles à brûler leurs exemplaires, Le Grand et Le Petit Albert sont en fait de véritables succès d’édition, vendus à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires ! La clé de ce succès malgré la censure, ce sont les colporteurs, ces dealeurs de livres qui ont largement diffusé Le Grand et le Petit Albert dans les campagnes en les vendant sous le manteau.Aujourd’hui, on trouve encore ce traité de magie dans quelques librairies spécialisées. Au-delà de ses textes, ce qui est intéressant, c’est aussi de voir ce qui préoccupait les alchimistes entre le 13e et 17e siècle. En bref : l’intention est bien scientifique et technique, il s’agit surtout de percer et de manipuler les secrets de la nature à des fins productivistes… Comme quoi le capitalisme couvait depuis longtemps ! Bon, je vous préviens, tout n’est pas bien dans le Grand et le Petit Albert, je pense notamment au nombre incalculable d’animaux innocents sacrifiés dans les recettes ainsi qu’aux chapitres consacrés à la complexité de l’appareil reproductif féminin - un peu à côté de la plaque les moines, ils ne devaient pas en voir souvent des clitoris - mais retrouvez tout de même un petit florilège dans La Potion du jour ! Merci beaucoup à Reza Pounewatchy, Thierry Paret et Tristan Guérin d’avoir prêté leur voix à cette Potion d’alchimistes. Crédit © Couverture du Le Grand et Petit Albert  

11 janvier 2021

8:07

Samantha Lavital, de la magie du chant collectif

Aujourd’hui dans La Potion, une artiste d’origine guadeloupéenne profondément connectée au subtil : Samantha Lavital ! 
Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.Samantha Lavital est complètement accro à la scène depuis son plus jeune âge... Il faut dire que chez les Lavital, de père en fille, la musique se cultive en famille ! Aujourd’hui Samantha navigue entre soul, jazz et rythmes caribéens : en solo, à la tête d’un chœur gospel, dans les rangs de la fanfare afro-féministe 30 Nuances de Noir.es ou encore aux côtés de nombreux groovers, tels que l’ambianceur camerounais Franck Biyong ou de notre ami Gystere, complice musical depuis de longues années. https://www.youtube.com/watch?v=PFQapPHOSRM&feature=youtu.beÉgalement comédienne, Samantha incarnait par exemple la grande Billie Holiday en 2016, sur les planches du Théâtre Lucernaire à Paris, aux côtés de Rémi Cotta dans le spectacle Neige Noire, Variations sur la vie de Billie Holiday de Christine Pouquet. Voilà fait un petit moment que j’ai envie de traquer l’invisible avec Samantha Lavital, par ailleurs fan absolue de circle song à la Bobby Mc Ferrin, ces cercles de chant basé sur l’improvisation collective. Des pouvoirs du chant lorsqu'il est collectif à la fameuse zèb à pik, plante reine des potions médicinales caribéennes... magie magie, voilà Samantha Lavital dans La Potion aujourd’hui ! Crédit © Corinne Gabelle  

08 janvier 2021

16:08

Les "Radical Faeries" racontées par Martin Dust


Martin Dust, c’est un oiseau de nuit, une créature spectaculaire toujours heureuse d’ajouter un supplément de paillettes et d’engagement à nos vies : que ce soit sur la scène du Zèbre de Belleville à Paris avec le Cabaret de Poussière, ou sur les ondes de Nova, avec ses Toasts hauts en couleurs, tous les lundis à 18h dans la Supernova de Marie Bonnisseau.Aujourd'hui dans La Potion, Martin Dust se fait conteur pour nous faire découvrir l'histoire des Radical Faeries, littéralement des «fées radicales». Du Tennessee aux Vosges françaises, les Radical Faeries sont membres d'un mouvement issu des contre-cultures américaines qui prône une liberté sexuelle totale, le retour aux rites païens et une redéfinition de la question du genre.  

07 janvier 2021

11:20

Le gui, arme méconnue contre le cancer

Aujourd'hui dans la Potion, notre herboriste préféré revient sur les vertus d'une plante de saison : le gui ! 
Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.Le président de la Fédération Française des Herboristes, Gauthier Dupont, est de retour de La Potion pour nous révéler les petits secrets du gui, souvent considéré à tort comme un parasite. Or, de ses feuilles à ses fruits, le gui est en réalité une plante très utile : pour l'agriculture, la médecine douce, les militant.e.s colleur.euse.s d'affiches ou les gourmand.e.s, le gui possède des propriétés tout à fait surprenantes. Gauthier Dupont nous raconte tout et nous donne, en bonus, une excellente recette de vin de gui - à consommer avec modération bien sûr !Crédit © Pixabay / https://pixabay.com/fr/users/minka2507-3728206/  

06 janvier 2021

7:55

Cédric Herrou : "Il faut toujours renouveler le rituel, sinon il se sclérose"

