Alpha Beta Nova

Dès 9h, retrouvez Sophie Marchand entourée de disques classiques, d’informations excitantes et d’invité.e.s qui se sont levés du bon pied. Et installez-vous dans la Maison Nova, on n’attend plus que vous.

par Sophie Marchand

Épisodes

Vitamine So : "Je Fume Pu d’Shit" de Stupeflip

Sophie, ce rapport et la vulgarité de Darmanin te donne des idées musicales ? 
Ça me donne envie d’écouter un des grands morceaux de Stupeflip : le classique "Je Fume Pu d’Shit" sorti en 2002. Petit tube où le chanteur se met dans la peau d’un type qui a arrêté de fumer des gros pétards et pour qui tout va mieux depuis. C’est bien simple : il se lève tôt, se sent bien, se trouve beau et est tellement efficace qu’il fait des hits. Le titre est sautillant et plein de bonnes énergies. Pour l’anecdote, et parce que c’est quand même sacrément cool, est crédité en featuring un certain Jacno - du duo Elli & Jacno - qui ne joue pas du clavier comme il le faisait si bien d’habitude, il se contente de faire des petits chœurs un peu niais, mais tellement sympa. "Je Fume Pu d’Shit" c’est le genre de morceau qui ferait sans doute plaisir à Darmanin, surtout si on doit lui avouer qu’en même temps est sortie la face B de ce titre, le revers de la médaille, tout bêtement appelée “J’Refume du Shit” - qui décrit sur un mode mineur tous les échecs de celui qui retombe dedans. Évidemment, tout ça est à prendre au second degré même si je pense que Stupeflip et Darmanin n’existent pas dans le même monde. En attendant, fumez ce que vous voulez, mais en écoutant Nova. C’est Stupeflip.Visuel © "Je Fume Pu D'Shit" de Stupeflip  

11 mai 2021

4:53

Vitamine So : "I'm Not Dancing" de Tirzah

Ce vendredi, j’ai choisi un morceau de remise en forme parce que mine de rien, il va commencer à être l’heure de réapprendre à danser, si les pistes de danse - en plein air et avec 4 m2 par personne - rouvrent. 
Alors j’ai choisi un morceau d’une femme géniale qui s’appelle Tirzah, qui est anglaise, timide, brillant et atypique. Et il se trouve que le premier titre avec lequel on la connut s’appelle "I’m Not Dancing". Un morceau qu’elle avait coproduit avec une autre femme brillante - sans doute la plus grande productrice contemporaine - Micachu avec qui elle est copine depuis l’école de musique. Et les deux ont toujours adoré composer des mélodies, aller dans des clubs anglais et bidouiller de la musique à deux.On l'entend dès leur tout premier titre sorti en 2013 - le minimal et brutal et follement addictif "I’m Not Dancing". Dans ce titre ce que dit Tirzah c’est globalement “je ne danse pas, je suis en train de me battre. Je ne brille pas, je suis en feu”. Quand on l’écoute, on se souvient de la maladresse qu’on ressent dans les clubs, et ce titre-là qui est nonchalant, qui danse sans le vouloir, je le trouve parfait pour une remise en forme progressive. En piste, c’est donc Tirzah, avec Micachu à la prod, "I’m Not Dancing".Visuel © "I'm Not Dancing" de Tirzah  

07 mai 2021

3:59

Vitamine So : "We Used To Be Friends" de The Dandy Warhols

Ces amitiés sanguines Sophie, ça te donne envie de jouer un classique du rock américain des années 2000 ? 
Oui, un morceau qui je crois te fait plaisir, et qui a le mérite de nommer les choses. Ce sont les Dandy Warhols et un de leur morceau les plus classiques, "We Used To Be Friends" - sorti en 2003. Les Dandy Warhols c’est un groupe de Portland, qui a commencé dans les années 90 et qui d’abord donné dans le psyché, le rock alternatif, garage avant de tester, aussi d’autres choses, et s’est par exemple amusé à faire de la pop plus synthétique.J’ai eu envie de vous jouer ce morceau qui a l’air sautillant, et qui rappelle de bons souvenirs, mais qui se met en fait dans la peau d’un type qui a clairement tiré un trait sur une amitié et qui le prend plutôt bien. D’ailleurs c’est une chanson qui a été inspirée au guitariste Courtney Taylor Taylor par une amitié déçue avec un certain Marc. Si je joue ça c’est parce qu’un peu d’honnêteté ne fait jamais de mal, et malgré la soupe que monsieur Larcher essaie de nous servir, je crois qu’il serait temps d’assumer qu’en politique, à peu près tout le monde se déteste. Même au sein des partis.C’est comme ça, les affinités politiques ne suffisent pas toujours à empêcher les inimitiés. Mais c’est plus marrant quand ce sont les Dandy Warhols qui le disent. Donc on les écoute.Visuel © "We Used To Be Friends", The Dandy Warhols  

06 mai 2021

5:30

Vitamine So : "Where Do You Go To My Lovely" de Peter Sarstedt

Sophie, la gauche française qui a disparu dans le triangle des Bermudes médiatique, ça te donne envie de jouer une petite chanson légère ? 
Une chanson légère mais parlante - en tout cas que chacun est libre d’interpréter à sa manière. C’est un titre des 60s qui s’appelle "Where Do You Go To My Lovely" et qui est signé Peter Sarstedt. Ce morceau certain.es d’entre vous l’ont peut-être découvert à la bande-originale d’un film de Wes Anderson, plus précisément du court-métrage qui précède le Darjeeling Limited et qui s’appelait "Hotel Chevalier".C’est un morceau anglais, " Where Do You Go To My Lovely" parle d’une certaine Marie Claire, qui a grandi dans les faubourgs de Naples, et qui a tout quitté pour visiter Paris, le boulevard St Michel, La Sorbonne, Juan-les-Pins ou Saint Moritz. Elle qui admire Zizi Jeanmaire et Pierre Balmain. Marie Claire voulait vivre la vie de rêve, à la française, comme dans les cartes postales et comme le réalisateur Wes Anderson d’ailleurs sait lui-même la caricaturer dans ses films. Sauf que ce que le chanteur raconte c’est que dans cette quête Marie Claire s’est un peu perdue, en tout cas elle n’a pas trouvé le bonheur et lui ne sait pas où est passée son amie d’enfance. Alors mine de rien, sous ses airs légers, cette chanson raconte aussi comment on peut passer à côté de sa vie à force de la fantasmer. Et évoque une forme de déconnexion qu’on pourrait aussi imputer à une certaine gauche française. Qui s’est un peu coupé du peuple, et qui en paie aujourd’hui les frais. A chacun sa lecture, en attendant, c’est Peter Sarstedt sur Radio Nova.Visuel © "Where Do You Go To My Lovely" Peter Sarstedt  

