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On vit peut-être la plus grande catastrophe pétrolière de l’histoire

On vit peut-être la plus grande catastrophe pétrolière de l’histoire

Et tout le monde n’a pas envie de prendre ses responsabilités.

Par Clémentine Spiler

Le naufrage du pétrolier iranien Sanchi au large de la Chine pourrait s’avérer être l’une des plus grandes catastrophes écologiques liées au pétrole. Le navire, suite à une collision, a laissé échapper 136 000 tonnes de condensats. Les condensats, ce sont « des hydrocarbures légers qui s’apparentent à un pétrole plus léger que sa forme brute ». C’est le National Geographic qui le dit. 

On ne peut pas vraiment parler de « marée noire », puisque contrairement au mazout, les condensats sont légers et invisibles à la surface de l’eau. Ce qui ne rend pas l’événement moins grave, ni ses conséquences moins toxiques.

À part Le Monde qui publie une interview étonnamment peu alarmiste, associations et médias font preuve d’une inquiétude grandissante quant aux impacts que pourrait avoir ce naufrage, notamment sur la faune et la flore de la région. Tout particulièrement parce que, selon le National Geographic toujours, le navire, après une semaine d’incendie, a fini par couler. Et sa carcasse va donc continuer de polluer les fonds marins. 

En plus de sa cargaison, le pétrolier laisse également échapper le mazout qui lui servait de carburant, 1 000 tonnes selon les autorités chinoises. Tout cela sachant que la mer de Chine Orientale est particulièrement connue pour la diversité de son écosystème, déjà très pollué, comme le rappelle La Tribune.

Silence au japon

Alors que les médias chinois diffusent en boucle les images de cette catastrophe écologique, le journal suisse Le Temps s’étonne du quasi-silence dans les sphères médiatiques et politiques japonaises. 

En effet, après son naufrage le 6 janvier, le pétrolier a dérivé, du fait de vents violents, vers une zone économique exclusive (ZEE) japonaise, à environ 300 km à l’Ouest de l'archipel des Ryukyu. Pourtant, le Japon ne s’est pas encore risqué à s’exprimer sur les conséquences de ce naufrage. 

Et les rédactions tardent à envoyer des reporters sur place. « Les seules images dont nous disposons viennent de la télévision d’Etat chinoise », confie un responsable de l’une des principales chaînes de télévision privée au Temps. « Nous n’avons personne sur place, pas d’annonce officielle, alors en attendant nous faisons le pied de grue. »

Pour le quotidien suisse, le silence de Tokyo pourrait s’expliquer par un conflit territorial. En effet, la zone se trouve à proximité d’un champ gazier exploité par la Chine, disputé par le Japon. Ainsi, le gouvernement de Shinzo Abe pourrait être frileux face à une prise de position médiatique dans ce contexte. Il laisse ainsi la Chine s’imposer comme secours et porte-parole environnemental. CGTN, la chaine anglophone d’information continue en Chine a d’ores et déjà annoncé que des opérations de dépollution auraient lieu et pourraient « nécessiter des dizaines voire une centaine d’années ».