Alpha Beta Nova

Dès 9h, retrouvez Sophie Marchand entourée de disques classiques, d’informations excitantes et d’invité.e.s qui se sont levés du bon pied. Et installez-vous dans la Maison Nova, on n’attend plus que vous.

par Sophie Marchand

Épisodes

Vitamine So : "When You Gonna Learn" de Jamiroquai

Face à l’actualité climatique particulièrement inquiétante, ta chronique Sophie elle commence par une question ?


Oui et c'est le titre d’une chanson qui a près de 30 ans, c’est "When You Gonna Learn" de Jamiroquai. Ce qui veut dire : mais quand va-t-on apprendre ? 


En 1993 ce que Jay Kay et sa bande veulent nous dire avec l’album Emergency on Planet Earth - c’est très clair. La situation climatique est urgente, et déjà catastrophique. Il essaie de sensibiliser à des questions essentielles de préservation des ressources, de respect des peuples autochtones, de décroissance. Mais à l’époque, si le public adore danser sur ces morceaux, les gens vont se contenter de trouver l’écologie de Jamiroquai divertissante. Personne ne le prend au pied de la lettre. Il est rigolo avec ses grands chapeaux et ses phrases chocs. 


Et 30 ans plus tard, alors qu’on n'a rien fait, qu’il est l’heure de constater que c’est déjà foutu pour nous, on a envie de répondre à Jamiroquai : tu le savais qu’on n’allait jamais rien apprendre. Parce que visiblement l’humanité n’est pas assez évoluée pour ça. 


Je sais que la réponse n’est pas très joyeuse, mais bon. Voici Jamiroquai sur Nova.


Visuel © Emergency on Planet Earth
 

01 juillet 2021

5:01

Vitamine So : "Poutou" de Dombrance

Le retour de Philippe Poutou à la présidentielle, ça te donne envie de jouer le morceau le plus évident de la terre ? 


Un morceau qui s’appelle "Poutou" et qui a été écrit pour lui, avec sa photo en tant que jaquette. Et qui est génial, puisque c’est notre Dombrance national qui l’a composé. Vous l’avez sûrement remarqué, Dombrance, ce musicien qu’on a connu rockeur sur Nova est depuis quelques années devenu un professionnel du morceau politique. Enfin, du morceau qui porte le nom de personnalités politiques : Obama, Raffarin, Alexandria Ocasio Cortez, Dati, etc. 


Le fond pour le coup est rarement engagé. Mais dans ce cas précis, on ne peut pas s’empêcher de voir dans l’esthétique de ce morceau dédié au candidat du NPA une envie de rappeler à quel point Philippe Poutou est proche de nous, de ce que traversent les Français en général. 


Poutou qui n’est pas un professionnel de la politique, qui vient d’être licencié parce que son usine Ford de Blanquefort a été fermée, et qui est donc un candidat nécessaire à cette élection, si l’on pense encore que la politique est une chose commune et collective. 


Voici donc "Poutou", de Dombrance sur Nova.


Visuel © Poutou
 

30 juin 2021

5:40

Vitamine So : "Lying Has to Stop" de Soft Hair

Ce petit côté "c’est pas ma faute à moi’"du LREM qui a du mal à se remettre en question après leurs échecs aux élections régionales, ça te donne envie d’écouter quoi ? 


Pas "Lolita" d’Alizée, même si ça aurait été surprenant sur Nova, mais plutôt "Lying Has to Stop" : le mensonge doit s’arrêter, un titre génial, lascif, gluant de Soft Hair - ce duo monté par Sam Dust & Connan Mockasin à l’occasion d’un unique album sorti en 2016, mais dont l’histoire est au long cours. 


Les deux compères, qui représentent deux manières d’être excentriques et d’envisager la pop et le rock, se sont souvent croisés sur scène, en festival, ont longtemps eu envie de collaborer, mais étaient chacun occupé à leurs propres affaires. Et puis petit à petit, ils ont trouvé des moments en studio et se sont mis à bâtir cet album, comme un château de sable futuriste, avec de drôles de formes, des nappes et de sacrées mélodies. Dont ce "Lying Has To Stop" - un morceau que je trouve génial, parce qu’il met dans un drôle d’état quand on l’écoute. 


En plus son message a le mérite d’être clair : le mensonge, c'est mal. Le titre parle d’un couple qui s’éloigne à cause d’une jeune femme qui ne peut pas s’empêcher de mentir. Et c’est vrai qu’à force d’être déçu par celles et ceux qui n’honorent pas leur parole, on se détourne d’eux. Dans la vie comme dans les urnes. 


Voici Soft Hair sur Nova.


Visuel © Soft Hair
 

29 juin 2021

5:23

Vitamine So : "Song from the Kingdom" de B77

Ce matin Sophie tu as envie de la jouer fairplay ?


Oui parce que ce soir il y a match, de l’Euro, entre la France et la Suisse et je me suis dit que c’était l’occasion de vous parler d’un de mes groupes suisses préférés : les B77. 


Si vous écoutez Radio Nova depuis quelques années, vous avez entendu qu’on avait les oreilles tournées vers la Suisse, vers Genève, Zurich, Bâle, Lausanne - où y a toute une scène rap ultra dynamique - notamment incarnée par Slimka, Makala, Varnish la Piscine. Côté pop aussi c’est la grande joie - Muddy Monk est un de nos chouchous, et autour de tout ce beau monde gravitent aussi les B77.


Un duo qui vit à Berne, Luca & Leopold, l’un est postier au civil, l’autre travaille dans les réseaux sociaux - et le soir, et pendant leur temps libre, ils créent des morceaux perchés, labyrinthes, psychédéliques, inspiré de pop contemplative, de rock’n’roll énigmatique, de peinture classique, d’art contemporain, etc. Que vous entendez parfois sur Nova, comme des petites cartes postales trippées. 