05 mai 2021

6:21

Vitamine So : "Just The Two Of Us" de Grover Washington Jr et Bill Withers

Sophie, cette stratégie d’Emmanuel Macron te donne des envies musicales un poil cyniques ce matin ? 
Cette manœuvre politique me donne envie d’écouter un standard du rhythm & blues. Le fameux "Just The Two Of Us" de Grover Washington Jr et Bill Withers sorti en 1980. Un morceau qui parle d’une envie de solitude à deux et qui est une chanson sur laquelle des millions de couples ont sans doute dansé à leur mariage. Mais qui étrangement s’applique bien à la parade amoureuse à laquelle se livre Emmanuel Macron, et consort, avec l’extrême droite. Pour l’histoire, c’est un titre dont la mélodie a été composée par Grover Washington Jr et qui a été proposée, sur le tard, à Bill Withers. Il a accepté à condition de pouvoir y ajouter son grain de sel, et de remodeler un peu les paroles. Avant l’enregistrement de la chanson, les deux bonhommes ne s’étaient jamais vus, mais s’étaient envoyés plein de clins d'œil et de flatteries musicales avec le temps. Grover est d’ailleurs un des premiers à avoir repris le classique de Bill, "Lean On Me". Entre eux la connexion a été si évidente que dès sa sortie, le morceau a chamboulé les cœurs de millions d’auditeurs. Ce qu’il raconte, c'est la vie d’un couple qui se bat pour y arriver, qui refuse de se faire du mal. Ce que l’histoire ne dit pas, c'est s’ils y arrivent. Et quand je me dis qu’il illustre les rêves de face à face politique, je crois que ça peut aider de se souvenir que 45% des mariages en France finissent en divorce.On écoute ce classique et on pense à autre chose.Visuel © "Just The Two Of Us" de Grover Washington Jr et Bill Withers  

04 mai 2021

5:28

Vitamine So : "Aht Uh Mi Hed" de Shuggie Otis

Ces petites bafouilles d’Olivier Faure, Sophie, ça t’inspire quoi ?
Ça me donne envie de vous parler de Shuggie Otis et de vous prouver qu’on peut faire des choses brillantes même quand on marmonne un peu. Shuggie Otis c’est un musicien, un guitariste qui est né dans un monde de musique, puisque son père - Johnny Otis - était un compositeur et chef d’orchestre ultra réputé, un des parrains du rhythm & blues, qui recevait chez lui des pointures de la musique.Alors Shuggie tout jeune veut imiter son père. À 2 ans, il se saisit d’une guitare, quelques années plus tard, il se met à composer, atterrit sur les disques du paternel et à même pas 18 ans sort un premier album de soul psyché. Shuggie a vraiment un monde à lui, un langage et un phrasé qui ne ressemblent à ceux de personnes d’autres, et puis un goût pour les expérimentations sonores perchées et originales. Alors il se fait remarquer - par d’autres grands musiciens, des Frank Zappa, des David Bowie, des Rolling Stones qui veulent travailler avec lui. Notamment après la sortie en 1973 de l’album "Inspiration Information", son chef-d'œuvre, pour lequel il s’émancipe de ce que son père lui a appris et va loin, dans l’introspection, le psychédélisme, l’utilisation de boite à rythme. Ce disque est vraiment génial mais il ne marche pas. Sans doute que le public n’est pas prêt. Et petit à petit, Shuggie Otis commence à perdre confiance en lui. Peut-être parce que la figure paternelle au-dessus de lui est pesante, ou parce que souvent l’estime de soi n’est pas corrélée avec le talent. Alors ce disque sera son dernier. Après ça, à partir de 21 ans, il quitte progressivement la scène. Il s’efface, ne sort plus de disque, collabore sur quelques projets et finalement pendant des décennies ne chantera plus jamais rien. Mais comme la vie est parfois douce, même avec un peu de retard, Shuggie Otis a fini par être redécouvert, réédité, célébré comme il aurait dû l’être. Et parmi les morceaux génial de ce disque, il y a un titre qu’on vous joue parfois sur Nova qui s’appelle "Aht Uh Mi Hed", ce qui veut dire “Out Of My Head” mais écrit en phonétique anglais. Un morceau qu’il a composé en pleine nuit, touché par la grâce. Et qui justement, dans ses paroles, essaie de mimer les phrases d’une personne qui parle dans son sommeil, qui marmonne des petites choses. Et c’est magnifique.Visuel © Pochette "Aht Uh Mi Hed"  

03 mai 2021

6:37

Vitamine Mo : “Water No Get Enemy” de Fela Kuti

Morane tu as trouvé un musicien qui comme Rachida Dati a décidé de créer son propre petit royaume pour y imposer ses propres petites règles…
Oui et il s’agit de Fela Kuti, père de l’afrobeat, héros musical et politique nigérian. Au début des années 70 alors qu’il vient de rentrer des États-Unis, il décide de transformer sa grande demeure - située en banlieue de Lagos - en communauté dont il déclare l’indépendance vis-à-vis du gouvernement nigérian.Cette communauté, il la surnomme : “La République de Kalakuta”. Clin d'œil cynique au nom qu’on avait donné à sa cellule alors qu’il était emprisonné pour soupçon de détention d’herbe : Calcutta, ça veut dire “vaurien” en Yoruba.Dans cette République fondée par Fela Kuti, il y a des dizaines de personnes qui vivent autour du musicien. Beko son frère notamment, qui monte une clinique pour soigner les gens gratuitement. “Fela reçoit ses visiteurs assis sur l’un ou l’autre de ses deux trônes, son saxo toujours à portée de main”, c’est ce qu’explique Le Parisien. Dans le Royaume de Fela, on fume pas mal de marijuana, si on se dispute, c’est lui qui juge. Le condamné est invité à se repentir sur la terrasse qui fait office de prison.Il y a beaucoup de musique évidemment, Fela Kuti y fait répéter son groupe Afrika 70. Il aime tellement être à la tête d’un royaume qu’il va jusqu’à faire financer un film à sa gloire : The Black President.Problème, l’engagement de Fela Kuti, qui dénonce la corruption, et se place du côté du peuple, irrite le gouvernement. En 1977, un millier de soldats débarque à Kalakuta. Ils brûlent sa maison. C’est la fin de son règne. Il s’exile au Ghana, mais cette période, celle de Kalakuta, a été très productivepour Fela, sur le plan musical.Il sort notamment l’album Expensive Shit en 1975 sur lequel on retrouve ce morceau, classique, “Water No Get Enemy”.Visuel © "Expensive Shit" de Fela Kuti  

