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Michel Linssen 

L’anniversaire du jour : « Homogenic » de Björk

Sorti le 22 septembre 1997, le troisième album de l’icône islandaise fête ses 23 ans aujourd’hui.

Par Sophie Marchand

Tous les jours dans Alpha Beta Nova (lundi au vendredi, 9h-13h), Sophie Marchand célèbre un anniversaire, d'une personne, d'un disque ou d'un événement.

Disque fétiche pour certain et certaines d’entre vous, Homogenic a peut-être fait peur à d’autres. À cette époque, Björk s’est déjà imposée hors d’Islande, ça fait dix ans au moins que tout le monde considère la chanteuse comme un pilier de la pop, du rock. 
Sa légende n’est pas à créer, mais justement Björk n’a pas envie de se reposer sur ses acquis. Elle a envie de se métamorphoser, quitte à décontenancer certains.

Avec ce disque, la chanteuse islandaise va véritablement s’imposer comme une sorte de voyageuse du futur, entre le cyborg et la femme soldate. C’est notamment ce qu’écrivait le magazine de référence américain Pitchfork, qui lui mit la note exceptionnelle de 10/10. Dès la pochette du disque, grâce à une tenue faite par Alexander Mc Queen, Björk présente aussi son excentricité et sa capacité à absorber les cultures ancestrales, mais aussi à entendre et à se connecter au monde entier.

Un album homogène mais dissonant

C’est finalement avec ce disque, enregistré en Espagne et produit avec Mark Bell du groupe LFO, qu’elle tente de créer un pont entre deux types de musiques qui la fascinent à l’époque : les musiques classiques, et les musiques électroacoustiques ou électroniques au sens large, de Stockhausen à Aphex Twin. L’homogénéité de ce disque tient exactement à ça, au fait que Björk y met toutes ses obsessions de l’époque, toute sa sincérité aussi.

Et c’est un disque tellement entier qu’on peut dire qu’elle appartient au genre d’œuvre qu’on aime ou qu’on déteste, sans juste milieu. À la première écoute, on peut le trouver aride, complexe, opaque. Et puis petit à petit, l’audace et les ambitions de cet album prennent le dessus. C’est par exemple le cas du titre « Joga », l’un des plus fascinant de l’album car écrit par Björk à l’intention de sa meilleure amie, quasiment son double spirituel.

Visuel © Getty Images - Michel Linssen