C’est diablement beau, c’est inspiré, ça part de Suisse pour nous ouvrir sur tout un monde parallèle - et c’est aussi à ça que servent les grands évènements sportifs - à nous familiariser avec d’autres univers. Donc voici les B77 avec le morceau "Song for the Kingdom".


Visuel © Fleur de B77
 

28 juin 2021

4:39

Vitamine So : « Summer Is Coming » de Labi Siffre

Aujourd’hui dans Vitamine So, on se rappelle que l''été arrive, avec un morceau signé Labi Siffre, "Summer is Coming".


Alors qu’on vient de passer une semaine, une année, une période éprouvante - je me dis qu’on a oublié un petit truc. C’est que l’été est quand même en train d’arriver. Alors certes, c’est plus comme quand on était enfant, y a plus vraiment de goûters en cours, de kermesse, et ce mois de juin est même pas particulièrement chaud - mais quand même, cherchons de la joie dans ce sentiment de légèreté que personne n’a oublié.


Et donc je vous ai choisi un titre que j’adore de Labi Siffre - qui s’appelle ‘Summer is coming’ - l’été s’en vient. Labi Siffre c’est un poète, musicien anglais qui n’a fait de la musique que pendant 15 ans de sa vie - mais qui a eu le temps de marquer énormément de gens. Parce que ses titres sont des sources inépuisables de sample - du Wu Tang, à Eminem en passant par Fatboy Slim ou Fabe - il y a tant de gens qui ont trouvé dans ses mélodies, dans son groove l’inspiration.


Mais le morceau que je veux vous jouer - je crois qu’il a pas été samplé du tout. Parce qu’il n’est pas si connu. Alors que c’est un chouette titre qui respire l’été, la chaleur qui grimpe, l’insouciance qui nous prend aux tripes. 
 

25 juin 2021

5:00

Vitamine So : Loungin (Who Do U Luv) de LL Cool J

Alors cet argument du PS qui veut séparer l’homme Mélenchon de son parti, ça t’inspire quoi ? 


Je me dis que ça sent l’emboucannerie à J -4 du deuxième tour des élections régionales, je trouve l’argument séparer l’homme politique de son parti un poil retors. Et ça me fait penser à une chanson d’un certain LL Cool J où il essaie de convaincre, par tous les arguments possibles, une jeune femme de quitter son homme : le génial Loungin, aka Who Do U Luv - un titre qui est mythique par sa force argumentative, par le flow de LL Cool J et aussi pour son sample. 


En termes de parole, c’est osé : le MC du Queens y va de son “ton mec s’endort quand il te fait l’amour”, il n’a pas conscience du trésor que tu es et puis en plus même s’il te couvre de cadeau l’amour ne s’achète pas, etc. Et il va dans le refrain jusqu’à répéter la question "mais de qui es-tu vraiment amoureuse ? Est-ce que t’es sûre ?"


Et résultat, ça marche. La jeune femme n’est pas sûre. 


Ce titre est génial parce qu’il sent bon le hip hop des années 80, que le sample nous renvoie vers le classique "Who Do You Love" de Bernard Write, qui tentait déjà une opération séduction en 1985 avec ce titre qui jouait la carte de l’honnêteté. 


Et qui sait, cette technique digne d’un renard rusé pourrait inspirer nos politiciens, alors on l’écoute.


Visuel © All World
 

24 juin 2021

5:35

Vitamine So : "I Believe In Miracles" de Jackson Sisters

Alors Olivier Faure qui n'est pas loin de se lancer dans la conquête de l’espace, Sophie ça sonne comment pour toi ?


Comme un titre qu’on adore sur Nova qui s’appelle "I Believe In Miracles" - je crois aux Miracles, un morceau signé des Jackson Sisters qui n’ont rien à voir avec la famille de Michael. Elles sont 5 aussi, comme les Jackson 5, mais elles ont grandi en Californie, ont déménagé à Detroit pour la musique, et ont une carrière un peu moins simple. 


Dans les années 70 elles enregistrent quelques titres, de la disco, de la soul qui font leur petit effet, et ce “I Believe in Miracles” qui est une reprise, ne va pas connaître le succès immédiat. Ça va prendre quelques décennies précisément, et par un heureux hasard, dans les années 90 le titre devient un petit tube de l’autre côté de l’Atlantique, en Angleterre. On sait que les anglais sont les pros pour déterrer des singles de soul et en faire des hits.


Depuis il a été réédité par Mr Bongo, et puisque le PS se permet d’espérer un miracle dans les urnes, on a envie de leur jouer ce morceau. 


Visuel © I Believe In Miracles
 

23 juin 2021

5:14

Vitamine So : "The Sound Of Violence" de Cassius

Sophie, ce matin ces pensées philosophiques de Darmanin sur le silence t’ont inspiré non pas un morceau, mais deux ?


Quand Darmanin nous conseille d’écouter le silence, forcément je pense à "The Sound Of Silence" de Simon and Garfunkel - un classique qui a été composé dans la solitude de la jeunesse, puisqu’on le doit à Paul Simon, qui une nuit d’insomnie s’est assis sur le carrelage sa salle de bain, guitare à la main, toute lumière éteinte. C’est là, avec un léger ruissellement de robinet en fond apaisant, qu’il trouve l’inspiration pour écrire ce morceau qui parle de la communication entre les hommes et des jours où l’on parle pour ne rien dire, et où l’on entend des mots sans les écouter. Un titre qui capture le son du silence. 


Mais finalement, j’ai choisi un autre titre. Parce que Darmanin qui se révèle philosophe d’un coup, du jour au lendemain, ça ne me convainc pas. Lui qui n’a pas écouté les inquiétudes du peuple face à la loi sécurité globale, lui qui n’écoute pas les hommes et les femmes scandalisées par ses arguments pour se justifier des agressions sexuelles qu’il a commises, lui qui n’écoute pas les victimes de violences policières qui veulent déstructurer le racisme systémique, lui qui n’écoute pas la magistrature quand elle lui rappelle à son devoir de neutralité en tant que premier ministre, lui qui n’écoute pas la France quand elle lui demande de prendre un tout petit peu soin de sa jeunesse, de ses fêtards, de ses manifestants. 