30 avril 2021

7:18

Vitamine So : "I Love Vidéo" de New Paradise

Gérard Darmanin qui se transforme en conseiller web, ça t'évoque quoi Sophie ?
Darmanin en vendeur d’internet, ça me donne envie de vous jouer un morceau avec une ambiance minitel, peut-être parce que toute cette période politique m’inspire un goût de "c’était mieux avant". En tout cas le titre vitaminé de ce matin s’appelle "I Love Vidéo", il est sorti en 1981 par un groupe un peu mystérieux : les New Paradise, monté par un certain Gilbert Di Nino et Leo Carrier.D’eux on ne sait pas grand chose, si ce n’est qu’ils sonnent comme de l’italo disco, qu’ils ont produit ce disque en Grèce et surtout qu’on est beaucoup à l’avoir découvert bien plus tard, en 2014 grâce à une compilation faite par Gilbert Cohen - boss du label Versatile et ancien de Radio Nova - et Vidal Benjamin. Vous allez voir c’est plein de petits bip bip et de déclarations d’amour à la vidéo. Pour info, 1981 c’est l’année de lancement des minitels en Ille-et-Vilaine, à l’époque tout ça n’est qu’un test. On ne pense pas encore à tout ce qui va en découler. D’où la naïveté bienvenue de ce morceau. C’est les New Paradise mais dans la version originale, qui est très chouette pour le matin. Visuel © "I Love Vidéo" de New Paradise  

29 avril 2021

5:13

Vitamine So : "Power On" de James Blake

Ce matin Sophie tu as envie de nous présenter un disque qui fait du bien ? 
Oui mais pas forcément parce qu’il déborde d’énergie et de joie, mais plutôt parce qu’il a le mérite d’être sacrément honnête. C’est un album de James Blake, un artiste qui ne s’est jamais caché de ses failles. Il a d’ailleurs contribué à un bouquin qui s’appelle It’s Not Ok To Feel Blue, & Other Lies - ce qui veut dire “Ce n’est pas normal d’être triste et autres mensonges”. Et sur son dernier album, Assume Form, James Blake a donc décidé de se livrer encore plus que jamais. À l’époque de la création du disque il vient de rencontrer son amoureuse, l’actrice Jameela Jamil qui est un super comédienne, et qui par ailleurs milite depuis des années pour ce qu’on appelle le body positivism - le fait de représenter, valoriser, tous les corps. Et elle va avoir sur James Blake une influence majeure dans la composition de l’album puisqu’elle le pousse, jusqu’au vertige presque, à l’introspection. Et James Blake dans ce disque le fait - il va observer son passé, parler de ses vulnérabilités, évoquer sa dépression. Jusqu’au vertige, et avant d’en sortir grandi. Et même si on a l’habitude de voir les artistes être transparents sur ces questions là depuis quelques années, s’ouvrir sur les réseaux sociaux, là James Blake va encore plus loin. Il se montre, dans son art, à nu, et c’est un geste fort quand on est une pop star rongée par la timidité. Ça le rend encore plus touchant et puissant. Par exemple sur ce morceau qui s’appelle "Power On" qui parle de force, de virilité et de déconstruction. Il liste toutes les erreurs qu’il reconnaît avoir commises et tout ce qu’il espère améliorer. Visuel © "Assume Form" de James Blake  

28 avril 2021

6:31

Vitamine So : "Solo Piano" de Chilly Gonzales

Ce jeune homme, Fabien Roussel, qui n’est pas l’astronaute Thomas Pesquet mais qui part en orbite seul, Sophie ça te donne envie de jouer quoi ? 
Une autre oeuvre solitaire qui s’appelle d’ailleurs "Solo Piano", signé du merveilleux Chilly Gonzales qui fait cent choses, il est notamment pianiste, compositeur, théoricien de la musique, pantouflard en chemise de nuit et charentaise, mais surtout musicien fort brillant. "Solo Piano" c’est un de ses plus bel album sorti en 2004, un disque qu’il a composé comme ça, sans le vouloir, presque par accident raconte-t-il. A l’époque il est affairé à Paris, et travaille comme souvent sur d’autres projets, plus pop, ou pour d’autres gens. Mais il trouve que le studio où il doit travailler est trop peuplé, trop bruyant. Alors il s'isole dans un autre studio où il fait face à un piano. Et il commence à improviser, à jouer, et à tester des trucs. C’est une riche idée puisqu’il donne naissance à une œuvre spontanément magnifique, on pourrait croire qu’il y a travaillé des années tant ses morceaux sont simplement beaux. Instrumental, ce disque ce n’est que Gonzales et son piano et c’est parfait comme ça.On y entend, si on a envie, des échos de Ravel, Debussy ou Satie, et l’album va avoir un succès faramineux, bien au-delà du public familier de la musique instrumentale, ou néo-classique. Des années plus tard, il est toujours aussi doux. C’est comme voir un film défiler quand on fixe les fenêtres d’un train ou d’une voiture, c’est très émouvant. Comme quoi, parfois, s’isoler et prendre des décisions inattendues, ça a du bon. On écoute le morceau "Dot" de ce superbe album. Visuel © Pochette "Solo Piano"  

27 avril 2021

3:56

Vitamine So : "Crystal Ball" de Peter Tosh

Sophie ce matin as-tu trouvé une boule de cristal pour éclairer nos politiques sur ce qui nous attend ? 
Non mais j’en ai emprunté une à Peter Tosh, et je me dis que peu importe la véracité de ce qu’elle annonce elle a le mérite d’adoucir le réveil. Peter Tosh le légendaire musicien jamaïcain, double spirituel de Bob Marley qui a commencé dans les années 1960 dans le mythique Studio One. Et qui a été un pionnier du reggae, du rocksteady, un homme très ouvert sur la pop mondiale des années 1970/1980 et qui est mort assassiné dans des circonstances mystérieuses.Un de ses morceaux s’appelle Crystal Ball - boule de cristal - sorti en 1979 sur l’album Mystic Man, parce que Peter Tosh était très spirituel aussi. Pour info ce disque est sorti sur le label des Rolling Stones - preuve des connexions entre des grandes âmes musicales. Et dans cette chanson qui se veut prophétique, il parle de hausse des prix, de crise économique, de peuples oppressés, de compromissions politiques. Et on a envie de dire qu’il n’avait pas tort. L’année 1979 est celle d’un choc pétrolier et de révolutions à travers le monde. Ça nous rappelle au passage comment la culture éclaire la société. Ce qui redouble notre envie de la voir sortir, cette fameuse culture, de son long sommeil covidé.Visuel © Pochette "Mystic Man"  

