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Ezechiel Pailhès © Paul Rousteau

« J’aimerais tant » : Ezechiel Pailhès et les premiers instants de l’amour fou

« Et mes larmes coulent déjà, alors amour, à demain ».

Par Bastien Stisi

Tel Sisyphe qui pousse sans cesse et sans cesse son rocher, Ezechiel Pailhès, ce Français également vu au sein du duo Nôze et qui chante dans la langue de Gainsbourg mais avec ses belles formules à lui, revit chaque jour le même drame, ordinaire et pourtant tellement déchirant. Chaque matin, au sortir du lit, le voilà contraint de quitter sa bien-aimée, demeurée, elle, dans le confort douillet du lit conjugal.

Un drame est-il un drame dès lors qu'on le considère comme tel ? C'est un point de vue.

« J’aimerais tant rester m’endormir auprès de toi. S’aimer, tous les deux. Mais je dois partir », assure-t-il ainsi dans « J’aimerais tant », ce morceau que vous entendez sur Nova et qui formule cette prière, toute simple et toute complexe (dormir avec quelqu’un, c’est simple pour ceux qui ont quelqu’un avec qui dormir). « Et mes larmes coulent déjà, alors amour, à demain ».

Le morceau, issu du troisième album solo d’Ezechiel Pailhès (Oh !, Circus Company) est en playlist sur cette antenne et témoigne, une fois encore, de la poésie viscérale qui habite cet auteur qui marie, avec une expertise parfaite, des productions électroniques qui soufflent le froid sur des mots qui réchauffent.

À propos de ce clip réalisé par Marine Dricot (autrice de clips pour Odezenne, Girls in Hawaii, Nicolas Michaud ou De La Montagne), dont les rushs « d’archives » ont été tournés en Bretagne (à Sarzeau) et la matière « confinée » à Bruxelles, la réalisatrice raconte : « « Le clip parle surtout des premières palpitations qui trouvent leurs reflets, dans tout et n'importe quoi, autour de nous, quand on tombe amoureu.se. C'est une caméra simple qui suit la lumière en l’entourant d’ombre pour la faire éclater. Ce clip a été pensé pendant le confinement. Nous étions loin les un.es des autres. Entourée par les souvenirs simples de l'histoire de ces deux filles, ma caméra s’est souvenue et s’est créée de nouveaux souvenirs dans l’absence. »

Visuel © Paul Rousteau.