Alors plutôt que "The Sound Of Silence", écoutons le "The Sound Of Violence" de Cassius - un classique des années 2002, remixé ici par Cosmo Vitelli - qui rappelle que le premier silence vient du gouvernement et des absences de réponses à nos préoccupations. Et que ça, c'est une violence.


Visuel © Au Rêve
 

22 juin 2021

7:41

Vitamine So : "Losing My Taste for the Nightlife" de Peter Broderick

Alors Sophie, cette fête à laquelle personne ne se pointe, ça te rappelle quelque chose ? 


En tout cas ça me donne envie de jouer un morceau que j’aime beaucoup, mais qui en plus a le mérite de voir les choses autrement. Cette chanson, elle a été composée par Arthur Russell - et elle s’appelle "Losing My Taste for The Nightlife" - "Je perds mon goût pour la vie nocturne", pourrait-on (mal) traduire. 


Arthur Russell, c’était un compositeur de génie, un homme qui est l’artiste préféré de vos artistes préférés, de Sufjan Stevens, à Chez Damier, en passant par Devendra Banhart, Jose Gonzales, Robyn, les Arcade Fire : tous sont fans de lui. 


Lui qui est mort jeune, du Sida, en 1992. Mais qui en quelques années de vie, a réussi à composer des centaines de morceaux qui sont devenus cultes, après sa mort. Il a grandi dans l’Iowa, il y a appris le violoncelle, mais très jeune il a voulu découvrir autre chose - et s’est installé à San Francisco. C’est là qu’il a rencontré Allen Ginsberg, et la beat generation, là qu’il a commencé à travailler sa propre discipline musicale, très libre, très instinctive et extrêmement riche. Et puis il fricote avec les Talking Heads, Bob Dylan, Larry Levan - toute une avant-garde musicale, mais qui va de musiciens de pop, de folk, ou des DJ et producteurs de house et de disco. 


Une des forces de Arthur Russell, c’est qu’il n’a lui même jamais choisi sa chapelle musicale, capable de composer des symphonies au violoncelle autant que des hymnes de la teuf. 


Parce qu’il était aussi un grand fêtard - adepte du Loft, du Paradise Garage qu’il fréquentait. Sauf qu’un de ses plus beaux morceaux - posthumes - s’appelle "Losing My Taste for the Night Life" - et il raconte que même lui s’est lassé. Il parle de l’errance aussi de celui qui comble quelque chose par la fête, qui ne sait même plus pourquoi il fait la fête. 


Mine de rien, quand on poursuit l’analogie entre ces élections boudées qui seraient comme une fête ratée, on peut se demander pourquoi personne n’est venu. Pourquoi tant de gens n’ont pas fait le déplacement. Est-ce que c’est le line up qui ne convainquait pas ? La formule ? La communication en amont qui a échoué ? Est-ce que c’est parce que les gens ont envie d’autre chose ?


Ça vaut le coup de se le demander et d’écouter ce morceau qui dans sa version originale est très poétique mais peut-être trop douce. Voici une reprise, toute aussi belle, signée par Peter Broderick. 


Visuel © Peter Broderick & Friends Play Arthur Russell
 

21 juin 2021

5:46

Vitamine So : "Mask Off" de Future

Sophie quand tu as dû choisir un morceau pour illustrer notre chronique sur la fin du port du masque en extérieur, tu n’as pas beaucoup hésité. 


Non j’ai un peu choisi l’évidence, et en même temps quand il y a un morceau qui s’appelle "Mask Off" - littéralement "Bas les Masques", c’est du pain béni. 
Ce morceau de 2017, avec cette flûte entêtante il est signé Future, un des immenses nom d’Atlanta, produit par le génie Metro Boomin avec un sample tiré de la bande-originale du film Selma, de 1972.
Dans son refrain, il parle en plus des paradis artificiels - un peu chimiques - ce qui va assez bien avec le summer of love que l’on s’apprête à vivre. 


Et même s’il ne s’agirait pas d’oublier les autres gestes barrières, voici donc "Mask Off" de Future sur Nova. 


Visuel © Mask Off
 

17 juin 2021

4:35

Vitamine So : "Compulsion" de Martin L.Gore

Face à tant de lapsus Sophie, quel est le diagnostic ?


Je ne suis pas psychiatre, alors je peux 100 fois me tromper mais on peut suspecter une compulsion - cette force intérieure qui nous pousse à dire des choses, et à en faire d’autres, sans pouvoir se maîtriser. C’est angoissant, souvent, par distinction avec l’impulsion - et c’est aussi le nom d’un morceau que j’adore de Martin L.Gore, qui est le leader de Depeche Mode. 


Ce titre-là pour tout vous dire c’est une reprise d’un musicien post-punk qui s’appelle Joe Crow, qui en 1982 a composé cet ovni de la musique électronique qui évoque les mots qu’on a parfois du mal à trouver et comment on peut se sortir d’un certain état répétitif. Et quand en 1989 Martin L.Gore décide de le reprendre, pour son premier album en solo, il en fait un ovni tout aussi charmant. Presque plus énigmatique encore. 


Et puisqu’on parle de mots qui sont inconscients, c’est touchant de constater que Martin L.Gore se trouve dans des paroles qui n’ont pas été écrite par lui. 


Peut-être que Thierry Mariani devrait faire pareil : laisser d’autres personnes plus habiles parler pour lui ! 


En tout cas nous on écoute ce drôle de titre.


