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Chris Ware : « Écrire toutes nos sorties de route »

Bref entretien avec le génie US de la bande dessinée, dont les originaux s’exposent à Paris. Avec les commentaires énamourés de quatre confrères : Troubs, Dominique Bertail, Pascal Jousselin et Alessandro Tota.

Chris Ware

« Tout ce que j’écris doit être le plus réel possible, avec les doutes et les incertitudes de l’expérience humaine qui accompagnent le mot réel », déclarait en substance le dessinateur américain Chris Ware au journal Le Monde, en 2014, au moment de la sortie française de Building Stories. « Quand je lis Proust, il se passe un nombre de choses presque infinies dans un seul instant de la vie, des détails inépuisables. Il me semble que cela mérite une enquête en profondeur. La vie de tous les jours est extraordinairement étrange, riche, définitivement inexplicable », poursuivait ce grand timide âgé aujourd’hui de 50 ans, collaborateur privilégié du New Yorker, lui dont chaque page est « scientifiquement conçue pour offrir la contrefaçon de l’expérience humaine la plus fidèle que puisse atteindre la stratégie pictographique contemporaine », tel qu’il l’indiquait en touts petits caractères sur la couverture de Jimmy Corrigan.

New Yorker Chris Ware

Incontestable génie du 9e art, cet admirateur de Tolstoï, Melville, Zadie Smith ou Maya Angelou, qui se considère « davantage comme un écrivain que comme un dessinateur », est l’un de artistes qui a poussé très loin les potentialités de son médium : « Les bandes dessinées, dans leur combinaison d’images, de mots, de gestes, de couleurs, de motifs et de musique muette, autorisent une approche de la conscience et de la mémoire à la fois par couches et en simultanéité, très comparables à la manière dont nos consciences véhiculent et interrompent nos expériences du présent. »

Ware

Dans notre présent, nous avons consciencieusement rencontré l’auteur méticuleux de Quimby The Mouse à la galerie Martel, à Paris, où sont exposées jusqu’au 10 mai une cinquantaine de planches originales réalisées ces vingt-cinq dernières années. Chris Ware nous a parlé de sa vénération absolue pour Ulysse de James Joyce ainsi que de son plaisir perpétuel à retranscrire nos « sorties de route », ces moments où nous baissons la garde, où nous ne pouvons plus retenir nos émotions… Soit, exactement, ce qui est arrivé à quatre de ses confrères, les dessinateurs français Troubs, Dominique Bertail, Pascal Jousselin et l’Italien Alessandro Tota, quand nous leur avons demandé leur avis énamouré sur le maître de Chicago. Be a-Ware !

Nova Book Box 16 avril 2018

Une émission conçue et animée par Richard Gaitet, réalisée par Juste Bruyat. Interview de Chris Ware : Jeanne Lacaille. Interviews de Troubs, Dominique Bertail et Pascal Jousselin : Sophie Marchand, avec Malo Williams (à Bastia). Programmation musicale : Michael Liot et Guillaume Girault. Remerciements : Adrien Belkout, Thomas Baumgartner.

Chris Ware Nova Book Box 16 avril 2018

Chris Ware à la galerie Martel.

Les œuvres de Chris Ware sont disponibles aux éditions Delcourt et L’Association.

Chris Ware Nova Book Box
Nova Book Box
Emissions

Nova Book Box

par Richard GAITET
Lundi-Jeudi 21H00-22H00

Scénarios pour l’an 2100 : nos futurs (2/2)

Scénarios pour l’an 2100 : nos futurs (2/2)

Conversations divinatoires sur le 21e siècle, avec les écrivains Hélène Gaudy, Charly Delwart, Olivia Rosenthal et Sylvain Prudhomme, collectées lors de la 21e édition des Correspondances de Manosque.

Scénarios pour l’an 2100 : nos futurs (1/2)

Scénarios pour l’an 2100 : nos futurs (1/2)

Conversations divinatoires sur le 21e siècle, avec Cécile Coulon, Alban Lefranc, Brigitte Giraud et Laure Limongi, collectées lors de la 21e édition des Correspondances de Manosque.

Lorenzo Mattotti : « Ne pas avoir peur de la douceur »

Lorenzo Mattotti : « Ne pas avoir peur de la douceur »

Admiré par Lou Reed, le dessinateur italien adapte au cinéma avec brio et poésie ce classique pour enfants signé Dino Buzzati, « La Fameuse invasion de la Sicile par les ours ». Grr !