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Elisapie Isaac, étoile des terres glacées du Nunavik

Elisapie Isaac, la chanteuse venue du grand Nord

En musique, elle s’engage pour la défense de la culture inuit, et de ceux qui vivent sur les terres glacées du Nunavik au Nord du Québec.

Par Raphaëlle Pluskwa

Pour le dernier Néo Géo de la saison, Raphaëlle Pluskwa vous propose le portait d'Elisapie Isaac.

La musicienne et réalisatrice Elisapie Isaac est une véritable ambassadrice de la culture inuit et de son peuple, vivant sur les terres glacées du Nunavik au Nord du Québec. C'est là qu'elle est née et a grandi, mais très vite, la jeune femme rêve d’ailleurs. À l’âge de 21 ans, elle quitte sa toundra natale pour le Sud et s’installe à Montréal. Elle a pour ambition de suivre des études de communication, mais se retrouve à faire de la musique. C'est en 2000 qu'elle rencontre le musicien Alain Auger,  avec qui elle fonde le duo Taima, un nom qui signifie « c’est assez, ça suffit » en Inuktitu. Ensemble, ils chantent l’espoir de meilleures relations entre les Inuits et les Blancs, ainsi que la nécessité d’un dialogue entre ces deux cultures. Même loin de ses racines, Elisapie veut transmettre l’histoire de son peuple.

En 2003, elle réalise un film documentaire, Si le temps le permet, tableau d’un village du Nunavik où tradition et modernité s’entrecroisent. Les jeunes rêvent du Sud et les anciens tentent encore de s’adapter à la vie sédentaire. En 2005, les choses s'accélèrent. L’album éponyme de Taima remporte le prix de l’Album autochtone de l’année, à la cérémonie des JUNO.

En 2018, son album The Ballad of The Runaway Girl s'affiche comme son projet le plus introspectif et profondément ancré dans son histoire personnelle. Sur « Una », la chanteuse se livre sur son adoption. Sa mère, qui a déjà trois enfants, décide de la confier à un autre couple. Une pratique commune chez les Inuits, mais qui passe sous silence la douleur qu’elle peut causer. Elisapie raconte aussi son exil et son besoin de revenir à Salluit, son village natal. En musique, elle s’engage pour la défense de son peuple, comme avec le titre « Arnaq », qui rend hommage aux femmes autochtones disparues ou assassinées au Canada. Elisapie porte un regard plein de tendresse sur son peuple et l’encourage à réaffirmer sa fierté.

Le dernier Néo Géo de la saison, c'est en podcast.

Visuel © Le Pigeon