Visuel © Counterfeit e.p
 

16 juin 2021

6:52

Vitamine So : "Saucisse Saucisson" des Léopards de Saint-Pierre

Cette "guerre de la saucisse" inattendue entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, Sophie ça te donne envie de quoi ? 


Ça me donne envie de ne pas jouer un morceau trop potache, et vous vous en doutez quand le thème de la recherche est "saucisse", il n'y a pas grand chose de très raffiné. Pas grand chose, mais quand même un titre très cool - signé des Léopards de St Pierre un groupe martiniquais phare des années 70/80 - orchestre de cadence, de calypso et de ce qu’on appellera bientôt le zouk.


C’est d’ailleurs le premier groupe des Antilles-Guyane à recevoir un disque d’or en 1976. 


Ils ont composé un morceau qui s’appelle "Saucisse-Saucisson". Un titre qui est coquin certes, mais dont la mélodie, la section rythmique, la cadence sont vraiment de qualité. En plus qui sait ? Si ça se trouve seul un petit zouk peut réconcilier les Anglais et les Français, alors essayons. 


Les léopards de Martinique avec "Saucisse, Saucisson".


Visuel © Les Léopards de St Pierre
 

15 juin 2021

5:00

Vitamine So : "Smiley Faces" de Gnarls Barkley

Alors cette injonction à la bonne humeur et cette idée de la politique bienveillante, Sophie ça te rappelle un morceau ? 


Oui et même un groupe avec lequel j’ai eu envie de commencer la semaine : Gnarls Barkley, que vous connaissez pour le super tube "Crazy" mais dont l’histoire est franchement plus complexe qu’on a pu le croire. D’abord, à la base Gnarls Barkley c’est un groupe - c’est même ce qu’on appelle un super groupe, c’est-à-dire la fusion de deux artistes déjà réputés chacun de leur côté. 


A ma gauche, le discret, Danger Mouse - le producteur, remixeur, connu pour son boulot avec Gorillaz notamment, ou son sens des collages. Et à ma droite, le charismatique Cee Lo Green - rappeur d’Atlanta, ami d’Outkast, et membre aussi de ce gros collectif la Dungeon Family qui a imposé le rap sudiste sur la scène du hip hop US en 1991. 


Et c’est grâce à leur deux talents conjugués qu’est né Gnarls Barkley qui dès le premier album a été un immense succès. Et sur ce disque-là il y a un titre qui s’appelle "Smiley Faces" - qui parle de ce que les sourires peuvent cacher, du fait que le bonheur c’est pas si évident que ça et que la mélancolie aussi a le droit de cité. 


C’est un joli titre parce que le corps du texte s’incarne bien dans la ligne mélodique, un peu psyché, un peu mélancolique. 


C’est "Smiley Faces" sur Nova.


Visuel © Smiley Faces
 

14 juin 2021

4:59

Vitamine So : "Circle Song" de Bobby McFerrin

Nadine Morano en roue libre, Sophie ça te donne envie de d'écouter un morceau ?


Oui ça me donne envie d’écouter un morceau qui rappelle que la liberté, l’improvisation, la créativité débridée ça peut être autre chose qu’un gloubigoulba. Et cette preuve je l’ai trouvé en Bobby McFerrin, le musicien qui s’est fait connaître avec "Don’t Worry Be Happy", certes, mais qui est surtout un extraordinaire chanteur, improvisateur, qui sollicite tout son corps pour jouer, qui sait se servir de quatre octaves - sachant qu’en plus il maîtrise le chant polyphonique, qu’il sait faire plusieurs voix à la fois. 


Comme si ça ne suffisait pas, en plus de ça, c’est un grand freestyleur. Une de ses techniques de chanson s’appelle le circle singing - ça désigne le fait de chanter en cercle, avec une voix principale au chœur du cercle, qui guide les sous groupes. Tout est improvisé, et repose sur l’écoute entre les chanteurs, et la magie de l’instant. 


Vous allez voir c’est d’autant plus impressionnant une fois qu’on sait que tout ce qu’on entend n’est pas imaginé à l’avance. C’est "Circle Song" de Bobby McFerrin.


Visuel © Circle Songs
 

11 juin 2021

5:21

Vitamine So : "Everything In Its Right Place" de Radiohead

Cette méthode d'auto-conviction du gouvernement, Sophie ça te donne envie de jouer quoi ? 


Un titre de Radiohead et pas n’importe lequel : le fameux "Everything In Its Right Place" - tout est exactement comme il devrait l’être, ou tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pour plagier un peu Voltaire, et Candide plus spécifiquement. Un morceau composé par le groupe en 2000, c’est d’ailleurs la première piste de l’album Kid A - qui est une révolution pour le groupe, et puis aussi pour beaucoup de ses fans. Un titre composé par Thom Yorke sur un piano dont il ne savait pas vraiment jouer - pour exorciser quelques-uns de ses traumatismes, et plus précisément l’angoisse de la page blanche après la tournée monstrueuse que le groupe venait de faire. 


Depuis le titre a beaucoup changé, dans son instrumentum puisque le morceau final est joué sur un synthé. Mais il a gardé la trace de son créateur, avec sa structure spécifique, répétitive, entêtante - qui a d’ailleurs inspiré le maître du minimalisme Steve Reich qui l’a réinterprétée plus tard. Les paroles semblent inspirer d’une écriture un peu automatique et le résultat il est assez parfait parce que, un peu comme le titre de Joy Division hier, il est performatif. À force de l’écouter, on entre dans une sorte de transe convaincante. Oui ça va aller, oui ça va le faire. 


Je trouve ça plus efficace que toutes les communications de crise politique - c’est Radiohead sur Nova. 


Visuel © Kid A
 

10 juin 2021

6:01

Vitamine So : "Disorder" de Joy Division

Sophie, la France a parfois des airs chaotiques et toi ça te donne envie d’écouter Joy Division ? 