Aujourd’hui dans La Potion, un agriculteur solidaire, un maraîcher poil à gratter : c’est Cédric Herrou !
Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.Lunettes rondes sur le nez, mains marquées par le travail de la terre et pull en laine, Cédric Herrou a quitté pour quelques jours sa vallée de la Roya dans les Alpes-Maritimes, ainsi que ses poules, ses oliviers et sa ferme perchée sur la montagne, tout près de l’Italie… En octobre dernier, Cédric Herrou sortait Change Ton Monde (ed. Les Liens Qui Libèrent), un livre inspirant mais pas partisan dans lequel l’agriculteur revient sur son parcours, son engagement et sa philosophie. Pour avoir tendu la main à des milliers de personnes en exil à la frontière franco-italienne, pour avoir accueilli et aidé “ces voyageurs de l’ombre devenus ma lumière”, Cédric Herrou a été plusieurs fois attaqué en justice par l’Etat Français et même arrêté en 2016. Son crime ? Le fameux délit de solidarité. Pourtant, l’agriculteur n’a rien lâché, au nom des Droits de l’Homme, de la Femme et du principe de fraternité, et ce malgré des dizaines de gardes à vue, perquisitions, saisies, procès, représailles et prises de becs avec les figures politiques des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti et Christian Estrosi en tête. Aujourd’hui totalement relaxé par la Justice, l’agriculteur - également responsable d’une communauté Emmaüs établie sur sa propriété - ne se définit pas comme un héros mais juste comme “un Herrou têtu et décidé”... Et c’est un grand honneur de l’accueillir dans la Potion : Cédric Herrou y dézingue notamment le concept de rituel, dangereux s'il n'est pas remis en question, sclérosé si on le répète à l'infini - à l'image du fameux "Liberté, Egalité, Fraternité".Crédit © Rebecca Marshall / Éditions Les Liens Qui Libèrent  

05 janvier 2021

7:47

La cartomancienne Lisa Signorini tire les cartes pour la Potion

Aujourd’hui dans La Potion, une pythie, non pas de Delphes mais bien de Paris : la cartomancienne Lisa Signorini ! 
Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.Le sujet m’intéresse, mais je dois bien vous avouer que je n’ai aucune compétence en matière d’oracle. Alors pour connaître ce qui nous attend en 2021, j’ai fait appel à une pro : Lisa Signorini est dessinatrice contemporaine, elle touche aussi à la musique mais surtout, Lisa est cartomancienne, c’est-à-dire qu’elle maîtrise la cartomancie, un art divinatoire qui utilise le tirage des cartes, de tarot bien souvent, pour tâcher de trouver des réponses à nos questions. Une pratique magique intuitive dont on trouve des traces dès le 15e siècle, en peinture notamment - vous ferez attention la prochaine fois que vous irez au Musée du Louvre. Lisa Signorini est déjà venue à Nova, la dernière fois c’était pour la release party de Sexi Planet, le premier album de sa grande amie Bonnie Banane. Pour La Potion, Lisa Signorini tire donc les cartes de son tarot Lenormand et nous révèle l'avenir de Radio Nova, de la culture et de nos ami.e.s musicien.ne.s... Spoiler : c'est pas foutu !Crédit © Lisa Signorini  

04 janvier 2021

10:53

Martin Dust, sorcier anar' du Cabaret de Poussière

Aujourd’hui dans La Potion, un oiseau de nuit qui a le spectacle et l’engagement dans le sang : c’est Martin Dust ! 
Si vous écoutez Nova régulièrement, vous connaissez déjà Martin Dust, toaster émérite dans la Supernova de Marie Bonnisseau tous les lundis soirs à 18h. Si vous le découvrez aujourd’hui, vous allez l’adorer. Une fois la nuit tombée, vous trouverez Martin Dust sur scène : celle du squat de Bastille où il a commencé en 2017, celle aujourd’hui du Zèbre de Belleville, institution du subversif à Paris, aux manettes du Cabaret de Poussière. Sur scène et en coulisses, Martin orchestre ce show engagé qui réunit des conteurs, danseurs, chanteurs, sorcières et magiciennes, des artistes hors-normes, comme lui. Pour cette dernière Potion de l'année 2020, entre paillettes et élévation, Martin Dust revient sur la magie du cabaret comme espace d'abolition des normes du corps et des genres, des règles sociales. Martin Dust nous révèle aussi ses petits secrets de pharmacopée, l'un de ses rituels, hérité des années sida et son disque de soin, un poème de l'activiste afro-américaine Maya Angelou.Crédit © Ozwalt20   