26 avril 2021

6:52

Vitamine So : "Stand On The Word" de Joubert Singers

Ce mauvais esprit de la part de Jean-Michel Apathie et consort, Sophie ça te donne envie de prendre les choses dans l’autre sens ? 
Imaginez que ce soit un succès. Imaginez qu’après ce weekend, il y ait un programme commun et que la gauche réussisse à se réunir. Je sais que ça fait des décennies que ça n’est pas arrivé mais qui sait. Et afin d'y croire encore plus, j’ai décidé de faire appel à un morceau de Gospel, qui est un morceau culte, qui respire la communion collective et qui a une histoire particulière. C’est "Stand On The Word" que vous connaissez sans doute. En 1982 ce morceau est chanté et créé à New York dans une église Baptiste de Crown Heights. Il y a une musicienne : Phyliss Joubert et un chœur, le Celestial Choir. Ensemble ils enregistrent une version assez parfaite de ce titre qui va devenir un tube … des clubs new yorkais ! Parce qu’il a une énergie dingue qu’il donne envie de communier avec son prochain. Deux préceptes qui fonctionnent autant dans des lieux de cultes que des lieux de teuf. Et donc il y a des DJ qui vont tomber sur ce titre et qui vont avoir la bonne idée de faire danser les foules dessus. Je voulais aussi revenir sur une petite légende qui entoure ce titre. Partout sur internet on voit des versions remixées par Larry Levan, qui était le meilleur DJ du Paradise Garage. On raconte que sa grand-mère aurait fréquenté cette église. Sauf que personne ne peut certifier que c’est bien lui l’auteur de ces édits. Personne. Certes, comme tout New Yorkais qui fréquentait les bons clubs dans les années 80, Larry Levan a entendu ce morceau, mais il n’y aucune preuve qu’il ait sorti sa propre version remixée du morceau. Alors écoutons plutôt l’originale - celle de 1982. Par les Joubert Singers. Et imaginons toutes les personnalités politiques de gauche danser dessus, une fois qu’ils auront établi leur programme commun.Visuel © Pochette "Stand On the Word"  

16 avril 2021

7:31

Vitamine So : "Panis et Circenses" d'Os Mutantes

Ces connexions entre le Brésil et la France, Sophie ça te donne envie de nous parler d’un groupe brésilien génial qui a eu ses moments de gloire ici aussi ?
C’est un groupe qui s’appelle les Os Mutantes. Les Mutants, qui ont marqué les années 60 et 70 au Brésil à grands coups d’expérimentations artistiques, musicales et politiques. Ça a été un des groupes piliers du mouvement Tropicaliste, où l’art servait à contester la dictature. Dans ce groupe on a croisé notamment deux frères - Arnaldo et Sergio Baptista, et la géniale Rita Lee, et puis Caetano Veloso, Gilberto Gil, Gal Costa, Tom Zé ont collaboré sur certains morceaux avec eux. Et il se trouve que ce groupe - comme beaucoup de musiciens brésiliens de cette mouvance-là - a lié une grande histoire d’amour avec la France, politique et esthétique. D’ailleurs sur leur premier album ils chantent une version charmante du Premier Bonheur du Jour, de Françoise Hardy. En 1968, ils sont invités en France et passent plus tard à la télévision française dans l’émission Forum Musique. Ils y font un petit live de deux morceaux qui est génial - il est détonnant, psychédélique, perché. Exactement à leur image.Ce live - que l'on trouve facilement sur internet - est mythique pour de nombreux Brésiliens fascinés notamment par la chanteuse et musicienne Rita Lee qui est captivante. Après ça, le groupe a vécu plein d’aventures au Brésil et en Europe. L'un des membres, Sergio le guitariste, a fini par s’installer dans la Nièvre. Finalement cette connexion ininterrompue entre la France et le Brésil c’est aussi une excellente excuse pour vous jouer un de leur meilleur morceau - le fameux "Panis et Circenses", écrit et interprété par Caetano Veloso et Gilberto Gil.Visuel © Pochette "Tropicália Ou Panis Et Circencis"  

15 avril 2021

6:29

Vitamine So : "Prisencolinensinainciusol" d'Adriano Celentano

Tous ces mots, ces concepts qui veulent tout et rien dire, Sophie ça te donne envie de jouer un titre italien ?
Italien par son auteur oui, mais pas dans sa langue puisque le morceau que je veux vous jouer ne veut rien dire du tout. Il s’appelle "Prisencolinensinainciusol", on dirait de l’anglais, mais ce n'est pas le cas. Et c’est justement tout le propos de ce titre sorti en 1972 - par le mythique Adriano Celentano, un musicien capable de passer d’un petit air d’opéra à un refrain super rock. Un musicien érudit et virtuose mais qui n’a jamais tenu à passer pour quelqu’un sérieux. Alors qu’il était ultra populaire dans les années 60 à 90 il a toujours regardé la grande culture italienne, de loin, avec son immense sourire charmeur. Il s’est moqué de l’amour, de ses succès et des tendances. C’est d’ailleurs pour ça qu’il sort en 1972 le titre "Prisencolinensinainciusol" - une chanson en yaourt absolu, dans une langue inventée, mais qui est censée sonner comme de l’anglais. C’est pour se moquer du pop rock italien qui imite les anglo-saxons, parce que c’est la mode et que tout le monde rêve de faire des tubes comme les Beatles. Ce qui est cool, c’est qu’il se moque aussi de lui-même qui est un rockeur italien qui rêve de faire des tubes. En attendant que sorte une chanson qui se moque de ceux qui théorisent sur l’islamogauchismindigénismeantispécistoracialiste. Voici un vrai bon titre : Adriano Celentano et son Prisencolinensinainciusol.Visuel © Pochette "Prisencolinensinainciusol" d'Adriano Celentano  

14 avril 2021

5:53

Vitamine So : "Where Did Our Love Go" de Soft Cell

Ce matin ces échos de sarkozysme chez Xavier Bertrand ça te donne envie de jouer une reprise inattendue Sophie ?
Oui, en tout cas plus surprenante que deux candidats de droite qui se plagient dans les discours ! Et cette reprise est signée de Soft Cell, groupe de synthpop anglais que vous connaissez sans doute pour leur morceau "Tainted Love". Un gros tube, classique des années 80. Même si à vrai dire ce titre-là, déjà, n’est pas d’eux mais de la glorieuse Gloria Jones. Mais c’est une autre de leur reprise que je voulais vous jouer ce matin, plus confidentielle et encore plus inattendue. C’est une reprise de Diana Ross et des Supremes, du titre "Where Did Our Love Go". Un classique de la Motown, de la soul, qui 20 ans après l’originale est transformée par Marc Almond et sa bande en espèce de tube rétro futuriste. C’est tout ce que j’aime dans une reprise, c’est une autre manière de faire sonner le morceau, ce n'est pas une pâle copie - contrairement à Xavier Bertrand qui fait du doublage de Nicolas Sarkozy sans s’en rendre compte. Vous allez voir le début ressemble à "Tainted Love" mais c’est parce qu'à la base, c'était un medley ou la face B du titre. Voilà donc un morceau de Diana Ross transformé par Soft Cell.Visuel © Pochette "Tainted Love" de Soft Cell  