Oui parce que Joy Division c’est le genre de groupes qui éclaire un peu le brouillard, et qui donne envie d’être combattant, surtout quand on a l’impression que le monde autour de nous part à vau-l’eau et qu’on ne sait plus par quel biais, par quelles armes pacifiques, se battre. 


Joy Division c’est un groupe de post punk monté à Manchester à la fin des années 70 qui était mené par Ian Curtis, - un jeune homme qui était épileptique, qui était dépressif, et qui se servait de la musique pour exprimer toute son anxiété existentielle, son sentiment indéboulonnable de solitude. Et étrangement, si ça a été cathartique pour lui pendant un temps au moins, il a réussi à transmettre ce surcroît d’énergie que donne parfois la musique. Peut-être que pour certains, Joy Division est assez mélancolique, mais je trouve que la plupart de leurs morceaux ont cette fougue post punk qui donne envie de se battre pour les choses auxquelles on croit : que ce soit l’amour, la politique ou des choses plus intimes. 


En plus, ils ont souvent trouvé les mots pour parler de la confusion qui peut nous saisir face au chaos, avec poésie et une sacrée ligne de basse et notamment dans le morceau "Disorder". Ça veut dire "Désordre" comme l’état du monde que Ian Curtis observait déjà en 1979. Comme ce qui nous arrive aujourd’hui. 


Bon réveil en terre confuse, c’est Joy Division qui vous aide à y voir plus clair.


Visuel © Unknown Pleasures
 

09 juin 2021

5:26

Vitamine So : "Grandiose" de Pomme

Alors Sophie ce débat PMA à l’Assemblée Sophie ça te donne envie de jouer quoi ?


Ça me donne envie de tendre le micro aux premières concernées : les femmes lesbiennes et/ou célibataires. Parce que mine de rien dans ces débats à rallonge, ces pings pongs à l’Assemblée, ces éditos qui donnent l’avis qu’on ne leur a pas demandé - c’est de leurs vies, de leurs futurs, de leurs corps, de leurs intimités que l’on parle derrière le terme de "bioéthique". 


Surtout que ces atermoiements parlementaires ont relancé, par capillarité, la machine homophobe de la Manif Pour Tous, qui, ont eu le droit de défiler, alors que les marches des fiertés elles ont été interdites - crise sanitaire oblige. 


Dans ce contexte, qui peut secouer, je voulais écouter un morceau de Pomme qui s’appelle "Grandiose" et qui raconte la vie qu’elle rêve d’avoir, les enfants qu’elle espère porter. À l’origine, cette chanson qui est une déclaration d’amour à l’amour qui interroge le cadre du couple ne parle pas précisément de la PMA, mais la jeune musicienne a fini par lui donner, par le clip, un nouveau sens pour soutenir cette loi - dont on rêverait qu’elle soit encore plus inclusive, et moins discriminante. 


Pour la PMA ouverte à toutes, c’est Pomme sur Nova.


Visuel © Les Failles
 

08 juin 2021

4:56

Vitamine So : "Paraponera" de Lucio Bukowski, Oster Lapwass et Eddy Woogy

Mélenchon qui se pose en terrasse avec un petit lait-fraise, ça me donne envie de dire à Mélenchon que déjà c’est un choix surprenant, mais qu’en plus il n’est pas le seul à aimer ça. Un certain Lucio Bukowski est un grand amateur de lait-fraise. Lucio Bukowski c’est musicien, poète, rappeur, producteur lyonnais membre du collectif l’Animalerie qui est un des crews les plus créatifs et inspirés du rap français indépendant.
 

07 juin 2021

5:18

Vitamine So : "Voices" de Blundetto et Hindi Zahra

Des voix dans la tête du PS, Sophie ça te donne envie de jouer un petit standard de notre antenne ?


Oui parce qu’il tombe à pic. Ce morceau est signé de Blundetto - qui a été pendant des années notre programmateur ici, et Hindi Zahra. Il s’appelle "Voices" et il convoque les voix que le musicien producteur a toujours aimées, des directions mystiques, du jazz, du blues, du dub. Et il laisse libre champs à la voix magnifique de l’artiste franco-marocaine. 


Pour l’histoire, le texte - qui raconte les conflits entre le cœur et la raison, et les multiples voix qui peuvent parfois nous parlera été improvisé par la musicienne, pendant l’enregistrement du titre qui s’est fait comme dans les meilleurs studios des années 70, de manière analogique.


Bref, c’est un standard de notre époque, de ceux auxquels il fait bon se raccrocher quand on a l’impression que l’actualité part un peu à vau-l’eau. C’est Hindi Zahra et Blundetto sur Nova, qui va vous faire un peu flotter.


Visuel © Bad Bad Things
 

03 juin 2021

4:30

Vitamine So : "Clap Hands" de Tom Waits

Sophie, la droite cherche sa voix, et toi laquelle as-tu choisi ce matin ? 


Une voix profonde, sourde et tellement puissante : celle de Tom Waits, musicien californien qu’on a trop rarement joué sur Radio Nova. Tom Waits, c’est un pilier d’une certaine scène américaine. Il a grandi très influencé par les grands artistes de jazz, de funk, s’est acoquiné avec les icônes du rock’n’roll mais il a choisi une voie spécifique. A mi-chemin entre le jazz, le blues et la tradition orale. En plus, il a été acteur, et a notamment joué dans l’excellent Dawn By Law de Jim Jarmusch. Que je vous conseille fortement. 


Parmi les plus beaux morceaux du musicien, il y a un titre qui s’appelle "Clap Hands". Sorti en 1985 sur l’album Rain Dogs, qu’il enregistre notamment avec un certain Keith Richards à la guitare. Un disque profondément américain - au sens où il sent le bayou, les jours de pluie sur New York, la folk des routes sans fin. On sent que Tom Waits est une vieille âme, et qu’il invoque les esprits qui l’ont précédés avec toute sa gorge et toute son âme. 


