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Depuis le Brésil, les lettres d'amour d'Emicida à un monde en décomposition

Depuis le Brésil, les lettres d'amour d'Emicida à un monde en décomposition

Nouvo Nova : « Cananeia Iguape E Ilha Comprida » de Emicida.

Par La programmation musicale

Chaque jour, Nova met un coup de projecteur sur une nouveauté : le Nouvo Nova vous présente les coups de cœurs de la programmation, afin que vous ne ratiez rien des dernières trouvailles qui nous ont titillé l’oreille. Aujourd'hui : « Cananeia Iguape E Ilha Comprida » de Emicida.

Sur son dernier album, Emicida revient assagi et tendre, mu par un message d’amour et de positivité. Le disque s’appelle AmarElo, soit la couleur jaune en portugais, mais aussi une contraction des mots « aimer » et « lien »: maintenir le lien humain, donc, une préoccupation qui nous touche d’autant plus ces jours-ci.  

Le rappeur brésilien, sans doute le plus influent de sa génération, a d’ailleurs lancé, pendant la quarantaine, une initiative nommée « Movimento Ubuntu », destinée à préserver un sens du collectif en période de confinement. Une nouvelle plateforme en ligne réunissant débats et concerts à domicile d’artistes brésiliens — on pouvait y entendre par exemple, ce week-end, Gilberto Gil ou encore la rappeuse Drik Barbosa. 

Cette dernière figure aussi sur AmarElo, où l’on retrouve la capacité d’Emicida à réunir autour de lui à peu près toutes les générations et les scènes musicales, du Brésil certes (comme Dona Onete ou Marcos Valle) mais aussi d’ailleurs (les jumelles d’Ibeyi). Mais c’est en la compagnie de sa fille qu’on le trouve sur un des morceaux les plus tendres du disque: « Cananéia, Iguape e Ilha Comprida », du nom de trois petites villes sur le littoral sud du Brésil, en dessous de São Paulo. Le rappeur se fait chanteur sur des arrangements délicats, disant écrire « comme s’il envoyait des lettres d'amour à un monde en décomposition». Ledit monde a bien reçu ses lettres, et lui répond merci.

Visuel © Facebook / Emicida