Il y a (quasi) pile 25 ans, sortait au Royaume-Uni le tout premier EP des Strokes, The Modern Age, qui donnera naissance, l’été qui suit, au cultissime « Is This It ».
Il y a des disques qui marquent une époque. Is This It, premier album des Strokes, appartient sans conteste à cette catégorie. Avant même sa sortie, tout commence le 29 janvier 2001, il y a tout juste 25 ans, avec la parution au Royaume-Uni de leur tout premier EP : The Modern Age.
Publié par le très prestigieux label indépendant britannique Rough Trade Records, héritier des disquaires Rough Trade Shop de l’ouest de Londres, cet EP de trois titres seulement provoque immédiatement l’enthousiasme de la critique musicale. On y découvre le morceau éponyme « The Modern Age », mais aussi « Barely Legal » et « Last Nite », qui deviendront rapidement emblématiques.
Les cinq musiciens ont alors entre 20 et 22 ans. Ils émergent sur la scène britannique, mais viennent de New York. Leur esthétique : cheveux décoiffés, Converse un peu crades et belles gueules — et surtout la voix traînante et nonchalante de Julian Casablancas donnent le sentiment d’un renouveau immédiat du rock. Le public suit. Les salles se remplissent. Tout s’accélère à une vitesse fulgurante, au point que les maisons de disques se livrent une véritable bataille pour les signer. À l’époque, Casablancas raconte en interview qu’il ferait mieux de choisir rapidement : il a deux mois de loyer en retard. Les membres du groupe abandonnent les petits boulots, la musique devient une activité à plein temps, et les trois titres de l’EP sont rejoints par huit autres pour former un premier album Is This It, publié dès l’été suivant.
Les débuts des Strokes sont aussi marqués par la controverse. Aux États-Unis, le morceau « New York City Cops« , dont les paroles attaquent la police new-yorkaise, est retiré après les attentats du 11 septembre 2001. La pochette de l’album fait également scandale : une photographie devenue iconique, représentant une main gantée de cuir noir posée sur la hanche nue et pâle d’une jeune femme. Il s’agit de l’ancienne compagne du photographe Colin Lane, qui n’imaginait pas voir son image associée à l’un des albums les plus marquants de sa génération. Une image ambiguë, entre caresse et tension — à l’image du nom du groupe lui-même, The Strokes, qui peut évoquer aussi bien le geste doux que le coup porté.
Is This It devient rapidement un phénomène mondial, s’écoulant à près de deux millions d’exemplaires. Vingt-cinq ans plus tard, il demeure un album culte, dont les titres continuent d’être diffusés et redécouverts, comme « Someday », encore régulièrement à l’antenne.
Depuis, les Strokes ont poursuivi leur carrière en pointillés, alternant tournées et longues périodes de silence. Ils se produisaient encore à Rock en Seine il y a trois ans, et sont désormais attendus en avril prochain à Coachella.