Une technique dont devrait peut-être s’inspirer la droite française pour espérer se retrouver. Et en attendant ce jour, on écoute Tom Waits qui se met dans la peau de celles et ceux qui ont chanté avant lui et c’est magnifique.


Visuel © Rain Dogs
 

02 juin 2021

5:05

Vitamine So : "Europe Is Lost" de Kae Tempest

Sophie, cette chronique qui donne plus envie de pleurer que de rire, ça te donne envie de convier une pensée radicale ? 


Oui une pensée franche, qui sait nommer les choses, faire advenir les luttes et qui, en plus est poétique. C’est celle de Kae Tempest, dont on aime les mots depuis très longtemps sur Nova. Je dis les mots parce qu’on aimait ses chansons, on aime aussi ses livres et on aime tout ce qu’iel arrive à saisir du monde qui nous entoure. 


Kae Tempest est artiste non binaire, iel vient de Londres et en 2016 a sorti le disque Let Them Eat Chaos, un album complètement explosif, dont on a eu du mal à savoir s’il était du rap, du slam, de la poésie… En tout cas, c'était un cri urgent incarné notamment par le texte "Europe Is Lost" écrit à l’époque du Brexit et symbole de l’inquiétude d’une jeunesse qui ne se reconnaît pas dans les dérives ultra conservatrices, xénophobes, rétrogrades de nos pays. 


À un moment, iel dit que nous n’avons rien appris de l’histoire et c’est la terrible impression que l’on peut avoir en ce moment, c’est que l’histoire se répète désormais, pour le pire. Elle y incarne l’anxiété que génère le retour du patriotisme, la course inarrêtable du capitalisme, l’individualisme poussé à l’extrême. Et cette question qui résonne : "What Am I Gonna Do To Wake Up" (comment vais-je faire pour me réveiller ?)


Honnêtement parfois je rêve qu’à la télévision on entende des contradicteurs à cette hauteur, et en attendant écoutons les prophéties de Kae Tempest - plus juste et plus performante que beaucoup d’orateurs et de politiciens.


Visuel © Let Them Eat Chaos
 

01 juin 2021

6:39

Vitamine So : "Démission (Pour Claire)" des Vilars

Alors Gabriel Attal qui nous vend tout, sauf du rêve, Sophie ça te met de quelle humeur ce matin ? 


Ça me donne très envie d’écouter les Vilars - un groupe qu’on a adoré à l’époque quand on les a découverts grâce à l’excellent site, label, curateur, défricheur qu’est La Souterraine. Quand on entend parler des Vilars on ne sait pas qui ils sont, on tombe juste sur leur titre "Démission", que je vais vous jouer, on se dit qu’ils ont un ton et une écriture particulièrement originale. 


Ce qu’on a appris après, c’est que ce sont deux frères qui se sont retrouvés un peu par hasard à enregistrer un album, et qui ont toujours joué un peu de musique par pur plaisir, sans aucune ambition capitalistique. 


Et c’est drôle parce que leur plus grand morceau - "Démission" - va extrêmement bien avec la période, où l’on essaie de nous refiler des rêves de croissance économique et de relance, alors qu’en vérité tout le monde est un peu perdu et rêve plutôt de changer de vie, sans savoir exactement par où commencer. 


C’est cynique, c’est pour la République en marge plutôt que celle qui est en marche, c’est Les Vilars sur Nova pour vous donner bien envie de retourner au boulot ce matin.


Visuel © Le Bel Avenir
 

31 mai 2021

5:05

Vitamine So : "Sunshine" de Twista

Ce vendredi matin, l'annonce d’un weekend lumineux me donne envie de ressortir un gros titre des années 2000, qui intègre par ailleurs un sample de 1977 : c’est Twista avec "Sunshine "- reprise du "Lovely Day" de Bill Withers. Le genre de connexion qui a permis, par le sample à toute une génération de se familiariser avec des classiques du répertoire de la soul et du rnb américain. 


Twista vient de Chicago, et sa vie n’a pas été simple. S’il a toujours rappé, avec un flow particulièrement rapide, il a mis très longtemps à vivre de sa musique. Les années 90 pour lui sont assez complexes, de petites mixtapes qui ne percent pas en petit boulot - il met du temps à s’imposer, alors que son flow est vraiment spécial. Jusqu’à l’année 1997 où il décolle et commence à collaborer avec les grands noms. Et notamment un certain Kanye West qui devient un de ses producteurs. 


Ensemble ils signent l’album Kamikaze, qui sort en 2004 avec ce titre-là : ce "Sunshine" en collaboration avec Anthony Hamilton, qui vient du gospel à la base. 


C’est toute une époque ce titre. Et puis Twista aussi. Bref, que votre vendredi soit solaire et ressemble à ceux du monde d’avant.


Visuel © Sunshine
 

28 mai 2021

5:04

Vitamine So : "Bleu de Marseille" de Rachid Taha et Carte de Séjour

Ce matin Sophie, on écoute un morceau qui nous emmène ailleurs qu’à Paris ? 


Certes Paris a inspiré quelques géniaux morceaux - dont le titre de Paris de Taxi Girl avec un Daniel Darc particulièrement cinglant qui crache à sa manière sur notre capitale tout grise. Mais je me suis dit qu’on avait aussi envie d’entendre chanter d’autres villes de France. Et j’ai eu l’embarras du choix, entre Nantes, Sète, Biarritz, Brest, Lille qui ont chacune inspiré de nombreuses œuvres et finalement j’ai pris la direction des Calanques.  


Avec Carte De Séjour, le groupe de Rachid Taha qui en 1984 compose le morceau "Bleu de Marseille". À l’époque, il vient de participer à la Marche pour l’Egalité et contre le racisme, qui allait de Paris à Marseille, lui qui est né en Algérie, qui est arrivé en France à 10 ans et qui s’est toujours engagé contre le racisme. Avec son corps, son esprit punk, sa gouaille et ses morceaux. 


