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Altin Gün

Le rock anatolien d’Altin Gün se maquille de kitsch sur le tragique « Ordunun Dereleri »

Nouvo Nova : « Ordunun Dereleri » d’Altin Gün.

Par Bastien Stisi

Chaque jour, Nova met un coup de projecteur sur une nouveauté : le Nouvo Nova vous présente les coups de cœurs de la programmation, afin que vous ne ratiez rien des dernières trouvailles qui nous ont titillé l’oreille. Aujourd'hui : « Ordunun Dereleri » d’Altin Gün.

Depuis Amsterdam, Jasper Verhulst, Merve Dasdemir, Erdinç Ecevit et tous les membres d’Altin Gün rendent depuis quatre ans (et deux albums au compteur) un hommage vibrant et sincère à cette Turquie des années 70 qui, inspirée du rock anglo-saxon (psyché, folk, pop…), avait fondé ce mouvement que l’on avait nommé « Anadolu Pop » (ou « rock du Bosphore », ou « rock anatolien »).

De ces figures tutélaires et très importantes en Turquie (Baris Manço, Moğollar, Erkin Koray), Altin Gün reprenait les humeurs, les accoutrements et les tentations sur un premier album (On) très salué de ce côté-ci de la bande FM (en playlist sur Nova, en live aux Nuits Zébrées ou dans Plus Près De Toi…), lorsque le deuxième (Gece) s’aventurait dans des contrée plus nu-disco, new-wave, et globalement plus synthétiques.

Aujourd’hui, le groupe qui navigue entre les canaux d’Amsterdam et les bordures du Bosphore (les deux rivages possèdent un charme bien différent, mais absolu), propose un retour teintée d’une mélancolie très kitsch, maquillée sous des artifices synth-pop (et Anadolu Pop, évidemment) très efficace. Un troisième album, Yol, sortira le 26 février 2021 sur le label Glitterbeat, et ait introduit par ce morceau qui narre l’histoire de Mehmet, amoureux de Hacer. Le garçon est riche, la fille est pauvre, ils se rencontrent chaque semaine sous un abricotier près du petit village d’Ordu. L’amour de Mehmet pour Hacer rend jalouses, au village, quelques-unes des filles qui le convoitent : les mensonges sur la fille circule et le garçon les ingurgite sans les mâcher. Il s’éloigne du village, laissant Hacer dépourvue et seule face à l’abricotier qu’elle continue à rejoindre, chaque semaine. Et s’il est vrai qu’une partie de la beauté universelle se trouve dans le triste, ne cherchez pas plus loin aujourd’hui, notre voyage fait une halte ici.

Visuel © clip de « Ordunun Dereleri » d’Altin Gün