18 décembre 2020

11:25

The Black Book, un secret d'initié.e.s publié par Toni Morrison en 1974

Aujourd’hui dans La Potion, un véritable secret d’initiés publié aux Etats-Unis grâce à la grande Toni Morrison, alors éditrice au milieu des années 70 : ce livre s’intitule The Black Book ! 
The Black Book est une traversée de l’histoire et de l’expérience africaine-américaine depuis le temps de l’esclavage, une anthologie de 224 pages extrêmement bien documentée et composée d’archives : articles, fac-similés, témoignages, photographies, croquis industriels, publicités ou avis d’obsèques, réunissant aussi des partitions, des recettes de cuisine ou cosmétiques. Il se trouve que le Black Book consacre également un chapitre à la magie africaine-américaine, ses persistances et à ses grandes figures… alors évidemment, ce devait être une enquête pour La Potion ! En 1974, Toni Morrison enseigne l’anglais à l’Université d’Etat de New-York et travaille comme directrice d'édition chez Random House, en charge du secteur de la littérature afro-américaine dont elle contribue à la valorisation en éditant, entre autres, les biographies de Mohamed Ali et Angela Davis. A cette époque-là, la future prix Nobel de littérature est elle-même déjà écrivaine : Toni Morrison a déjà publié L’œil Le Plus Bleu, en 1970, et Sula, en 1973, deux romans puissants qui interrogent l’expérience africaine-américaine dans un pays profondément raciste. En 1974, quelques années seulement après l’assassinat de Martin Luther King ou de l’abolition de la ségrégation, Toni Morrison publie The Black Book avec l’aide d’une petite communauté d’auteurs et d’activistes.Pour Toni Morrison, l’histoire et l’expérience du peuple africain américain doivent être racontées mais pas n’importe comment, en montrant que les africains-américains sont “occupés, actifs, intelligents et pas seulement des caricatures ou des sujets folkloriques”. Comment, en somme, le peuple afro-américain est le héros de sa propre histoire. Réédité en 2009 pour ses 35 ans, The Black Book s’ouvre sur un poème puissant et profondément musical de Toni Morrison. Dès sa préface, The Black Book convoque la magie, à laquelle l’ouvrage consacre tout un chapitre, dressant d’abord le portrait de Marie Laveau, prêtresse mythique et grande reine du vaudou à la Nouvelle-Orléans. Ce chapitre est aussi un véritable manuel de magie vaudou qui vous explique comment fabriquer votre propre poupée qu’elle soit en argile, en craie ou en papier. Il comporte en sus, pour notre plus grand plaisir, plusieurs pages consacrées aux charmes et sortilèges vaudou pour attirer la fortune, tourmenter votre ennemi, fabriquer un philtre d’amour sur-mesure ou encore, mon préféré, provoquer une mort rapide... A ne pas reproduire à la maison bien sûr !  

17 décembre 2020

10:00

La Méditerranée, source de spiritualité pour Sabyl Ghoussoub

Aujourd’hui dans la Potion, l’écrivain franco-libanais Sabyl Ghoussoub ! 
Aujourd’hui trentenaire, Sabyl Ghoussoub est un sale gosse qu’on prend tour à tour pour un arabe ou alors pour un juif, à cause de son nez - true story, même sa mère lui a dit. En réalité, Sabyl est né à Paris de parents libanais, chrétiens maronites et militants communistes. De ce flou artistique au sujet de son identité, Sabyl a plutôt choisi d’en rire et d’en faire un roman, son premier, intitulé Le Nez Juif, paru en 2018 aux Editions de l’Antilope. Comme l’auteur, le personnage jongle avec les stéréotypes, les frontières et les faux-semblants. Plus jeune, le jeune Sabyl a aussi goûté à la politique, adhérant à l’époque au PS à Paris, puis se revendiquant militant du Hezbollah à Beyrouth, mais préfère au fond, le cinéma, la musique, les femmes et les voyages de Los Angeles à Istanbul sans oublier Beyrouth, où il se rend souvent. Écrivain, photographe, commissaire d’exposition et ex-président du Festival international du film de Beyrouth, Sabyl Ghoussoub publiait son 2e roman, Beyrouth entre Parenthèses, moins d’un mois après la terrible explosion qui détruisait une bonne partie de la capitale libanaise le 4 août dernier.Si Sabyl s’amuse, se joue si souvent des religions dans ses romans, quid alors de son rapport au spirituel, à l’intuition, à l’invisible ou encore au rituel dans la vraie vie ? Réponse dans la Potion méditerranéenne de Sabyl Ghoussoub ! Visuel © Radio Nova  

16 décembre 2020

11:06

Initiation et rites féminins avec Nesrine

Aujourd’hui dans La Potion, la chanteuse et violoncelliste franco-algérienne Nesrine ! 
Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.Après un premier album en trio avec NES en 2018, Nesrine s’épanouit désormais toute entière et en solo, s’émancipant avec un premier opus éponyme à la croisée de sa culture classique, pop et jazz, le tout sublimé par une musicalité nord-africaine. Un style hybride à l’image de son histoire personnelle, car Nesrine a grandi en France de parents algériens, étudié le violoncelle classique puis travaillé avec le Cirque du Soleil, jusqu’à pouvoir intégrer le East-Western Divan Orchestra de Daniel Barenboim et l’Orchestre de l’Opéra de Valence en Espagne. Aujourd’hui, Nesrine parle plusieurs langues, y compris instrumentales, au point qu’à certains endroits, on ne sait plus si elle joue du violoncelle, du guembri, de la guitare ou bien même d’un cuivre ! Maîtrisant l’art des illusions comme Circé, il y a, avec Nesrine, de la magie dans l’air... Pour la Potion, la musicienne revient sur son rapport à l'invisible, à l'intangible et aux rituels, très vivaces dans sa culture et transmis surtout par les femmes.   

