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BAM BAM : les Affaires Musicales du 11 mars

Avec un film sur D'Angelo, Spotify qui se met à dos les créateurs et un dossier sur les rééditions qui ne profite pas assez aux femmes

BAM BAM, c’est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova. 

Bienvenue dans le seul endroit où le terme bureau peut être un mot cool, c’est le Bureau des Affaires Musicales. BAM BAM, votre rendez-vous tous les jours pour écouter ce qui fait l’actualité de la musique. Vous vivez dans une France où toutes les centrales nucléaires ne sont toujours pas aux normes post-Fukushima, donc en vrai, il ne vous reste que peu de temps pour écouter de la musique. Aujourd’hui on va vous raconter l’histoire, à la fois belle et triste, d’un tube incroyable venu d’Afrique du Sud qui a fait danser tout le monde il y a 10 ans. On fera aussi le point sur ces pop stars qui ont changée de carrière pour devenir kiné, avocat ou antiquaire… En fin d’émission, petite surprise, c’est un ami de la maison qui nous dévoile son Baladeur. Toute cette semaine, joie et bonheur, on est avec Blundetto !

 

… on pourra bientôt en savoir plus sur D’Angelo

Des nouvelles pour ravir des fans, ceux de D’Angelo  et on sait qu’il y en a un paquet par ici. Ca tombe bien, le festival de films de Tribeca vient de dévoiler la liste des films en lice. Parmi ces derniers, il y a un film sur l’homme que l’on surnomme le Black Messiah. Il faut dire que la figure D’Angelo est trouble, lui qui avait déjà décidé de se consacrer uniquement à la musique à 15 ans a sorti son dernier disque en 2014, après 14 ans d’attente. C’est justement sur cette période que le film - intitulé The Devil’s Pie - se penche pour comprendre pourquoi l’artiste qui était alors en train de vivre une reconnaissance planétaire pour sa musique a alors totalement disparu des écrans. Alors que le musicien s’apprête à retrouver la scène, le film explore cette ambivalence de l’artiste entre un passé lourd et un avenir qui paraît toujours incertain. Enfin, c’est ce que le pitch dit,  nous n’avons pas encore eu la chance de le voir !

 

...on apprend que Spotify est en train de se mettre à dos les auteurs et les compositeurs américains

Il y a, aux Etats-Unis, une affaire légale qui agite l’industrie musicale. Elle oppose notamment Spotify, Google et Pandora, aux artistes américains. Pour tout vous raconter, il y a quelques mois le Copyright Royalty Board (CRB) a ordonné aux plateformes de streaming d’augmenter de 44% les royalties versées aux artistes et aux compositeurs. Ces mêmes plateformes ont décidé de faire appel à cette décision de justice, provoquant la colère des ayants droits. Leur argumentaire est que Spotify n’existe aujourd’hui que grâce aux popstars, qui elles-mêmes n’existent que grâce à des producteurs compositeurs dont, il est vrai, on ne connaît que rarement le nom mais qui commencent à hausser le ton. C’est le cas de Frank Dukes, producteur qui a bossé avec Camila Cabello, Travis Scott, Drake, Kanye, Ross Golan le faiseur de tubes de Nicki Minaj, Ariana Grande ou encore Selena Gomez. A vrai dire, ce qui se joue dans cette affaire-là est très important. Il s’agit du business de la musique d’aujourd’hui. On peut avoir l’impression que Spotify est en train de se comporter comme les manageurs-arnaqueurs des 60s, en se faisant de l’argent sur le dos de ceux qui créent.

 

...on s'aperçoit que les rééditions, non plus, ne profitent pas aux femmes.

Notre focus du jour se pose une question : pourquoi les femmes sont encore une fois exclues en ce qui concerne les rééditions musicales ? Cette question est posée dans le cadre d’un énorme dossier construit par le magazine The Vinyl Factory. Il affirme que le marché des rééditions reflète, et même amplifie, les manquements et les travers de l’industrie musicale. Le sujet a été lancé par le site au moment des bilans de fin d’année.  The Vinyl Factory y classe, entre autres, les meilleures rééditions, et, une fois n’est pas coutume, ils ont constaté que les femmes n’étaient que très peu représentées dans ces dernières. Or, sans vouloir réécrire l’histoire de la musique, s’il est indéniable que l’industrie musicale a plus servi les hommes que les femmes, le marché des rééditions, quant à lui, offre des opportunités de mettre en lumière ceux, et surtout celles, qui ont été dans l’ombre.

Certains labels le font, c’est le cas de Awesome Tapes From Africa par exemple qui réédite des disques qui n’auraient jamais pu arriver à nos oreilles. Parmi les artistes qui ont toujours été dans l’ombre, il y a de façon systémique, les femmes. Les rééditions les plus intéressantes, qui intriguent le plus nos oreilles, sont celles qui élargissent notre compréhension du monde et de l’histoire de la musique. Celles qu’on a envie d’écouter, dont on a envie de parler, sont celles qui mettent en perspective une narration souvent trop monocorde. Les rééditions peuvent donc corriger les travers d’une industrie qui a toujours été très marquée par des enjeux économiques, qui était une vitrine représentative des manquements de la société au sens large. Les labels de rééditions ont donc une réelle opportunité de corriger le récit patriarco-centré qui nous est sans cesse raconté. Ces rééditions peuvent enfin nous parler des femmes que l’histoire de la musique a occultées. On peut citer à cet égard les rééditions des travaux ambient de la compositrice japonaise Midori Takada qui ont été récemment célébrées à la hauteur de ce qu’ils représentent. On pense aussi aux rétrospectives consacrées à la pionnière du synthétiseur : Suzanne Ciani. Mais, on est en droit de considérer que c’est encore très insuffisant.

Ce sujet est très rarement évoqué, on peut donc saluer le travail de Vinyl Factory qui, au lieu de se contenter de pointer du doigt cet état de fait, a contacté les plus grands représentants des labels de rééditions pour leur poser à tous 6 questions afin de lancer une conversation sur ce sujet. Beaucoup de grands labels se sont prêtés au jeu même s’ils ont parfois été pris de court et confessent ne s’être jamais posé la question. Parmi les labels contactés,  Soundway Records, Strut, Melodies International, ou encore Mr Bongo ont répondu à l’appel. Le papier donne énormément de réponses, mais surtout, lance aussi beaucoup de pistes. Bref c’est une lecture que BAM BAM vous recommande chaudement.

 

La playlist :

  • Tank & The Bangas - Ants
  • Jimothy - Gettin Burberry Socks
  • Ezra Collective - Quest For Coins
  • DJ Mujava - Township Funk
  • Sebastien Tellier - La ritournelle
  • Lefdup & Lefdup 15h38
  • The Cool Notes - I Wanna Dance
  • Johan Papaconstantino - Fille Love
  • Bobby McFerin - Thinkin About You
  • Saintard - Paradoxe
  • Sigrid - Level Up
  • Ken Boothe - Who Gets Your Love
  • Pinty - Honey

BAM BAM, le Bureau des Affaires Musicales, une émission animée par Sophie Marchand et Jean Morel, et réalisée par Malo Williams. Du lundi au vendredi, 18h00-19h30.

Visuel © Getty Images / Shirlaine Forrest / Contributeur

BAM BAM
Emissions

BAM BAM

par Sophie Marchand & Jean Morel
Lundi-vendredi, 18h00-19h30

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