13 avril 2021

4:48

Vitamine So : "Space Talk" d'Asha Puthli

Toutes ces théories perchées de Philippe de Villiers, Sophie je crois que ça te donne envie de nous emmener dans l’espace de bon matin ?
Tant qu’à faire, si l’idée est de se connecter à une autre réalité autant aller le plus loin possible là-dedans, pour planer mieux avec en plus comme guide extraterrestre une géniale musicienne qui mérite d’être davantage connue.Elle s’appelle Asha Puthli, c’est une chanteuse, productrice, actrice indienne qui a grandi dans les années 50/60 en pratiquant la musique classique indienne et en captant des ondes de jazz et de pop à la radio, qui lui ont ouvert l’esprit. Alors elle est devenue une musicienne des rencontres, des fusions musicales, elle a bossé avec Ornette Coleman, le saint patron du free jazz et elle a sorti quelques projets de disco bien barrée. Et notamment un album qui s’appelle The Devil Is Loose, sur lequel il y a un morceau de disco cosmique qui s’appelle "Space Talk". Avec une voix qui fait penser à celle de Minnie Riperton, Asha Puthli entame une discussion avec l’espace. Elle s’adresse à Vénus, à l’Univers, elle parle de ses besoins et de ses doutes. C’est perché mais super réussi et hypnotique. Parce que quitte à être dans le cosmos, autant le faire avec une bande-son qui va bien. Voilà donc Asha Puthli qui discute avec les étoiles et les planètes - c’est Space Talk sur Nova. Visuel © Pochette "The Devil Is Loose" d'Asha Puthli  

12 avril 2021

5:36

Vitamine So : "Hello Hammerheads" de Caribou

Écouter votre chronique ce matin m’a donné envie de vous parler d’un musicien qui a, lui aussi, fait de grandes études. Genre de très très grandes.
C'est Caribou - producteur, DJ, musicien qu’on aime depuis très longtemps sur Nova - et qui a longtemps hésité entre deux carrières : celle d'artiste et celle de mathématicien. À vrai dire il n'a pas vraiment choisi puisqu’il est allé jusqu’à la thèse de mathématiques, lui qui a grandi dans une famille de scientifique - et il a validé un très sérieux doctorat sur la surconvergence des formes modulaires de Siegel passé en 2005. À l’époque, il est déjà identifié en tant que DJ et producteur, sous l’alias Manitoba et cette même année là - en 2005, pendant qu’il boucle sa thèse, il sort aussi un génial album - premier sous le nom de Caribou. Ce qui est fort avec lui, c’est qu’il voit ses deux spécialités comme le recto et le verso d’une même pièce, mais il trouve que les mathématiques à un certain niveau sont aussi du grand art et que dans la musique il peut y avoir un sacré niveau de précision. Comme je n’ai pas trouvé de musiciens qui aient aussi fait l’E.N.A je me suis dit qu’un PHD en maths ça ferait l’affaire ! Surtout si ça donne une excuse pour réécouter un bout de ce premier album en tant que Caribou. Le génial The Milk Of Human Kindness - où l’on entend le non moins génial "Hello Hammerheads". Petite mélodie pour se réveiller comme il faut. Visuel © Pochette "The Milk Of Human Kindness" de Caribou  

09 avril 2021

4:25

Vitamine So : « Mais où sont passées les gazelles » de Lizzie Mercier Descloux

Ces politiques qui ont envie de voir la vie fleurir à nouveau Sophie, ça t’inspire un morceau ensoleillé ?
Oui et me donne envie de vous jouer une artiste géniale et punk : Lizzy Mercier une égérie de la new wave, no wave française. Une femme qui a une vie assez dure, mais qui a eu le temps de marquer l’histoire avec quelques albums assez fous et des morceaux qui à leur manière respirent la vie. Surtout qu’elle-même vivait les choses intensément. Dans les années 80, Lizzy Mercier Descloux tombe sur une cassette audio de musique sud-africaine, et elle tombe amoureuse des sons qu’elle découvre. Alors elle décide d’aller voir sur place, d’aller écouter les musiciens de Johannesburg et du township de Soweto, qui est un des foyers de la contestation politique. On est en plein apartheid, les voyages en Afrique du Sud ne sont pas si courant - mais elle veut être au cœur de cette création artistique alors elle s’y installe un temps. Et ce qu’elle entend lui plaît tellement que ça lui inspire un album entier : Zulu Rock, qu’elle enregistre sur place avec des musiciens sud-africains. Un disque qui ne va pas être un carton commercial. C’est les débuts de la sono mondial, et elle a en plus oublié de créditer les musiciens sud-africains avec qui elle a bossé, mais qui malgré tout contient quelques ovnis inoubliables.Et notamment le titre "Mais Où Sont Passées Les Gazelles” - un tube qui sonne ni comme de la variété française, ni de la musique sud africaine. Mais comme un mélange des deux. En fait elle adapte phonétiquement un morceau des Mahotella Queens qui s’appelle "Kazet". Le Kazet devient Gazelle, et le titre que Lizzy Mercier Descloux crée comme ça, je trouve que c’est le genre d’air qui te fait te sentir vivant. Ça sent la liberté, le printemps revenu, le soleil qui rassure, les fleurs qui poussent, les gazelles qui gambadent. Visuel © Pochette "Mais où sont passées les gazelles" de Lizzie Mercier Descloux  