15 décembre 2020

10:53

Les pouvoirs de la joie par Macha Gharibian

Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.
Solaire et voyageuse, Macha Gharibian se trouve à la confluence de plusieurs mondes : fille de Dan Gharibian, membre de Bratsch - super groupe qui a brassé les musiques tziganes et balkaniques pendant quarante ans - Macha possède par ailleurs une solide formation de pianiste classique. Puis en 2005, la vie l'a mené à New York où la musicienne, également compositrice, s’est prise une formidable claque jazz qu’elle allait pousser jusqu’à ses extrémités les plus free. https://www.youtube.com/watch?v=7dUmEYpeQ3cMacha Gharibian écrit aussi, mais toute pudique qu’elle est, elle préfère l’anglais pour chanter ses émotions contrastées, nuances qu’elle matérialisait en janvier dernier sur Joy Ascension, un troisième album où la musicienne passe du piano classique au Fender Rhodes avec une agilité assez impressionnante. Un disque où s'entremêlent avec modernité la tradition arménienne, le jazz, la soul et les pulsations du monde. Pour la Potion, Macha Gharibian se livre sur son rapport à la magie et surtout à la joie dont elle cultive les pouvoirs. Visuel © Richard Schroeder   

14 décembre 2020

12:37

Mami Wata et louanges congolaises dans La Potion de Gracy Hopkins

Aujourd’hui dans La Potion, un ovni du rap game français : Gracy Hopkins !
Tous les jours dans Nova Lova, Jeanne Lacaille vous propose une chronique sur les musiques rituelles, les rythmes issus des musiques de guérison (traditionnelles ou repassées à la moulinette des musiques actuelles), des plantes ou bien des savoirs hérités racontés par des invité.e.s un peu sorcier.e.s de passage à Nova. Un podcast réalisé par Tristan Guérin.Gracy Hopkins a grandi à Torcy, en Seine-et-Marne, mais son amour pour la langue d’Aaliyah, Dr Dre ou Kanye West le pousse à rêver et à écrire en anglais. Gracy Hopkins a pris le temps de se trouver, changeant régulièrement de pseudo au fil des projets pendant quelques années, de Stanky Massassambas, Bear-A-Thon, Kaisy Jay à King Vladimir. S'il s'amuse à brouiller les pistes, Gracy Hopkins poursuit ardemment son objectif et en 2017, le rappeur devient le premier artiste français à pénétrer dans les studios berlinois de COLORS avec son titre « Acrophobia : High »A 23 ans, Gracy Hopkins a déjà sorti 3 longs-formats dont Encore (Time 2020) en novembre dernier. Il semble aujourd’hui avoir réuni les bons ingrédients pour sa potion hip-hop, entre ardeur et nonchalance, présentant sa musique comme “la fusion d’un rap rauque sur des productions minimalistes et expérimentales". Un des talents sûrs de Gracy Hopkins, c'est d'abord d'assumer son égotrip mais aussi de savoir bien s’entourer. Après des feat. avec Josman, Makala, Krisy, Sabrina Bellaouel, Dimeh, Némir, ou encore Bonnie Banane, aujourd’hui le plus ricain des rappeurs français se prête au jeu de la Potion, et dévoile une facette hautement spirituelle... que je ne soupçonnais pas du tout.   

11 décembre 2020

8:31

Pamela Badjogo : "la plus puissante des magies blanches, c'est la musique"

Pamela Badjogo se présente comme une chanteuse de nu-soul bantoue, elle est gabonaise et si elle commence à se faire un nom en France, sa carrière débute alors qu'elle est toute jeune, à Libreville. D’abord choriste des studios comme le studio Mandarine, Pamela s’installe ensuite au Mali, pour étudier la biologie. Sauf que son amour pour la musique la rattrape vite et voilà comme Pamela Badjogo propose ses services de choriste au prestigieux studio Tamani qui l'embauche pour accompagner la diva jazz Dee Dee Bridgewater, sous la conduite de Cheick Tidiane Seck - plutôt cool comme début de carrière ! Après avoir tourné avec les plus grandes voix d’Afrique de l’Ouest telles que Salif Keïta, Oumou Sangaré ou encore Les Amazones d'Afrique, en avril 2017, au Mali, Pamela cofonde avec la rappeuse Ami Yerewolo le programme Moussoyayé Koba Yé, "c'est une excellente chose d'être une femme", un collectif d'artistes réuni.e.s contre les violences basées sur le genre. 
De l’ombre à la lumière, Pamela Badjogo s’apprête à sortir KABA, un 2e album pour lequel la chanteuse a fait appel au grand guitariste de highlife ghanéen Pat Thomas (!). Pour la Potion, Pamela Badjogo en interprète un extrait, le doux "Toto", mais elle se livre aussi sur son rapport à la magie : noire, elle lui fait peur, blanche, elle est musicale. Pamela Badjogo nous révèle aussi les propriétés de l'iboga, une plante aux pouvoirs... hallucinants !Crédit © Sébastien Rieussec  