Par exemple, avec ce morceau "Bleu de Marseille" qui raconte plein de choses. D’abord il évoque une mode vestimentaire, celle du Bleu de Chine, une veste que beaucoup de travailleurs portent à Marseille et qui a eu son petit succès aussi dans les villes et villages d’Algérie. Ensuite, il y parle d’exil, des espoirs qu'incarnent les grandes villes françaises que sont Lyon, Paris et Marseille. Il évoque aussi les désillusions. 


Et puis, il parait aussi que ce morceau aurait été discrètement adressé à la municipalité, et à Gaston Defferre, le maire avec qui le musicien aurait été en conflit à propos d’une représentation censurée. 


Bref, comme souvent avec Rachid Taha c’est un morceau qui communique beaucoup d’émotions, qu’elles soient joyeuses ou combatives.


Visuel © Carte Blanche
 

27 mai 2021

6:29

Vitamine So : "La Piscine" de Hypnolove

Sophie, tout ce programme sportif de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, t’a donné envie de nous emmener à la pistoche ? 


Même quand on est pas les premiers à pousser de la fonte, ça reste un endroit chouette la piscine, symbolique de l’été qui va bien finir par arriver et de la liberté en slip de bain. C’est pas pour rien qu’il y a tout un tas d’oeuvres d’art, de films, de tableaux qui ont pour cadre ces grands rectangles bleus. 


Alors autant je n’ai aucune idée de la transmission du covid en milieu aquatique, autant je sais que sur ce sujet il y a aussi un morceau tout particulièrement adapté : il s’appelle "La Piscine". C’est un titre du trio toulousain Hypnolove qu’on adore sur Nova parce qu’ils ont l’art de faire de la pop solaire et contrastée. Et notamment avec ce morceau sur lequel chante une certaine Flore Benguigui, chanteuse du groupe l’Impératrice. 


C’est sautillant, mais comme souvent avec Hypnolove ça cache aussi des paroles plus nuancées qu’il n’y parait. Ça parle de chagrin, et étrangement ça fait aussi beaucoup de bien. 


Avec Hypnolove, et Flore Benguigui donc, on saute dans la piscine.


Visuel © La Piscine
 

26 mai 2021

5:23

Vitamine So : "What You Don’t Do" de Lianne La Havas

Alors la gauche qui a un peu de mal à se définir en positif Sophie ça te donne envie de jouer une chanson d’amour qui parle de tout ce qui ne se dit pas. 


Oui, une chanson signée de Lianne La Havas, cette merveilleuse musicienne anglo-jamaïcaine qui est une des artistes les plus solaires que je connaisse. En 2015, elle a composé et chanté le morceau "What You Don’t Do", qui est surprenant parce qu’elle y décrit tout ce que la personne qu’elle aime peut ne pas faire et ne pas dire pour lui prouver son amour. 


Elle ce qu’elle veut c’est une âme-sœur qui ne joue pas avec ses sentiments, mais surtout ce qu’elle espère ce sont tous les silences qui en disent beaucoup plus long que des formules attendues. Lianne La Havas rappelle au passage qu’on peut mentir en disant je t’aime, et que ces trois mots sont sans doute les plus utilisés du monde. 


Ce morceau est beau parce qu’il entretient l’idée du mystère, de tout ce qui se joue dans les non-dits, dans les sous-entendus complices et amoureux. Et même si dans le cas de la gauche, ça peut tout simplement ressembler à une absence de programme et une incapacité à formuler clairement un projet politique, il n’empêche qu’on va écouter Lianne la Havas. 


Dans une version live qui plus est, parce qu’elle est dingue - c’est pour son Tiny Desk. Voici son morceau "What You Don’t Do" sur Nova.


Visuel © Blood de Lianne La Havas
 

25 mai 2021

5:21

Vitamine So : "2000 Blacks Got To Be Free" de Fela Kuti et Roy Ayers

Sophie, Emmanuel Macron qui parle de Fela Kuti, du Shrine, de l’afrobeat, ça te fait un peu tomber des nues ? 


Oui, comme nous tous ici ! Même si toute cette vidéo est une affaire de communication rondement menée, ça reste surprenant d’entendre un président de la République parler d’un haut lieu de la culture populaire, contestataire qui plus est. Avec plutôt les bons mots en plus. 


Mais si on veut être précis, ce que Emmanuel Macron a un peu omis c’est le versant très politique de tout ça. Parce que Le Shrine, la discothèque créée par Fela Kuti comme laboratoire de l’afrobeat - ce style de musique entre la funk et le jazz, scandé par des percussions yorouba et chanté dans un pidgin des rues - le Shrine donc était un lieu de révoltes et d’engagements. Pas qu’un espace de fêtes enfumées et musicales. 


D’ailleurs la République qu’évoque Macron, c’est la République de Kalakuta, provenant du nom d’un immeuble juste à côté du Shrine dans lequel la mère de Fela, qui était une femme politique, féministe, engagée, l’installe en 1970. Fela va y emménager avec ses idéaux et sa tribu : faites de musiciens comme Tony Allen, de voyous, de marginaux, d’artistes, de militants. Autour de l’immeuble, poussent des centaines de baraquements et dans la maison, il y a du monde, une clinique gratuite, des fêtes sans fin, du sexe, des controverses. Fela est le roi de sa République, avec tout ce que cela implique d’excès et de folie. Musicalement ce sont des années fastes, entre 1975 et 1977, Fela et son groupe sortent 23 albums.


Et politiquement ça donne quoi ? 


Ce sont aussi et surtout des années radicales : Fela se sert de sa voix et de ses succès pour dénoncer clairement la corruption, le post colonialisme, la violence militaire et il devient l’ennemi du pouvoir. En 1977, Kalakuta est attaqué par l’armée nigériane. Les portes sont enfoncées, les hommes battus, les femmes violées, la mère de Fela jetée d’une fenêtre, et la maison brûlée. 


