A mi-chemin de l’année 2026, retour sur les albums qui ont marqué les ondes de Radio Nova.
Jalen Ngonda – Doctrine of Love
L’Américain originaire du Maryland fabrique une soul contemporaine qui puise dans le son Motown, mais aussi chez les Beach Boys et les Beatles. Sa voix perchée en falsetto évoquantr Marvin Gaye ou tout autre chanteur soul virtuose des 60s et 70s, explore la face lumineuse de l’amour : sa doctrine de l’amour dont il nous délivre le certificat.
Fcukers – Ö
Le premier album Ö de Fcukers produit par Kenny Beats sur le label Ninja Tune a su propulsé le duo de “cool kids” new-yorkais vers les devants de la scène électronique, mêlant house (“I Like It Like That”), dub (“TTYGF”), breakbeat (“Getaway”), drum and bass (“Play Me”) et trip hop (“Feel The Real”). Tout en restant nonchalants, Shanny Wise et Jackson Walker Lewis semblent nostalgiques d’une période qu’ils n’ont pas, ou très peu connue, en jouant sur un esthétique DIY de PhotoBooth d’Apple pixelisé ou d’hologramme futuriste.
Thundercat – Distracted
Six ans après son dernier projet, Thundercat revient cette année avec Distracted, un album pensé et composé à plusieurs, en compagnie de ses amis producteurs Greg Kurstin et Flying Lotus. Le titre de l’album, Distracted – distrait – reflète son état actuel ; ce que le monde provoque en lui : une lassitude face aux flux incessants qu’engendrent les nouveaux outils technologiques. Le musicien savant, bassiste aux doigts de velours nous embarque alors pour un voyage aux sonorités chaudes entre jazz, funk, soul et électronique.
Arlo Parks – Ambiguous Desire
Dans Ambiguous Desire, l’artiste britannique délaisse en partie la folk-soul intimiste de ses débuts pour explorer des textures électroniques nourries par ses années passées entre Los Angeles et New York. Ce troisième album est composé de morceaux pop ambigus : tantôt sombres, tantôt euphoriques, ils empruntent des fragments de la culture des radios pirates britanniques et du Paradise Garage new-yorkais.
Vince Staples – Cry Baby
Le nouvel album rock audacieux du rappeur est à la fois une réflexion et une réplique face à l’instabilité américaine, formulant des critiques sur le racisme ou la guerre. Vince Staples est plus bruyant et plus effronté par rapport à tout ce qu’il a fait depuis Big Fish Theory (2017). Il reste toutefois un rappeur incisif, s’appuyant à la fois sur des anecdotes personnelles et des analyses socio-économiques.
Jill Scott – To Whom This may Concern
Après 10 ans d’absence, la voix de velours de Jill Scott revient avec son album To Whom This May Concern sorti le 13 février. Celui-ci célèbre le lien à l’autre, l’humanité, l’amour et l’espoir, débordant d’histoires, d’esprit et d’âme, le tout brodé d’une ambiance néo soul excquise.
Nia Archives – Emotional Junglist
Combinant guitares incisives et raves de “sad girl”, Emotional Junglist continue de s’appuyer sur les racines drum’n’bass et jungle de la musicienne britannique, tout en se dévoilant de manière plus vulnérable. Depuis Silence is Loud (2024), Nia a su transmettre l’héritage et l’esprit de cette scène électronique à un public plus large et plus jeune. Emotional Junglist, c’est donc un peu la rencontre de la culture jungle avec de la britpop par excellence.
Camille Yembe – Jeune & Laide
Dans son premier album Jeune & Laide, Camille Yembe nous partage son histoire personnelle, qui se fait le porte voix “d’une jeunesse populaire, un peu abîmée (…) et pleine d’espoir”. Elle y aborde l’ennui du quotidien, le sentiment d’incompréhension ou la sensation d’être entre deux mondes. Le projet mélange guitares saturées et synthés pour former une mosaïque pop-rock-RnB, le tout au service des émotions.
Dua Saleh – Of Earth & Wires
Of Earth & Wires sonne comme un retour aux racines : la construction d’un refuge sur une branche solide, quelque part entre le Minnesota et le Soudan, une façon de tenir bon au cœur de la tempête. Saleh fabrique alors une musique à son image, hors des cases et des genres : une fusion d’RnB expérimental, de sonorités électroniques, de pop et de textes poétiques. Pour Saleh, cette tempête prend plusieurs visages : celui d’un IA débridée et destructrice, mais aussi celui de la guerre qui ravage le Soudan.
Alewya – Zero
Premier album d’Alewya, Zero n’est ni un point de départ ni un aboutissement : “Zéro est le début, le milieu et la fin. Zéro est le jumeau de l’infini”. Alewya puise dans ses racines africaines et arabes pour créer une musique enrichie des mouvements dada, du surréalisme et des scènes musicales underground britannique. Il s’agit d’un album hybride entre rythmiques traditionnelles, utilisation du kissar ou du begena (instruments éthiopiens et nubiens), guitares électriques saturées et synthés électroniques.