10 décembre 2020

11:30

Psychomagie et fermentation dans La Potion de Flavien Berger !

Révélé en 2015 par Leviathan, un disque-aventure épique, Flavien Berger a depuis poursuivi son exploration du son pour signer Contre-Temps, un album magnifique sorti fin 2018 dans lequel on traverse sa relation au temps au fil d’un voyage hybride, poétique et très visuel entre électro-pop, musique répétitive, psychédélisme, bruitisme, contemplation et science-fiction. De Flavien Berger, Aurélie Sfez jadis aux manettes de l'émission "A la Dérive" sur Nova disait : “Si Pierre Henry et Sébastien Tellier avaient eu un bébé, ils l'auraient appelé Flavien Berger”... Rien que ça ! Un bébé aux cheveux longs et au look imprévisible fait de cinéma et de jeux vidéo, qui aurait composé ses premiers morceaux sur sa Playstation 2 !
Même s'il geeke pas mal, Flavien Berger collabore souvent avec d’autres artistes et il a plein d'ami.e.s, comme Bonnie Banane, qu'il est venu soutenir la semaine dernière à à l’occasion de la release party de Sexi Planet, le premier album de la chanteuse. Comme ça fait un moment que je me dis qu’on a un peu le même sens du cosmos, j’en ai profité pour enquêter sur ce qui compose la Potion de Flavien Berger. Dans La Potion, Flavien Berger se livre donc sur sa relation avec la magie, clé de voûte de l'inspiration dont il faut guetter les signes au quotidien, sur sa pratique de la fermentation des plantes comme de la musique et partage avec nous un disque de soin de Bill Evans. Visuel © Julien Bourgeois  

09 décembre 2020

13:56

Le coquelicot, un antidépresseur naturel

À ne pas confondre avec son cousin psychédélique le pavot et nommé d'après la crête rouge du coq, cocorico ! Le coquelicot a séduit de nombreuses civilisations au fil du temps pour ses vertus apaisantes, sédatives, poétiques et oniriques. De nos jours, les herboristes le conseillent surtout pour apaiser nos angoisses et les états dépressifs. Dans La Potion de Gauthier Dupont, il inspire aussi de nombreux musiciens... Alors montez le son ! 
 Visuel © b-eires, fabioberg & vici   

08 décembre 2020

7:35

Au cœur de la mythologie traditionnelle polynésienne avec quinzequinze

Depuis 2013, le collectif quinzequinze compose une musique climatique, répondant davantage à l’énergie qu’à un style figé. Un groove détraqué qui écoute le vent, la terre et les orages, matérialisé en 2018 sur Nevaneva, un premier EP vraiment classe fait de synthés de l’espace, de musique électronique et de rythmes obsédants. 
Chez quinzequinze, le mouvement est constant. Il s’agit en effet d’un collectif de laborantins.tines qui nourrit son originalité grâce à un travail de recherche visuelle et sonore - par exemple ils sont fanas de field recording et de sampling inattendus comme sampler leur freezer - lorgnant aussi du côté des traditions polynésiennes, où ont grandit Tsi Min et Ennio, deux des cinq membres de quinzequinze. Des traditions musicales d’abord, grâce à la polyphonie des himene taravas ou des to’ere, des percussions traditionnelles de l’archipel et puis il y a l’orero, l’art oratoire tahitien revisité en 3.0 chez quinzequinze. C’est encore le cas sur leur nouvel EP, intitulé Le Jeune. De passage à Nova pour la release party de Sexy Planet, le premier album de leur amie Bonnie Banane, Tsi Min et Ennio du collectif quinzequinze ont bien voulu se prêter au jeu de la Potion : du culte des ancêtres au rituel du tatouage, de la cérémonie du kava au reggae polynésien... Plongée dans l'univers de quinzequinze.   