Plus rien ne sera vraiment comme avant et l’engagement de Fela, lui, restera intact. Le Shrine lui vivra d’autres vies et finira par accueillir Macron des décennies plus tard. 


Et tout ça m’a donné envie de jouer un titre que Fela Kuti compose avec Roy Ayers. Un morceau qui prospecte sur le futur et s’imagine qu'en l’an 2000 les hommes et les femmes noires seront libres. 


C’est "2000 Blacks Got to Be Free" qu’on écoute sur Nova.
 

24 mai 2021

7:53

Vitamine So : "Les Jaloux Saboteurs" de Maître Gazonga

Je crois que cette semaine a été longue pour tout le monde et qu’il est l’heure de se désenvoûter avec un classique de notre antenne : "Les Jaloux Saboteurs" de Maître Gazonga, enregistré en 1984 à Abidjan par ce musicien originaire du Tchad qui avant de chanter a été sportif de haut niveau, footballeur et même plus précisément gardien de but. 


Et puis, une blessure, et il faut s’adapter : il devient donc musicien, monte l’orchestre l’International Challal, et commence à parcourir le Tchad pour jouer sa musique. À l’époque, les bons studios d’enregistrement se trouvent du côté d’Abidjan - en Côte d’Ivoire - et c’est là-bas qu’il enregistre ce titre sur lequel toute l’Afrique francophone va flasher dans les années 80. 


C’est l’époque de la sono mondiale, Radio Nova aussi tombe en amour de ce titre qui raconte le périple d’un jeune homme victime de la jalousie des autres, qui l’ensorcellent et qui va de Ndjamena, à Libreville, en passant par Bangui pour raconter ses malheurs et conjurer le sort. 


C’est aussi, un titre sur lequel la rédaction de Nova a beaucoup dansé, hors antenne, et comme ce soir, c'est le premier vendredi qui va pouvoir se jouer dans des bars ou dans des restaurants, ça vaut le coup de commencer à danser avant 9h du matin pour ne pas perdre la main. 


Visuel © "Les Jaloux Saboteurs"
 

21 mai 2021

7:11

Vitamine So : "The Magic" de Joan As Police Woman

Darmanin qui se la joue premier flic de France, Sophie ça t’inspire quoi ?


Deux choses, d’abord je vous invite à lire un court texte qui a été publié hier par le Syndicat de la Magistrature, parce qu’ils ont les mots que je n’ai pas et une connaissance de la loi qui semble échapper à beaucoup en ce moment. Ils réagissent sur la période actuelle, la manifestation d’hier, rappelant qu’avec l’attitude de ces personnalités politiques, la police risque de devenir une puissance autonome qui dicterait ses lois à l’exécutif, et ils terminent avec une question - qui fait trembler - quel est le nom d’un tel régime ? 


La deuxième chose que ça m’inspire c’est un poil plus joyeux et c’est un groupe : Joan As Police Woman, qui n’a rien demandé mais qui en ce jour où Darmanin et consort se la jouent, As Police Men tombe à pic. Joan As Police Woman c’est le groupe que la chanteuse Joan Wasser, qui a bossé avec Jeff Buckley ou Anthony & The Johnsons, a monté en 2002 - pour s’exprimer enfin en première personne. 


Elle qui était violoniste, autrice, compositrice devient chanteuse pour l’occasion et s’est très vite fait une place dans la scène indie rock américaine, dans la folk. Et un des morceaux les plus chouettes de Joan As Police Woman s’appelle "The Magic". Comme à ce stade on commence à croire que seule la magie, ou une petite révolte populaire, pourra nous sauver de ce qui est en train d’arriver, on l’écoute sur Nova.


Visuel © The Deep Field
 

20 mai 2021

5:50

Vitamine Liot : "Langue de bois" de Claude Nougaro

Michael, tous ces débats politiques ça te donne envie de parler de la langue de bois ?
 
Ces louvoiements des Républicains, ces vas-et-viens pour éviter de donner ou pas le soutien de l’un à l’autre, c’est ce que l'on fait quand on n’a envie de dire ni oui ni non. C'est ce que font les politiciens et c’est ce qu'on appelle faire de la langue de bois.
 
Déjà, je me suis intéressé à l’origine de cette expression française.
C’est une expression que l’on définirait par : “cet ensemble de manœuvres rhétoriques pour détourner la conversation, pour cacher l’intention réelle”
Il semblerait qu'elle vienne du russe et plus précisément de l’expression la “langue de chêne”. C’est comme ça que les Russes se moquaient du vocabulaire bureaucratique de l’État du tsar avant la révolution.
Par translation, c'est comme ça qu’en France on a commencé à désigner en se moquant du langage stéréotypé de la Russie soviétique.
 
On utilise le mot “bois” pour suggérer ici le côté rigide, un peu mort, de cette langue, de ce vocabulaire. Et ce matin, je voulais réparer cette injustice faite au bois dans cette comparaison malheureuse, en jouant ce morceau de Claude Nougaro, “Langue de bois”. Il choisit de se saisir de l’expression en l’extirpant de sa connotation politique, rhétorique et en choisissant une vision littérale et poétique du mot. Contre la parole des politiciens, il oppose donc celle du bois, celle des arbres. 


C’est un très beau morceau issu de son tout dernier album paru en l’an 2000, Embarquement immédiat. Nougaro s’adresse sur ce morceau aux politiciens avec cette jolie punchline : “Jactez, beaux messieurs sans remords, vous ne valez pas un sycomore”.


Écoutons Claude Nougaro qui s’y connaissait pas mal en langue et qui nous parle ce matin de langue de bois.


Visuel © Embarquement Immédiat
 

18 mai 2021

5:57

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