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Make it last forever » de Donna McGhee

Sorti en 78, ce classique de Donna McGhee risque de vous donner chaud

Il risque aussi de vous donner envie de pécho, mais ça, c’est une autre histoire.

Par Kenza Naaimi

New York, fin seventies.  On peut penser aux Talking Heads et à leur « Psycho Killer » dont on se demande sans cesse ce qu'il est, au Bronx photographié par Martine Barrat, aux peintures murales de Basquiat et de ses petites couronnes calées partout en guise de signature visuelle, aux quartiers chauds parcourus par un ancien du Vietnam (De Niro, aka Travis), devenu, parce qu’il faut bien s’occuper la nuit, chauffeur de taxi (Taxi Driver, par Martin Scorsese et Paul Schrader). On peut aussi penser, si on a l’imagination orientée autre part, à Donna McGhee, cette chanteuse de ​Rythm and Blues​ qui a marqué les esprits bien qu’elle n’ait sorti qu’un seul et unique album. Un disque produit par Greg Carmichael et Patrick Adams du label ​Red Greg Records​ qui connut, alors, un énorme succès.

Sorti en 1978, l’album ​Make It Last Forever​ vient de connaître une réédition fin novembre sur le label ​We Want Sounds. Idée judicieuse, et réaction immédiate : redécouvert, le morceau passe dans notre playlist Rare groove sur Nova. Samplé à mille reprises par mille rappeurs et DJ (Paul Johnson, COEO, Method Man, et on en passe), l’album tout entier est un réel chef-d’œuvre pour les collectionneurs d’échantillons. Il mêle boucles de violon et basse qui font sacrément bon ménage avec la douce voix de Donna. Il était donc grand temps de le remasteriser.

Dans ce single, qui porte le même titre que l’album, Donna McGhee s’éloigne grandement des chants religieux et gospel avec lesquelles elle a commencé sa carrière, comme la plupart des chanteuses de R’n’B de l’époque dont on compte une certaine Aretha Franklin ou encore Deniece Williams.

Ouh, baby please, don’t ever stop and make it last forever 

Pendant huit minutes, Donna nous offre un mélange de soul, de disco et de groove où elle chante, sans retenue aucune, sur ses ébats intimes et sensuels. Elle joue avec notre imagination par ses respirations fortes et régulières.​ « Ouh, baby please, don’t ever stop and make it last forever »​. Dans votre tête, dans votre corps, il risque de faire chaud. Et dans le coin, ça risque de vouloir pécho. Nous aussi tiens, on voudrait bien que toute cette histoire dure une éternité. En attendant, groovez.

Visuel © pochette de Make It Last Forever de Donna McGhee