07 décembre 2020

12:19

De la weed et du reggae dans La Potion de Liam Bailey

Aujourd’hui dans La Potion, un musicien profondément habité : Liam Bailey ! 
Depuis plusieurs mois sur Nova, on vous joue White Light de Liam Bailey, un morceau échappé d'Ekundayo, le deuxième album du songwriter britannique, paru le 13 novembre dernier chez Big Crown Records. Un disque composé avec LE maître ès-groove Leon Michels, mêlant habilement riddims jamaïcains et soul sensible, R&B mélancolique et dub analogique à la Lee Perry sans jamais se complaire dans le vintage pour autant. Entre les lignes, le soulman de Nottingham se dévoile, écorché vif et poétique.Ekundayo signifie "et le chagrin devient la joie" en yoruba. Avec un titre comme celui-ci, évoquant le pouvoir de transformation voire de guérison de la musique, j'étais forcément intriguée. Et si c’était affaire de magie ? Alors à l’occasion de son passage dans Chambre Noire, l’émission de live de Radio Nova, j’en ai profité pour tirer les choses au clair avec Liam Bailey. Résultat : Liam Bailey se confie sur son rapport à la magie, loin des clichés des films Disney, et nous explique les pouvoirs magiques de la weed et du reggae, spirituel et collectif... Yessaï ! Visuel © Eduardo Donoso  

04 décembre 2020

10:07

Senny Camara : "les pouvoirs magiques de la kora sont immenses"

Dans La Potion aujourd’hui, la musicienne sénégalaise Senny Camara… et sa kora ! 
La musique, chez Senny Camara, c'est avant tout une histoire de cordes. Celles de sa kora - traditionnellement réservée aux hommes - dont elle a su faire une alliée pour s’accomplir en tant qu’artiste mais aussi en tant que femme. Insoumise, libre et pugnace, Senny Camara partage de nombreux points communs avec ses femmes-totems : Nina Simone, Joséphine Baker, Chimamanda Ngozie Adichie, mais aussi la griotte guinéenne Mahawa Kouyaté qui demeure pour elle une véritable source d’inspiration. La femme à qui elle doit le plus, c’est sans doute sa grand-mère, qui l’a élevé dans les plus pures traditions animistes du peuple Sérère, à Tataguine, au sud du Sénégal. Grâce à elle, elle découvre aussi la culture mandingue de son père, ancien tirailleur sénégalais. Senny Camara a débuté au sein d’un orchestre à Dakar. Petit à petit, elle parvient à s’offrir sa première kora, qu’elle apprivoise au sein du Conservatoire de Dakar. Et puis, la vie et l’amour l'amènent finalement à s’installer en France à l’orée des années 2000. Et là, la route de Senny Camara croise celle de virtuoses mandingues en exil, de musiciens nomades comme Fixi ou Ignacio Maria Gomez Lopez, mais aussi des sœurs, à l’image de l’ébouriffant collectif O’Sisters. Curieuse et collective, la musique de Senny Camara honore bien sûr la majesté de la kora, mais elle invite aussi les cordes d’une harpe celtique, d’un cavaquinho brésilien ou encore d’un kankles de Lituanie, toutes venues enrichir son instrumentarium au fil des rencontres.Aujourd'hui Senny Camara dévoile Boolo, son premier EP et elle va tout nous raconter ! Visuel © pochette de Boolo par Senny Camara  

03 décembre 2020

10:47

L'ortie, une plante aux vertus méconnues

Aujorud'hui dans "La Potion", Gauthier Dupont nous révèles les secrets de l'ortie !
Côté cuisine ou côté jardin, dans votre pharmacie du quotidien et même dans votre garde-robe, l'ortie fait partie de ces plantes dont on ne compte plus les bienfaits, un peu comme le chanvre. Alors aujourd'hui dans La Potion, l'herboriste Gauthier Dupont nous révèle tous les petits secrets de l'ortie, une plante aux vertus méconnues utilisée dans de nombreuses civilisations depuis plus de six mille ans !   

02 décembre 2020

8:08

Les mantras intimes d'Ignacio Maria Gomez

Aujourd’hui dans La Potion, un musicien nomade, un enchanteur argentin : Ignacio Maria Gomez !
Ignacio est un artiste nomade qui traverse cultures et traditions pour en faire une musique profondément cosmique, autant qu’un trait d’union entre les continents sud-américain et africain. Né en Argentine, Ignacio passe son adolescence au Mexique où il apprend la musique des mandingues ! Une initiation qui changera le cours de son destin, d’autant qu’au même moment, une intuition le traverse : serait-il afro-descendant ? C’est vrai qu’en Argentine, ce pays de gauchos, ce n’est pas un sujet très populaire… S’engage alors une véritable quête identitaire qui conduira Ignacio, balafon et guitare sur le dos, à voyager pendant plus de cinq ans sur les routes d’Amérique Latine à la rencontre des communautés afro-descendantes, comme les Garifunas par exemple. Leur musique, mélangée à la bossa de Stan Getz et Joao Gilberto, l’amène à trouver son style, sa voix aussi, quelque part entre Caetano Veloso et Bobby Mc Ferrin.Aujourd’hui Ignacio Maria Gomez vit à Paris et vient tout juste de sortir son premier album, le magnifique Belesia, invitant Vincent Ségal, Ballaké Sissoko et Naïssam Jalal au cœur de sa cosmogonie. Belesia, en référence à un paradis terrestre où humains et nature ne faisaient qu’un, en totale harmonie. Pour lui, ses chansons aujourd’hui sont autant de tentatives pour trouver le chemin du retour… Bon vous l’aurez compris, question magie et spiritualité, avec Ignacio, nous allons être servis !Visuel © Jessie Nottola   

