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Oliver Stone : « Demain, je voterai pour Edward Snowden… ah non, zut ! »

À Lyon, le réalisateur de « Platoon » ou de « Tueurs nés », en pleine préparation d’un documentaire sur les énergies vertes, se demande « d’où viendra l’étincelle du changement » et nous régale d’un lapsus déjà légendaire.

« Ce à quoi s’attache mon livre, c’est au fait de chercher à réaliser un rêve à tout prix, même sans argent. Rogner sur tout, improviser, baratiner, bricoler avec les moyens du bord, pour faire des films jusqu’au bout et les projeter dans des salles sans savoir quand tombera le prochain jour de paye, quand arrivera la prochaine mousson, quand piquera le prochain scorpion. » Ce mantra pour débrouillards, encore plus pertinent en période de crise à durée indéterminée, est signé Oliver Stone, tiré du premier tome de ses mémoires parus cet automne aux éditions de l’Observatoire sous le titre À la recherche de la lumière, beau récit d’apprentissage qui court de son enfance jusqu’à l’Oscar du meilleur film reçu pour Platoon (1986). Mais Hollywood a changé.

Interrogé en juillet par le New York Times, le réalisateur de Tueurs nés ou de Doors rappelle que son dernier film de studio remonte à 2016 : il s’agissait de Snowden, biopic du lanceur d’alerte de la NSA. « C’était difficile. Nous avons lutté pour le financer, en raison, je pense, du sujet. J’ai passé l’âge de demanderde l’autorisation des patrons. Je n’aurais aucun problème à tourner un nouveau film hollywoodien, j’en ai fait vingt, mais franchement, je suis usé. » À 74 ans, le cinéaste prépare deux documentaires. Le premier, J.F.K. : Destiny Betrayed, est basé sur « de nouvelles informations » à propos de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Le second, A Bright Future, est adapté du best-seller homonyme de l’ingénieur suédois Staffan Qvist et de l’universitaire américain Joshua Goldstein (2019) sur des transitions écologiques réussies et les avantages des énergie vertes, renouvelables, « dont le nucléaire ». « Ce ne sont pas nécessairement des sujets populaires, mais c’est important pour moi. »

D’où l’intérêt d’attraper au vol le metteur en scène américain lors de sa tournée française, pour tenter de le questionner sur sa vision de l’avenir – lui qui n’a, sauf erreur de notre part, jamais filmé le futur. Fustigeant l’électoralisme « dégueulasse » de Trump, Oliver Stone se demande « d’où viendra l’étincelle du changement » et nous régale d’un lapsus déjà légendaire.

Propos recueillis et traduits par Nicolas Schaller, à Lyon, lors du festival Lumière.

Réalisation : Juste Bruyat.

Pour écouter Oliver Stone en interview sur Nova, invité de L’Heure de pointe de Xavier de la Porte, c’est là.

Visuel © Oliver Stone à Nova, photographié par Eva Sanchez (2018).

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