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Balval Ekel : « Demain, on aidera ceux qui s’essoufflent, ceux qui agitent les bras »

En Vendée, cette autrice et prof’ de lettres férue de Simenon trace l’itinéraire d’un futur solidaire où le corps humain redeviendrait « la mesure fondamentale », où l’on « saurait ce qu’il en coûte de se dépasser ».

Commençons par dire, puisqu’on aime ici la musique et le romanesque, que Balval Ekel (« le vent et la solitude », en romani) est le pseudo d’une prof’ de lettres de Vendée, Pascale Radière, qui découvrit à 46 ans qu’elle était la fille d’un immense guitariste, violoniste et contrebassiste de jazz, Elek Bacsik (1926-1993), qui joua pour ou avec Quincy Jones, Bud Powell, Michel Legrand, Elvis, Gainsbourg ou Barbara, que Bashung adorait. Ce « Clark Gable à la peau mate », Tzigane d’origine hongroise « qui ne faisait jamais d’histoires », fut le sujet de son premier livre, Un homme dans la nuit (2015, éditions Jacques Flament).

Suivront un très court roman d’enfermement (Le Bunker, 2015) ou, en tout début d’année, Comme un trou lumineux dans le trottoir – pourquoi je lis Les Fantômes du Chapelier de Georges Simenon, bref essai publié aux éditions Le Feu Sacré sur son goût longue durée pour le père prolifique et belge de Maigret, dans laquelle Madame Ekel écrit : « En ces heures où l’on ne se gêne plus pour dénigrer les pauvres et les migrants, où l’on voit même des commandos se créer pour les chasser hors de nos frontières, Les Fantômes du Chapelier apparaît comme un antidote aux poisons divers et variés répandus dans nos nuits froides. »

En toute logique, ce « chat de gouttière » rêve pour Nova d’un futur où le monde serait confié « à des navigateurs et des marcheurs, en dehors de tout esprit de compétition ». « Sans dieu sans maître, sans discours menteurs, sans frontière, sans argent », le corps humain y redeviendrait « la mesure fondamentale », où tout sera évalué d’un pouce ou d’une coudée ; on y voyagerait « en s’appuyant sur la brasse », « en redonnant du sens aux lointains, aux australes, aux confins », « avec la conscience exacte de notre environnement et de nos forces ; on saurait ce qu’il en coûte de se dépasser ». Est-ce que les transports en commun auront disparu ? Balval Ekel ne le précise pas. Mais on appréciera, dit-elle, « la convivialité des refuges et la solitude des chemins », en aidant « ceux qui s’essoufflent au bord de la route, ceux qui agitent les bras d’un canot en détresse ».

 Image : Les Fantômes du Chapelier, de Claude Chabrol (1982).

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