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Fanny Taillandier : « Demain, nous piégerons les algorithmes avec nos images poétiques »

Depuis Rome et la Villa Médicis, l’autrice de « Par les écrans du monde » nous télégraphe le récit mobile d’un premier rendez-vous amoureux, en loucedé de la géo-surveillance, où les messages sont cryptés et les téléphones restent à la maison.

« … Lorsque le récit des puissants réduit trop de vaincus au silence, les vaincus en écrivent d’autres, reprennent les terres par les mots à défaut de les reprendre par les armes. » Dans son dernier roman, Par les écrans du monde (éditions du Seuil, 2018), Fanny Taillandier exprimait déjà, à l’ombre des Twin Towers sur le point de s’effondrer, sa méfiance vis-à-vis de l’empire des images dominantes et l’accélération sidérante des processus de surveillance qui s’ensuivit. En interview chez nos confrères de Diacritik, elle évoque « les ordinateurs qui compilent du data sur nous sans que nous nous en rendions compte, cet enregistrement permanent du réel qui finit par le dupliquer instantanément sous forme de millions de pixels désarticulés ».

Actuellement pensionnaire de la Villa Médicis, à Rome, où cette trentenaire parisienne consolide une dystopie située sur la côte d'Azur ainsi qu’une installation à base de panneaux électriques détournés de leur usage publicitaire (dans le cadre de l’exposition Rêves de pierre, empires de papier, « ce que diraient les villes nouvelles si elles parlaient »), cette collaboratrice de la revue Mouvement nous envoie le récit mobile d’un premier rendez-vous amoureux où les deux participants ont décidé d’échapper aux « reconnaissances automatiques tapies dans l’ensemble des interfaces de messagerie ». Trucs et astuces : dialoguer via des métaphores et autres tournures poétiques, « maquiller son visage de figures géométriques », fixer le lieu et l’horaire en jouant d’expressions désuètes, ne jamais parler au premier degré et laisser son téléphone à la maison. « "Peigner la girafe" nous laissait le temps de conter fleurette, et entre nous deux, jusque là, ça passait velours. »

Habillage : Mathieu Boudon.

Pour lire un texte de Fanny Taillandier consacré, en partie, à la musique d’Ennio Morricone et publié treize jours avant la mort du compositeur italien, c’est ici.

Visuel : Attrape-moi si tu peux, de Steven Spielberg (2002).

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