08 avril 2021

5:17

Vitamine So : « Dixie Drug Store » de Grant Lee Buffalo 

Ce matin Sophie, tu nous emmènes dans un lieu secret du Bayou où l’on sert des haricots et du whisky à tous les repas ? 
Oui d’abord, parce que c’est le genre de nourriture qui fait davantage rêver que les macaronis aux fruits de mer de ce chef hors de prix et hors la loi. En plus, ce menu simple et efficace on le trouve dans une chanson que j’adore qui s’appelle “Dixie Drug Store” par Grant Lee Buffalo. Alors Grant Lee Buffalo c’est un groupe de rock très californien, assez culte, mais qui est resté relativement en dessous des radars, parce qu’ils se sont séparés au bout de 10 ans de vie commune dans les années 90. Même s’ils ont tourné avec des R.E.M, des Smashing Pumpkins, etc - ils étaient peut-être un peu trop cryptiques pour avoir leurs succès. Ce morceau là "Dixie Drug Store" il incarne bien tout ça en tout cas - avec un supplément d’ambiance surnaturelle. Le titre nous emmène à la Nouvelle-Orléans, on suit un bonhomme qui a faim et qui a envie de manger des haricots. Alors il pousse la porte d’un dinner, d’une épicerie, d’un bar - qui s’appelle le Dixie Drug Store - et là d’aventures en aventures il tombe sous le charme d’une femme avec qui il va passer une drôle de nuit. Et le lendemain... elle a disparu. Les traces de son passage, de leur nuit d’amour aussi. Le chanteur se retrouve seul, avec ses souvenirs de bourbon et la certitude d’avoir été envoûtée la Queen of New Orleans. Voilà - ce lieu existe-t-il ? Je ne sais pas. Cet homme a-t-il vraiment été ensorcelé ? Aucune idée. Mais je sais que ce morceau est génial. Donc passons les portes du Dixie Drug Store avec Grant Lee Buffalo. Visuel © Pochette "Fuzzy" de Grant Lee Buffalo  

07 avril 2021

6:32

Vitamine So : « Mr President » de Delgres

Alors Sophie ça t’inspire quoi cette annonce pas très assumée d’Edouard Philippe ? 
Ça me donne l'impression que la saison des candidatures à la présidentielle est quasi officiellement ouverte - et ça me donne envie au passage d’écouter un morceau de Delgrès. Qui est un super groupe qui fait du blues, du rock créole notamment - et qui s’appelle comme ça en hommage à un homme - Louis Delgrès - qui lui faisait de la politique comme on l’aime - un militant abolitionniste, résistant guadeloupéen contre Bonaparte et l’esclavage. Cet homme là était un homme de valeurs et d’engagement et je crois que c’est un peu ce qui manque dans la course à la présidentielle actuelle. Trop souvent les candidates et les candidats pensent à se signaler avant même d’avoir un programme - ou en tout cas de nous en parler. C’est aussi symptomatique de la politique actuelle aussi qui parfois nous donne l’impression d’être une évolution de carrière plus qu’un sacerdoce. Et comme le hasard fait bien les choses, Delgrès eux-mêmes ont composé un morceau qui parle de ça : il s’appelle “Mr President”, en créole il dit : “M le Président, j’ai voté pour vous, j’ai placé ma confiance entre vos mains, maintenant pouvez-vous m’expliquer ce que vous allez faire pour moi ?”Voilà le genre de messages qu’on aimerait adresser à Edouard Philippe et à tous les autres qui visiblement rêvent de devenir Mrs ou Mister President. De bon matin, c’est Delgrès sur Nova. Visuel © Pochette "Mo Jodi" de Delgres  

06 avril 2021

5:29

Vitamine So : « Neighbourhood » de Zed Bias

Ce matin Sophie tu as juste choisi un morceau pour nous remonter le moral ? 
Oui, c’est aussi l’idée de Vitamine So, de vous donner une dose d’énergie le matin, surtout quand le monde autour de nous ne pas très bien. Donc voici un morceau qui m’a procuré beaucoup de joie ces derniers temps et qui vous fera peut-être le même effet. C’est un titre de l’an 2000, un classique du 2 step - ce genre musical de la grande famille du UK garage - de la dance anglaise nerveuse, qui donne envie de sauter d’un pied sur l’autre. Il s’appelle en plus "I feel Good In My Neighbourhood" - je me sens bien dans mon voisinage, dans mon quartier - c’est qui a du sens en ces temps de confinement à domicile. Son auteur s’appelle Zed Bias - un DJ producteur de Manchester, qui a passé sa vie à faire danser les gens. À la voix et au chant très vintage Nicky Prince. Bref - je crois que c’est un vrai shot vitaminé pour éclairer les matins chagrins. En tout cas, c’est une méthode Coué pour se convaincre que ça va le faire. Ça va aller.Visuel © Pochette "Neighbourhood" de Zed Bias  

01 avril 2021

4:52

Vitamine So : « Things I’ve Seen » de The Spooks

Alors ce matin Sophie ce débat sur la non-mixité ça t’inspire quoi ? 
Ça me donne envie d’écouter un vieux morceau des années 2000 - génial morceau de hip hop à l’ancienne qui s’appelle "Things I’ve Seen", de The Spooks. Ça va peut-être vous rappeler quelques souvenirs, et j’ai trouvé que ce titre là il saisissait bien ce que veut dire la libération de la parole. Car c’est quand même tout le propos de ces réunions-là : de permettre à des victimes, à des populations oppressées de s’exprimer librement sur des sujets sur lesquels on ne les laisse jamais parler. Où on ne les écoute que très rarement. Dans ce morceau, le groupe rebondit sur la mort d’Amadou Diallo, un jeune homme guinéen, informaticien, qui faisait des petits boulots et qui a été assassiné en 1999 par des policiers new-yorkais. Et sans parler frontalement de cette bavure qui a bouleversé les États-Unis, ce titre se met dans la peau d’une personne qui a expérimenté des choses qu’on ne connaît pas. Qui a vécu l’indicible, les tabous, un type qu’on refuse de croire parce qu’autrement il faut faire une révolution tellement ce qu’on lui fait vivre est révoltant. C’est hyper bien écrit comme texte, interprété de manière théâtrale, y a un choeur r’n’bisant typique des années 2000 - et franchement, c'est très fort. Et ça nous rappelle qu’il est parfois temps de se taire un peu pour écouter, voici The Spooks sur Nova.Visuel © Pochette "Things I've Seen" de The Spooks  

31 mars 2021

6:29

Vitamine So : « Douce France » de Carte de Séjour

Ce matin, entendre des déclarations mielleuses de Manuel Valls à propos de son amour de la France te donne envie de jouer le fameux "Douce France".
Oui, mais pas la version Charles Trenet, plutôt celle enregistrée 40 ans plus tard par Rachid Taha et son groupe Carte de Séjour. Parce qu'autant chez Trenet il y avait un petit côté la France des cartes postales et du formol, autant chez Taha on est là pour questionner l’identité française - même si ça chamboule certains. On est en 1987, et la version du musicien va en effet faire débat et susciter controverse auprès d’un certain public pour qui le détournement du patrimoine français dans une version orientale n’est pas acceptable. Et c’est tant mieux - c’est exactement l’effet que veut produire Rachid Taha ; interroger sur la place des enfants d’immigrés dans la société française. Sur les droits de ces descendants de la colonisation française, leur légitimité politique, sociale et culturelle aussi. Ont-ils le droit de chanter Trenet, eux qui ont aussi des souvenirs d’enfance en France ? La force de ce titre, c’est aussi de ne rien changer aux paroles de Trenet - seule l’instrumentation change. Il y a du oud, du derbouka et puis c’est tout. C’est tout mais c’est énorme. C’est en tout cas un pied de nez à l’époque à l’extrême-droite et aujourd’hui qui pourrait tout à fait s’adresser à Manuel Valls - qui semble n’aimer la France éternelle et figée que quand il sent que Barcelone lui tourne le dos, et qui a été - rappelons-le, Monsieur déchéance de nationalité. En plus, se réveiller avec la voix éraillée et punk de Rachid Taha ça fait toujours du bien. Donc voici Carte de Séjour - et Douce France sur Nova.Visuel © Pochette "2 1/2" de Carte de séjour  

