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« Maghreb K7 Club » : la compilation qui revient sur la scène raï lyonnaise

« Maghreb K7 Club » : la compilation qui revient sur la scène raï lyonnaise

Des synthés, du raï, du chaoui, du staifi… des raretés.

Par Bastien Stisi

Maghreb K7 Club — Synth Raï, Chaoui & Staifi (1985-1997). Avec le titre de ce disque, qui arrive chez Sofa Records et Bongo Joe, tout est dit, ou presque.

Ali Driassa

Le 27 mars, une compilation regroupera ce qui se faisait de mieux en matière de musique raï, chaoui et staifi entre le milieu des années 80 et la fin des années 90. Des morceaux parus alors, non pas sur disque vinyle (ce n’était plus la mode) ni sur disque compact (c’était la mode), mais sur cassette, format qui a tendance aujourd’hui à revenir, toute proportion gardée, dans la tendance (chez les nostalgiques ou les branchés, en tout cas) mais qui était l’usage favori des musiciens maghrébins qui peuplaient la cité lyonnaise dans les années 80 et 90.

Trois labels — Top Music, Édition Merabet et SEDICAV — sont alors au centre d’un marché, qui fabrique parfois des cassettes dans la nuit, les envoie au petit matin au nord — vers Barbès — ou au sud — vers le quartier de Belsunce à Marseille, lorsque ce n’est pas de l’autre côté de la Méditerranée —. Circuits courts, circuits rentables, circuits qui favorisent une diffusion rapide et importante. C’est du côté de Lyon, parfait point central entre Paris et Marseille, qu'une partie de ce marché se trouve, et c’est donc sur la scène maghrébine lyonnaise que cette compilation axe son propos. Sur ces morceaux mélancoliques, dansant, joviaux ou tristes à mourir, on y parle mélancolie, immigration, précarité sociale, et amour bien sûr — et malheureux qu’à faire —, le sujet préféré de tous les créateurs, de musique ou d’autre chose.

Pas de Carte de Séjour ni de Rachid Taha ici — rappelons que c’est à Lyon, et plus précisément à Rillieux-la-Pape, qu’émerge la star punk franco-algérienne —, et encore moins de Khaled, Cheb Mami, Faudel ou Cheb Hasni, qui perceront plus tard, mais une compilation sur lequel on retrouve des noms méconnus, de Chabati le Jeune à Chab Rabah El Maghanoui, de Zaïdi à Salah El Annabi. Nordine Staifi, aussi — « héritier du répertoire sétifien, adorateur de Rabah Driassa et inspiré par la poésie sahraouie », nous apprend-t-on — et les synthés qui balancent un groove bizarre sur « Zine Ezzinet », le morceau de funk déviant qu’on vous dévoile aujourd’hui en exclusivité sur nova.fr.

Visuel en Une © CMTRA