01 décembre 2020

9:19

De la transe soufie dans La Potion d'Abdullah Miniawy

Aujourd’hui dans La Potion, un poète-rappeur-chanteur, un résistant, un esprit libre surtout : Abdullah Miniawy ! 
Abdullah Miniawy a grandi en Egypte, dans la ville d’El-Fayoum. Après une enfance très solitaire, Abdullah a finalement rallié le Caire à l’orée des premiers soulèvements de la population égyptienne, qui allaient pousser à la démission puis à l’arrestation d’Hosni Moubarak. Là, Abdullah joue devant des dizaines de milliers de personnes ainsi que dans les clubs de la ville, avec le rappeur révolutionnaire Aly Talibab. Pendant ce temps-là, jour après jour, il voit fleurir ses poèmes sous forme de graffitis sur les murs du Caire mais aussi à travers tout le Moyen-Orient. Mais voilà, de nombreux artistes sont également emprisonnés, alors Abdullah se décide à quitter l’Egypte… pour la France, où il multiplie les projets depuis.Sa route croise celle du trompettiste Erik Truffaz, du clarinettiste klezmer Yom, du rappeur Marc Nammour, du joueur de oud Kamilya Jubran ou encore Mehdi Haddab, jusqu’à jouer au festival d’Avignon avec le spectacle musical le Cri Du Caire. Très attaché à la liberté et à la circulation des idées, Abdullah Miniawy poste ses morceaux en écoute libre sur Internet, le web qui lui permet aussi de cultiver sa grande curiosité musicale. Récemment enfin, Abdullah Miniawy sortait KILL ME OR NEGOTIATE, un disque aux boucles hypnotiques et aux textes puissants conçu en duo avec le producteur nantais Simo Cell. Pour La Potion, Abdullah Miniawy lève le voile sur ce qui l'inspire : les musiques répétitives mais surtout la transe soufie, qui lui permet de cultiver sa spiritualité tout en faisant un pas de côté par rapport aux dogmes des religions.Crédit © Manuel Niebrele  

27 novembre 2020

12:25

Leila Martial, « Il faut réintégrer la spiritualité dans nos quotidiens ! »

Leïla Martial est une femme du grand air. Originaire des montagnes de l’Ariège, la vocaliste cultive un goût très prononcé pour le relief, le nomadisme et l’horizon dans sa musique. Certaines plumes bien avisées disent d’elle qu’elle n’a rien d'une ordinaire chanteuse de jazz : elles ont raison ! Le scat, les postures de divas… c’est pas tellement son truc ! En solo ou bien accompagnée, de son groupe Baa Box notamment avec lequel elle sortait le disque Warm Canto (Laborie Jazz), ou au sein de l’Orchestre National de Jazz, Leïla Martial invente son propre langage et chante un jazz libre à l’énergie punk, en mêlant avec l’adresse d’une funambule, à l’aise en altitude, pop et avant-garde. Une soif d’aventures récompensée il y a peu par une Victoire du Jazz. 
Pour La Potion, Leïla Martial nous emmène avec elle en voyage : chez les Pygmées Aka dont elle a appris les chants enforestés lors d'un récent voyage au Congo, chez les Inuits ou même en Ariège, où se cultive la consoude, plante chouchou de la pharmacopée des communautés hippies ariégeoises.Visuel © Sylvain Gripoix  

26 novembre 2020

13:47

Denis Péan : "j'aime faire vibrer le papier, c'est une matière magique"

Aujourd’hui dans La Potion, un griot-poète nomade aussi sage qu’impeccablement fou : Denis Péan. 
Denis Péan, c’est le chef de meute de Lo’Jo, un groupe angevin qui voyage avec la musique pour passeport, une utopie poétique pour horizon, la tribu, la communauté pour mode de vie et le Tout-Monde pour terrain de jeu de New-York au Mali, de la Norvège au Bénin, de la Muraille de Chine à la Réunion, des milliers d’heures de route au compteur depuis les années 80. Le 4 décembre prochain, Lo’jo sortira un nouvel album, Transe de Papier, un disque traversé d'inquiétudes à l'égard de notre époque, dans lequel on trouve autant d’empreintes rythmiques et mélodiques que de tampons sur un passeport. Bal poussières de la Réunion, chanson française, détours par l’Europe de l’Est, accents jazz et électroniques, instruments d’Afriques du Nord ou encore musique de chambre. De passage par Paris, Denis Péan se dévoile en magie... vous allez être servis ! Transe littéraire et musicale, rythmes chamaniques et langues anciennes sont au programme de La Potion aujourd'hui.  

