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Rone : « Mirapolis, c’est une fête foraine sous acide »

Rone : « Mirapolis, c’est une fête foraine sous acide »

Chez Nova, le producteur français nous présente « Mirapolis », son quatrième album.

Par Bastien Stisi
Rone - Mirapolis

Une référence à l’un des maîtres de la science-fiction moderne (« I Philip », pour Philip K. Dick), un grincement de porte, de chaise, et de charpente peut-être même, avant l’explosion, lumineuse, qui déclenche le tout : on entre dans le nouvel album de Rone, le quatrième en une petite dizaine d’années, comme l’on entre dans un monde, camouflé et incertain (car l’on ne sait jamais, chez Rone, s’il s’agit de réalité concrète ou de rêve éveillé). Ou plutôt, dans une ville, celle de Mirapolis en l’occurrence, puisque ce quatrième album du producteur français porte le nom d’une ville digne d’un long roman de SF (la référence au Métropolis de Fritz Lang est, ici, évidente), cité immense et vertigineuse émanant d’un futur plus ou moins lointain, cité dans laquelle le producteur français, grand architecte de sa propre constellation, a pris soin de faire cohabiter quelques entités humaines.

Au milieu des machines, et des balades électroniques plus ou moins tranquilles, on retrouve en effet au sein de Mirapolis un nombre de plus en plus croissant de featurings, présences charnelles et organiques venant conforter l’idée que Rone, s’il aime toujours composer seul (« Spank », « Origami », « Zapoï »), aime également, et de plus en plus, s’entourer d’âmes humaines afin de garnir ses productions discographiques. Creatures, son précédent album, avait déjà bénéficié des services de François Mary, de Bachar Mar-Khalifé, de Bryce Dessner ou d’Étienne Daho. Cette fois, en plus du guitare de The National, on note la présence de John Stanier (le batteur de Battles), du slameur Saul Williams, du dandy punk-pop Baxter Dury, de Kazu Makino (de Blonde Redhead), de la dissidente Noga Erez, des membres de Vacarm (dont Gaspar Claus, lui aussi signé sur InFiné, le label qui a sorti toutes les disques de Rome). Et de Michel Gondry, aussi, finalement, puisque c’est lui qui signe la pochette multicolore et urbanisée de cet album qui a voulu, selon les mots de son auteur, se faire le porteur d’une « énergie positive », éclairant les zones assombries par quelques productions plus dures qui avaient vu le jour sur Creatures.

Chez Nova, au moment du dévoilement de cette cité d’or, rencontre.

Rone, qui sort ce quatrième album chez InFiné, il sera également l'invité de David, de Sophie Marchand et du Nova Club, ce mardi 7 novembre.