30 mars 2021

5:23

Vitamine So : « Rebellion (lies) » d’Arcade Fire

Sophie ce matin, tu avais envie de revenir sur cette faculté qu’a Macron de ne jamais reconnaître ses erreurs. 
Ouais alors qu’il commence à en accumuler quelques-unes ; même si à sa décharge, c'est pas tous les jours qu’un président doit gérer une pandémie inattendue. Il n’empêche qu’il y a quelques petits soucis de communication en ce moment, et j’ai l’impression que du côté des citoyennes et des citoyens il y a un léger ras le bol. Par exemple, beaucoup ont été fort surpris de l’allocution présidentielle surprise de jeudi soir, qui nous est tombée dessus à 22 h sans crier gare. Il y a des internautes très rigolo qui ont comparé ça au genre de texto d’un ex ou d’une ancienne aventure qui revient à la charge après des mois de silence. Souvent ça sort de nulle part et c’est rarement signe de respect que de se faire réveiller en pleine nuit par quelqu’un qui ne s’est pas vraiment montré à l’écoute. Et puis, plus précisément sur le contenu de ce qu’il a dit : son fameux, “je n’ai pas de mea culpa à faire”, sa manipulation des chiffres - que beaucoup trouvent un poil gonflée quand on sait qu’il y a des vrais épidémiologistes, des soignants, des directeurs et directrices d'hôpitaux qui préviennent depuis des semaines de la vague qui nous attendait. Alors voilà face au mensonge et à l’envie de rébellion qu’on sent poindre à plusieurs endroits de la société française - j’ai eu envie de jouer un morceau qui s’appelle justement comme ça et qui est un appel au soulèvement. "Rebellion (lies)" - grand classique du groupe canadien Arcade Fire. Tiré de leur premier album - Funeral, un des plus grands disques des années 2000. Ce n'est pas un appel à la sédition, c’est du rock qui s’insurge, doucement, mais sûrement. Ça ressemble à ce petit quelque chose qui monte du côté du peuple français.   

29 mars 2021

6:55

Vitamine Mo : « Mercy Mercy Me (The Ecology) » de Marvin Gaye

Aujourd’hui sur Nova, c’est une journée spéciale “climat”. Et justement Morane, tu nous parles de l’un des premiers morceaux qui a dénoncé les effets de l’activité humaine sur l’environnement.
On est au début des années 70, à l’époque le réchauffement climatique n’est qu’une vague rumeur et la notion de “développement durable” se répand, très lentement. On est peu habitués à l’expression “marée noire” et pourtant Marvin Gaye, le prince de la Motown, va sortir un morceau qui parle très frontalement d’écologie et qui veut alerter les esprits.En 1971, le chanteur américain sort son onzième album studio, What’s Going On. Un projet culte aujourd’hui qui a la particularité d’évoquer des sujets durs : la drogue, la pauvreté, la guerre du Viet Nam, et donc d’écologie avec un morceau qui s’appelle “Mercy Mercy Me (The Ecology)”.Si on ne se penche pas sur les paroles, c’est une ballade très agréable, comme Marvin Gaye sait les faire. Sauf que le message derrière ne l’est pas du tout, il dit par exemple : “Le pétrole a saccagé l’océan, dans nos mers des poissons sont plein de mercure”.La chanson a été un énorme succès, elle a été beaucoup reprise par Alicia Keys, John Legend, les Boyz II Men ou encore Les Strokes. Marvin Gaye a été assez visionnaire quand déjà en 1971 il dit : “Qu’en est-il de cette terre surpeuplée, combien d’agressions de l’homme peut-elle encore supporter ?” Des paroles qui résonnent d’autant plus fort aujourd’hui.Visuel © Pochette “What’s Going On” de Marvin Gaye  

26 mars 2021

5:22

Vitamine Mo : « Cel U Lar Device » d'Erykah Badu

Alors que Jean-Luc Mélenchon attend un coup de fil des verts, Morane tu t’es penché sur le thème du téléphone dans la musique, thème particulièrement inspirant pour les musiciens.
Oui apparemment il y en a beaucoup qui se sont retrouvés dans la situation de Jean-Luc Mélenchon. Moi, j’ai tout de suite pensé à ce morceau “Hotline Bling” de Drake où l’artiste canadien regrette ce temps où lui et un être cher passait leur nuit au téléphone… Un morceau avec lequel Drake a explosé tous les records de streams notamment avec son clip sur Youtube. Sans oublier de souligner que le morceau sample un titre qui date du début des années 70 du chanteur américain Timmy Thomas.Mais encore mieux que la version de Drake, il y a celle d’Erykah Badu, qui a fait une reprise d’”Hotline Bling”, dans une mixtape sortie en 2015.Un projet en 11 titres qui est totalement inspiré du morceau de l’artiste canadien et totalement dédié à la téléphonie. La mixtape s’appelle : But You Can’t Use My Phone. On peut retrouver des morceaux comme, “Phone Down, I’ll Call You Back”, “Phone Down”, ou encore “Hello” où Andre 3000 d’Outkast met au défi Erykah Badu de lâcher son mobilependant quelques heures. La musicienne a poussé le projet jusqu’à embaucher un imitateur de Drake pour feindre sa voix sur deux morceaux. Selon Erykah Badu, Drake l’a plutôt bien pris.La chanteuse explique que : “Hotline Bling est le morceau qui m’a permis de réinitialiser mon disque dur musical interne”. Reprendre ce morceau, c’était aussi un moyen pour elle d’essayer de rentrer en communication avec la génération de son fils adolescent.Je vous propose de l’écouter, il ne s’appelle pas “Hotline Bling” mais “Cel U Lar Device”.Visuel © Pochette “But You Can’t Use My Phone” d’Erykah Badu  