25 novembre 2020

9:31

La Chica, la femme qui court avec les louves

Aujourd’hui dans La Potion, une artiste franco-vénézuélienne, femme sauvage et louve enforestée : La Chica ! 
Sophie Fustec alias La Chica trace sa route entre l’Amérique Latine et Belleville à Paris, quartier de cœur dont le cosmopolitisme lui donne l’horizon dont elle a besoin pour fonctionner, créer et donner corps à son imaginaire sur le dos de ses claviers. La Chica a grandi entre la France et le Venezuela, dont elle tient les racines par sa maman. Elle le dit elle-même, pas facile de vivre tous les jours avec cette schizophrénie culturelle, mais ça la nourrit et au fil des années, il semble que la Chica se soit trouvée. On l’a découverte en pilier des polyphoniques 3SomeSisters, puis on l’a suivi, choriste ici pour Yaël Naïm, là un EP, Oasis, en 2017 puis un premier album, Cambio, en 2019. De Ravel à Radiohead, de Tune Yards à Debussy, c’est une mosaïque d’influences qui veille sur La Chica et pour La Potion aujourd’hui, la musicienne déflore son nouvel album, La Loba, dans les bacs le 4 décembre prochain. La Loba, un disque empreint de magie et de rituels, de rage et de pop endeuillée portées par une aura punk à la Juana Molina, un disque fait de mains qui se frottent et de textures électroniques, où cohabitent guerrière, sorcière, l'œuvre de Clarissa Pinkola Estes (Femmes Qui Courent avec Les Loups), rivières et racines…  

24 novembre 2020

11:04

Neg' Marrons dans La Potion : "la musique de Bob Marley peut tout guérir"

Dans la Potion aujourd'hui, Jacky Brown et Ben-J aka Neg'Marrons ! Une visite surprise qui rend La Potion du jour encore plus savoureuse. 
Depuis 1995, les Neg'Marrons ont traversé les générations avec des tubes à la croisée du hip-hop, du ragga et du reggae : en tête, Le Bilan bien sûr, un classique des années 2000. Le temps passe, beaucoup de choses ont changé oui mais Jacky Brown et Ben-J n'ont rien perdu de leur humour ni de leur bonne humeur, ni de leur esprit critique !S'ils ont émergé de Garges-Sarcelles, comme tous les membres du Secteur Ä, les Neg' Marrons convoquent pour La Potion leurs racines congolaises et cap-verdiennes, dénoncent les conséquences de la colonisation pour la transmission des pratiques rituelles ou traditionnelles, dévoilent leurs petits secrets de pharmacopée naturelle et musicale aussi... Pour eux, "la musique de Bob Marley peut tout guérir", alors on monte le son et sans modération dans La Potion !   

23 novembre 2020

10:43

Lova Lova : "les enfants sorciers à Kinshasa ont une vie très difficile"

Aujourd’hui dans La Potion, le congorockeur Lova Lova ! 
Kinshasa la bouillonnante enfante bien des talents ça vraiment, ce n’est plus à prouver… Surnommé Maître Tonnerre pour son rock très musclé, Wilfried Luzele alias Lova Lova n’a ni la langue ni les watts dans sa poche, marchant dans les pas de son aîné Jupiter Bokondji. Cette gouaille électrique, on la découvrait sur Kizobazoba en 2018, une fureur rock dont vous pourrez de nouveau vous saoûler jusqu’à plus soif prochainement puisque Lova Lova s’apprête à sortir un nouvel EP, Mutu Wa Ngozi, le 4 décembre prochain.Drapé dans une cape rouge de prophète du turfu, Wilfried Luzele dénonce dans ses textes corrosifs, avec sa voix de chanteur de heavy metal, la corruption, la néo-colonisation, la pollution de sa ville chérie Kinshasa, mais aussi les pasteurs qui profitent de la crédulité de leurs ouailles, poussant à la marge les "shégués", les enfants sorciers, souvent jetés à la rue par leur propre famille. Dans son fief de Bandal, Lova Lova les a pris sous son aile, sortant avec eux un disque intitulé Mokili Na Poche. Après s’être illustré au Jazz Kif Festival à Kinshasa en 2019, puis Festival de Cinéma de Douarnenez, au Zorba ou encore à l'exposition Kinshasa Chronique à la Cité de l’Architecture à Paris, Lova Lova est venu faire un petit tour à Nova… en attendant l’heure de son concert, ce vendredi soir à 20h, au FGO Barbara à Paris, dans le cadre de la première édition, hélas digitale, du festival défricheur et curieux Ici Demain.  

20 novembre 2020

13:42

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