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Cro-mignons, les cueilleurs de fictions

Repenser la préhistoire – et avec elle le mythe du héros, la chasse ou l’art de raconter une histoire – avec « la théorie de la fiction-panier » d’Ursula K. Le Guin.

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« DE LOIN LE MEILLEUR FILM OU LIAM NEESON TUE TOUT LE MONDE ! » La phrase est visible partout en France. Dans le métro, les gares, au cinéma. Un slogan qui salit, un glaviot marketing, une idée de connard cynique irresponsable et rigolard. Pour inciter le chaland à courir voir Sang-froid, énième action movie bourrin-vénère où l’acteur sexagénaire de Taken rend de nouveau la justice par lui-même, le distributeur français du film n’a rien trouvé de plus débile, de plus racoleur, que d’écrire en énorme au-dessus du titre une citation de pseudo-critique pour expliquer qu’un carnage total était un argument séduisant pour se faire une toile, seul ou entre amis. Tuer tout le monde, comme si c’était sympa, un peu de fun à partager, distillé dans les consciences par un matraquage publicitaire de masse. Mais merde, d’où vient ce besoin de sang, cette glorification perpétuelle de la violence ?

De la nuit des temps ! Comme on l’apprend dans les feuillages de « la théorie de la fiction-panier » d’Ursula K. Le Guin, l’une des figures incontournables de la science-fiction américaine (1929-2018), qui invite à repenser la préhistoire – et avec elle le mythe du héros, la chasse et l’art de raconter une histoire. « C’est l’histoire qui fait la différence. Celle racontée par les chasseurs de mammouths à propos de raclée, de viol, de meurtre, l’histoire merveilleuse et empoisonnée, l’histoire-qui-tue. Il semble parfois que cette histoire touche à sa fin, écrivait-t-elle en 1986. Nous ferions mieux de commencer à en raconter une autre. L’histoire vivante », recueillie dans un panier plein de graines, « de mauviettes et de maladroits... »

book box premières fois

En attendant la nouvelle traduction de ce court essai via le recueil Danser au bord du monde (par Hélène Collon, en librairies en avril aux éditions de L’Éclat), trois extraits seront lus ce soir, suivis de deux passages de Nos Premières fois du préhistorien français Nicolas Teyssandier (sortie le 5 avril aux éditions La ville brûle), qui détaille l’apparition du premier mot, de la première grotte, du premier bijou, du premier chef, de la première drogue… chez nos ancêtres primordiaux. Sans tuer personne !

Une émission imaginée et animée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Clabaut. Programmation musicale : Michael Liot & Guillaume Girault. Aide à la préparation : Léonard Dubin.

Visuel © Image de Cro Man, réalisé par Nick Park.

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Emissions

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par Richard GAITET
Lundi-Jeudi 21H00-22H00

Fauve d’Or du meilleur album à Angoulême 2019, la dessinatrice américaine de « Moi ce que j’aime c’est les monstres » sort ses griffes au Louvre ainsi qu’au Forum des Images de Paris, invitée du festival parisien Bédérama. Bouh !

« Ne pas avoir peur de la douceur », avec Emil Ferris et Lorenzo Mattotti

Bouh ! Dialogue avec la dessinatrice américaine de « Moi ce que j’aime c’est les monstres » et le réalisateur italien de « La Fameuse invasion de la Sicile par les ours », invités prestige du festival Bédérama.

Jodorowsky : « Ni le pouvoir, ni l’argent, ni la célébrité » (2/2)

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Quête spirituelle au domicile du poète et réalisateur chilien de « La Montagne sacrée », de retour au cinéma avec un extraordinaire documentaire sur cet art qui guérit : la psychomagie.

Jodorowsky : « Ni le pouvoir, ni l’argent, ni la célébrité » (1/2)

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