25 mars 2021

5:54

Vitamine Mo : « High Lights » de Charlotte Adigéry

On parle de la décision de garder les coiffeurs ouverts, Morane aujourd’hui tu prévois le coup et tu nous proposes une solution, au cas où le gouvernement refermerait les salons de coiffure : cette solution c’est la perruque...
Une solution si Bruno Lemaire revient sur sa décision et celle qui rend le meilleur hommage à ces cheveux synthétiques, c’est l’artiste belge d’origine martiniquaise Charlotte Adigéry avec le morceau “High Lights”, un titre sorti début 2019. Une véritable déclaration d’amour aux perruques et à leur pouvoir de transformation.Charlotte Adigéry, c’est une artiste que l’on suit depuis ses débuts à Nova, depuis la sortie de son premier EP en 2017. Elle est signée sur le label du super groupe électro belge Soulwax : Deewee. On a eu la chance à Nova de la voir en live plusieurs fois dans nos studios, en nuit zébrée.Le morceau “High Lights” est extrait de son dernier EP Zandoli, qui sortait il y a deux ans.Dans le clip d’ailleurs on la voit essayer plein de perruques dans un salon de coiffure.Dans ses paroles, elle énumère toutes les possibilités qu’elles offrent : bouclée, soyeuse, lisse, grise, ombrée… De quoi ravir tout le monde ! Voici Charlotte Adigéry avec “High Lights” Visuel © Pochette de l’album “Zandoli” de Charlotte Adigéry  

24 mars 2021

5:52

Vitamine Mo : « College Dropout » de Kanye West

Pendant qu’on se demande s’il faut ou non fermer les écoles, il y a une autre question que se pose peut être certains étudiants, plus simple : faut-il aller à l’école ? Il y a beaucoup de musiciens qui ont abandonné les cours pour lancer leur carrière.
Oui et l’exemple le plus emblématique, c’est sûrement celui de Kanye West avec son premier album College Dropout, sorti en 2004.“College Dropout” ça veut dire “abandonner la fac” grosso modo et c’est ce que le rappeur américain a fait. Après avoir reçu son diplôme au lycée, il avait une bourse pour étudier à la prestigieuse Académie des arts de Chicago. Kanye West y passe six mois et décide de tout arrêter pour se consacrer à sa carrière musicale. Décision pas forcément comprise par sa mère au début.Dr Don da West, la maman de Kanye, qui, c’est un peu ironique, était elle-même prof d’anglais disait : “Dans ma tête j’ai toujours pensé que la fac était le billet naturel pour une belle vie. (...) Mais il est vrai que certains objectifs de carrière ne nécessitent pas d’aller à la fac”. Bon c’est vrai que pour Kanye West le risque valait clairement la chandelle The College Dropout est aujourd’hui considéré comme un album de référence dans le rap. Il a reçu des dizaines de récompenses prestigieuses pour ce disque qui s’est vendu à plus de 135 millions d’exemplaires… Et le plus drôle, c’est que Kanye West a quand même fini par avoir son diplôme de la part de l’académie des arts de Chicago. C’était en 2015, l’école a décidé de lui remettre un doctorat honorifiquepour sa carrière ! Désormais il faut d’ailleurs l’appeler “docteur”.On écoute donc Dr Kanye West sur Nova avec ce morceau extrait de College Dropout, ode à l’école buissonnière, “We Don’t Care”.Visuel © Pochette de l’album “Dropout College” de Kanye West  

23 mars 2021

6:25

Vitamine Mo : « What’D I Say » de Ray Charles

Un Vitamine So qui se transforme en Vitamine Mo toute cette semaine avec Morane Aubert.
On parlait de la confusion autour des récentes annonces gouvernementales concernant le confinement, des annonces dignes des plus grandes improvisations musicales. Et improviser ça a parfois du bon… Oui il y a plein de titres qui ont été fait dans la hâte, sans trop réfléchir, sans trop penser aux conséquences… et qui sont finalement devenus des énormes succès. Comme les Beastie Boys, à l’été 86, qui se retrouvent à boire de la vodka et du jus de raisin dans un club avec leur copain producteur Rick Rubin. À l’époque le groupe se met à griffonner les paroles d’un morceau sur une serviette en papier. Le morceau en question écrit en 5 minutes, c'est You Gotta Fight For Your Right, un de leurs hits aujourd’hui. On a l’exemple de Blur aussi, pour Song II, l’une des chansons les plus connues du groupe britannique, belle impro là aussi, puisque le fameux “whoo hoooo”... Et ben le producteur du morceau explique que Damon Albarn, chanteur de Blur, a sorti ce “whoo hooo” sans réfléchir, juste parce qu’il n’avait rien préparé d’autre.Mais moi, mon histoire d’impro réussie préférée, c’est celle de Ray Charles avec le titre What’D I Say, composé en 15 minutes, en pleine improvisation face à son public. En 1958, il donne un concert avec son groupe à Pittsburgh, aux États-Unis, Le show est censé duré 4 heures, mais à 15 min de la fin, il se rend compte qu’il n’y a plus de morceaux à jouer. Derrière lui, le groupe est lessivé, mais Ray Charles veut absolument finir le concert. Il dit à ses musiciens de le suivre et il se lance pendant 15 min dans une impro et construit un morceau, What’d I Say, qu’il enregistrera dans la foulée pour le sortir en version studio en 1958.Comme quoi l’impro, ça a parfois du bon !Visuel © Pochette de "What'd I Say" de Ray Charles  

22 mars 2021

5:40

Vitamine So : « Oblivion » de Grimes

Plutôt que de fêter l’anniversaire du confinement, on célèbre celui de Grimes. Elle aussi née un 17 mars. 
Oui même si je crois qu’elle habite une galaxie où ce genre de contraintes d’anniversaire terrestre n’existent pas vraiment - puisque je vous parle de Grimes, née un 17 mars 1988. C’est une musicienne, autrice, vidéaste, artiste pluridisciplinaire barrée et douée - qui est canadienne - et qui s’est faite remarquer parce qu’elle dénote. Elle n’est jamais exactement là où on l’attend, et si elle aime le rock, la pop ou les sonorités électroniques - c’est aussi une grande spirituelle, une sorcière branchée sur les musiques médiévales et sur le futur - et par ailleurs mère d’un enfant qui s’appelle X Æ A-12 Musk - qu’elle a eu avec un certain Elon Musk. Elle non plus n’a pas eu d’anniversaire l’an dernier. Je ne sais pas si je la plains tant que ça, j’imagine qu’elle a trouvé un moyen de fêter ça sur mars ou je ne sais où. Je me suis dit qu’il y avait un de ses titres sorti y a des années qui était vraiment chouette. Surtout pour le matin, c’est le morceau "Oblivion" - en plus le clip se passe dans un stade blindé d’athlètes à moitié nus, avec des milliers de spectateurs, de la teuf, des gens tout nus qui se collent les uns aux autres.Visuel © Pochette de l'album "Visions" de Grimes  

17 mars 2021

5:53

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