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Quatre ans sans Prince : une playlist pour ne pas oublier

Quatre ans sans Prince : une playlist pour ne pas oublier

Le Kid de Minneapolis est devenu roi. Puis s'en est allé. Nous ne l'oublions pas.

Par Michael Liot

Il y a quatre ans, jour pour jour, disparaissait l’un des plus grands noms du funk. Prince Rogers Nelson, au prénom prédestiné : Prince, donc, qui aura régné en monarque absolu sur le groove pendant plusieurs décennies, avant de descendre du trône, à 57 ans. C’était un 21 avril, et sa musique nous accompagne depuis, tout comme elle nous a marqué de son vivant. 

Sur une discographie prodigieuse (39 albums studio, à raison d’un par an en moyenne jusqu’à sa mort), le kid de Minneapolis a sans cesse déjoué les attentes, dévorant à pleines dents toutes les tendances qui lui passaient sous la main pour en faire ce que nul autre ne sait faire : du Prince. Une musique pourpre, sexuelle, enivrante, pour les pistes de danse et les chambres d’hôtel qui leur succèdent, pour les amoureux des envolées de guitare et les transis de l’expérimentation studio.

Et si les qualificatifs manquent, les morceaux, eux, en dressent le meilleur portrait. Prince était, indéniablement, parmi les meilleurs compositeurs que la pop internationale ait porté : il suffit, pour cela, d’entendre les premières secondes de « Kiss », de « Purple Rain », de « I Wanna Be Your Lover », les succès vertigineux qui l’ont porté au sommet des charts. C’était aussi un multi-instrumentiste précoce et insatiable : sur son premier album, entièrement auto-produit et paru alors qu’il n’avait même pas vingt ans, il jouait de vingt-trois instruments différents. C’était, par ailleurs, un rat de studio, obsédé par l’innovation et le perfectionnement du « son Prince » : ce son fait de drum machines Linn, de réverbérations maîtrisées, de rythmes syncopés à l’intérieur d’un beat impeccable. C’était, enfin, une voix unique, élastique, androgyne, qui pouvait suggérer le désir comme l’émotion.

Les débuts de Prince coïncident, à quelques années près, avec ceux de Nova. Et il ne nous a jamais quitté depuis, que ce soit par ses classiques ou par ses raretés, ces faces B ou versions alternatives qui méritent d’éclater au jour. Aujourd’hui, pour commémorer ces quatre sans lui, nous explorons, en une playlist, sa « musicologie », pour reprendre l’un de ses titres. Une sélection qui s’ouvre et se referme avec des extraits de son sublime album posthume, Piano & A Microphone, et qui explore près de quarante ans de folie funk, revisitant toutes les facettes de ce personnage unique : grand génie, grande idole, grand prince. 

Visuel en Une © Getty Images / Time & Life Pictures