Aller au contenu principal

Derf Backderf, lueurs en série

Bref entretien avec l’auteur américain de « Mon ami Dahmer », terrifiante enquête autobiographique sur le « cannibale de Milwaukee », récemment adaptée au cinéma.

Le 22 juillet 1991, un homme menotté aborde deux policiers de Milwaukee (Wisconsin) et leur explique qu’il vient d’être emprisonné plusieurs heures par un type qui envisageait de « manger son cœur ». Ce témoignage permet à la police d’arriver jusqu’à l’appartement de Jeffrey Dahmer, 31 ans, qui s’agite quand les agents trouvent sa collection de polaroids montrant des corps humains démembrés, puis une tête dans le frigo. Dahmer s’évanouit en murmurant : « Pour ce que j’ai fait, je devrais être mort. »

derf b

Peu après, Dahmer est condamné à 957 ans de prison pour le meurtre de 17 personnes depuis 1978, avec tortures, nécrophilie et cannibalisme. Et celui qui restera comme l’un des pires tueurs en série des États-Unis a été un jour, pour mon invité de ce soir, un voisin de table pendant ses heures d’études et le camarade avec lequel il traînait dans la salle de musique du lycée d’Akron, Ohio. L’histoire des premiers jours de Dahmer, « l’étrange enfant en difficulté », négligé par ses parents et par le système éducatif, « obligé de lutter désespérément contre les pensées obscures qui le submergent » est racontée de manière sidérante, glaciale et extraordinairement documentée dans Mon ami Dahmer, un roman graphique publié en 2012 par Derf Backderf, disponible aux éditions Ça et Là. Traduit dans le monde entier et préfacé par le criminologue Stéphane Bourgoin, l’ouvrage vient d’être adapté au cinéma par Marc Meyers*.

derf b

 

Prétexte pour parler de Trashed, sa BD sur le traitement des déchets en Occident. Mais aussi de sa passion pour Tardi et Moebius, le punk-rock ou Ghoulardi**, animateur d’une émission de télé culte des années 60, adoré par Devo et les Cramps, qui n’était autre que le père du cinéaste Paul Thomas Anderson. 

derf

Une émission conçue et animée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Claubat avec l’aide de Juste Bruyat. Programmation musicale : Guillaume Girault & Michael Liot. Traduction des propos de Derf Backderf : Anaïs Duchet.

* Mon ami Dahmer, visible sur e-cinema.com à partir du 2 mars.

** Pour lire sa BD sur Ghoulardi : http://www.derfcity.com/comix/ghoulardi/ghoul.html

Nova Book Box
Emissions

Nova Book Box

par Richard GAITET
Lundi-Jeudi 21H00-22H00

Dans les archives de la Book Box (54)

Dans les archives de la Book Box (54)

Dans le coffre aux inédits de Prince, Laetitia Dosch « fait péter » les limites de l’humour, Maurice Pons triste à pleurer, Anaïs Nin par Jean Rouzaud, sous le drapeau anarchiste… Souvenirs.

Alain Damasio : « Macron n’a aucune empathie pour le peuple » (2/2)

Alain Damasio : « Macron n’a aucune empathie pour le peuple » (2/2)

Suspendu aux ailes de ses « Furtifs », l’auteur de La Horde du Contrevent s’interroge sur la morgue « impériale » et « robotisée » du pouvoir présidentiel, l’avenir des Gilets Jaunes ou de la S.-F. et… répond aux questions de nos auditeurs.

Alain Damasio : « Quels degrés de liberté avons-nous perdus ? » (1/2)

Alain Damasio : « Quels degrés de liberté avons-nous perdus ? » (1/2)

Alerte aux « Furtifs » ! Dans l’angle mort de l’ultra-libéralisme, l’auteur de La Horde du Contrevent imagine des créatures indétectables capables de nous inciter à « déchirer la soie de nos cocons numériques ».