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Le Printemps du Monde | Correns (Var)

Quand le Printemps du Monde déroule sa programmation sur un lit de feuilles vermillon

12 octobre 2020
Par Baba Squaaly
Le Printemps du Monde

Quand un festival printanier par nature, un festival printanier de pleine nature au cœur du premier village biologique de France prend de plein fouet le premier confinement ; il bouscule ses habitudes, abandonne le week-end de Pentecôte et joue la carte du décalage immédiat embarquant à l’Automne, sa programmation et son public. Rien ne change ou presque. Rien ne change sauf la saison. Le Printemps reste accroché tout comme la programmation, à l’affiche. On rapatrie juste les concerts de plein-air à l’intérieur de la forteresse du Chantier, seul centre de création de musiques du monde de l’hexagone. On resserre quelques boulons et on déroule sur six week-ends de septembre à décembre, les concerts annoncés en gardant à l’idée qu’on ne savoure jamais aussi bien la musique que la peau du ventre bien tendue. Chaque concert est ainsi précédé par un repas (sur réservation) rendant hommage à la cuisine que mangent les musiciens chez eux et le plus souvent par une exposition ou un film et une rencontre animée par un spécialiste du genre musical convié et/ou par Frank Tenaille, le directeur artistique de la manifestation. 

 

De plus durant les 4 mois de la manifestation, le photographe Bill Akwa Bétotè , amis du festival, de son directeur artistique et des artistes des musiques du monde qu'il shoote avant même l'engouement pour les musiques extra-européennes comme on disait à l'époque présentera les Femmes dans les Musiques du Mondeavec l’aimable autorisation du festival Rio Loco pour lequel et par lequel l’expo a été produite.

 

Le tout prochain week-end, le 3ème, réunit le vendredi 16 octobre Los Graciosos, un ensemble de jeunes musiciens gitans originaires de Perpignan et de Barcelone qui ont décidé après s’être retrouvés dans la ville française, d’unir leurs talents et leurs différentes approches de la rumba catalane. Ils incarnent dit-on « le nouveau son des Gitans de la rumba ». 

 

Le lendemain, on se laisse dériver plus au sud, en terre andalouse, pour retrouver un des héros libres du flamenco, Juan Carmona. Ce guitariste émérité de flamenco est en né à Lyon, a donné son premier récital à Marseille, avant de partir compléter sa formation à Jerez, la Mecque du genre. Revenu s’installer par ici depuis plus de 20 ans, il s’est imposé à travers le monde – en Chine aussi qu’à Hawaï ou en Andalousie - comme un musicien qui connait si bien les racines de la musique flamenca, qu’il peut en toute liberté lui offrir de nouveaux horizons, lui faire rencontrer d’autres traditions musicales. « Je ne pense pas que je pourrai vivre autrement » confiait-il récemment lors d’un échange avec Frank Tenaille sur les ondes de Radio Grenouille avant d’ajouter. « L’art n’a pas de barrières. ». Un sens du “no limit” qu’il cultivera ce samedi sur scène en quartet au côté de Kiki Terron (percussions), El Bachi (basse) et Domingo Patricio (flûte et claviers). Son prochain opus a été enregistré à Jerez en compagnie du chanteur Duquende et des musiciens du cru. Il prépare par ailleurs un hommage à Zyriab, un musicien, chanteur, poète, astronome et géographe qui fut une des figures marquantes des débuts d’Al Andalus. 

 

Le Dimanche 18, place aux musiques de l’Est de l’Europe avec Divano Dromensa, un ensemble qui a construit son répertoire autour des musiques qui serpentent des rives de la de la Mer Noire à celle de Méditerranée, traversant Roumanie, Carpates et Balkans sans une nouvelle fois se soucier des histoires de frontières.  

 

Pour toutes les infos complémentaires concernant ce week-end ou les rendez-vous suivants (20 & 21 nov, 4 déc, 11,12,13 déc) cliquez ici.